Derniers articles

TEENAGE KICKS 2021. THE BLIND L’ARTIVISTE NANTAIS

0

Dans le cadre de l’événement Dehors !, la biennale d’art urbain Teenage Kicks invite une dizaine d’artistes locaux et étrangers à intervenir dans l’espace public. Parmi eux, le graffeur nantais The Blind a récemment recouvert un des murs de la dalle du Colombier d’un graff en braille. Vous ne le connaissez pas encore ? Voilà une belle occasion de (re)découvrir son travail, autant engagé qu’artistique.

Depuis peu, un nouveau graff s’affiche sur un mur de la dalle du Colombier. Fait d’un noir mat et d’un jaune éclatant, des demi-sphères en volume accompagnent un lettrage imposant : « Tu touches, tu payes ». The Blind, l’artiviste nantais, celui que l’on nomme le graffeur pour aveugles, est passé par là…

the blind teenage kicks

The Blind a suivi un cursus somme toute classique à l’école des Beaux-Arts de Nantes. Après trois ans de bons et loyaux services, l’établissement l’a gentiment raccompagné à la porte – la main certainement sur l’épaule, remplie de bienveillance. La raison ? Vous l’aurez deviné, bien avant d’entrer dans la sacro-sainte école, celui que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de The Blind, faisait déjà du graffiti, « surtout en illégal ». « Mon école c’est la rue, les voies ferrées, les périph., les tunnels de métro… Je pratique toujours, sous un autre nom », déclare le graffeur venu à Rennes pour le festival d’art urbain Teenage Kicks.

Cette pratique, qu’il a voulu poursuivre pendant ses études, a visiblement été mal reçue par le corps enseignant, peu à même d’apprécier ses talents pour cet art underground, exercé par des « délinquants » bien évidemment. Il va s’en dire que la démocratisation de la pratique changerait certainement la donne aujourd’hui.

teenage kicks the blind
ISTANBUL, 2020. Image extraite du compte Instagram © The Blind

Inspiré par les graffeurs inscrits dans le mouvement du logotype – Poch, Space Invader, le Chat jaune, etc., c’est dans l’effervescence artistique du début des années 2000 que The Blind développe un projet autant engagé qu’artistique. À une époque où l’on casse les codes du graffiti, « des créations plus graphiques et moins de lettres hyper calibrées » s’affichent désormais sur les murs, « les gars comme Mioshe, Moko ou Ezra étaient des précurseurs dans leur pratique. »

Après une session graff avec des amis, satisfaits de l’emplacement choisi, l’artiste fait la réflexion, « en blaguant », que ses graffs ne seraient pas vus par les aveugles… De cette prise de conscience naît un concept novateur, le graffiti en braille. Une innovation dans le milieu que lui seul pratique, en France et l’étranger, et qui permet d’intégrer les personnes atteintes de cécité dans les fresques graphiques. Il développe depuis une vision sociale de l’art.

the blind teenage kicks

« Touche l’art et l’art te touchera »

Autodidacte dans l’apprentissage du système d’écriture braille, il débute cette nouvelle pratique « en illégal », comme le graffiti avant elle, « c’est mon tempérament ». Le musée des Beaux-Arts à Nantes fut sa première cible. « Ne pas toucher » s’écrit en alphabet braille sur une des façades et interroge la sacralisation de l’art. « Le graffiti est aussi une œuvre. Mais elle est posée dans la rue et peut être effacée à tout moment. Il y avait toute cette réflexion et ce rapport à l’art, à l’école que j’ai pu faire et au graffiti. Sans les clés de l’art contemporain et une certaine connaissance de l’histoire de l’art, l’approche reste difficile. »

La deuxième identité du graffeur, l’artiviste, mot issu de la contraction d’ « artiste » et d’« activiste » qu’il a lui-même créé pour se définir, The Blind, naît de ses premiers projets. « Le fait de travailler de manière illégale était un engagement de ma personne », explique-t-il. Mais l’engagement n’est pas seulement dans la forme, également dans le fond. Qu’ils soient politiques ou sociaux, il n’hésite pas à taper sur des sujets sensibles, à l’image de « Pas vu, pas pris » inscrit sur le Palais de Justice, à Nantes. « Quand j’écris « arrêtons de brailler du noir », cela renvoie à l’actualité de notre société, qui est, on peut le dire, blasante ». Afin de ne pas tomber dans le pathos, le graffeur insère humour et jeux de mots dans chacune de ses créations.

the blind teenage kicks
« Pas vu, pas pris », Palais de justice de Nantes © The Blind

Cette évolution artistique complète son travail de graffeur. « Le fait que je vienne du graff classique m’a aidé. Il y a eu une forme de respect par rapport à mon graff en braille. » L’un est instinctif, l’autre méthodique, mais l’un ne va pas sans l’autre, ils se complètent et forment un tout. « C’est deux salles, deux ambiances, mais les deux forment un équilibre. Le fait de créer des pochoirs, de mettre des repères avec des points précis et de poser ensuite du volume est différent que de faire du graff, à l’extincteur par exemple. Il y a un côté lâché, tu t’amuses. »

S’il est resté longtemps dans l’ombre et dans l’illégalité, The Blind a finalement décidé de montrer son visage pour créer du lien. « Mon visage est la première chose qui me rend accessible. Ça permet d’échanger si les gens me croisent dans la rue. »

Muni d’un pistolet à mastic, de pochoirs pour les repères et de demi-sphères en plâtre préalablement moulées, The Blind intègre ce système d’écriture dans la ville, particulièrement sur l’architecture, mais aussi dans la nature, afin de mettre en lumière les personnes en situation de handicap visuel. « Le système de l’écriture tactile du braille est très normé, les écarts entre chaque point sont spécifiques », explique-t-il. « Il se lit avec la première et la deuxième phalange, mais je le sors de son échelle et de la page blanche pour le mettre en volume. »

« Pour avoir l’ensemble de mon travail, il faut chercher et comprendre », The Blind.

Aucun indice n’est donné quant à la signification de la phrase en braille. La recherche et la curiosité étant importantes pour lui, il laisse le soin aux passants d’aller chercher les réponses par eux-mêmes et de décoder le message. « J’aime utiliser des lettres visibles comme on les trouve dans la publicité, mais le braille vient casser la partie lisible. Ça crée du motif graphique sans en connaître la signification. La traduction rajoute un autre sens de lecture à la phrase très visuelle. » Voyants et mal-voyants ont besoin l’un de l’autre pour une compréhension totale.

the blind
VOIR GRAND ZAT / MONTPELLIER / 2013. Image extraite du compte Instagram © The Blind

Ses différentes collaborations avec les instituts et les rencontres avec des professionnels lui ont valu une reconnaissance qui lui permettent aujourd’hui d’animer des ateliers dans toute la France. Il poursuit également ses recherches et travaille désormais sur la déficience visuelle au sens large, développant par exemple des sérigraphies sonores qui s’activent au toucher. « Ça peut concerner des personnes daltoniennes ou qui n’ont pas la vision périphérique par exemple. C’est intéressant de faire des formes hyper abstraites ou géométriques en jouant avec la couleur. » La volonté étant toujours de se mettre à la place de ces personnes.

