Les chansons de Leonard Cohen traversent la vie du chanteur de pop néerlandais Henk Hofstede comme un fil rouge. Avec Avalanche Quartet, le chanteur reprend le répertoire du poète canadien, entre fidélité et interprétation. Ils joueront à l’Antipode de Rennes le dimanche 4 février.

avalanche quartet rennes

Si l’on n’y prenait garde, on croirait entendre de nouveau Leonard Cohen. Henk Hofstede, le leader néerlandais des Nits, a la même voix basse et grave, souvent mélancolique, peut-être un peu moins rocailleuse. Qu’il reprenne Who by Fire ou Bird on a wire, il reste fidèle au poète, et se réapproprie son répertoire sans chercher à y imposer sa marque personnelle. A ses côtés, le multi-instrumentiste Pim Kops, la chanteuse Marjolein van der Klauw et la contrebassiste Arwen Linnemann recréent la même douce atmosphère qui habille si souvent les albums du chanteur canadien.

« J’ai découvert Leonard Cohen sur un album de CBS sorti dans les années 60, The Rock Machine Turns You On, qui rassemblait plusieurs artistes », se souvient Henk Hofstede. Entre les titres de Bob Dylan et de Simon & Garfunkel, une chanson retient son attention : Sisters of Mercy. « Après cela, j’ai commencé à acheter tous les albums de Leonard Cohen dès leur sortie », explique-t-il.

Fervent admirateur du chanteur, il l’a croisé pour la première fois en 1988, dans un studio de télévision de Bruxelles. Les deux chanteurs échangent, poursuivent leur soirée ensemble dans une cafétéria. Leonard Cohen préparait alors une nouvelle tournée, et cherchait un groupe pour l’accompagner. Il propose au néerlandais de se joindre à lui. Mais le leader des Nits débute lui-même une tournée mondiale, et ils ne peuvent se coordonner. Le rêve se transforme en acte manqué, mais le lien entre les deux ne se rompt pas.

L’année suivante, Henk Hofstede embarque pour l’île grecque d’Hydra, au large de la côte orientale du Péloponnèse. Comme de nombreux autres chanteurs, Leonard Cohen avait acheté une petite maison, en 1960. Au sommet d’une volée de marches, la bâtisse de pierre n’a pas même l’électricité. De cette chambre que l’on aperçoit sur la pochette de son album Songs from a room, il compose, il écrit des poèmes, son premier puis son deuxième livre. C’est sur cette île qu’il voit les oiseaux de Bird on a wire, c’est là qu’il rencontre sa muse Marianne Ihlen, à laquelle il dédie So Long Marianne. Avec son autorisation, Henk Hofstede visite cette maison, pour réaliser un documentaire.

Il retourne sur cette île en 2002. « J’ai été invité à chanter pour une rencontre internationale de fans de Leonard Cohen », explique-t-il. Le Néerlandais y rencontre Marc Hendrickx, un écrivain belge. « Il écrivait un livre sur Cohen, et voulait y inclure un CD de ses chansons chantées par moi », explique le chanteur néerlandais. Avec son ami multi-instrumentiste Pim Kops et aux côtés de Marjolein van der Klauw et Arwen Linnemann, ils lancent Avalanche Quartet. Cinq ans plus tard, ils sortent leur album de reprises : Leonard Cohen songs; puis un deuxième en 2013, Rainy Night House.

Paradoxalement, Henk Hofstede considère n’avoir pas été tellement influencé par Leonard Cohen. « J’ose davantage chanter à voix basse, et je commence à mieux m’habiller qu’avant », s’amuse-t-il. Le leader des Nits refuse de le considérer comme un monument de la chanson, et reprend son répertoire sans éprouver de difficultés. « Il n’est pas si dur de reprendre ses chansons », explique-t-il. Pour lui, la célébrité mondiale du poète canadien facilite la reprise de ses textes les plus connus.

Avec Avalanche Quartet, Henk Hofstede ne cherche pas à s’émanciper de Leonard Cohen. Certaines de ses reprises épousent les versions du chanteur canadien. Peut-être même trop, parfois, puisque le moindre écart se fait alors remarquer. Quand Henk Hofstede chante Who by Fire, peut-être le timbre de sa voix se fait-il moins rocailleux, l’introduction de Famous Blue Raincoat est sans doute davantage parlée. D’autres reprises sont plus personnelles, la voix de Marjolein van der Klauw apporte une nouvelle profondeur à une Story of Isaac revisitée, One of Us Cannot be wrong voit ses arrangements musicaux remaniés, pour devenir électro, et presque déstabilisante.

« Un an après sa disparition, il me reste de Leonard Cohen ses chansons, son histoire, la maison sur l’île d’Hydra », témoigne Henk Hofstede. Grâce à lui, le répertoire du poète canadien connaît une deuxième jeunesse, et une nouvelle vie.

Concert AVALANCHE QUARTET organisé par Les Tombées de la Nuit de Rennes à l’Antipode MJC dimanche 4 février 2018, 16h-17h. Antipode MJC, Rue André Trasbot, Rennes.

Tarifs : 10€ / 8€ / 4€. Accédez ici à la : BILLETTERIE
Les personnes, bénéficiant de la carte sortir, peuvent acheter leurs billets à l’Office du Tourisme de Rennes ou sur place 30 min avant les représentations dans la limite des places disponibles.

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