Avis de David :

Extrêmement Fort et Incroyablement Près partait d’un bon sentiment. Ce qui n’empêche pas sa réalisation de se fracasser lamentablement sur le mur du ratage. L’ambition du propos n’est vraiment pas à la hauteur de la réalisation : scénario dramatique, musique d’ambiance désastreuse, incohérences multiples…

Le point de départ est la série d’attentats du 11 septembre. Un enfant se retrouve orphelin, ne parvient pas à faire le deuil de la mort paternelle et développe une quête obsessionnelle. À partir de là, le spectateur a le droit à une série de clichés de bas niveau. Bien sûr, la réalisation s’emploie à les cacher par un artifice d’originalité, lequel crève après quelques minutes pour se révéler dans toute l’étendue de sa médiocre technique : un collage des pires éléments que contient le cinéma indépendant américain.

Les personnages sont d’une banalité affligeante, l’épaisseur des dialogues est consternante et l’histoire est invraisemblable comme rarement. Évidemment, certaines scènes émouvantes ne laisseront pas indifférent tout cœur sensible. On soulignera également la présence de moments humoristiques réussis. Mais trop, c’est trop : trop envahissant, trop bavard, trop impudique !

De l’émotion trafiquée en long et en large. Un ratage irritant.

 

Avis d’Ice

Cette adaptation d’un best-seller a été vendue comme un film sur le 11 septembre 2001 à New York. Le public français pourrait se sentir éloigné du sujet ou craindre les poncifs du mélodrame avec une avalanche de bons sentiments. Alors, déception ou surprise ?

Première occasion de ce rassurer : Le réalisateur n’est autre que Stephen Daldry, auteur de Billy Elliot et du très bon The Hours. Effectivement, nous retrouvons la patte de Daldry dans ce film avec un jeune garçon désorienté et solitaire au centre de l’histoire. Oscar a perdu son père dans les attentats. Un père avec qui il avait une relation fusionnelle et unique, tenant à l’écart une mère qu’il juge absente. Autour de lui, ses seuls repères sont une grand-mère et le gardien (joué par John Goodman).

Le film pourrait se décomposer en trois parties :

La première nous décrit les relations entre Oscar et son père (joué par Tom Hanks). Ils ont pour habitude de chercher des mystères, des trésors, des quêtes, le père stimulant ainsi son fils à sortir et aborder les autres. La mère ( Sandra Bullock) est alors absente du film, réduite à un caméo. Puis vient la découverte d’une clé mystérieuse et du “locataire” de la Grand-Mère.

Cette deuxième partie est une relation entre un vieil homme muet (extraordinaire Max Von Sydow) et un enfant. On pense alors à un “été de Kikujiro” avec là aussi une quête. C’est certainement la partie la plus réussie du film.

Enfin viennent la solution, le dénouement et les explications avec la mère. Daldry aurrait pu sombrer dans la surcharge de bons sentiments mais reste dans la sobriété, bien aidé par une Sandra Bullock trop rare dans ce type de rôle.

Le rythme du film, les nombreuses trouvailles stylistiques, les cotés graphiques parfois, laissent le spectateur réfléchir sur… la mort et le deuil. Car finalement, bien plus que le 11 septembre, le film renvoie à ce thème : Pourquoi ce père est-il mort ? Comment faire le deuil lorsqu’une histoire s’achève ainsi subitement dans un accident. Délicatesse des sentiments, grand casting, magnifique mise en image avec un New York spectateur et acteur : Il serait dommage de passer à côté d’un film peut être moins accessible que les précédents de Daldry mais ô combien intéressant par ce qu’il a à raconter.

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29 février 2012 (2h 08min)
Réalisé par
Stephen Daldry
Avec
Tom Hanks, Thomas Horn, Sandra Bullock
 Oskar Schell, 11 ans, est un jeune New-Yorkais à l’imagination débordante. Un an après la mort de son père dans les attentats du World Trade Center, le « jour le plus noir », selon l’adolescent, il découvre une clé dans les affaires du défunt. Déterminé à maintenir un lien avec l’homme qui lui a appris à surmonter ses plus grandes angoisses, il se met en tête de trouver la serrure qui correspond à la mystérieuse clé. Tandis qu’il sillonne la ville pour résoudre l’énigme, il croise toutes sortes d’individus qui, chacun à leur façon, sont des survivants. Chemin faisant, il découvre aussi des liens insoupçonnés avec son père qui lui manque terriblement et avec sa mère qui semble si loin de lui, mais aussi avec le monde déconcertant et périlleux qui l’entoure..

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Animula blandula vagula : Âme de diaphane intimité, hôtesse et compagne de mon corps, tu verses vers des lieux délavés, escarpés et dénudés, où ne résonnent tes jeux d’esprit…

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