Sensible à tout forme d’exclusion, cette sensibilité se traduit également au sein du collectif 100 Pressions dont il fait partie depuis 2003. Il anime des ateliers pour les personnes victimes d’une forme d’exclusion sociale telles que les personnes en prison, les enfants en rupture sociale, celles en situation de handicap, en ESAT ou en EHPAD, mais également toutes les personnes à la marge, comme les toxicomanes et les sans-abri. « Ça me permet d’avoir une vision globale des gens qui créent la société, mais pourtant mis de côté. On a beaucoup entendu parler des invisibles pendant la pandémie, mais une caissière, un éboueur, un sans-abri ou un migrant n’est pas un invisible pour moi. Je les croise régulièrement dans la rue et dans mon quotidien ».

the blind
DISTRICT 13 ART FAIR DROUOT-PARIS / 2018. Image extraite du compte Instagram © The Blind

« Tu touches, tu payes » sur la dalle du Colombier

Pour le festival Teenage Kicks, The Blind s’attaque à un mur sur le parvis du Colombier. Des phrases en braille viennent compléter la performance, dans un clin d’oeil à l’art contemporain, mais pas seulement. « Ça traite de la prostitution et des féminicides. Ça parle de ces hommes qui frappent leurs copines et doivent en payer les conséquences. » Les graffeurs connaissent également les risques du graffiti illégal et peuvent également s’identifier à cette phrase. « Dès que tu touches le support qu’est le mur, si tu te fais attraper, tu paies. » Cette phrase, somme toute classique, peut être comprise différemment, selon les prismes de chacun.

the blind teenage kicks

Et The Blind restera dans les parages rennais l’année prochaine, particulièrement sur le site de l’Université Rennes 2, avec qui il a monté un projet d’envergure.

Des graffs en braille avec des étudiants seront réalisés dans le bâtiment de langues, une façade sera recouverte, des tables rondes autour du handicap, de la culture et de l’art seront organisées, ainsi que des ateliers autour du braille, et une exposition dans l’espace d’exposition La Chambre claire, dans le bâtiment de la Présidence. « Je vais faire un workshop autour du tag auditif avec le FabLab. On va créer un boîtier où des sons seront enregistrés par les étudiants. Quand les étudiants ou professeurs passeront devant, ils se feront surprendre comme tu peux te faire surprendre par des tags qui s’imposent à toi dans la rue. » Un jeu en bois est également prévu pour apprendre le braille. « Le fichier de fabrication sera en open source sur un site. »

En novembre 2021, il participera également à l’exposition Partir un jour au Frac Bretagne autour du voyage et du graffiti, réalisée dans le cadre de Teenage Kicks. « Il y aura pleins d’anciens et de jeunes graffeurs, mais ce ne sera pas seulement sur le graffiti, mais aussi jusqu’où ça a pu t’amener. »

La performance du Colombier est certes terminée, mais ce n’est qu’un au revoir…

Dehors ! du 15 au 31 juillet 2021, au Colombier, biennale d’art urbain Teenage Kicks 2021.

teenage kicks rennes

The Blind : Site / Instagram / Facebook

Pour voir la programmation de Teenage Kicks 2021

TDN 2021 : DEAL, UNE RELECTURE CIRCASSIENNE DE L’OEUVRE DANS LA SOLITUDE DES CHAMPS DE COTON DE KOLTÈS

Du 23 au 25 juillet au Théâtre du Vieux Saint-Étienne à Rennes, les danseurs Jean-Baptiste André et Dimitri Jourde de l’Association W reprennent le texte théâtral de Bernard-Marie Koltès, Dans la solitude des champs de coton (1985). Entre danse, performance circassienne et théâtrale, les deux artistes proposent une adaptation physique et viscérale de cette œuvre emblématique.

Créé entre le 10 et le 14 décembre 2019 à La Comédie de St-Étienne, le spectacle Deal reprend le célèbre texte de Koltès, Dans la solitude des champs de coton. Interrogeant l’altérité et le rapport avec l’autre, il raconte la rencontre entre un dealer et son client. Au théâtre du Vieux St-Etienne du 23 au 25 juillet, Jean-Baptiste André et Dimitri Jourde, de l’Association W se réapproprie l’œuvre théâtrale dans un corps à corps mélangeant danse, théâtre et cirque. Autant de pratiques permettant de révéler la force d’un texte empreint d’humanité.

« Un deal est une transaction commerciale portant sur des valeurs prohibées ou strictement contrôlées, et qui se conclut, dans des espace neutres, indéfinis, et non prévus à cet usage, entre pourvoyeurs et quémandeurs par entente tacite, signes conventionnels ou conversation à double sens – dans le but de contourner les risques de trahisons et d’escroquerie qu’une telle opération implique… » (Koltès). Le deal ou la métaphore des relations humaines. Un échange de répliques, un dialogue opposant deux êtres apparemment opposés. Une rencontre. Violente, passionnée, vraie.

« Deux hommes qui se croisent n’ont pas d’autre choix que de se frapper avec la violence de l’ennemi ou la douceur de la fraternité. »

Bernard-Marie Koltès
deal
©Benoît Thibault

Formés tous deux au Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne, les deux acrobates explorent depuis longtemps les liens entre danse et cirque. Circassien, metteur en scène, danseur et fondateur de l’Association W, Jean-Baptiste André n’est pas novice dans le monde artistique. Il créé en 2004 Intérieur nuit, et notamment A brûle-pourpoint en 2018. Danseur et chorégraphe, Dimitri Jourde met en scène ses créations comme Poko (2001), Xebeche (2011)… Tous deux marqués par Dans la solitude des champs de coton depuis quelques années, l’adaptation de la pièce s’est faite « de manière logique » selon Dimitri. Attirés par l’importance de la langue et l’aspect animal et corporel de l’œuvre de Koltès, les deux circassiens décide en 2019 avec Deal de cosigner leur spectacle en prenant comme appui ce célèbre texte.

« Nous avions envie d’une prise de risque et de quelque chose de physique. Pour un duo, Dans la solitude des champs de coton apparaissait comme un support évident. »

Jean-Baptiste André et Dimitri Jourde

La scénographie rappelle le décor spécifique au monde du cirque : « un dispositif représentant un ring, une arène où le public va être tout autour de nous, comme dans la dimension circassienne. » dévoile peu à peu Jean-Baptiste André. Cet espace quadrifrontal oblige les spectateurs à une proximité forte avec les artistes, créant progressivement une intimité. Cet « espace anormal » (Jean-Baptiste André) cher au cirque permettra au public de comprendre les enjeux d’une pièce complexe, reposant sur un texte parfois énigmatique et un rapport très corporel au dialogue.

Les mises en scène de Patrice Chéreau en 1987 et en 1995 ont en partie inspiré le projet de Deal. Depuis, d’autres metteurs en scène ont repris la pièce de théâtre, avec plusieurs nouveautés : en juillet 2020, Roland Auzet fait par exemple jouer deux femmes dans le rôle du dealer et du client. Les deux circassiens reprennent ici certaines idées de la mise en scène de Chéreau : deux hommes dans un duel et un dialogue soutenus au sein d’un décor très épuré. Ici, l’aspect tactile et viscéral de la pièce de théâtre devient prégnant. Ils ont ainsi coupé certaines parties du long texte de Bernard-Marie Koltès pour cadrer avec leur ressenti. Selon Jean-Baptiste André, les artistes ont « procédé dans une mise en scène inversée : au lieu de partir du texte et de chercher les manières de le déclamer et le rendre vivant, on est partis de nos corps. Avant même de parler, on bouge, preuve que le corps raconte autant que le texte. » La rencontre et l’attraction entre les deux danseurs pour Deal rappelle une lutte brutale et fraternelle entre deux individus d’abord étrangers puis qui se découvrent similaires.

