loup bretagne

Le  loup est revenu en terres bretonnes après un siècle d’absence, comme en attestent une première vidéo filmée en mai 2022 dans les Monts d’Arrée et une photographie prise en Ille-et-Vilaine en novembre de la même année. Cette réappropriation du territoire s’explique par le retour de l’espèce en France depuis les années 1990.

Depuis sa disparition en Bretagne historique dans les premières années du XXe siècle, la population bretonne n’avait plus vu de loups dans ses forêts, landes et champs, mais ce n’est plus le cas. En 2022, un premier loup a été filmé en mai dans le Finistère, puis un second photographié en novembre en Ille-et-Vilaine. Nouvelle plutôt réjouissante pour la biodiversité régionale, elle est cependant accompagnée de conséquences pour les éleveurs qui ont vu leurs troupeaux attaqués à plusieurs reprises, entraînant la perte de dizaines de bêtes. Le groupe Loup Bretagne, né en novembre 2020 des associations Groupe Mammalogique Breton et Bretagne Vivante, a été fondé dans le but d’anticiper et d’accompagner le retour de l’espèce dans la péninsule armoricaine. Pour l’heure, la présence d’un seul spécimen a été confirmée en Bretagne.

loup bretagne

Selon le groupe Loup Bretagne, la population des loups est passée de 200-300 à une centaine de loups dans le Finistère, entre 1800 et 1860. Une cinquantaine sont à l’époque tués par an dans le département, contre cinq en Ille-et-Vilaine. Le défrichage des landes et l’utilisation du poison accélèrent ensuite sa disparition dans les cinq départements bretons (Loire-Atlantique compris) dans la seconde moitié du XIXe siècle. « Dans les Côtes-d’Armor, les dernières destructions de loups datent de 1898, mais un loup aurait été tué à Ploumanac’h en 1906. Dans le Morbihan, le dernier cas répertorié daterait de 1884 à Baud. Dans le Finistère, la dernière prime a été versée en 1891 à des habitants de Milizac. Un témoignage fiable atteste qu’un loup a été tué à Clohars-Carnoët en 1892 et le tout dernier, en 1895, à Pencran ». (source) L’un des derniers loups du Finistère, et probablement de Bretagne, n’avait que trois pattes et a été observé pour la dernière fois en 1906 dans les monts d’Arrée, du côté de Landeleau et Loqueffret.

Après son retour dans l’Hexagone dès les années 1990, des naturalistes bretons ont suivi sa progression avant de se rendre compte de sa capacité à rejoindre la péninsule armoricaine. En 2021, bien qu’aucun élément n’avait permis d’affirmer la présence de l’espèce en Bretagne, des observations avaient été signalées dans les départements de l’Eure-et-Loir, Eure, Yvelines, Indre, Calvados, Vendée, Vienne, Haute-Vienne, Corrèze. C’est au printemps 2022, dans les Monts d’Arrée, que l’on retrouve pour la première fois la trace d’un loup avant qu’une conductrice en aperçoive un en Ille-et-Vilaine à l’automne de la même année. En octobre 2021, un cadavre d’animal avait été retrouvé sur le bord d’une route à Saint-Brevin-les-pins, en Loire-Atlantique. Pour l’heure, il est difficile de savoir le nombre exact d’individus sur le territoire breton. En mai 2023, le comité départemental « Loup et activités d’élevage » attestait la présence d’un seul loup dans le Finistère, seul département pour le moment à avoir lancé un plan loup pour protéger ses élevages. Selon l’Office Français de la Biodiversité (OFB), 17 attaques ont été recensées dans le Finistère, soit 28 animaux attaqués, dans lesquelles la responsabilité du loup ne peut être exclue. Grand prédateur, le loup tue pour autant seulement pour se nourrir, mais devant la difficulté de trouver du gibier, les dommages se multiplient à proximité de son habitat. Le même mois, l’Observatoire du loup annonçait quant à lui la possibilité de la présence de trois individus en Ille-et-Vilaine.

Dans le prochain « Plan national loup et activités d’élevage », appliqué pour la période de 2024 à 2029, sept objectifs majeurs ont été proposés par sept associations nationales (FNE, FERUS, Animal Cross, LPO, WWF, ASPAS et Humanité & Biodiversité) dans le but de permettre la coexistence entre l’élevage et la présence d’un grand prédateur, tout en limitant les dommages sur les troupeaux (voir les détails).

Plus d’informations sur le site de Loup en Bretagne

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