DE LA TECHNO À L’OUEST : MADE, ASTROPOLIS, PACO TYSON ET MODERN

Terre de culture, terre de musique et culture techno, le Grand Ouest fourmille de festivals dédiés aux musiques électroniques ! À l’occasion d’une soirée de promotion inter-festivals organisée au 1988 Live Club par le Made Festival, Unidivers a eu la chance de s’entretenir avec les organisateurs de plusieurs festivals importants de la région : Rémy Gourlaouen et Thomas Mahé (Made), Gildas Rioualen (Astropolis), Nicolas Viande et Julien Laffeach (Paco Tyson) et Arno Gonzalez (Modern).

UNIDIVERS —Astropolis à Brest, Made à Rennes, Paco Tyson à Nantes, Modern à Angers, et on pourrait en citer bien d’autres dans le Grand Ouest. On a l’impression que toutes les grandes villes du Grand Ouest veulent avoir leur festival électro, comment expliquez-vous les raisons de ce succès ?

GILDAS RIOUALEN —Le Grand Ouest a toujours été riche de collectifs, d’un tissu associatif dynamique, quel que soit les styles dans les musiques électroniques. Dans les années 1990, on a été une grande terre de free party. On l’est toujours aujourd’hui, mais le mouvement a ralenti avec toutes les contraintes et la répression du gouvernement. Mais de nombreux collectifs ont évolué et veulent se professionnaliser dans le spectacle et la musique électronique.

C’est une richesse bretonne, car la plupart des festivals viennent de ce milieu là, de passionnés qui ne sont pas là par hasard. Ce ne sont pas des entreprises de spectacles qui se sont dit qu’il y avait du pognon à faire dans la musique électronique. Dans les années 2000, il y a eu beaucoup d’essais de ces entreprises de spectacle, ils débarquaient dans des villes sans connaître personne, sans travailler avec personne, et ils se prenaient des grosses tartes en général, mais tant mieux. Ça reste une terre de passionnés, une terre riche en culture. Il n’y a qu’à voir l’été le nombre de festivals en été, et pas que de musique électronique (d’ailleurs, les festivals électro sont assez étalés sur l’année) : c’est une terre riche en musique, en musiques actuelles, mais aussi traditionnelles. Je compare souvent les soirées électro au fest-noz où les gens en sabots et en chapeaux faisaient la fête et rentraient dans une transe toute la nuit.

Riddims du lieu-dit est un disque de Low Jack paru en 2018 qui constitue la première sortie des Disques de la Bretagne, sous-label des Éditions Gravats. L’artiste et le label étaient présents lors de la dernière édition d’Astropolis d’hiver en février 2019.

Breizh Power Vol. 1 est la première sortie du label Krakzh, lancé par le Breton Théo Muller (ayant également participé à plusieurs reprises à Astropolis avec son collectif Midi Deux). La compilation est une forme d’hommage à la scène électronique bretonne.

UNIDIVERS —Dans quelle mesure ce bouillonnement est-il soutenu par les pouvoirs publics ?

NICOLAS VIANDE —Aujourd’hui, c’est vrai qu’on a l’impression que le festival est devenu à la mode : toutes les villes, même les petites communes, veulent leur festival. Certaines manifestations ont fait des émules : le Hellfest à Nantes, Astropolis à Brest.

UNIDIVERS —C’est donc que les festivals apportent quelque chose aux villes ?

NICOLAS VIANDE —Bien sûr, une animation, un rayonnement, de l’emploi, etc. C’est l’exemple de Clisson (Hellfest) et Carhaix (Les Vieilles Charrues), des communes qui ont tout misé sur un événement, qui l’ont fait rayonner.

Hellfest
Hellfest, Clisson (Loire-Atlantique).
Festival Vieilles Charrues
Festival des Vieilles Charrues, Carhaix (Finistère).

GILDAS RIOUALEN —Pour une ville, un festival c’est du peps pour la jeunesse, c’est une attraction, une dynamique. À Brest, par exemple, on était boycotté par la plupart des politiques au début. Aujourd’hui, ils sont fiers d’avoir un festival pour les jeunes de 16-25 ans. Brest est une ville étudiante [NDLR : 25 000 étudiants sur une population de 205 000 habitants], mais, il y a encore 15 ans, quand un étudiant avait le choix entre Brest, Nantes et Rennes, tu venais à Brest si tu aimais bien la mer et la planche à voile, mais sinon tu allais forcément à Rennes ou Nantes pour faire la fête.

On parle beaucoup aujourd’hui de tourisme culturel, et je reviens sur la saison estivale des festivals, pour laquelle un véritable tourisme s’est mis en place en Bretagne. Des gens viennent d’autres régions parce qu’il y a des festivals tous les week-ends, ce qui n’est pas le cas partout en France. On le voit bien en tant qu’organisateurs, on reçoit tous des demandes de stage d’étudiants de master en culture, mais aussi de gens qui viennent du tourisme, parce qu’ils savent que toute une dynamique s’est mise en place. Les villes l’ont compris aussi : si elles veulent retenir les étudiants, il faut créer cette dynamique et cette culture autour de la jeunesse.

