Mezilles, un nom tristement célèbre pour les militants de la cause animale. Cette commune située dans le département de l’Yonne abrite un élevage d’un millier de chiens. Un élevage destiné… aux expériences dans des laboratoires français. C’est à Auxerre, à 30 km de Mezilles, que la communauté antivivisection s’est mobilisée pour la troisième année consécutive.

À l’appel d’une quinzaine d’associations réunies au sein du Collectif contre l’expérimentation et l’exploitation animales (CCEA), un millier de militants en provenance de toute la France se sont retrouvés place de l’Arquebuse à Auxerre. Un seul objectif :

dénoncer l’élevage de Mezilles qui détient plus de mille chiens alors qu’il a été conçu pour la moitié. Dans le sein de ce petit village de 580 âmes qui garde jalousement son secret, ce sont plus de 2000 beagles et labradors qui prennent chaque année le chemin des laboratoires, notamment de l’INRA et du CNRS). À la clé, un chiffre d’affaires de 1,4 million par an.

Selon le CCEA, l’élevage ne respecterait pas l’obligation d’un espace d’au moins 5m2 par animal. En outre, les animaux décédés ne seraient pas conduits à l’équarrissage comme la règle le demande.

De son côté, l’éleveur a accepté de dialoguer, mais pour inviter les militants à discuter avec le GIRCOR, Groupe Interprofessionnel de Réflexion et de Communication sur la Recherche. Aux dires des militants de la cause animale, ce groupe de pression serait piloté par les laboratoires de recherche et s’emploierait à travestir la réalité de l’expérimentation animale, ses tenants, aboutissants et moyens utilisés. C’est ainsi que Yann, jeune militant breton estime que « l’affirmation du Gircor comme quoi “les chercheurs savent que le progrès médical et l’expérimentation animale sont indissociables” est remise en cause par les plus éminents chercheurs dont des prix Nobel en biologie ».

Le Collectif contre l’expérimentation et l’exploitation animale peut se féliciter de son appel à manifester. Les militants ont été selon lui deux fois plus qu’en 2011 à répondre présents. Surprise appréciée : la présence et le témoignage de militants italiens qui ont permis la fermeture de l’élevage de GreenHill à Montichari tristement célèbre pour ses 2500 chiens sauvés de l’enfer.

Deux points méritent d’être notés. D’une part, la forte présence de la gent féminine, une constante semble-t-il dans les manifestations de ce type. D’autre part, la cohésion entre les différentes associations membres du collectif : Fondation Brigitte Bardot, L214, Respectons, Animaux en Péril, Lévriers sans Frontières, Sea Shepherd, Pro Anima. Chacune disposait d’un stand sur la Place de l’Arquebuse en périphérie du coeur historique d’Auxerre. Chacune a pu s’exprimer au travers d’un mégaphone et d’une sono quelque peu défaillante…

À 14 heures, avec l’aide de la police municipale qui encadrait la circulation, le cortège s’est ébranlé aux cris de « Mezilles Collabo des Labos » et autres « Libération Animale ». Serpentant dans les rues piétonnes sous le regard mi-étonné mi-réjoui des badauds, la manifestation a rejoint le parvis de la préfecture pour tenter d’obtenir une entrevue avec le représentant de la République. Vers 16h, tandis que les compagnons à quatre pattes des militants se désaltéraient aux fontaines, l’entrevue était confirmée. L’attente fut meublée par des discours et des considérations autour de l’actualité qui était sur toutes les bouches : le transport d’animaux de contrebande par Air France KLM. Rumeur, fait avéré ? Une certitude selon les membres de l’association ALARM.

Sous un chaud soleil de septembre, le Collectif s’est réjoui en fin de journée d’une ambiance d’un militantisme plutôt bon-enfant. Le plus grand souhait de son porte-parole : « qu’il ne soit pas nécessaire d’organiser un Mézilles n°4 en 2013… »

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