Hier avait lieu à Paris l’avant-première française Tintin de Spielberg. Les critiques en sont sorties largement conquises. La conjugaison d’un personnage qui a 80 ans et d’une technique qui en a 10 est réussie. Spielberg offre-t-il un nouveau départ à un Tintin éternellement jeune ? Sans doute. Mais à un Tintin un peu moins asexué que dans la BD et quelque peu moins vivant.

Parce qu’il achète la maquette d’un bateau appelé la Licorne, Tintin, un jeune reporter, se retrouve entraîné dans une fantastique aventure à la recherche d’un fabuleux secret. En enquêtant sur une énigme vieille de plusieurs siècles, il contrarie les plans d’Ivan Ivanovitch Sakharine, un homme diabolique convaincu que Tintin a volé un trésor en rapport avec un pirate nommé Rackham le Rouge. Avec l’aide de Milou, son fidèle petit chien blanc, du capitaine Haddock,un vieux loup de mer au mauvais caractère, et de deux policiers maladroits, Dupond et Dupont, Tintin va parcourir la moitié de la planète, et essayer de se montrer plus malin et plus rapide que ses ennemis, tous lancés dans cette course au trésor à la recherche d’une épave engloutie qui semble receler la clé d’une immense fortune… et une redoutable malédiction. De la haute mer aux sables des déserts d’Afrique, Tintin et ses amis vont affronter mille obstacles, risquer leur vie, et prouver que quand on est prêt à prendre tous les risques, rien ne peut vous arrêter…

Le Tintin de Spielberg est une conjugaison habile du Secret de la Licorne, du Trésor de Rackham le Rouge et du crabe aux pinces d’or. Ajoutez un clin d’oeil à Indiana Jones : une étourdissant poursuite en side-car dans les dédales d’une casbah marocaine – on est pas loin d’une parfaite réussite.

Toutefois, certains trouverons que la technique numérique de la « motion capture » se prête mal à la ligne claire et vibrante d’Hergé. En fait, autant cette technique peine à rendre le souffle d’aventure qui pénètre le trait d’Hergé autant, a contrario, elle lui confère une autre sorte de force vitale. C’est le cas de tous les personnages, y compris Milou, à une seule exception. Une exception notable : Tintin nous a paru moins bien ‘incarné’. Sans doute va-t-on assister sur ce point à un léger clivage des générations. Par ailleurs, certains regretteront l’absence du professeur Tournesol.

Reste que intelligence de l’action, curiosité, enthousiasme, humour et suspense sont au rendez-vous et tiennent le spectateur en haleine. Le tout servi par une créativité, un talent d’adaptation et une fluidité remarquables. À noter : le film évite l’écueil du traitement hollywoodien. Le politiquement correct américain en est quasiment absent. Ou, peut-être, se logent-ils dans des plis discrets…

Étant donné le soutien que Spielberg apportait depuis quelque temps à des productions qui, dans l’ensemble, laissaient quelque peu à désirer, on ne peut que se réjouir de ce retour avec brio, pardon, avec… Tintin.

Durée du film : 1h50
 Réalisateur : Steven Spielberg
 Scénariste : Steven Moffat, Joe Cornish et Edgar Wright d’après l’oeuvre de Hergé
 Acteurs : Jamie Bell, Andy Serkis, Daniel Craig, Nick Frost, Simon Pegg, Toby Jones et Gad Elmaleh 

Animula blandula vagula : Âme de diaphane intimité, hôtesse et compagne de mon corps, tu verses vers des lieux délavés, escarpés et dénudés, où ne résonnent tes jeux d'esprit…

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