« Le fait d’avoir un texte défini a concrétisé notre approche physique du texte » explique Jean-Baptiste André, « et c’est aussi ce qui a permis en quelque sorte de « décomplexer » la pièce« , qui est très difficile à comprendre au premier abord. Auto-proclamée « pièce de la diplomatie » par son auteur, Dans la solitude des champs de coton apparaît toujours comme un texte important. Cette adaptation libre dans Deal lui donne une vitalité nouvelle et offre une lecture plus organique à cette œuvre quasi philosophique sur les relations humaines.

INFOS PRATIQUES

Du 23 au 25 juillet 2021

20h-21h15 le vendredi et le samedi et 16h-17h15 dimanche.

Théâtre du Vieux Saint-Étienne, 14 Rue d’Échange à Rennes.

Entrée libre sans réservations.

Plus d’informations sur le site des Tombées de la nuit.

COVID BRETAGNE COURBES EN HAUSSE : 67 CAS POUR 100 000 HABITANTS

Coronavirus en Bretagne 25 07 2021 : point de situation sanitaire et mesures destinées à freiner la propagation du virus.

Point de situation sanitaire du 23 juillet 2021

Le suivi des cas confirmés est élaboré à partir des données de Santé Publique France, qui comptabilisent les résultats des analyses (test PCR) effectuées par les laboratoires publics et privés.

La Bretagne enregistre 2758 cas positifs supplémentaires depuis le 16 juillet.

Le taux d’incidence2 s’élève désormais à 67 cas pour 100 000 habitants (+31,3 points1) au niveau régional avec un taux de positivité3 de 2,8 %.

Les taux d’incidence augmentent sur l’ensemble du territoire breton. Il est indispensable de maintenir une vigilance collective, notamment le respect des gestes barrières.

La meilleure protection reste la vaccination, accessible à tous, dès 12 ans. La liste des centres de vaccination est disponible sur sante.fr

Prise en charge des patients Covid-19 à l’hôpital en Bretagne

  • 279 hospitalisations en cours (-101), dont 16 (-11) en service de réanimation
  • depuis le début de l’épidémie :
    8 096 patients hospitalisés ont regagné leur domicile (+411) ;

1 662 patients sont décédés (+11).

Point de situation EHPAD (données cumulées depuis le 1er mars 2020) :

  • 844 épisodes COVID-19 ont été déclarés en EHPAD (+31);
  • 334 résidents y sont décédés (sans évolution1).

Dynamique de dépistage

Les tests sont au cœur de la stratégie gouvernementale de lutte contre le virus. Pour casser au plus vite les chaînes de contamination, il est important d’isoler rapidement les personnes testées positives et leurs contacts.

Depuis le 4 mai 2020, 3 340 852 tests PCR ont été réalisés en Bretagne, dont 58 786 entre le 14 et le 20 juillet   (-1,1 % par rapport à la semaine précédente).

La Bretagne compte actuellement 46 (+51) clusters en cours d’investigation par l’ARS Bretagne :

  • 7 dans les Côtes d’Armor (1 en milieu professionnel et 6 en sphère privée)
  • 15 dans le Finistère (1 en milieu professionnel, 1 en EHPAD et 13 en sphère privée) ;
  • 15 en Ille-et-Vilaine (1 en milieu scolaire et universitaire, 1 en établissement de santé, 2 en EHPAD et 11 en sphère privée) ;
  • 9 dans le Morbihan (1 en milieu professionnel, 8 en sphère privée).

Dynamique de vaccination

La couverture vaccinale de la population bretonne est de 63,4 % (au moins une dose tous âges confondus).

Au 22/07, 3 733 544 injections ont été effectuées

  • 721 355 dans les Côtes d’Armor
  • 1 050 282 dans le Finistère
  • 1 106 815 en Ille-et-Vilaine
  • 855 092 dans le Morbihan

 

 

 

 

 

 

TRANSAT EN VILLE 2021. LE BLUES ROCK EXALTÉ DE KO KO MO AU PARC DU THABOR

Le 22 juillet au Théâtre de verdure du Parc du Thabor de Rennes, le public assistera à la performance survoltée du duo guitare-batterie Ko Ko Mo. Après deux albums sortis depuis 2017 et une tournée en Europe et en Asie, ces deux Nantais retrouvent l’association des Trans Musicales de Rennes, qui les avaient révélés en 2015.

Une guitare et une batterie. Seulement deux instruments et pourtant. Avec sa sauvagerie communicative et sa maîtrise parfaite de la musique rock, blues et du psychédélique, Ko Ko Mo n’a de cesse depuis quelques années d’embarquer le public. Ce duo formé à Nantes apparaît pour certains comme le renouveau du rock français. Parce qu’il remet au goût du jour le côté acoustique et artisanal du live. Et par leur exultation. Avec un premier album sorti en 2017 « Technicolor Life » et un autre, « Lemon Twins » sorti en 2019, le plus frappant est de constater que ces deux Nantais, Warren Mutton et Kevin « K20 » Grosmolard, excellent aussi bien en studio qu’en concert. Et aussi bien en chansons originales qu’en cover, comme le montrent les très remarquées reprises du hit disco « Last night a DJ saved my life » ou de « Personal Jesus » de Depeche mode. On s’attend donc ce jeudi à une performance aussi énergique que d’habitude.

ko ko mo
Pochette de l’album Lemon twins

Déjà passé par de nombreux festivals en France, le groupe a aussi performé dans des pays d’Asie (Chine, Inde, Indonésie et Corée du Sud), ainsi qu’en Nouvelle-Calédonie, en Australie ou à Madagascar entre 2017 et 2019. Où qu’ils aillent, ces deux bêtes de scène transmettent leur folie, leur amour d’un rock revisité et du live au public.

« Notre mission, c’est de faire danser les gens et partager sur scène un moment unique. »

Kevin « K20 » Grosmolard

Que ce soit pour le titre « Self love age » ou pour « Shake Off Your Fear », la voix limpide et aiguë à la Ian Gilian (Deep purple) du chanteur Warren et l’énergie du batteur K20 révèlent une musique faite d’un son franc, direct, comme les groupes de hard rock des années 1970 et à mille lieues d’une musique aseptisée. « C’est une rencontre entre un bluesman (Warren, ndlr) et un mec qui écoute du hip-hop électro (Kevin, ndlr) ». Les deux artistes ne viennent pas du milieu du rock n’ roll, mais leur attitude et leur musique le devient, brassant un public très large de passionnés.

