Quincy Farriol est un jeune auteur sans grand succès. Lorsqu’il reçoit le Prix de la Maison d’arrêt de Saint-Pierre des Alpes pour son roman, L’énergie du ver de terre, il ne peut refuser d’aller rencontrer la libraire du village pour une séance de dédicaces.

Espérant au moins faire la rencontre d’une belle admiratrice, il déchante rapidement en découvrant, la vieille, mais non moins truculente Jeanne Voisin, dynamique et étonnante libraire du village.

didier van cauwelaert, principe du paulineSes espoirs reprennent vie à l’arrivée d’une jeune étudiante en informatique, Pauline Sorgues, chargée de l’aider dans ses dédicaces. Mais une fois de plus, la déception le guette lorsque celle-ci l’utilise pour passer un message coquin à son fiancé Maxime, emprisonné pour un meurtre qu’il n’a pas commis, mais qu’il couvre par loyauté envers son patron, Robert Sonnaz, Président gaulliste du Conseil Général.

C’est grâce à Maxime que Quincy a reçu ce Prix littéraire. « Ce qui m’a parlé : c’est quand votre personnage est tellement dingue d’une femme qu’il renonce à elle pour la protéger de lui-même. »

Didier Van Cauwelaert nous entraîne dans une comédie dramatique autour de ce triangle amoureux. Quincy, sage et pessimiste et Maxime, tonitruant et envahissant sont les deux visages de ce que recherche Pauline dans l’amitié-passion. Cette jeune femme intelligente a une vision bien personnelle de son avenir. « Un père, ça doit pas être un ami. L’ami, c’est celui qui est toujours là, quoiqu’il arrive. »

Rejetés tous deux de la vie maritale de Pauline, ils deviennent amis par la force des choses. Maxime, libéré et nanti de dossiers juteux sur certaines personnalités politiques, utilise son pouvoir pour « promouvoir » la carrière littéraire difficile de Quincy. Entre coups de boule et magouilles, il parviendra à le mettre en tête des ventes avec ce roman qui raconte leurs rencontres.

« Pauline avait un grand principe dans la vie : l’amour sert à construire une véritable amitié. Maxime et moi en sommes la démonstration vivante. Nous aurions pu nous contenter d’aimer la même femme, d’être des rivaux compréhensifs… Mais non. Maxime, pour appliquer le principe de Pauline, a voulu devenir mon protecteur. Et c’est ainsi qu’un voyou à la générosité catastrophique a pris en main le destin d’un romancier dépressif. »

L’auteur en profite pour aborder le thème de la création littéraire et de la réussite commerciale parfois liée à des évènements extérieurs au talent.

Moins sérieux que La femme de nos viesLe principe de Pauline est un roman tendre et drôle comme Les témoins de la mariée. Didier Van Cauwelaert comble le lecteur avec une histoire aux personnages drôles ou graves, mais toujours capables de profonds sentiments de tendresse.

Didier Van Cauwelaert Le principe de Pauline, Albin Michel, mai 2014, 304 pages, 20 €

 

Didier van Cauwelaert cumule prix littéraires et succès public. Prix Del Duca, prix Nimier, prix Goncourt, il a publié récemment Les témoins de la mariée et La femme de nos vies, récompensé par le Prix des Romancières 2013 et le Prix Messardière du Roman de l’été.

 

Lectrice boulimique et rédactrice de blog, je ne conçois pas un jour sans lecture. Au plaisir de partager mes découvertes.

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