C’est officiel : ÉcoRennais, le Click&collect local, bio, équitable et zéro déchet vient compléter l’offre rennaise actuelle et ouvre en octobre 2020. Produits frais, épicerie salée et sucrée, boissons (thé, café, jus de fruits, etc.), hygiène et cosmétique, produits d’entretien, tout sera disponible en ligne à compter de la rentrée prochaine ! Consommer responsable et gagner du temps c’est maintenant possible avec le projet de Pauline et Thibault. Entretien avec Pauline Jaslet.

« Un.e écorennais.e est un.e citoyen.ne qui veut agir pour préserver le vivant en faisant sa part au sein de la métropole rennaise : consommer responsable, réduire son empreinte carbone, préserver les paysages et la biodiversité, soutenir l’emploi local … C’est également une personne qui veut des informations claires et transparentes pour pouvoir prendre ses décisions, sans greenwashing ou étiquette marketing de type « croissance verte » »

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Thibault et Pauline Jaslet se lancent dans l’aventure du vrac et de la consommation éco-responsable dès octobre 2020

Unidivers – Comment est né l’idée du projet ÉcoRennais ?

Pauline Jaslet – Thibault et moi avons habité Barcelone pendant trois ans et demi avant d’arriver à Rennes. La consommation locale, bio et zéro déchet y est très développée, cela nous a permis de changer nos habitudes et de tendre vers une consommation éco-responsable. Nous habitions dans un quartier catalan où tout pouvait se faire à pied. Les boutiques de fruits et légumes, de vrac alimentaire et de vrac entretien-cosmétique étaient à proximité les unes des autres.

En emménageant à Rennes, on s’est rapidement rendus compte que la tâche était plus compliquée selon le quartier où l’on vit. On ne pense pas être excentrés (quartier du canal Saint-Martin), mais la boutique vrac la plus proche est TiGrains accessible à vélo. Ils viennent d’ajouter une gamme de produits d’entretien, mais n’ont par exemple pas de papier toilette individuel. Aller de boutique en boutique afin de répondre à la totalité des besoins d’un domicile est rapidement chronophage donc on peut comprendre le découragement de certains consommateurs de s’engager dans cette voie.

EcoRennais c’est l’idée de consommer de manière responsable dans une société où l’on cherche à aller toujours plus vite. Il s’agit également de faire circuler l’information facilement afin d’éviter la recherche de produits en adéquation avec vos valeurs. Le marketing de la grande distribution est parfois bien fait, mais floue les clients. Nous avons déjà eu nous-mêmes quelques déconvenues et nous ne voulons pas que nos futurs clients vivent la même chose. La sensation n’est pas agréable quand ça arrive, car l’objectif initial est d’être en accord avec ses valeurs et consommer un produit qui ne l’était pas, sans son propre consentement, est frustrant.

ÉCORENNAIS s’inscrit dans la DÉMOCRATISation d’UN MODE DE CONSOMMATION ÉCO-RESPONSABLE DANS UNE LOGIQUE DE GAIN DE TEMPS. 

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© ÉcoRennais

Unidivers – Le principe de Click & Collect est simple : vous faites vos courses en ligne et vous choisissez entre deux possibilités pour récupérer la commande : directement à la boutique ou en se faisant livrer sur son lieu de travail (Rennes et proximité). Sera-t-il néanmoins possible de faire ses courses directement en magasin ?

Pauline Jaslet – On ne veut pas se limiter à la boutique physique, car l’objectif n’est pas de faire ses courses sur place. Cela a du sens que ceux habitant à proximité se déplacent, mais Rennes étant une ville peu piétonne, les habitants utilisent beaucoup leur voiture. Et le but n’est pas d’être considéré comme un drive, ne serait-ce que d’un point de vue écologique. Nous proposons donc la livraison directement à l’entreprise avec une camionnette électrique afin de limiter les impacts environnementaux en ville, mais également au moment de la fabrication de la batterie. Cette alternative évite un déplacement supplémentaire pour ceux qui ne résident pas à proximité de la boutique et peut toucher aussi bien les urbains que les ruraux qui travaillent à Rennes, mais n’habitent pas en ville.

Par contre, quelques produits seront disponibles sur place. Des produits que l’on a besoin de voir, toucher ou sentir ou des coups de cœur et intemporels comme les coquillettes (rires).

Unidivers – Savez-vous déjà où la boutique sera située ?

Pauline Jaslet – On préfère attendre avant de l’annoncer, car nous sommes encore dans les papiers administratifs. On communiquera sur sa localisation début juillet au plus tard afin que les gens puissent se projeter.

La boutique sera un lieu d’échanges où des dégustations seront ponctuellement organisées. On mettra en avant les portraits des producteurs avec qui nous collaborons. Nous sommes les intermédiaires, mais nous voulons créer un lien entre le producteur et le consommateur.