Malgré toutes ces influences, Ko Ko Mo créé son propre univers. Warren explique : « Souvent les gens nous comparent de manière élogieuse à Led Zeppelin. […] Entre 1970 et 1973 c’est le plus grand groupe live que la Terre est connue. C’est une source d’inspiration mais on […] fait du Ko Ko Mo. On a en commun d’être portés par la même énergie. […] Ils vont chercher leur inspiration dans de nombreuses directions. » Pour K20, « Alors qu’ils ne sont que trois instrumentistes, Led Zep’ tourne de manière incroyable sur scène. Nous, à deux, on tend aussi à atteindre en concert cette alchimie sonore. » Et cette proximité, on l’attend et on l’aura à n’en pas douter ce jeudi 22 juillet.

INFOS PRATIQUES

Jeudi 22 juillet à 20h

Initialement au parc de Maurepas mais déplacé au Théâtre de verdure au Parc du Thabor.

Gratuit.

Jauge de 500 places dans le cadre du pass sanitaire (test PCR, antigénique ou entièrement vacciné).

Plus d’informations

Site du groupe.

CHANT DU MARIN. PAIMPOL REMET LE SON

L’association Chant du marin propose, le 14 août 2021, un condensé du festival, réunissant sur le port chants de marin, musiques de Bretagne et du monde, avec la goélette De Gallant et le port en toile de fond… Paimpol remet le son, en attendant des jours meilleurs… Prenez du plaisir, en même temps que soin de vous !

Ce samedi 14 août… à mi-route d’une quinzième édition pleine de promesses, le Festival du Chant de Marin devrait battre son plein. Son plein de musiques colorées et de senteurs parfumées, épicées, dans un décor somptueux de voiles et de gréements… La Covid en a décidé autrement. Mais l’association du même nom n’a pas voulu baisser les bras. Elle propose, le 14 août prochain, un condensé du festival, réunissant sur le port chants de marin, musiques de Bretagne et du monde, avec la goélette De Gallant et le port en toile de fond…

chant du marin

LES GÂS DE L’ALMANACH

Constitué en 2011 à la demande de l’œuvre du marin breton, ce groupe d’une quinzaine de chanteurs s’est chargé d’exhumer des archives de l’almanach les dizaines de chansons écrites de 1899 à 1914 par des marins pêcheurs à bord de leurs
bateaux ou dans les abris de marin. Ces chansons écrites sur les airs populaires de l’époque («Viens Poupoule», «La Tonkinoise», «Le temps des cerises», «l’Internationale», et d’autres…) racontent la vie des marins, leur donnent des conseils, et dans l’esprit de «l’almanach» et de son fondateur, Jacques de Thézac, se veulent formatrices, éducatives et morales. Les « Gâs de l’Almanach » se produisent pour des spectacles ou fêtes maritimes (Brest 2016, Festival de Paimpol, Route de l’Amitié…)

Samedi 14 août – Quai Neuf – 14h30 et 20h15 avec François Morel

 chant du marin

LES SOUILLÉS DE FOND DE CALE

Depuis 1991, le groupe des Côtes d’Armor a promené ses compositions liées aux mondes maritimes du Nord au Sud et de l’Ouest à l’Est, de l’Islande à l’Italie, du Québec à l’Estonie, en passant par La Pologne, les Îles Britanniques, la Suisse, la Belgique et les Pays-Bas. Issus de divers horizons musicaux, les cinq membres du groupe ont su créer une identité propre, faite d’amitiés et de complicités. Leur répertoire mêle chansons toniques et balades, le tout aromatisé d’émotion et d’humour.

Les Souillés de Fond de cale ont participé à leur premier Festival du Chant de Marin en 1991 et remettront le son cet été à Paimpol, après 30 années de bourlingue… Le groupe est formé de Philippe Noirel (chant, flûtes), Gilles Pagny (chant, bodhran, cajon, percussions, guimbarde), Michel Magne (chant, guitare, cistre, bouzouki), Alain Jézéquel (chant, flûtes, bombarde, mandoline, banjo, concertina) et Jean Pierre Trillet (chant, contrebasse).

Samedi 14 août – 16h15 – Quai Neuf

chant du marin
Les souillés de fond de cale

SYLVAIN GIRO & LE CHANT DE LA GRIFFE

Sylvain GirO est l’une des grandes voix de Bretagne. Il vient des musiques traditionnelles de Haute Bretagne (francophone), du collectage, du chant a cappella pour la danse ou la complainte. Dans les années 2000, avec le groupe Katé-Mé, il a marqué la musique bretonne en projetant le chant traditionnel dans des rythmiques rock, funk ou hip-hop. Depuis 2011, il écrit et compose ses propres chansons et explore une nouvelle voie aux confins de la « chanson française » et des musiques populaires. En 2020 il a réuni autour de lui quatre chanteuses et chanteurs : Elsa Corre (Barba Loutig), Héléna Bourdaud, Youenn Lange et la voix basse de « Lo Còr de la Plana », Sébastien Spessa. Quatre voix aux timbres singuliers pour créer un chœur inouï qui porte haut la poésie de Sylvain. François Robin (machines, duduk, violon, veuze) y ajoute sa patte de coloriste électro-acoustique et de rythmicien ludique.

Les mélodies entêtantes, spirituelles ou dansantes, les harmonies polyphoniques
éclatantes, l’écrin instrumental électro-tribal, les textes poétiques incandescents…
tout semble à la fois puiser aux sources des traditions musicales bretonnes et du
monde, et raconter avec la plus grande ferveur le monde d’aujourd’hui. Jubilatoire !

Samedi 14 août – 18h00 – Quai Neuf

chant du marin
Sylvain GirO & le chant de la Griffe

FRANCOIS MOREL

Qui ne connaît pas François Morel ? Comme acteur, ce sont les fameux Deschiens qui l’ont fait connaître, mais on l’a aussi vu dans Baron noir, célèbre série télévisée et dans une multitude de seconds rôles. Comme humoriste, ses chroniques matinales sur France Inter ont parachevé cette notoriété. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il est aussi chanteur à ses heures, une carrière entamée il y a une quinzaine d’années et qui trouve une sorte d’aboutissement avec cet album, Tous les marins sont des chanteurs. Du chant de marin ? Pas vraiment. mais de la chanson de mer, assurément. Point de départ, ou prétexte, la vie et l’œuvre d’Yves-Marie Le Corre alias Yves-Marie Le Guilvinec, « un poète injustement oublié » qui aurait navigué à la fin du XIXe siècle. A-t-il réellement existé ? Qu’importe puisque ses chansons sont bien là, retrouvées dans un vide grenier de Saint-Lunaire par François Morel lui-même. À Paimpol, il sera entouré de ses complices habituels, la percussionniste Muriel Gastebois, le violoncelliste Amos Mâh et bien sûr Antoine Sahler, pianiste et compositeur attitré. Mais aussi des locaux de l’étape, les Gâs de l’Almanach et Etienne Kerbaul à la bombarde.

