Jean-François a la garde sa fille Julyvonne, 12 ans. Il l’élève seul, refuse qu’elle fréquente l’école et limite ses contacts avec le monde extérieur, par méfiance et par peur. Employé d’un salon de quilles, concierge dans un hôtel, Jean-François est lui aussi assez timide et réticent aux contacts avec des étrangers. Son quotidien change alors qu’une nouvelle préposée, elle aussi marginale, vient travailler avec lui au salon. Suite à une découverte morbide, la curieuse Julyvonne essaie d’entrer en contact avec le monde extérieur, à l’insu de son père. Mais ce dernier a aussi un secret dont il ne parle à personne.

Encore un huis clos assez déroutant en raison de son grand mystère et de cette façon de nous insérer et imposer  cette étroite relation père-fille. L’accent québécois des protagonistes du film donne un supplément d’âme et de charme à l’ensemble. Emmanuel Bilodeau qui joue le père est totalement extraordinaire, de présence, de justesse, une performance divine qui mérite, rien qu’à elle seule le déplacement du public pour admirer ce bijou.

Ce film accroche avec une force viscérale – on rit souvent, mais plutôt jaune que de façon clownesque. Le spectateur est vite gêné par tournure des événements, car on comprend  vite que la relation qui se déroule sous nos yeux entre ce père et sa fille n’est pas que catholique… L’ambiguïté perdure tout au long du film ; ce  lui confère un sel des plus piquants, c’est le fil conducteur qui accrocher. Saisissant au plus haut point ! Aussi est-ce une ambiance de mystère qui  plane dans la salle pendant toute la projection. Un mystère  parfois à la limite du supportable.

Un film de très haut niveau. Des dialogues forts, des prestations excellents et des situations enivrantes. On en redemande tellement tout est bon. La nuance de ce bel ensemble est quand même une marque de très grand talent. Certes, on reconnaitra certaines inégalités, mais rien de répréhensible au regard de la force du reste du film. Je recommande grandement cette expérience fascinante qui alterne des sentiments contradictoires, comme pour heurter le spectateur dans ce qu’il a de plus profondément enfoui.

Drame, Québec, 1h32

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