Jusqu’au 28 janvier, à Paris, le Grand Palais invite Hopper, le peintre des Américains, francophile et héritier des post-impressionnistes et des fauves. Les 163 œuvres, dont 128 d’Hopper, sont à juste titre très attendues. Un rendez-vous à ne pas manquer pour découvrir la peinture de l’audacieuse Amérique et les lumières hopperiennes.

edward hopperHopper propose un tableau et laisse le soin au spectateur d’inventer son contexte et son histoire. La palette des émotions se déploie sans limites, la joie la plus criante pouvant se mêler à l’angoisse la plus paralysante. La mélancolie et la solitude sont exposées de façon subtile et magistrale une certaine extériorisation de la vie intérieure. Plane l’esprit de Rembrandt, de Watteau et même de Degas. D’un point de vue scénographique, l’exposition propose une suite de ses plus grands chefs d’œuvre. Elle s’achève avec l’ultime tableau peint par Hopper. Deux comédiens viennent dire au revoir comme pour signifier la fin de la récréation.

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edward hopperDevant le Grand palais, des bourgeoises aux moumoutes de renard attendent sagement leur tour. Devant elles, un panneau indique en lettres noires : à partir d’ici, trois heures d’attentes. Mais les dames vont patienter dans le petit froid matinal. Elles trouveront le temps long, mais pour l’art, leur patience n’a jamais de limites ! Hopper et sa peinture sont enfin à Paris. Les visiteurs découvriront l’oeuvre d’un peintre un brin cinéaste et d’un cinéaste des moments de vie. Hopper est un Hitchcock de la peinture. Ses personnages sont entre la vie et l’au-delà, entre une chambre et une cour, entre un comptoir et une rue, entre une maison et un jardin. Ils ne vous regardent jamais, mais observent dehors, au loin. Ils sont comme le comédien James Stewart dans Fenêtre sur cour attirés par le côté obscur de notre existence…

Dans cette peinture, on est frappés par le réalisme à peine suggéré, par la photographie de l’Amérique des années cinquante et par cette lumière envoûtante. Indéniablement, Hopper réussit à faire oublier la nuit dans un jeu subtil de couleurs et révèle le jour dans le halo lumineux d’un soleil matinal. C’est Hopper le magnifique qui dans un autoportrait vous regarde fixement, comme pour vous dire : ne cherchez pas amis à comprendre, mais regardez simplement !

Jean-Christophe Collet et David Norgeot

 Du 10 octobre 2012 au 28 janvier 2013 : Lundi : 10h-20h, Mardi fermé ; Mercredi, jeudi, vendredi : 10h-22 h ; Samedi, dimanche : 9h-22h. Et pendant les vacances scolaires de Noël : ouverture de 9h à 23h tous les jours ! Fermeture le 25 décembre. Fermeture exceptionnelle à 18h les 24 et 31 décembre. Plein tarif : 12 euros

 

 

Un commentaire

  1. Je ne voyais, à priori, pas trop le rapport avec Hitchcok, si ce n’est justement l’observateur de Rear Window. Mais qu’importe…. Son oeuvre est immédiate et profonde à la fois : Immédiate car on saisit d’emblée ce que représente son tableau mais il faut prendre le temps de l’observer, d’entrer dans sa peinture réaliste pour y trouver ses propres émotions.
    Ce n’est pas du « beau » comme beaucoup l’attendent dans leur vision de l’art. Ce n’est pas non plus une peinture de la solitude et de la froideur du monde moderne. C’est une peintre profondément humain qui nous renvoie à un autre miroir.
    Quand aux bourgeoises en renard, elles sont bien souvent en chien ou chat sans même le savoir, mais là je dérive 😉

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