Samedi 14 août – 20h15 – Quai Neuf

chant du marin
François Morel

MAGENTA

Magenta, la nouvelle vie de Fauve. Le groupe aurait pu s’appeler Bonne Nouvelle s’il avait élu domicile Boulevard Bonne Nouvelle. Mais non : il se fait appeler Magenta
parce que les quatre garçons qui le composent avaient aménagé une chambre en home studio Boulevard Magenta. Il n’empêche que l’arrivée sur scène de ce groupe est une très bonne nouvelle. À l’époque, le groupe ne s’appelait pas (encore) Magenta mais Fauve et c’est d’ailleurs sous ce nom que le groupe est passé au Festival du Chant de Marin en 2013. Pour les quatre garçons, la « période » Fauve s’est soldée par un succès énorme, des concerts par dizaine, en France et à l’étranger, deux albums studio en 2014 et 2015, un album live en 2016, un style cru, sans fard, la rage, la sincérité, le monde et les sentiments tels qu’ils se vivent pour toute une jeune génération. Le dernier concert de Fauve a lieu le 26 septembre 2015 au Bataclan. Voilà donc Magenta, projet né dans la foulée avec pour ambition d’arpenter les terrains de l’électro, les quatre garçons s’étant largement baignés dans la French Touch. Les paroles sont venues petit à petit et les premiers clips sont sortis début 2020. Leur premier album Monogramme est sorti le 9 avril chez Because. Ils seront en tournée dès l’été 2021 dans toute la France! Et à Paimpol !

Samedi 14 août – 22h15 – Quai Neuf

chant du marin
Magenta

BAGAD BOULVRIAG

Le Bagad Bourbriac (Boulvriag en breton) est un bagad de la ville de Bourbriac, créé en 1953 par plusieurs sonneurs dont Étienne Rivoallan et Georges Cadoudal. Il marque le début de l’histoire du mouvement des bagadoù par son style issu du terroir
traditionnel. Le bagad se dissout à la fin des années 1960. Un nouveau bagad naît en 1995. Le Bagad Boulvriag participe au Championnat des Bagadoù dès 1997 et atteint la troisième catégorie en 2005, la deuxième catégorie en 2015 et la première – l’élite des bagadoù – en 2018.

chant du marin
Bagad Boulvriag

FANFAR’Ô PRUNEAUX

A mi-chemin entre Dalida, Jimi Hendrix, Lully et le bagad de Lann-Bihoué, la Fanfar’
ô Pruneaux, fanfare de rue de la région de Paimpol, fait sonner tubas et résonner trompettes de façon parfois surprenante, souvent tonitruante, infiniment dépaysante mais toujours énergisante, sur des rythmes endiablés assurés par une cyclobatterie n’hésitant pas à rouler à tombeau ouvert, afin de clamer toujours haut et fort la devise du groupe : «La fanfare ou la mort !»

chant du marin

Samedi 14 août – Quai Neuf

PAIMPOL REMET LE SON
SAMEDI 14 AOÛT 2021
QUAI NEUF – PAIMPOL
TARIF* : 15 €

*Gratuit pour les enfants jusqu’à 6 ans

BÉCHEREL. UNE NUIT DU LIVRE 2021 ÉVEILLÉE SAMEDI 7 AOÛT

La 26e Nuit du livre de Bécherel aura lieu le samedi 7 août 2021 de 10h à 23h. Il s’agira bien de tous rester éveillés pour cette Nuit du livre qui débutera le jour ! Une belle énergie collective se mobilise à Bécherel pour proposer une Nuit du livre déconfinée et joyeuse sous le signe de la chouette de Minerve et de l’espoir…

nuit livre becherel
La Nuit du livre a lieu Bécherel samedi 7 août 2021

La Nuit du livre, rendez-vous estival, festif et tout public, a lieu traditionnellement tous les ans le deuxième samedi du mois d’août. En cette année particulière, la programmation s’est déconfinée afin de profiter de ce moment qui veut rester joyeux dans ce village de Bécherel au double label – Petite cité de caractère et Cité du livre.

Marché aux livres anciens et d’occasion, spectacles en format court, lectures sur la place, contes dans le centre ancien, exposition à ciel ouvert, observation du ciel, jazz ambiance guinguette… Autant de propositions en extérieur pour profiter des ruelles, placettes et jardins et se laisser surprendre.

En intérieur… Sérigraphie, reliure, calligraphie, papier d’art : la part belle est donnée au livre en tant qu’objet à la Maison du livre ou dans les ateliers et librairies. L’après-midi, une visite guidée sera proposée.

Toute la journée, les libraires et artisans d’art vous accueillent dans le centre ancien. Envie de chiner ? Le marché aux livres s’installe pour laisser à chacun le temps de trouver sa pépite dans une ambiance matinale ou nocturne. On y trouvera également de quoi se restaurer sur le pouce ou en prenant son temps.

Au programme :

Des ateliers

14h30 : calligraphie avec Michèle Cornec (1h) – Plume et Or, centre ancien

16h : reliure (démonstration) avec Stéphanie Thomas (1h) – Livre en scène, centre ancien

17h : rencontre avec Alice Bossut et Marco Chamorro des éditions Comoyoko suivi d’un atelier à partir de tampons – Murmures, centre ancien

Des spectacles et animations de rue

15h : L’Aveugle à la voix d’or, conte en musique avec le duo Kalmedaz (50 min) – Maison du livre

17h : Lecture théâtralisée du Chêne parlant de Georges Sand, par la Cie Calliope (50 min) – Maison du livre

20h15 : L’écume rouge au bord de l’herbe, déambulation poétique et dansée dans les jardins avec la Cie A vue de nez (1h) – centre ancien

22h30 : Lecture du ciel et des étoiles à la nuit noire – centre ancien

nuit livre becherel

Des expositions

à la Maison du livre, dans les rues de Bécherel, au café-librairie Ulysse à l’ouest et à l’atelier La Porte à côté.

Mais aussi

Des impromptus dansés au détour des ruelles, devant une vitrine ou sur un banc – Cie Ambitus

Un crieur de rue qui livre des bulles de poésie – Fabien Moretti

Un entresort poético-musical pour vous glisser des poèmes au creux de l’oreille – Cie des 3 valoches

Des intermèdes musicaux à l’orgue de barbarie et au violon – Manivel Swing et Cyrille Fouquer

Tous les ateliers et animations sont gratuits, sur inscription

Pour l’accessibilité des lieux ou animations, merci de vous renseigner au 02 99 66 65 65 ou maisondulivre@rennesmetropole.fr

nuit livre becherel

EXPO PHOTO À RENNES. LE VILLAGE DE MADELEINE DE SINÉTY AUX CHAMPS LIBRES

0

Photographe autodidacte, Madeleine de Sinéty (1934-2011) découvre par hasard durant l’été 1972 le village de Poilley, situé au nord de l’Ille-et-Vilaine. Les Champs libres de Rennes lui consacre une exposition du 22 octobre 2021 au 22 mars 2022.

Madeleine de Sinéty

Tombée sous le charme de Poilley, Madeleine de Sinéty décide de s’y installer et d’y vivre de 1972 à 1981. Elle y reviendra par la suite à plusieurs reprises, se liant d’amitié avec plusieurs familles, qu’elle photographie inlassablement au travail et dans leur vie quotidienne.

33 280 diapositives couleur, 23 076 négatifs noir et blanc : c’est par cette liste que pourrait commencer l’une des centaines de pages du journal intime tenu par Madeleine de Sinéty. La qualité de sa relation aux êtres photographiés, le théâtre de leurs gestes, l’intimité, la richesse et la diversité des rencontres effectuées à Poilley, petit village à 60 kilomètres au nord de Rennes, débordent de toutes parts de l’énorme accumulation d’images.