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© ÉcoRennais

Unidivers – ÉcoRennais proposera des produits bio, équitables, produits en Bretagne, transformés en Normandie ou transportés en voilier depuis le Pérou…

Pauline Jaslet – L’objectif est de proposer un maximum de produits bretons et d’élargir le périmètre géographique au fur et à mesure selon les besoins. Nos fournisseurs de produits frais (fromagerie et crèmerie, fruits et légumes) sont à une trentaine de kilomètres maximum de Rennes; un fabricant de produits d’entretien réside vers la pointe du Finistère; des producteurs de petits gâteaux habitent à la frontière de la Mayenne et d’autres en Vendée. Tout ce que l’on consomme n’est pas fabriqué en Bretagne, mais il est facile de trouver ces produits à l’échelle nationale donc on va privilégier la production française avant d’élargir à l’Europe. Pour les produits tels que le café, on privilégiera l’équitable afin de conserver l’aspect social de notre démarche. Le produit vient du Pérou et ne se fait pas encore à 100 % par voilier, mais c’est l’objectif vers lequel tend l’entreprise.

La transparence est une grande problématique dans le vrac et le zéro déchet actuellement. Pour cette raison, cette valeur nous tient particulièrement à cœur. Chaque produit sera documenté avec précision sur le site Internet afin d’être totalement transparent avec la clientèle. Dans certains magasins, vous ne savez pas l’origine ou le producteur du produit. Certaines personnes préfèrent parfois acheter des produits emballés, car les informations sur la composition, les valeurs énergétiques ou autres sont justement notés sur l’emballage. Ces informations ne sont pas obligatoires dans le vrac.

Créer du lien avec les producteurs et savoir avec qui on travaille est une force.

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Brasserie du Vieux Singe, bières artisanales rennaises

Unidivers – La boutique ouvre en octobre 2020, avez-vous trouvé l’ensemble de vos partenaires locaux ou reste t-il quelques recherches à effectuer ?

Pauline Jaslet – Pour n’en citer que quelques-uns : la Brasserie du Vieux Singe (Rennes) nous fournira en bière, Les Vaches à la Rue (Langan) pour les produits laitiers ou encore Le Rubis du Verger (Bruz) pour les fruits et légumes. Nous faisons également appel à Coat Albret pour le cidre artisanal. Certaines marques sont très connues et communiquent peu sur leurs actions sociales et environnementales. Coat Albret n’est pas bio, mais leur démarche s’inscrit dans une consommation éco-responsable, en accord avec nos valeurs.

Nous travaillons avec une entreprise qui calcule l’écoscore de chaque produit, leur empreinte carbone. Celui des produits carnés est automatiquement très élevée donc nous avons décidé de ne pas proposer de viande pour le moment. On ne cherche pas à pousser au végétarisme et certains vivent de cette production, mais on attend de voir la réaction des clients à ce sujet. Par la suite, on réfléchira potentiellement à des produits carnés respectueux de l’environnement.

Le label Terre de Sources s’assure par exemple que les producteurs respectent et font attention au rejet de l’eau dans la nature, un problème de pollution notamment avec la viande porcine.

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Unidivers – Les contenants seront consignés afin d’éviter des emballages superflus, mais non payants à moins que les clients veuillent les garder. Dans le cas contraire, ils ont deux mois pour ramener les contenants consignés.

Pauline JasletLa consigne est un très bon moyen de réduire les déchets, mais ça peut rapidement devenir un frein au moment de payer la commande. Cela augmente considérablement le montant du panier. On ne peut malheureusement pas acheter les contenants à tout le monde donc le principe est plutôt simple : chaque client crée un compte où un historique de l’ensemble des contenants prêtés sera accessible. Il mentionnera la date de rendu pour chaque récipient dans le cas où il ne veut pas les garder. Cette règle est nécessaire pour que cela devienne un automatisme, mais l’objectif est vraiment de créer une habitude et d’encourager les clients à ramener les contenants. À part s’ils les apprécient ou s’ils sont abîmés, ébréchés ou cassés. Nous laverons nous-mêmes les bocaux, bouteilles, etc. selon des règles d’hygiène strictes.

Le but n’est pas de mettre une pression. Si le contenant n’est pas ramené pour X raisons au bout de deux mois, la CB liée au compte client sera débitée du montant de la consigne, et si, pour finir, le client nous ramène l’objet consigné, il aura un bon d’achat de même valeur en retour. De cette manière, on ne perd pas d’argent et les clients qui mettent du temps pour nous ramener les objets consignés n’ont pas de pression pour les acheter, ils peuvent toujours les ramener.

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