Dans son nouvel album, Øllø fait entendre ses paysages irréels

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ollo unreal landscapes

Le nouvel album du Costarmoricain Øllø, Glenn Besnard de son vrai nom, est sorti fin mars 2026. Comme son nom l’indique, Unreal Landscapes invite à une traversée musicale onirique au cœur de forêts bretonnes, dans un espace où l’acoustique rencontre l’électronique avec douceur.

Nous avions rencontré le musicien Glenn Besnard en 2024, à la sortie de son premier album sous le nom d’Øllø, In Parenthesis. En ce printemps 2026, c’est à l’occasion de son nouvel opus que nous le retrouvons avec plaisir. Unreal Landscapes est à l’origine une commande de bande sonore pour la pièce de théâtre Une Bête au paradis, adaptation du roman de Cécile Coulon qui raconte une lignée de femmes possédées par leur terre.

Pour cette création sonore, Øllø s’éloigne quelque peu des musiques électroniques auxquelles il nous avait habitués avec In Parenthesis, pour expérimenter une autre couleur. Il retrouve le plaisir de composer avec des instruments acoustiques comme le piano, la guitare et les cordes frottées. L’histoire se déroulant dans le monde rural, la bande sonore prend racine dans des prises de son enregistrées dans différentes forêts bretonnes : « Les éléments que j’avais captés pour la bande sonore invitaient à travailler la matière acoustique, mais pas seulement. » Il n’abandonne pas totalement les machines puisque le musicien confronte, dans ce nouvel album, les sons acoustiques et les sonorités électroniques. Il confirme ainsi son intérêt pour le mariage des deux, donnant naissance à une musique contemplative singulière.

ollo unreal landscapes

Imaginez la liberté que doit ressentir un oiseau en plein vol. Unreal Landscapes, c’est cela : chaque note est une brise légère qui caresse agréablement les oreilles, propice à la création d’images mentales personnelles. Les morceaux, atmosphériques et oniriques, se rapprochent de l’ambient et de l’electronica, avec une dimension orchestrale assumée. « Les musiques électroniques pures peuvent être très urbaines et, pour moi, la musique orchestrale ramène à cette ruralité que je cherchais », exprime-t-il. « Le bois des instruments rappelle les arbres et l’acoustique donne un son naturel. » On retrouve dans ce nouvel univers musical son inspiration première, qui ne le quitte pas depuis son retour dans la musique en 2009, avec le groupe Pumpkin Island : Sigur Rós, groupe de rock d’avant-garde islandais.

L’album s’ouvre avec le chant des oiseaux (« Hunaudaye Forest »), une mise en bouche aérienne qui traversera tous les morceaux. Chaque titre se vit comme un tableau dans lequel l’ambiance évolue selon les sons recueillis au fil des saisons (« Song for the End of the Summer »). Les trois derniers morceaux sont, quant à eux, des reworks de titres issus de son premier EP, sorti il y a plus de dix ans. Chacun a été retravaillé avec l’esthétique musicale de Unreal Landscapes, notamment par l’ajout de textures aériennes, à l’image du titre « Appoline », qui emporte l’auditeur dans une élévation sonore soutenue.

Si la musique est aérienne dans ses sonorités, elle possède un vrai ancrage terrestre par son caractère méditatif. Unreal Landscapes incite à fermer les yeux et à rêver, à se recentrer sur l’essentiel. En musique.

Unreal Landscapes
Sorti le 29 mars 2026, sur le label Night Night Records

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