Tout au long de l’année, le cycle d’actions culturelles des Archives de Rennes propose des séances de recherches interactives ainsi que des conférences à destination du grand public. Objectif des jeudis des archives : faire découvrir les archives ainsi que le métier d’archivistes au plus grand nombre. Le participant peut soit participer à des ateliers soit assister à des conférences où la plupart du temps un intervenant vient nous parler d’histoire. Jeudi 18 juin, c’était une séance pratique d’initiation à la paléographie qui se déroulait aux Archives de Rennes.

 

 romain jouliaTous âges confondus, une vingtaine de personnes sont présentes dans la salle. Dans le rôle de professeur, Romain Joulia, directeur des Archives de Rennes. Ce soir, il s’agira tout d’abord de présenter la généalogie de manière théorique puis de retracer l’histoire d’une famille rennaise à travers les documents conservés par les archives de Rennes. Méthodologie, sources, conditions d’accès, les grandes lignes de l’archivistique seront explorées.

L’atelier s’est ouvert sur une petite définition de la généalogie : l’étude qui s’intéresse à la provenance et aux gènes. Cette étude c’est avant tout une passion française depuis de nombreuses décennies. Différents acteurs gravitent autour de cette pratique. Des professionnels, archives rennesdes associations, des sociétés commerciales, mais aussi des amateurs qui envahissent les salles de lecteurs. Néanmoins, ces derniers se font beaucoup moins nombreux depuis l’apparition de la numérisation qui offre divers supports en ligne. On apprend que différents sites d’archives publiques permettent d’accéder aux sources de la généalogie tels que généologie.com. Les motivations des généalogistes sont de toutes sortes allant de la simple passion au besoin de retrouver un proche. Mais avant de recourir aux services d’archivage, quelques astuces : se référer aux vieilles photos de famille, les légender, s’intéresser aux livrets archives de rennesde famille, voire aux caveaux, rien ne doit être laissé au hasard. La méthode veut qu’on aille du connu vers l’inconnu. Et pour vous repérer, rien de mieux que la numérotation de Sosa-Stradonitz. C’est une méthode de numérotation des individus, utilisée en généalogie qui permet d’identifier par un numéro unique, chaque ancêtre dans une généalogie ascendante. Ainsi l’individu racine portera le numéro 1, son père le numéro double et sa mère le double plus 1.

Si les recherches ne sont pas fructueuses, il faudra dès lors se tourner vers les archives, disponibles dès la deuxième ou la troisième génération. Ce sont des documents classés par type, disponibles dans tous les services d’archives municipales de France. Les archives françaises sont considérées comme un archives de rennes manuscrits véritable patrimoine, car ce sont les plus riches au monde en terme de volume et d’ancienneté. Elles ont au niveau national une longévité, du fait de leur conservation optimale et de leur capacité à nous replonger dans le moyen âge sans problème. Du passé de Louis XIV à celui de François Ier, désormais rien n’a de secret pour nous. Et si les archives sont librement accessibles à tous citoyens ; et ce, sans limite de délai depuis la révolution, il y a toutefois des règles de communicabilité. Les documents pouvant entraver la vie privée ou la sureté de l’état ne sont par exemple pas consultables, pour des raisons de sécurité. Concernant l’état civil, il est impossible de communiquer les naissances et les mariages de moins de 75 ans.

archives de rennes
Document du xvie siècle représentant des arquebusiers s’entraînant au tir au papegaut.

Mais les sources d’archives, quelles sont-elles ? Il y a bien sûr les tables décennales, mais aussi les registres paroissiaux, car il faut savoir qu’à l’époque, 98 % des individus étaient de confession catholique. Ensuite, il y a les recensements de population, plus pointilleux que ceux que nous connaissons aujourd’hui. Autrefois, il fallait décrire tous les liens de parenté dans chaque ménage, mais aussi chaque infirmité de chaque individu, s’il en avait. Les registres matricules du recrutement militaire sont aussi une source d’information importante. Le service étant obligatoire à partir de 20 ans auparavant, si vous recherchez un ancêtre de sexe masculin, il est fort probable que vous le retrouviez à partir de cette liste. Vous pourrez par la même occasion savoir s’il était chef, s’il savait nager, monter à cheval ou même s’il était colombophile… Puis il y a les listes électorales, le cadastre et les actes notariés.

La deuxième partie de l’atelier a consisté en la recherche d’André Orain. Membre de la famille Orain, implantée à Rennes depuis le début du XVIIIe siècle au moins, et dont de nombreux membres ont exercé comme bouchers et bouchères dans le quartier du Champ-Dolent. Cette recherche devait s’effectuait par les méthodes vues dans la partie présentation des sources et méthode, le but étant de montrer l’usage qu’on peut faire des archives qu’on conserve. Dans une société où la technologie prend de plus en plus d’ampleur, certains se demandent parfois quelle est l’utilité du métier d’archiviste. archives de rennesRomain Joulia leur répond : « il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va. » Il insiste sur le fait que « nous ne sommes pas là que lors des moments tragiques. » Il prend pour exemple la construction de la ligne B du métro à Rennes qui s’est fait grâce aux documents de la première ligne : « les services servent à tout un chacun. » C’est pour sensibiliser le public aux archives que le directeur des Archives de Rennes a mis en place ces ateliers, depuis 2009. Au départ, ils rassemblaient 2000 personnes par an, aujourd’hui plus de 7000 personnes y participent. Cet atelier étant l’avant-dernier de la saison, les Archives de Rennes vous convient à son dernier jeudi des archives, le 25 juin. À la salle de la cité, une conférence se consacrera à l’histoire de la salle de la cité. Elle sera suivie d’une réunion publique.

Archives municipales
CS 63126, 35031 Rennes Cedex
18 avenue Jules Ferry

Paléographie et généalogie aux Archives de Rennes : Savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va was last modified: juin 23rd, 2015 by Anastasia Laguerra

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