Si la star donne deux concerts à Paris et Lille le 16 et 17 octobre, ses fans espéraient jusqu’à jeudi dernier l’inouï : Bob Dylan couronné prix Nobel de littérature. On chuchote qu’il s’en est fallu de peu, le secrétariat lui ayant préféré au dernier moment Tranströmer (voir notre article). Les puristes s’étaient courroucés à l’idée d’un tel hommage à un homme de notes et non de lettres. C’est inexact : en sus de milliers de chansons d’une qualité difficilement niable, Dylan a commis nombre de poèmes.

 

Après avoir contribué au passage du folk à un rock intelligent et sensible, à 70 ans, il poursuit le Never Ending Tour (tournée sans fin) dans un grand bus aménagé. Il puise toujours une flamme vivifiante dans Rimbaud, Brecht, Ginsberg et Dylan Thomas qui lui aura suggéré son nom d’artiste.

Plusieurs périodes caractérisent sa carrière, notamment : le folk protestataire, le rock poétique, la conversion au christianisme, l’approfondissement du judaïsme.

En matière poétique, l’album The Times They Are a-Changin’ révèle en 1964 11 Outlined Epitaphs, « 11 épitaphes esquissées », lesquels constituent la première publication de poésie de Dylan. Ces poèmes seront republiés plus tard dans Writings and Drawings et seront également le support d’une biographie de Dylan : Bob Dylan, Epitaphs 11. Son album suivant, Another Side of Bob Dylan s’accompagne également de textes. Le lecteur intéressé trouvera tous ses poèmes dans Bob Dylan,Tarantula  : recueil de poèmes, publié en 2004 chez Hachette.

Tous ses poèmes ? Non. D’une part, Dylan depuis lors s’est fendu d’un 1er volume de mémoires intitulés Chroniques, en 2004. Outre une capacité mémorielle ahurissante, le style est aussi fin que naturel. D’autre part, des poèmes de jeunesse inédits viennent d’être découverts.  Dylan les avait écrits il y a une quarantaine d’années. Ils viennent juste de paraître à Londres chez Simon and Schuster sous le titre Hollywood Foto-Rhetoric.

 from the outside
lookin in
every finger wiggles
the doorway wears long pants
an slouches
no rejection
all’s fair
in love and selection
but be careful, baby
of covered window affection
an don’t forget
t bring cigarettes
for you might
just likely find
that one outside
leads farther out
an one inside
just leads to another

Animula blandula vagula : Âme de diaphane intimité, hôtesse et compagne de mon corps, tu verses vers des lieux délavés, escarpés et dénudés, où ne résonnent tes jeux d'esprit…

Laisser une réponse

SVP rédigez votre commentaire
Merci d'inscrire votre nom