Fruit d’un travail d’observation intense et d’une relation intime avec les habitants, l’archive photographique qu’elle a constituée de ce lieu, de ces personnes, de ces temps, est unique. Avec tendresse et humanité, elle nous fait partager les couleurs d’une France rurale disparue, d’un village, d’une communauté soudée par ses rituels et ses fêtes, d’un microcosme en pleine mutation à l’orée de la modernité. 

L’exposition valorise une double lecture du travail de Madeleine de Sinéty, avec une mise en lumière de l’approche ethnographique singulière en contrepoint d’un regard esthétique.

Madeleine Sinéty

Le collectif radiophonique Radio-activité a ainsi réalisé pour le Musée de Bretagne une collecte de témoignages des habitants photographiés par Madeleine de Sinéty, en écho aux histoires et aux souvenirs qui se dégagent des clichés.

Un film inédit de Sandra Wis revient également sur l’oeuvre et la vie de Madeleine de Sinéty pour éclairer le lien tissé entre la photographe et son sujet.

À mi-chemin entre l’art et le documentaire, le reportage et l’archive, Madeleine Sinéty nous livre un récit subjectif et personnel sur une époque de transformation majeure du monde rural.

L’exposition Madeleine de Sinéty, un village est produite en partenariat avec le centre d’art GwinZegal de Guingamp et le musée Nicéphore Niepce de Chalons-sur-Saône.

Exposition Village, Madeleine de Sinéty, Musée de Bretagne Champs libres Rennes, du 22 octobre au 22 mars 2022, tarif : 4€

madeleine de sinety

RENNES. LE FESTIN ITINÉRANT DU FOOD MOOD TOUR

Depuis le 1er juillet 2021, un concept de découverte culinaire s’est installé à Rennes. Il s’agit du Food Mood Tour, créé en 2020 par une passionnée d’échanges et de « bonne bouffe ». Accompagnée de plusieurs guides, d’abord autour de Limoges puis de Biarritz, elle pose aujourd’hui ses bagages, et surtout ses assiettes, à Rennes pour faire découvrir des cartes uniques de restaurants dans la capitale bretonne.

Préparez vos pieds et vos estomacs : le Food mood tour arrive à Rennes. Le food tour, déjà existant Outre-Atlantique, c’est une promenade culinaire de plusieurs heures à la découverte d’une ville et de ses restaurants triés sur le volet.

Lyly Keomany, à l’initiative du projet, a importé ce concept dans un domaine qui l’a toujours passionnée : la gastronomie, française et internationale. Fin 2019, l’expérience d’un food tour à New York la décide à se lancer dans l’aventure.

L’idée, c’est de sortir des sentiers battus gastronomiques et de s’aventurer dans des endroits plus insolites. Sélim Ennjimi, le guide qui accompagne les gourmets à Rennes et à Limoges est également cofondateur du webzine, L’homme en bleu, consacré aux sorties limougeaudes et a donc déjà une solide expérience pour dénicher les bonnes adresses. Il s’occupera des Food Tour rennais avec Mathilde qui a récemment rejoint l’aventure. Quatre autres guides balisent déjà le terrain à Limoges et Biarritz.

food mood tour

Pour leurs escapades gastronomiques, l’équipe sélectionne avec soin des restaurateurs indépendants, qui cuisinent avec des produits locaux, et bien entendu qui apprécient ce concept et sont prêts à s’y adapter.

Après Limoges et Biarritz, le choix de Rennes fut assez naturel pour plusieurs raisons : une vaste offre de restaurants doublée d’une richesse culturelle et un état d’esprit ouvert et accueillant.

food mood tour
Les quatre curieux du jeudi midi avec Sélim, à gauche, le guide restaurateur du Food Mood Tour.

« Nous avons été agréablement surpris par les réponses positives des restaurants rennais vis-à-vis de notre démarche. A peu près 95% de gérants ont répondu présents à notre appel. »

Sélim Enjjimi
la rozell rennes
La Rozell 14 rue de Penhoët

Lyly Keomany et Sélim Enjjimi ont mis six mois pour se préparer et s’imprégner des lieux de la capitale bretonne. Pour autant, le Food Mood Tour cherche davantage à mettre en avant les spécificités des restaurants que les traditions locales de la ville et de la région. Cela leur est bien sûr arrivé de travailler avec des enseignes spécialisées dans les repas bretons, comme avec La Rozell qui propose une restauration typique bretonne.

le gout des autres resto rennes
Illustration Food Mood Tour : Le goût des autres 34 rue Vasselot.

L’originalité de l’initiative rennaise, c’est de proposer une découverte par petites touches de restaurants de qualité, l’envers de la médaille pourrait être pour certains une durée sur place de 20 minutes seulement afin de poursuivre son chemin et de découvrir une entrée, un plat, deux desserts et terminer par le café. Les restaurants choisis n’ont rien à voir avec ceux proposés dans les Food Tours « du gras » déjà proposés dans d’autres villes, tel le No Diet Club, qui affichent clairement la couleur : au diable l’esthétique et la diététique, vive le diabète, le cholestérol et les calories …

Pour trouver les restaurants, les guides n’ont pas chômé. En plus d’une veille constante sur Internet, l’équipe prend également en compte le retour d’amis, de bons « foodies », comprenez par là amoureux des plaisirs de la table, ou par le bouche-à-oreille. « On se déplace, on goûte, sans forcément se déclarer du Food Mood Tour. Puis on va voir les propriétaires. Après, on fait des « crash tests », comme ceux avec des influenceurs de Rennes avant l’ouverture officielle », précise Sélim. Les inscriptions sont clôturées 48h avant le rendez-vous pour laisser le temps aux cuisiniers de préparer les plats. « On s’engage à aller au moins une fois par mois dans les restaurants. Nous nous mettons d’accord sur les heures d’arrivée, sur les plats, avec des demi-portions ou des portions divisées par trois. C’est du sur-mesure à chaque fois », se réjouit Sélim.

food mood tour
L’occasion d’une petite promenade dans la vieille ville avant de rejoindre un autre restaurant…

On peut participer au Food tour du jeudi au samedi, avec un planning du midi et un du soir, à chaque fois dans des lieux différents. « On sélectionne cinq ou six étapes pour des balades de trois heures. On change les parcours toutes les semaines », précise Sélim. Avec presque quarante partenaires rennais, les déjeuners et dîners ont de quoi être variés. Cette ambition s’explique par la volonté que « tout le monde soit gagnant et de créer une pluralité des parcours et des saveurs », selon notre guide. L’autre parti pris, c’est la surprise : « On prend le parti de ne pas trop communiquer les menus avant les parcours. On veut laisser place à la découverte à 100%. On ne veut pas que les gens aient des a-priori sur les lieux, d’où un plus grand lâcher prise. »

Parmi les partenaires – et ce ne sont pas des indices pour ceux qui veulent à tout prix savoir où ils vont manger, l’Algorythme, le restaurant asiatique Le Général Tao, Le restaurant des copains tenu par Pierre Ciampi, candidat de la saison 6 de Top chef, la Mirlietantouille, le café 7 grammes, le restaurant thaïlandais Chawp shop… « Pour nous, le plus important est que ce soit artisanal et à taille humaine. On s’intéresse aussi à l’histoire des restaurants. On retrouve un côté proximité qu’on n’a pas forcément quand on vient tout seul », affirme Sélim, fier du concept du Food Mood tour et de partager son expérience singulière.