THOMAS MAHÉ —Mais il y a tout de même des communes plus frileuses que d’autres. Ça fait de l’animation pour la commune, peu importe la taille de la ville, mais quand on rentre dans le vif du sujet on s’aperçoit qu’elles aimeraient bien l’animation sans prendre de risque…

NICOLAS VIANDE —C’est là que ça peut coincer pour les festivals électroniques.

THOMAS MAHÉ —Dès que tu parles d’événements nocturnes, qui se prolongent après une heure du matin, la barrière psychologique du bar est franchie, ça change la donne…

NICOLAS VIANDE —Ce n’est plus une animation, mais une nuisance que tu apportes…

THOMAS MAHÉ —Il y a l’élu qui s’inquiète pour sa position, la préfecture qui peut mettre le holà… On se met à leur place aussi, mais c’est plus ou moins compliqué selon les régions, les villes et les styles musicaux.

NICOLAS VIANDE —On le voit bien autour de Nantes : on a fait un peu le tour pour trouver un terrain pour le Paco Tyson, qu’on cherche encore d’ailleurs. Quand tu vas voir une mairie, ils ont des étoiles dans les yeux, tout le monde semble vouloir son Hellfest. Mais quand on leur explique ce qu’on fait, ils déchantent souvent…

Paco Tyson
À un mois et demi de la troisième édition du festival Paco Tyso, les organisateurs se sont vus retirer leur terrain d’exploitation près de Nantes pour des raisons administratives. Au prix d’une réorganisation complète, le festival a pu avoir lieu comme prévu du 19 au 21 avril 2019 dans différents lieux de Nantes.

UNIDIVERS —Il y aurait donc une ambivalence entre les villes qui soutiennent et d’autres, plus frileuses. Cette différence de traitement peut-elle s’expliquer par l’âge du festival ?

GILDAS RIOUALEN —On n’a rien sans rien, ça reste toujours une bataille. Ce qui s’est passé à Nantes en est la preuve : même si le Paco Tyson est bien implanté désormais, même si on croit que ça y est c’est une espèce de cathédrale qui est sortie de terre et qui a fait ses preuves, tout peut prendre feu du jour au lendemain, on est à l’abri de rien. Il suffit que le maire change de bord, de gauche à droite, et tout peut être remis en question.

Hadra Trance Festival
Créé en 2005, le Hadra Trance Festival a organisé huit éditions sur le site de Lans-en-Vercors. Suite à l’élection d’un nouveau maire, Michaël Kraemer, en 2014, le festival est obligé d’annuler son édition de 2015 et de chercher un nouveau site d’exploitation. Crédit : Ephem’R

NICOLAS VIANDE —Les politiques peuvent être différentes. Il y a des réalités distinctes dans les villes qui font qu’on ne peut pas jouer les mêmes cartes. Le problème à Nantes, c’est que c’est une grande ville qui a déjà beaucoup misé sur la culture pour le tourisme. Par exemple, les Machines de l’île de Nantes attirent des centaines de milliers de personnes. Quand on s’adresse aux pouvoirs publics, avec notre festival qui ramène 15 000 personnes, on n’a pas du tout le même poids… Il y a déjà un énorme attrait culturel avec un festival comme Scopitone, le Lieu unique, le Warehouse… On a vite fait de nous dire que si notre festival disparaît, les jeunes pourront quand même sortir à Nantes.

RÉMI GOURLAOUEN —Le Made est dans la même situation à Rennes, ils n’ont pas besoin de nous, et nous ne sommes pas subventionnés.

UNIDIVERS —Hormis ce rapport compliqué aux pouvoirs publics, quels sont aujourd’hui les principaux enjeux, ou les principales difficultés, rencontrés par les festivals de musiques électroniques ?

GILDAS RIOUALEN —On entre dans une période de sur proposition. Tous les week-ends il y a quelque chose, avec de très beaux line up. C’est souvent organisé par des collectifs de passionnés qui créent une identité en laquelle le public a confiance, et qui proposent aussi bien des artistes à découvrir que des têtes d’affiche. Mais il faut savoir qu’aujourd’hui, une tête d’affiche n’est pas forcément aussi rentable qu’il y a dix ans, parce qu’on tourne en rond avec les mêmes artistes qu’on a déjà vu des dizaines de fois.

