coronavirus

Aujourd’hui, 1er jour du printemps. Ca vaut bien une petite balade. On coche la case 5 dans le laissez-passer ; vous savez « Déplacements brefs, à proximité du domicile » et c’est parti, avec le papier en poche.

J’ai choisi un petit parcours arboré de 4km environ. Passé la rue de Nantes, c’est presque la campagne. Nous entrons dans l’ancien arsenal de Rennes et le petit chemin longe la voie ferrée puis se dirige tranquillement en direction des vestiges des ateliers des munitionnettes. On s’enfonce un peu plus dans les fourrés d’ajoncs en fleurs et les ronciers. Depuis notre départ, il y a une demie heure, nous n’avons rencontré qu’une jeune maman qui promenait ses deux enfants !

Nous retournons vers chez nous en empruntant une autre trace, à l’ombre des grands feuillus. A quelque distance on aperçoit des confinés qui regardent au balcon.

Puis le chemin débouche sur une petite aire en béton réservée aux prouesses acrobatiques des skaters, exactement sous le pont de la voie ferrée et au pied de l’ancien château d’eau de l’arsenal. Surprise. Il y a là un groupe de jeunes qui font des figures de skate sur les rampes de béton. Les roues roulent, crissent et claquent. Belle « activité physique individuelle »…mais en groupe. Un peu plus loin, deux tagueurs sont à l’oeuvre sur le pilier nord du pont. On entend le choc de la petite bille d’acier sur les parois de la bombe aérosol et le pschitt de la couleur qui s’échappe. Ils sont en train de recouvrir de giclures noires l’oeuvre bleue d’un graffeur. Certainement une vengeance ou une histoire de marquage de territoire. Au moment où nous passons devant eux, un des tagueurs se retourne et nous lance, avec un air goguenard :

« Le confinement, c’est pas pour les artistes ! »

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