« En moyenne, nous marchons deux kilomètres. Nous essayons de nous adapter au public à mobilité réduite, avec un rythme moins soutenu par exemple. » L’idée est que chacun y trouve son compte, d’où une offre spéciale pour les professionnels. Pour les demandes spécifiques, « nous demandons de nous contacter par mail et en général cela se fait sans problème ». L’adaptation est un des maîtres-mots du Food Mood Tour, les guides cherchant avant tout à satisfaire les foodies et à leur faire découvrir la ville autrement.

food mood tour

INFOS PRATIQUES

Food Mood Tour les jeudi, vendredi et samedi.

Le midi entre 11h30 et 14h30 et le soir entre 18h30 et 21h30.

Tarifs à partir de 45 euros pour une sortie gourmande de 3 heures. Nourriture et boissons comprises.

Vous pouvez réserver sur le site.

Page Facebook du Food Mood Tour

Instagram

IL Y A 70 ANS JULIEN GRACQ REFUSAIT LE GONCOURT : UN CAS UNIQUE DANS L’HISTOIRE LITTÉRAIRE FRANCAISE

On sait la distance que Julien Gracq entretenait avec le milieu éditorial et les jurys des traditionnels prix littéraires de l’automne. Il l’avait écrit dans son pamphlet La littérature à l’estomac publié dans la revue Empédocle puis chez José Corti, son éditeur de toujours, repris un peu plus tard par les éditions Jean-Jacques Pauvert. Et c’est très logiquement que Gracq refusera l’honneur d’être lauréat du prix Goncourt en décembre 1951.

Julien GRACQ

Une première qui restera probablement un cas unique. Gracq l’écrira clairement avec une cruelle ironie : « Puisque j’en suis aux prix littéraires, et avec l’extrême méfiance que l’on doit mettre à solliciter son intervention dans les lieux publics, je me permets de signaler à la police, qui réprime en principe les attentats à la pudeur, qu’il est de mettre un terme au spectacle glaçant d’écrivains dressés de naissance sur leur train de derrière, et que des sadiques appâtent aujourd’hui au coin des rues avec n’importe quoi : une bouteille de vin, un camembert, comme ces bambins piaillants qu’on faisait jadis plonger dans le bassin de Saint-Nazaire en y jetant une pièce de vingt sous enveloppée dans un bout de papier journal. »

Cible d’entre les cibles visées par Gracq : l’académie Goncourt. Et il est vrai qu’à la sortie de la guerre cette assemblée pouvait prêter le flanc à la critique, pas seulement pour des raisons de « morale littéraire » comme le faisait Gracq. D’aucuns l’accusaient, en effet, de s’être accommodée de l’Occupation, l’attribution du prix n’ayant été interrompue qu’une seule année, en 1940, à la différence des prix Femina et Interallié volontairement suspendus pendant les années noires. Au moment où le gouvernement de Vichy prônait le retour à la terre et aux « valeurs ancestrales », par quel trouble dessein les jurés du Goncourt, comptant en leurs rangs depuis 1939 le sulfureux Sacha Guitry, avaient-ils tenu à honorer en 1941 Henri Pourrat, auteur de Vent de mars et apôtre de l’Auvergne éternelle ? Pour ajouter aux reproches de complicité qui leur étaient faits, les jurés du Goncourt étaient aussi soupçonnés de connivence avec certains éditeurs, Gallimard en premier lieu qui avait remporté quatorze fois le prix, de 1919 à 1950, et comptait alors quatre auteurs « maison » parmi les académiciens.

Julien Gracq
Julien Gracq, prix Goncourt, 1951 • Crédits : ECLAIR MONDIAL – Sipa

Ce que Gracq énoncera avec clarté et dénoncera avec virulence ne sera pas bien reçu par les membres du Goncourt, à l’évidence, et la rumeur parisienne laissera vite entendre que les jurés pourraient bien jeter leur dévolu précisément sur le nouveau roman de ce jeune auteur ligérien et professeur d’histoire-géographie du lycée parisien Claude-Bernard. Dans Le Figaro littéraire du 28 novembre, Gracq, méfiant et déterminé, reviendra à la charge :

« Non seulement je ne suis pas, et je n’ai jamais été, candidat, mais, puisqu’il paraît que l’on n’est pas candidat au prix Goncourt, disons pour mieux me faire entendre que je suis, et aussi résolument que possible, non-candidat.»


Face à cette inédite « bataille », le jury publiera un communiqué dans lequel il précisera « qu’il n’y a pas de candidature au prix. Il n’y a pas non plus de non-candidature. Nous couronnerons selon les prescriptions du testament d’Edmond de Goncourt et sans autre considération. »

Et Gracq d’insister. Dans un entretien paru dans Les Nouvelles littéraires, l’écrivain sera catégorique :

« Si on me donnait le prix Goncourt, je ne pourrais faire autrement que de refuser. »

Julien GRACQ


Le 3 décembre, Le Rivage des Syrtes recevra le prix au premier tour de scrutin avec six voix contre trois, celles de Gérard Bauër, André Billy, Colette, Philippe Hériat, Pierre Mac Orlan et Raymond Queneau. Dans le clan adverse, celles d’Alexandre Arnoux, Francis Carco et Roland Dorgelès.

Bref, l’auteur aura mis autant d’énergie à refuser tout prix littéraire que les Goncourt d’entêtement à le distinguer ! Colette, Présidente du jury, absente le jour de l’annonce du prix, l’aura dit néanmoins sans détours la veille encore: « Je m’obstine à voter pour Gracq ! » Pierre Mac Orlan commentera plus banalement le verdict : « Le livre nous a plu ». Raymond Queneau, toujours malicieux et plein d’humour, annoncera à sa façon la nouvelle aux journalistes réunis au restaurant Drouant : « Le prix est décerné au « Ravage de Sartre », par Julien Green !…Oh, pardon ! Au « Rivage des Syrtes », de Julien Gracq ! » Un humour qui aura bien manqué, pour une fois, aux rédacteurs du Canard enchaîné que le livre a laissé indifférents, ne leur inspirant qu’une caricature sans intérêt et pauvrement légendée : « Tel est pris qui croyait prendre : les Goncourt à la poursuite de Julien Dracq [sic] ».

Notre « lauréat », devant la presse réunie au café Voltaire, place de l’Odéon, prendra acte de la décision des jurés et avouera être impressionné par « une détermination si ferme. » Il concèdera même qu’« il y a certains suffrages qu’aucun écrivain n’a le droit de refuser sans une impardonnable grossièreté. Cela dit, je ne puis faire autrement que refuser le prix qui m’est décerné. » Les jurés répliqueront à leur tour : « L’académie Goncourt n’a tenu aucun compte de ce qui a été dit ou écrit avant l’attribution du prix ; elle ne tiendra aucun compte de ce qui sera dit après. Nous ne votons pas pour un homme, mais pour un livre. On n’a rien à nous demander de plus

Les journalistes trouveront dans cet épisode littéraire inédit matière à commenter le caractère intraitable, voire hautain, d’un auteur fidèle à ses principes. Circonstance « aggravante », Gracq avait aussi affirmé son dédain pour les livres de format réduit et bon marché à un moment – l’immédiat après-guerre – où l’histoire de l’édition française était en train de connaître une vraie révolution : la création du Livre de poche. Un livre se mérite et n’est pas un produit de consommation, assénera en effet Julien Gracq. José Corti, son fidèle éditeur, partagera la même conviction.

