CAHIERS DE DOLÉANCES : ET À RENNES ?

Sous l’impulsion du mouvement des gilets jaunes, Emmanuel Macron lance une grande consultation citoyenne jusqu’au 15 mars. Tous les intéressés sont invités à soumettre leurs idées en se rendant dans leur mairie. À Rennes, depuis le 18 janvier, des cahiers de doléances ont été ajoutés dans les mairies de quartier afin de faciliter l’accès au débat national. Problème : les limites du panel de consultation.

À l’accueil de l’Hôtel de Ville, une courte file d’attente s’improvise. Crayon et brouillon à la main, Annick s’apprête à remplir l’un des sept cahiers de doléances à Rennes. Le livre est déjà bien entamé. « Nous avons mis en place ce cahier la première semaine de janvier. Pour l’instant, ce sont surtout des retraités qui l’ont rempli, car ils ont du temps pour se déplacer aux horaires d’ouverture de mairie. On aperçoit quelques lycéens, mais c’est plus rare », observe-t-on à l’accueil.

Cahier de doléance
Le cahier est grand et comporte de nombreuses pages. La lettre aux Français d’Emmanuel Macron est agrafée sur la première page. (Cliquez sur l’image pour la lire)

Parmi les revendications les plus importantes, il n’est donc pas étonnant de voir la baisse de la CSG pour les retraités en tête de file. Concernant les autres propositions populaires : la fin du mépris du président de la République et de l’État envers les « Gaulois réfractaires » et « fainéants », le rétablissement des routes à 90 km/h et une justice fiscale plus équitable (remise en cause par la suppression de l’ISF notamment). « Ce mépris ne provoque que les violences que l’on voit aujourd’hui », constate Annick.

D’autres cahiers sont mis à disposition dans les mairies de quartier : Patton, Bréquigny, Villejean, Thabor, Cleunay et Blosne. En place depuis vendredi 18 janvier, ces nouveaux cahiers ne sont pas encore très remplis. Mais là encore, la baisse de la CSG figure parmi les revendications les plus soumises. Nicole a elle aussi inscrit cette demande dans le cahier : « J’ai le temps pour me déplacer. Donc j’en profite pour écrire un peu pour les autres ».

Cahier de doléances
Exemple de message simple que l’on peut trouver ici à Cleunay : Arrêt des augmentations des denrées alimentaires de base. Indexation des retraites sur le coût réel de la vie.

« Je pense que ça ne sert pas à grand-chose »

Concernant la forme, on est loin de l’anonymat des groupes des gilets jaunes sur Facebook. Ici chacun doit signer de son nom sa ou ses propositions. Les écritures sont alors très lisibles, rares sont les fautes d’orthographe et les formules de politesse sont très présentes. On y ressent vraiment l’application. « Monsieur le président », « je vous en saurais gré » et même quelques « bon courage ». D’autres ont soigneusement préparé, imprimé et agrafé leurs idées dans le cahier.

Et une page de plus au cahier de doléances à l’Hôtel de Ville. La moitié du cahier est déjà bien remplie.

Un autre rédacteur en est très surpris. « Je ne suis pas venu ici pour écrire des formules de politesse. Je vais faire un peu plus de rentre-dedans ». Comme d’autres avant lui, il se met à rédiger des listes de plusieurs propositions, simplement délimitées par des tirets. Ce grand ouvrage livre donc plusieurs niveaux de colères. Mais une colère partagée.

Est-ce que tout cela suffira pour susciter une réaction du gouvernement ? Nicole n’y croit pas. « Je pense que ça ne sert pas à grand-chose », dit-elle en reposant son stylo. « Ça m’a défoulé. J’avais des choses à dire », explique Annick. Pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer, il est possible, depuis lundi 21 janvier, d’écrire ses propositions sur internet. Mais les questions sont plus orientées et la parole moins libre qu’une page blanche. Pour ceux à qui la plume ou le clavier ne suffisent pas, il reste encore les débats. La ville de Rennes laisse à disposition des salles (Salle Guy Ropartz [14 rue Guy Ropartz], Auditorium de la Maison des associations [cours des Alliés], Salle polyvalente de la mairie de quartier Bréquigny – Sud-Gare [1 place de la Communauté]. Les demandes peuvent être adressées auprès du Service Relations Citoyens par téléphone au 02.23.62.10.10 ou par mail à l’adresse suivante : ville.rennes@ville-rennes.fr. L’État référence ensuite tous ces débats sur son site. Mais certains préfèrent s’organiser par eux-mêmes…

Où trouver les cahiers de contributions citoyennes ?

Place de la Mairie. Du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h, et le samedi de 9 h 30 à 12 h.

Dans les mairies de quartiers :

À Maurepas/Bellangerais-Jeanne d’Arc/Longs Champs/Beaulieu : 32 rue de Trégain ; lundi, mardi, mercredi et vendredi, de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h, et le jeudi de 13 h 30 à 17 h.

À Bréquigny/Sud-Gare : 1 place de la Communauté; lundi, mardi, mercredi et vendredi, de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h, et le jeudi de 13 h 30 à 17 h.

Le Blosne/Francisco Ferrer/Landry/Poterie : 7 boulevard de Yougoslavie; lundi, mardi, mercredi et vendredi, de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h, et le jeudi de 13 h 30 à 17 h.

Villejean/Beauregard/Saint-Martin : 43 cours Président John Fitzgerald Kennedy; lundi, mardi, mercredi et vendredi, de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h, et le jeudi de 13 h 30 à 17 h.

Centre/Thabor/Saint-Hélier/Alphonse Guérin : 7 rue de Viarmes; du lundi au vendredi, de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h.

Bourg L’Évêque/La Touche/Moulin du Comte/ Cleunay / Arsenal-Redon/La Courrouze : 31 rue Jules Lallemand; du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h.

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