L’enjeu pour un festival est donc de réussir à maintenir une excitation auprès du public. Parce que de la proposition, ils en ont. Aller écouter des DJs tous les week-ends, c’est faisable. Donc quand tu construis ton festival, il faut proposer quelque chose d’excitant, de fédérateur. Personnellement, j’ai fait le choix de faire moins de têtes d’affiche cette année, ou en tout cas de réduire mon budget artistique, pour peut-être davantage améliorer l’accueil avec de la décoration, des surprises durant la nuit, etc. Panoramas (Morlaix) ou Les Nuits Sonores (Lyon) ont fait l’inverse : ils ont augmenté leur budget artistique pour rassembler plus de têtes d’affiche dans l’espoir de faire venir plus de monde. Ce sont des directions différentes, mais l’objectif est le même : réussir à créer quelque chose d’excitant, tout en continuant à proposer de la découverte, à mettre en avant la scène régionale, ce qu’on fait tous parmi nous.

Astropolis
Le 19 mai 2019, Astropolis investit à nouveau le Fort de Pendeld pour la Fête de la Bretagne ! Familial et convivial, cet événement est l’occasion pour toutes les générations de découvrir les nouveaux talents de la scène bretonne : musique instrumentale amplifiée, électronique ou traditionnelle.

Tremplin Astropolis Tremplin Astropolis Tremplin Astropolis

Depuis 2003, Astropolis soutient la créativité et la vivacité de la scène électronique du Grand Ouest avec un tremplin annuel permettant de se produire sur le festival. Il s’ouvre à tou.te. s les product.rices.eurs et DJs de Bretagne, du Pays de la Loire et de la Basse-Normandie. Peu importe le style, toute la grande famille des musiques électroniques est la bienvenue, de l’ambient au hardcore en passant par la house, la techno, la bass music, synth wave… Une quinzaine de lauréat. e. s sont sélectionné. e. s et programmé. e. s sur les différentes scènes du festival.

THOMAS MAHÉ —Ce qu’il faut, c’est parvenir à créer une identité. Modern et Astropolis sont installés depuis longtemps. Nous, le point commun qu’on a avec Paco Tyson, c’est qu’on cherche encore notre identité, comment se démarquer ? Quand tu fais venir un headliner, au-delà de l’aspect musical, il faut que ça ramène du monde, sinon t’es mal. Mais il y a toujours un rapport notoriété/prix assez discutable aussi. Beaucoup de jeunes se masturbent sur les gros festivals allemands, où tous les ans on voit le même alignement de gros noms à l’affiche… À quel moment tu bascules dans le marketing pur, le business, que tu alignes les gros noms et que tu t’en fous complètement de l’identité du festival ?

GILDAS RIOUALEN —Après 30 ans d’une culture, c’est compliqué de continuer à surprendre… Parce qu’on a un peu fait le tour quand même. C’est pour ça qu’il y a aujourd’hui un retour en arrière : les gens veulent retourner à des événements à taille humaine, de 1 000 personnes, voire moins. Il n’y a pas de commission de sécurité, tu peux encore faire à peu près ce que tu veux en matière de déco. Il y a un retour à ce côté bricolage, que j’adore, mais qui, pour Astropolis, est impossible désormais. Néanmoins je comprends bien l’intérêt de ces petites soirées.

ARNO GONZALEZ —Modern n’est plus un festival. Nous n’avons fait qu’une édition, en 2016. On a failli réitérer l’expérience, mais ça ne s’est pas fait par manque de moyens, on n’a pas atteint l’objectif la première année. Mais on continue d’organiser des événements à Angers avec des petites jauges, au Chabada par exemple, qui peut accueillir 1000 personnes, ou dans des salles plus petites de 300 ou 400 personnes.

Modern Festival
Fondée en 2002 avec pour mot d’ordre les musiques dansantes exigeantes, Modern organise pour la première fois un festival en novembre 2016.

JULIEN LAFFEACH —C’est moins stressant pour les organisateurs. Et je pense que le public s’y retrouve plus. C’est plus cool d’être dans une teuf à taille humaine, où tu t’amuses bien, où il y a un line up cool. On n’est peut-être moins dans une demande exigeante. Avec le Paco Tyson, on se pose pas mal cette question de la direction à emprunter… C’est ce qu’on a commencé à faire cette année en s’ouvrant à de nouvelles sonorités, par exemple Miel de Montagne. Jamais je n’aurais cru programmer un artiste dans ce style, et, finalement, c’est une des soirées qui a le mieux marché !

