Comme l’année dernière, de nombreuses associations et de nombreux militants ont répondu présents à l’appel du collectif contre l’exploitation animale (CCE2A) qui organisait un week-end de manifestation à Auxerre et à Mézilles. Objectif : Faire fermer un élevage de chiens destinés aux laboratoires.

Tandis que l’Allemagne a fermé son dernier élevage de ce type, que l’Europe interdit les tests pour les cosmétiques (lesquels restent pratiqués ailleurs pour le marché chinois notamment), des élevages persistent à fournir des animaux élevés en batterie dans des hangars pour fournir des laboratoires, sous-traitants de grands groupes pharmacologiques, agroalimentaires ou chimiques. Celui de Mézilles, dénommé CEDS, est l’objet d’actions régulières de la part des militants de la cause animale. Ces derniers dénoncent l’existence et interpellent les décideurs sur l’urgence d’une réelle promotion des expérimentations scientifiques sans animaux, avec l’appui de chercheurs de renommées mondiales et d’anciens pro-vivisection. Il y a quelques semaines, Toshiaki Takezawa et son équipe de l’université d’Ibaraki publiaient des résultats probants relatifs aux cultures de cellules visant à éviter l’utilisation des animaux comme cobayes.

Photo Lydie Viaud
Photo Lydie Viaud

Des revendications claires

En cette première année de législature, les militants rappellent que, lors de la campagne électorale du Président de la République Française, François Hollande, des promesses d’études de ce sujet avaient été faites… et sont restées lettres mortes. Ils demandent également d’effectuer des contrôles-surprises dans cet élevage (ainsi que dans tous les autres) en partenariat avec des représentants d’associations de protection animale reconnues. Autrement dit, pas seulement par vétérinaires vivants de cette véritable industrie. Ils demandent donc la mise en place d’une accréditation des enquêteurs associatifs qui serait délivrée par les préfectures. Pour ce faire, le samedi, les représentants des associations ont demandé une audience au Préfet de l’Yonne afin de lui remettre les pétitions et de lui faire part de leurs revendications.

Photo Lydie Viaud
Photo Lydie Viaud

Des manifestants de toute l’Europe

Ils étaient déjà nombreux sur la place de l’Arquebuse, ce samedi. Venus du nord de la France, de Belgique, d’Italie… tous s’inscrivaient dans une mouvance européenne qui réclame la suppression pure et simple de ces laboratoires et élevages. Des sociétés, comme le CEDS ou Harlan, qui bafouent également les règles d’hygiène et de traçabilité, comme l’affirme GreenHill en Italie.

Le parcours de la manifestation traversait la ville pour se rendre devant l’entrée de la Préfecture, nichée sur le côté de la Cathédrale d’Auxerre. L’ambiance se voulait malgré tout festive pour l’une des premières manifestations de la rentrée. Le leader du CCE2A, Marco, juste remis des blessures endurées à Rion-des-Landes lors de l’action anti-corrida, ne manquait pas d’énergie pour galvaniser les troupes. De la Fondation Brigitte Bardot au Sea Shepherd du capitaine Paul Watson, en passant par des associations plus modestes comme Respectons, l’union semblait être le mot d’ordre du jour. Avec cette année, un rassemblement le lendemain devant l’élevage en périphérie du village de Mézilles.

Photo Crispy Vavou
Photo Crispy Vavou

Le temps était incertain pour ce premier jour et le parapluie de rigueur. Cela n’empêcha pas les centaines de manifestants de s’asseoir sur le sol pour écouter les prises de paroles des intervenants des différentes associations. Évidemment, le fait de développer la manifestation durant deux jours et dans deux lieux, à une date si rapprochée de la rentrée, a pu disperser les troupes. D’autant plus que des actions anti-corridas continuent aussi ailleurs en France. Mais si la place de l’arquebuse semblait moins remplie, elle offrait une vente de sandwichs végétaliens visiblement fort appréciée.

Difficile pour l’instant de faire un bilan de cette action des militants de la cause animale. Les promesses passées enterrées, on peut craindre une radicalisation du mouvement, comme le soulignait Christophe Marie de la Fondation Brigitte Bardot. Alors qu’on laisse encore des braconniers tuer des ortolans au mépris de la loi, rien n’est fait pour la protection animale, même si elle touche à la santé des hommes – se désolent les manifestants. Des promesses ont été renouvelées, mais la colère et l’exaspération montent comme dans d’autres domaines… Quel visage prendra la cinquième édition de ce rassemblement ? Il est trop tôt pour le dire.

Didier Ackermann

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