La relation qu’unit le public avec une exposition photographique est fondée sur le ressenti, l’esthétisme et la réalisation technique. Les galeries de portraits d’anonymes sont souvent un défi au regard d’un public qui contemple des visages et des figures. Face à cela, le photographe doit le captiver autour d’un thème et d’une esthétique qui à la fois lie l’observateur à l’œuvre. Avec I am Cynthia Sinkes, Pascal Scaleux nous livre une réussite sympathique mettant la femme au centre de son travail.

Entre l’anonymat et la célébrité, il n’y a qu’un pas. Mais qui est donc Cynthia Sinkes ? Actrice de seconde zone qui a connu un quart d’heure de gloire dans un épisode de Columbo et d’autres séries américaines telles Magnum où encore J,A,G. Mais le propos n’est pas tant le fait de savoir qui elle est que de mettre en avant la Femme permettant à Pascal Sacleux de nous livrer un travail intimiste rempli d’esthétisme.

Dans la galerie de l’Institut franco-américain se succèdent les portraits de femme répondant tous à un cahier des charges bien précis : contraintes de travail photographique et harmonisation de ce fil rouge qu’est l’actrice, la femme. Car ces clichés sont formatés à la manière d’un book d’une actrice d’une agence américaine. Éclairage visible et sourire de jeune débutante, l’esthétique est celle de la pose. L’anonymat se crée sous la contrainte de l’uniformité.

Ce décalage, ces portraits mis en vis-à-vis servent ainsi et paradoxalement le propos de l’exposition. À chaque cliché son détail et son expression, renforcée par les cartels qui annoncent l’âge, le lieu de naissance et la profession du modèle qui devient une célébrité, une Cynthia Sinkes pour le temps d’un regard posé.

Dans l’esthétisme, –en grand passionné qu’il est des années 70 auxquelles il a rendu hommage dans ces précédentes expositions, – Pascal Sacleux a voulu conserver le rendu de cette époque tant au niveau des tenues que des couleurs qui nous font effectuer un retour vers le passé. Comme il nous l’a expliqué, il avait déjà réalisé plusieurs prises de vue chez lui avec certains modèles et une fois les combinaisons épuisées, les modèles sont devenus le centre de son propos. Les prises de vues se sont faîtes chez les modèles avec leurs propres garde-robes ; et ce, en deux ou trois essais. Ensuite est venu le temps du traitement pour donné à ces clichés, numérique avec l’envie de retrouver les couleurs de ces vieilles photos de cette période.

C’est donc une bulle qui se crée le temps d’une déambulation dans la galerie de l’IFA, un retour vers une époque et la mise en avant d’une féminité dans son ensemble et ses différents visages.

Informations pratiques :
I am Cynthia Sikes
Du 26 mars au 12 avril 2013

Espace galerie de l’Institut Franco-Américain
7, quai Chateaubriand
35 000 Rennes
Mardi au vendredi : 13h30 – 19h / Samedi : 13h30 – 18h Entrée libre.

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