Ce que je veux dire par là, c’est qu’aujourd’hui, si on veut faire un festival avec une jauge importante comme la nôtre (8000), il ne suffit pas de programmer des Marcel Dettmann, Ben Klock et cie. On le voit très bien au Warehouse quand ils font venir des grosses têtes d’affiche et que ça ne se remplit pas tant que ça…

RÉMI GOURLAOUEN —En plus de la sur proposition d’événements, il y a aussi énormément d’artistes aujourd’hui. Or, le buzz d’hier n’est plus celui d’aujourd’hui. Les Jeff Mills, Laurent Garnier ou Carl Cox ont créé leur carrière sur l’artistique avant l’avènement d’Internet, de YouTube, etc. Si on devait faire un best of des classiques de la techno, « The Bells » de Jeff Mills y figurerait certainement… Aujourd’hui, on est vraiment dans le showbusiness, il y a du management, des agents, un timing prévu, un DJ est à 1000 € pour un set une année, l’année d’après c’est un zéro de plus… Sauf que tout ce buzz fonctionne sur un temps court.

NICOLAS VIANDE – Selon moi, le côté positif dans cette histoire de têtes d’affiche qui ne sont plus rentables, c’est qu’on s’en détache. Ça permet aussi de revenir à des programmations plus aventureuses. Le 14 juillet l’an dernier (2018), on avait pris le parti de n’inviter que des artistes inconnus.

ARNO GONZALEZ – L’avantage, c’est quand les gens viennent parce qu’ils ont confiance en notre programmation ou notre état d’esprit… On peut alors leur proposer des choses qu’ils n’auraient pas découvertes sinon. Et là, t’as gagné ton pari.

GILDAS RIOUALEN – Dans la continuité du problème de sur-proposition, il y a autre chose qui m’inquiète beaucoup, c’est que j’ai l’impression qu’on rentre dans une société où la musique électronique, cette culture pour laquelle on s’est battus, devient une musique de discothèque, comme dans les années 1980. Il y a beau avoir plein d’outils pour connaître les artistes, on est dans une société du zapping. Les gens ne retiennent même pas le nom de l’artiste, le label on n’en parle pas, tant que ça danse, tant que c’est festif… Même s’il y a des niches de connaisseurs qui suivent ça de près, la grande majorité oublie que ce n’est pas de la musique de discothèque qu’on propose. Quand on programme un artiste, c’est qu’il y a une raison, une logique de programmation. Il ne faut pas oublier qu’on a beau faire des festivals, on fait partie du réseau culturel, on ne fait pas de l’animation ni de la discothèque.

Fondé en 1991 et réunissant les pionniers Jeff Mills et Mike Banks, X-102 est un projet collaboratif du mythique label Underground Resistance. En 1992 sort le concept-album Discover The Rings of Saturn, pierre angulaire de la culture techno. Inédit en France, le projet se reforme à l’occasion des 25 ans du festival Astropolis pour la première fois depuis 10 ans !

Made festival

UNIDIVERS – Vous êtes réunis ce soir pour une tournée de promotion de vos festivals. Existe-t-il d’autres collaborations entre vous ?

THOMAS MAHÉ – Ce n’est pas strictement professionnel, plutôt amical, ça fonctionne sur une entente sincère.

GILDAS RIOUALEN – Si quelqu’un a une merde, ou qu’à un moment il faut se mettre en réseau pour un bras de fer politique en Bretagne ou dans le Grand Ouest, c’est sûr qu’on ira au front tous ensemble.

NICOLAS VIANDE – Et comme on se connaît, ça arrive qu’on s’accorde sur nos programmations. On communique ouvertement, sur les dates aussi.

THOMAS MAHÉ – En cela on collabore : quand quelqu’un est sur un artiste on ne surenchérit pas sur l’autre. D’ailleurs les agents qui ont essayé de le faire entre nous le font moins parce qu’ils ont compris qu’on se connaissait et qu’on ne se faisait pas ce genre de coups.

UNIDIVERS – C’est que vous partagez autre chose que les musiques électroniques au fond ?

(rires)

RÉMI GOURLAOUEN – Une bonne dose de connerie !

JULIEN LAFFEACH – La fête !

GILDAS RIOUALEN – Notre point commun, c’est un état d’esprit qu’on partage. On n’est pas là par hasard, on a tous une histoire. Petit à petit, on s’est tous professionnalisés à partir de notre passion. On est prêts à programmer des styles différents, à ouvrir les portes aux jeunes collectifs, on fait tous des tremplins, on essaie de proposer des projets aussi bien payants que gratuits. On est sur la même longueur d’onde.

UNIDIVERS – Merci à vous tous, pour le temps que vous nous avez consacré, mais aussi pour celui que vous dédiez à la musique électronique et à l’activité culturelle dans le Grand Ouest…

« Jack is the one who gives you the power to Jack your body!

Jack is the one who gives you the power to do the snake!

Jack is the one who gives you the key to the wiggly worm!

Jack is the one who learns you how to whop your body!

Jack is the one that can bring nations and nations of all Jackers together under one house!

You may be black, you may be white,

you may be Jew or Gentile.

It don’t make a difference in our house.

And this is fresh ! »

Chuck Roberts, « My House »

Retrouvez un article sur le Made festival réalisé à l’occasion de l’édition 2019 en cliquant ici !

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