Mette Ingvartsen a remporté un franc succès au TNB de Rennes avec 69 positions (voir notre article). Les 21 et 22 novembre, elle présente au festival Mettre en scène une reprise de son Evaporated Landscapes. Grand écart de la chorégraphe Danoise risque-tout : un travail à l’opposé de sa dernière création. Cependant, un questionnement en commun : celui de notre perception. Pas de mots, mais une subtile poésie. 

 

 ENTREZ DANS LA DANSE : 

Mette Ingvartsen : C’est un travail complètement différent de 69 positions. Il a plus à voir avec mon travail des cinq dernières années où je me suis tournée vers l’idée d’extension du champ chorégraphique. Comment travailler avec des matières comme on travaille avec des corps ?

Evaporated Landscapes date de 2009. C’est une composition de quatre paysages, espaces où les gens sont immergés et où les matières se dissolvent. La fumée, les bulles de savon, la lumière, le son. Je présente des expériences naturelles mais recréées artificiellement pour le théâtre. Tout est lié à la perception des couleurs, des températures, des sensations tactiles. On a envie de toucher.

Evaporated Landscapes Mette Ingvartsen
Evaporated Landscapes Mette Ingvartsen

Mon travail intègre également la magie. Je montre des effets d’optique, des effets visuels mais aussi leur fonctionnement. C’est un dispositif avec des machines de théâtre, des mécanismes, et mon rôle consiste à les faire fonctionner. Mon objectif est de me rendre invisible à l’inverse de 69 positions où je suis au centre du dispositif. Cependant, il reste un lien entre les deux spectacles qui est le travail avec l’imaginaire, le virtuel et la chorégraphie dans une dimension plus ample (extended choreography) qui est un concept sur lequel je travaille depuis longtemps. En Suède, il y a un courant artistique qui étudie comment accroître le champ chorégraphique comme ces artistes qui font des livres et se réclament de la chorégraphie (book choreography), notamment Marten Spangberg.

Les deux propositions que je présente au festival Mettre en Scène s’inscrivent dans cette démarche, mais de deux manières complètement différentes. Dans mon solo, mon corps est central, mais le plus important tient dans ce que j’imagine à l’extérieur de mon corps, l’imaginaire, le virtuel. Proposer les deux démarches quasi simultanément est une force, c’est la première fois que ça se produit pour moi. Ce sont les deux extrêmes de mon travail.

Voir les infos pratiques pour  Mettre en scène au TNB

Evaporated Landscapes Mette Ingvartsen
durée 30 min
chorégraphie Mette Ingvartsen
lumière Minna Tiikkainen
son Gerald Kurdian

crédit photos Wolfgang Silveri

Laisser une réponse

SVP rédigez votre commentaire
Merci d'inscrire votre nom