Se faire voler son sac à main, imaginez l’horreur ! (les dames comprendront… c’est toute notre vie ou presque qui se cache dans le sac d’une femme !). C’est ce qui arrive à une jeune femme alors qu’elle rentre chez elle dans la nuit. Sac arraché et coup reçu sur la tête en prime.

Et c’est son sac que Laurent, le libraire du Cahier rouge, découvrira le lendemain sur une poubelle. Il va le récupérer pour le déposer à la police, mais sera finalement attiré comme un aimant par ce sac de cuir mauve et son contenu. Des traces d’une femme inconnue dont il ne sait rien sauf l’odeur de son parfum, et ses pensées les plus secrètes puisque dans le sac se trouve encore un carnet de Moleskine sur lequel elle déversait d’une écriture élégante ses pensées, ses joies, ses peurs… sorte de journal intime sans chronologie, déversoir de petits riens, mais terriblement intime. Sans vraiment s’en rendre compte, Laurent se retrouve bientôt obnubilé par cette femme inconnue et va commencer à la chercher à l’aide des quelques indices en sa possession (parfum Habanita de Molinard, ticket de pressing, briquet doré, stylo à bille Mont Blanc, cailloux, pendentif égyptien…) poussé par sa fille ado qui trouve ça d’un romantisme fou. Mais s’il a envie de découvrir cette femme, il a aussi peur, un peu, d’être déçu, de réaliser qu’elle ne correspond peut-être pas à l’image qu’il s’est faite d’elle.

De plus, Laurent est libraire, et le lecteur se dit rapidement qu’il aimerait bien avoir l’adresse de sa librairie pour aller y faire un tour, discuter littérature, flâner, d’autant plus que comme un fil rouge supplémentaire à cette recherche, apparait Modiano, un auteur discret mais sensible, que Laurent arrivera même à rencontrer.

La femme au carnet rouge, Antoine Laurain
La femme au carnet rouge, Antoine Laurain

Voici une belle histoire sur les prémices de l’amour et la projection de l’autre, cette envie de découverte et cette curiosité que l’on peut ressentir, couplée souvent à un peu de peur. L’écriture d’Antoine Laurain est fluide et agréable à lire, et cet auteur, merveilleux conteur, nous emmène avec lui dans cette délicieuse comédie romantique, mais pas bêtasse pour un sou. Comme dans ses précédents romans, Laurain mêle à des situations très réalistes qui pourraient arriver à chacun de nous (vol du sac, ou chapeau oublié dans Le chapeau de Mitterrand) un peu de surréalisme, beaucoup d’imaginaire, un brin d’humour, et une tendresse pour les êtres qu’il décrit qui ressort en poésie au fil des pages. Ce roman est doux à lire, juste mystérieux ce qu’il faut, assez captivant puisque comme Laurent le lecteur trépigne de découvrir enfin qui est cette femme au carnet rouge, et c’est un roman touchant et rafraichissant, qui fait du bien !

 Antoine Laurain La femme au carnet rouge,  Flammarion, 5 mars 2014, 236 pages, 18€

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