guerre corona

Journal de guerre

Mardi 17 mars 2020

Ca y est, c’est la guerre ! C’est le Président de la République lui-même qui l’a répété à la télé hier soir. Pour les bruits de bottes, c’est pas vraiment ça. Aucune troupe à l’horizon. Dans le ciel, aucun avion. L’hélicoptère de la police qui tourne au-dessus de chez moi à la moindre manif n’a même pas décollé.

Ce matin, je suis allé faire mes courses au supermarché de la rue de l’Alma. Il y avait une belle queue dehors mais les rayons étaient pleins et j’ai acheté pour midi une belle entrecôte et des pommes dauphines. Je viens d’aller chercher ma baguette tradition. Madame Letort, la boulangère, n’arrête pas de tousser. Pas de quoi s’alarmer.Les clients sont habitués. La pauvre est allergique à la farine et ça fait dix ans que ça dure… La rue est déserte. Personne sur les trottoirs. Pas d’enfants à trottinette.

Grand-mère me disait que pendant l’Occupation il y avait du monde dans les rues, les queues étaient longues et les magasins vides. Les écoles étaient remplies d’enfants.

Alors, elle est où la guerre ?

Juste devant la maison, deux policiers municipaux viennent d’arrêter Madame Derouelle qui rentrait chez elle. Madame Derouelle a connu l’Occupation et elle est toujours chez elle.

« Madame, vous devez avoir un laisser-passer pour circuler, qu’ils lui ont dit. Il suffit de le télécharger sur le site du Ministère »

« Un laisser-passer ? Ah, vous voulez dire un Ausweiss… »

Ca doit être ça, la guerre.

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