Comment passe-t-on de l’état de nourrisson à celui d’adulte épanoui et civilisé ? Naturellement ? Ou grâce à l’éducation des parents ? Si c’est le cas, doivent-ils parler ou seulement sévir ? Existe-t-il une tendance à la délinquance que l’on pourrait dépister dès l’âge de trois ans ? Doit-on se contenter de sanctionner les délinquants ou chercher en outre à les éduquer ? S’appuyant sur l’oeuvre de Françoise Dolto, Grandir apporte des réponses essentielles à ce questionnement, et explique, dans un langage accessible à tous, le développement de l’enfant, les différentes étapes de sa construction psychique, et, surtout, le rôle déterminant qu’y jouent les parents. Grâce à son expérience de psychanalyste, et par des exemples concrets, Claude Halmos montre comment l’enfant ne peut, sans l’aide de ses parents, passer d’une étape à l’autre et comment leur rôle consiste précisément, à chaque âge, à parler et à mettre des limites.

 Voilà un ouvrage passionnant consacré à l’éducation des enfants. Cela étant, ilreste assez ardu à lire (et pas très détendant le soir, il faut l’avouer). L’auteur s’interroge sur la possibilité de dépister dès les 3 ans de l’enfant une aptitude à la violence ; conséquemment, sur les comportements à adopter face à un enfant violent. Bien sûr, nombre de cas exposés ici sont extrêmes et ne concernent fort heureusement pas nos chers bambins, mais on y apprend tout de même beaucoup, bien que le débat entre les spécialistes médicaux et psychologues fasse toujours rage et que les réponses proposées par les politiques ou les services sociaux soient souvent bien divergentes…

Trois grands courants  de pensée sont identifiés :

Dans le premier, tout est joué dès le départ et il semblerait que la génétique soit en grande partie responsable des tendances violentes des enfants (un petit bug à la conception). Une théorie qui dérange la rédaction d’Unidivers, car elle conduit certains parents à baisser les bras dans leurs méthodes d’éducation sous prétexte qu’« on n’y peut rien, il est comme ça ».

Le deuxième courant de pensée prône le fait que l’enfant deviendra naturellement un adulte civilisé, opérant la (bonne) part des choses entre le bien et le mal – d’une façon aussi simple qu’il apprend à marcher ou parler, Heu… on reste dubitatif… Et s’il tourne mal, on pourra ainsi dire que c’était « dans sa nature », comme inscrit dans ses gènes…

Un troisième courant de pensée a ensuite mis en avant la nécessité d’une éducation dans la contrainte : totalement répressive, elle met en avant le fait que l’enfant doit se soumettre à l’autorité de l’adulte ; et ce, sans explication ni discussion ni respiration de la conscience du petit. Pour Unidivers, l’anti-éducation par excellence…

Chacun de ces courants de pensée ayant ses failles, Claude Halmos, reprenant Françoise Dolto, assure que le rôle des parents est de servir de modèles et qu’ils peuvent jouer un vrai rôle dans l’éducation de leurs enfants (nous voilà rassurés !). Ainsi, on peut parler et mettre des limites, exercer une autorité et négocier, afin de mieux accompagner l’enfant tout au long de son évolution, en le respectant, mais en fixant cependant un cadre structuré.

Un ouvrage qui ne bouleverse en rien la question de l’éducation, mais qui l’accompagne d’une façon honorable.

 Alix Bayart

[stextbox id= »info » color= »cc3333″]Fayard, mars 2009, 350 p., 20,90€[/stextbox]

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