L’approche du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, est l’occasion de dresser le bilan des discriminations qui persistent entre les deux sexes, en France et à travers le monde. Réalisée par le Teenage Lab de Pixpay, première carte de paiement pour ados, auprès de 150 000 utilisateurs entre le 6 janvier et le 6 février 2023, cette étude fait ressortir un constat inattendu : même en matière d’argent de poche, les femmes sont lésées, et ces inégalités tendent même à se creuser !

Argent de poche : les filles déjà dernières de cordée

9,5 % : tel est l’écart d’argent de poche constaté en défaveur des filles sur le territoire français en 2023, d’après la dernière enquête menée par le Teenage Lab de Pixpay. Entre 10 et 18 ans, les adolescentes touchent en moyenne 79,5 euros par mois contre 87 euros pour leurs homologues masculins, soit un différentiel net de 7,5 euros. Autrement dit, de 90 euros sur un an. Le fossé tend même à se creuser avec l’âge pour atteindre les 204 euros de différences annuels chez les 16-18 ans. 14 % d’écart, c’est peu ou prou la différence de patrimoine moyen entre un homme et une femme au sein d’un couple adulte.

Entre Normandie et Bourgogne-Franche-Comté, petites et grandes discriminations à la tirelire

Il est important de noter que cette inégalité apparaît de façon plus ou moins marquée selon les régions. En tête de cette discrimination à la tirelire cochon : la Bourgogne-Franche-Comté, où les adolescents perçoivent en moyenne 22,8 euros d’argent de poche supplémentaire chaque mois. À l’inverse, la Normandie fait figure de moins mauvais élève, avec un différentiel de quelque 80 centimes par mois.

L’arme du désespoir : quémander moins souvent, mais mieux

Ceci expliquant peut-être cela, les filles sollicitent un pécule en moyenne 1,2 euro plus élevé que celui demandé par les garçons. En revanche, elles se montrent moins régulièrement demandeuses d’argent de poche. Principe de toute négociation : demander plus que ce qui est réellement attendu. C’est bien tenté, mais en vain.

C’est beau comme un slogan d’assurance vie : prévoir, c’est déjà agir

Tout est sexué, même les comportements financiers. Et ce dès le plus jeune âge. Comme leurs aînées, les adolescentes sont les championnes du bas de laine. Le chiffre dit tout : 61 % des utilisateurs Pixpay à avoir activé une méthode d’épargne sont des filles. Tristan Bernard disait : « Il faut mettre de l’argent de côté pour en avoir devant soi. »

Creative capitalism

Heureusement, les plus chanceux savent se montrer solidaires. En effet, 61 % des dons aux associations via l’application Pixpay sont le fait des garçons. C’est le privilège des riches : ils ont les moyens d’être généreux.

Les mères, piliers de la reproduction des schémas ?

Enfin. Si ce sont les pères qui accordent les montants les plus élevés (+5,4 euros en moyenne), ce sont les mères qui gèrent l’argent de poche dans 72 % des cas. Avec les inégalités qui lui sont attachées. Probablement ont-elles oublié ce sentiment étrange qui les a envahies lorsque, enfants, elles ont comparé leur tirelire avec celles des garçons. Ce jour-là, il leur manquait déjà quelques euros pour être leurs égales…

Faits saillants :

– Les ados filles reçoivent en moyenne chaque mois 7,5 euros de moins que les garçons (contre 4 euros de moins en 2022)
– La Bourgogne-Franche-Comté est la région la plus inégalitaire ;
– Les adolescentes demandent moins souvent de l’argent de poche, mais des sommes supérieures ;

– Les ados filles épargnent plus que leurs homologues masculins ;
– Les filles font moins de dons à des associations ;
– Les mères gèrent l’argent de poche dans 72 % des familles.

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