Anna Boulanger, artiste rennaise membre de l’Atelier du Bourg, fera paraître aux éditions Le Tripode deux ouvrages. Birds et L’absence sortiront le 10 novembre 2016. Entre lectures à vol d’oiseau et contemplations des images, voilà deux livres parfaits à l’approche des fêtes de Noël.

Birds et L’absence seraient, selon ces mots, « des albums ». Ces objets, élégants dans leur facture, mêlent aux dessins le texte, et au concept artistique un travail subtil sur le langage, le silence ou le vide. Anna Boulanger avait déjà fait paraître aux éditions Le Tripode Le Haret québécois, primé en 2011 au Festival du livre jeunesse de Montreuil. Artistique autant que littéraire, son œuvre ouvre une parenthèse sur l’indicible. Rencontre avec une artiste rennaise !

 

Anna Boulanger entretienUnidivers : Quel est votre parcours, en tant qu’artiste ?

Anna Boulanger : J’ai fait les Beaux-Arts de Rennes, et une école de dessin en Belgique. J’ai aussi fait un master édition à Rennes, à la fac.

U : Aviez-vous déjà, à l’époque, une pratique qui mêle le texte et les images ?

Anna Boulanger : Oui.

U : Vous faites partie de l’Atelier du Bourg, un collectif de Rennes. Que faites-vous dans les locaux du Marché Noir ?

Anna Boulanger : De la sérigraphie, principalement. Soit je travaille personnellement, soit en collectif. Avec les éditions le Tripode, depuis 3 ans, nous avons mis en place un projet entre l’art et la littérature contemporaine. Tous les ans, l’éditeur nous propose une œuvre littéraire à laquelle on répond par des images. C’est donc un projet collectif entre la maison d’édition et l’Atelier du Bourg. Nous avons invité 20 artistes. Normalement, ce projet doit durer 20 ans. Il s’appelle les « 400 coups », car à la fin, il devrait y avoir 400 images. Le premier texte, c’était Tokyo Infra-ordinaire de Jacques Roubaud. Les images ont été exposées à Paris, à Troyes, dans le nord de la France, en Italie. Cette année, on a travaillé sur Les Jardins statuaires de Jacques Abeille.

Anna Boulanger entretienU : Aux éditions Le Tripode, vous publiez en ce moment deux ouvrages. On trouve des ressemblances entre Birds et L’absence, notamment autour des thèmes du vide et du silence. Qu’en pensez-vous ?

Anna Boulanger : Oui, je pense que ça me touche. Mais ce n’est pas fait exprès. Birds n’était pas au départ un projet de livre. Je fais partie de l’Atelier du Bourg, basé à Rennes. Birds fait partie d’un projet que j’ai mené avec l’atelier l’année dernière, dans le cadre d’une exposition au village de Bazouges-la-Pérouse. On a entamé une réflexion sur l’histoire, petite et grande, les croyances, les traces, et ce qui fait qu’un territoire existe. On a créé un espace avec des dessins, des objets, des installations, de la vidéo. Certains des oiseaux de Birds étaient alors présentés sous cadre.

U : Les dessins ressemblent à des planches naturalistes, non ?

Anna Boulanger entretienAnna Boulanger : C’était voulu de ma part. Dans le cadre de l’exposition, nous nous sommes mis dans la peau de scientifiques ou sociologues qui vont à la découverte d’un nouvel espace.

U : Vous êtes-vous inspirés des oiseaux observés là-bas ?

Anna Boulanger : Pas vraiment. Tous les oiseaux dessinés sont des oiseaux communs, que l’on peut trouver partout.

U : Vous dessinez à partir de quels modèles ?

Anna Boulanger : À partir de dessins, de photographies. Je ne sais pas dessiner ce que je souhaite.

U : Pourquoi avoir écrit en anglais, dans Birds ?
Anna Boulanger : Il faut savoir que le travail s’inscrit dans une recherche sur les croyances. On trouve une réflexion sur le langage des oiseaux, la lecture de leur chant, de leur vol, par rapport au temps qu’il fait ou à des présages de bons ou mauvais augures. Les textes présents dans le livre font partie d’une collection d’étiquettes de thé. Elles marchent un peu comme les Fortunes Cookies [NDLR : Biscuit dans lequel on trouve un morceau de papier]. On se retrouve avec une petite phrase au hasard. J’ai choisi les phrases, écrites déjà en anglais. Et j’ai choisi ensuite les oiseaux en fonction de leurs caractéristiques.

Anna Boulanger entretienU : Quel est le rapport du texte et des images ?

Anna Boulanger : Ils fonctionnent ensemble. Ils ne racontent pas la même chose. Avec le texte, ce n’est plus une planche naturaliste. Au contraire, grâce au texte, cela donne un aspect absurde. Le texte crée un décalage.

U : Quel est le terme précis pour désigner les ouvrages que vous réalisez ?

Anna Boulanger : Ce n’est pas un roman graphique. Un livre illustré est perçu péjorativement. Et l’image n’est pas là pour illustrer le texte. Peut-être un album.

Anna Boulanger publie aux Éditions Tripode deux ouvrages : Birds et L’absence.

L’absence, Album, 32 pages, Prix : 15,00 €
Parution : 10 novembre 2016

Birds, Album, 32 pages, Prix : 9,00 €
Parution : 10 novembre 2016

Site des éditions Le Tripode

Site de l’Atelier du Bourg

L’Atelier du Bourg
11 rue de Flandre
35000 Rennes
Métro – Villejean-Université

Co-fondateur de l’association
LE MARCHÉ NOIR
www.lemarchenoir.org

Un espace mutualisé
dédié à la création graphique
et à l’impression artisanale
basée à Rennes

L’Atelier du Bourg met en place des temps de découverte à travers des expositions de ses créations et des ateliers pédagogiques destinés à tous publics : dessin / sérigraphie / écriture / micro-édition

Anna Boulanger, dessinatrice et sérigraphe
anna[@]atelierdubourg.fr • 06 86 84 42 41

Anna Boulanger : entretien avec une auteure et dessinatrice rennaise was last modified: novembre 17th, 2016 by Thibault Boixiere

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