Samedi, le réveil des habitants de Triel, Vernouillet et Verneuil-sur-Seine dans les Yvelines fut inquiétant. Une odeur de brulé avait envahi l’atmosphère et s’insinuait dans toutes les pièces des maisons. La source : l’incendie des anciens entrepôts d’Eternit à un kilomètre.

Eternit fut le producteur d’un élément de construction très répandu jusqu’à son interdiction en 1997 : l’amiante-ciment. Eternit France possédait de nombreux centres de production et des entrepôts dont celui de Vernouillet, situé dans la zone industrielle et commerciale de la Grosse Pierre, juste à côté de la Seine. L’état du site est référencé dans la fiche BASOL.

eternit, vernouillet
Eternit à Vernouillet

Comme nous pouvons le constater, des travaux de confinement ont été effectués depuis la fermeture du site, permettant de ne pas dépasser les seuils prescrits. Pourtant, il subsiste bien des éléments d’amiante. L’incendie qui a éclaté vendredi 28 décembre soir vers 18h et qui a mobilisé les pompiers de toute la région des boucles de Seine a pu détériorer ces zones de confinement dans des proportions qu’il est difficile d’estimer jusqu’à présent. 3 jours plus tard, une très forte odeur subsistait à plus d’un kilomètre du site, poussée par les forts vents du week-end. Nous espérons d’ailleurs que l’équipement des pompiers répondait à ce risque spécifique.

Les habitants de Triel ont subi cette pollution trois jours durant sans qu’aucune information claire ne leur parvienne. Seul le journal Le Parisien a consacré quelques articles à ce sujet, précisant que la maire de Vernouillet avait diffusé des instructions aux habitants proches. À lire les nombreux commentaires des locaux sur le site du Parisien et les réseaux sociaux, des instructions sont parvenues à quelques-uns, mais de manière bien insuffisante.

Du côté de Triel, aucune information n’a été émise alors que la fumée se dirigeait en majorité vers cette commune…Pas plus que sur la commune de Verneuil-Sur-Seine, moins touchée il est vrai. Les personnes les plus fragiles ont été incommodées par cette odeur. Et que dire du contenu du nuage qui a continué à diffuser un très large panache de fumée 3 jours durant ? Il ne nous est pas possible de dire si des prélèvements de polluants ont été faits pendant l’incendie.

Cet incident, dont l’origine reste à être déterminée par la police scientifique, met en lumière des failles dans la protection des habitations situées à proximité d’anciens sites producteurs ou de stockage d’amiante. S’il est interdit de faire des cultures et certaines activités sur le site de Vernouillet, on peut légitimement s’inquiéter du devenir de l’eau ayant servi à éteindre l’incendie ; d’autant plus que les eaux souterraines étaient déjà sous surveillance, le site se trouvant en zone inondable. Un projet de centre commercial devait prendre la place de ce site en 2014.

Combien d’autres sites en France ne bénéficient pas, à l’égal de celui de Vernouillet, de mesures appropriées pour protéger à long terme les populations et répondre à la problématique des incendies et inondations ? Verra-t-on encore une omerta se créer sur les conséquences de cet incendie, à l’image de ce qui s’est fait pendant trop longtemps autour de l’amiante ? Gageons que les élus des trois communes concernées joueront leur rôle pour améliorer la prévention des risques.

2 Commentaires

  1. Le feu s’est déclaré le 28 décembre à 17 h 39, sur une superficie de 4 000 m2. L’incendie a consumé un stockage de lin de 1 600 tonnes, ce qui explique le temps pris pour l’extinction complète de l’incendie. L’unité médicale des pompiers a confirmé l’absence de fumées toxiques pour le voisinage. L’exploitant a également procédé à des analyses suite au sinistre, qui ont confirmé l’absence d’amiante dans l’air. Des analyses de l’eau à long terme sont en cours par installation de piezomètres dans le sol. La Ville de Vernouillet tiendra les habitants informés dès que les résultats seront disponibles. Pour toute question, vous pouvez contacter la mairie de Vernouillet au 01 39 71 56 00 / guichet.unique@mairie-vernouillet.fr

  2. Merci de ces précisions. Une interrogation tout de même à la lecture d’une déclaration de Philippe Court, le sous-préfet de Saint-Germain-en-Laye, « La combustion de lin n’est pas toxique, a-t-il insisté. Il n’y a pas non plus de pollution à l’amiante. Et, si des explosions ont pu être entendues, ce sont les plaques de fibrociment de la toiture qui ont éclaté sous l’effet de la chaleur. »
    Or, les plaques de fibrociment sont bien fabriquées avec de l’amiante. En taux de paillette, il est très probable qu’en mesure ponctuelle, il n’y ait pas eu de dépassement des seuils. Mais, contrairement à des mesures réglementaires en bâtiment, nous n’avons pas ici affaire à un phénomène constant, chose plus difficile à quantifier ou maîtriser. Avec un taux de 5 fibres par litre d’air, un personnel exposé à proximité de l’explosion de fibrociment peut très bien atteindre ce seuil si non protégé correctement.
    Si le risque pour la population semble maitrisé, des examens s’imposent à terme pour les personnels pompiers intervenus sur le site, ne croyez vous pas ?

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