Mauriac, enflammé par ce « bras de fer » éditorial et littéraire, accordera aux Goncourt, ces « pénitents de la place Gaillon » – ainsi les nommera-t-il dans un article du Figaro du 11 décembre 1951 -, le mérite qu’auraient eu les Jésuites s’ils avaient couronné Pascal après Les Provinciales. Le grand écrivain bordelais dira toute son admiration pour le jeune romancier: « Le style [de Gracq] m’éblouit. »

En 1962, le condisciple de Julien Gracq à l’ENS de la rue d’Ulm, Georges Pompidou, lui écrira : « Tu sais mon amitié pour toi, mon estime pour ton grand talent. Accepterais-tu que je profite de mon passage à Matignon pour te donner la Légion d’honneur ? Je sais ce que tu penses des honneurs. Mais ce serait, dans ce cas, la marque d’une amitié » Le refus de l’écrivain, imperturbablement hostile à toute distinction officielle, sera net et sans appel, là aussi. L’éditeur Gaston Gallimard ne cachera pas non plus son désir de le voir rejoindre sa maison d’édition et, en 1945, lui écrira : « Depuis que j’ai lu votre premier livre, je souhaiterais devenir votre éditeur. » Sourd à cette ultime demande, Julien Gracq restera toute sa vie chez son éditeur d’origine, José Corti. Et se réfugiera dans un silence médiatique définitif.

Le premier tirage du Rivage des Syrtes, paru en septembre – moment de l’année bien mal choisi quand on veut échapper aux prix littéraires ! – fut de 7000 exemplaires. Immédiatement après le Goncourt, il grimpa à 127000 exemplaires.
Le 7 décembre dans la revue Arts, Gracq admettra son impuissance de « lauréat malgré lui », dénoncera un « abus de pouvoir », et redira avec force qu’un écrivain, après tout, « a le droit de choisir sa voie vers le public. »

Soixante-dix ans plus tard, Le Rivage des Syrtes reste le livre le plus connu et le plus lu de Gracq. Le public a sans doute largement oublié le « feuilleton » journalistique et le « buzz » de l’époque pour ne retenir que la beauté singulière du style de l’écrivain, premier auteur à avoir été publié de son vivant dans l’illustre Bibliothèque de la Pléiade.


Le Rivage des Syrtes, de Julien Gracq, José Corti, éditeur, 1951, 328 pages, ISBN : 2-7143-0359-5, coll. Domaine français, 21 €.


Julien Gracq, Œuvres complètes I, II, coffret de deux volumes, réunissant des réimpressions récentes des premières éditions (1989, 1995), Édition de Bernhild Boie, juin 2010, Bibliothèque de la Pléiade, 3312 pages, ISBN : 9782070130382, 149.00 €.


Les manuscrits de Gracq sont à présent conservés dans les collections de la BNF : https://www.bnf.fr/sites/default/files/2018-11/chroniques46_gracq.pdf

Julien GRACQ

À lire : Julien Gracq, Prix Goncourt 1951 – Histoire d’un refus de Roger Aim,
Éditions La Simarre, 2020, 76 p., ISBN 978-2-36536-1200, prix:13 euros.

RENNES TRANSAT EN VILLE 2021. LES BALADES SONORES D’ARS NOMADIS

Dans le cadre de Transat en ville et de la soirée du 48e parallèle nord, dans le quartier des Plages de Baud-Chardonnet, le collectif de création sonore Ars Nomadis propose des balades thématisées, mardi 20 juillet. Ce cercle fictif relie tous les points d’une même latitude, à savoir ici des villes d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord. Le collectif invitera donc les promeneurs au voyage et à la rêverie dans le cadre de cette soirée à la forte dimension mobile.

Ce mardi 20 juillet, le festival Transat en ville propose une carte blanche autour du voyage et de l’itinérance. L’association Ars Nomadis, qui développe des projets artistiques depuis 2016, invite les curieux à se promener dans le quartier de Baud-Chardonnet. La thématique de la mobilité semblait toute trouvée pour ce collectif de création sonore composé d’une équipe hétéroclite de professionnels de l’image et du son. Cinq personnes s’adonnent à ces réalisations : un compositeur Alexandre Rubin, une réalisatrice sonore Laure Chatrefou, un ingénieur du son et créateur sonore Antoine Pinçon, une coordinatrice et productrice Anne Lalaire, ainsi qu’Antoine Beaufort directeur artistique et auteur avec qui nous avons échangé. La particularité d’Ars Nomadis est de façonner des créations en immersion, et de travailler essentiellement dans l’espace public.

À l’initiative du projet, le festival Transat en ville bien sûr, ainsi que l’association Comptoir du doc, spécialisée dans le domaine cinématographique. Ce collectif de passionnés a proposé à Ars nomadis de participer à une soirée sur le thème du voyage et de l’itinérance, tout au long du 48è parallèle qui passe au sud de Rennes. « Notre association a tout de suite accepté, puisque nous-mêmes sommes axés sur la mobilité, et sur le parcours dans la ville », explique Antoine Beaufort.

La soirée s’ouvrira avec la balade sonore entre 19h et 21h. Les baroudeurs seront équipés d’écouteurs pour entrer de plain-pied et autrement dans le quartier de Baud-Chardonnet. À 21h, Sylvain Prunenec se produira dans le cadre de son projet « Danses métronomiques », repensant l’idée de rythme avec un accompagnement musical composé de deux métronomes dé-coordonnés. S’ensuivra une rencontre entre le danseur et le cinéaste Vincent Le Port à 22h. Et pour clôturer la soirée, à partir de 22h30, une projection de courts-métrages par Comptoir du Doc.

ars nomadis
©Franck Hamon

L’association développe ces projets artistiques depuis 2016. Antoine Beaufort souligne l’expertise longue dont disposent les responsables de l’association : « Cela fait cinq ans que nous créons des projets et que nous les écrivons pour l’espace public. » Il s’agit de parcours sonores, « avec une particularité : ce sont des créations in situ, en immersion dans un territoire. Nous exécutons ce travail à partir de la matière sonore que nous recueillons, des témoignages, des ambiances, des musiques… ». À chaque fois, donc, une imprégnation du lieu et une réalisation finale propre à la ligne directrice de l’association. Ces créations sonores ne sont pas seulement produites à partir de sons du quotidien (bruits de la nature, voix, etc.), mais aussi de manière mélodique. « Chaque production donne lieu à des créations musicales », précise Antoine Beaufort. « Nous utilisons souvent des instruments de musique classique et contemporaine. Nos créations se déroulent sur un temps assez long. » La lenteur du processus apparaît nécessaire pour organiser l’ensemble des productions et construire progressivement un véritable univers, singulier et pluriel.

Ar Nomadis s’est installée dans le quartier au début de l’année 2019. Elle a rapidement proposé à Territoires publics, société publique d’aménagement du quartier, de réaliser le projet à découvrir mardi. L’initiative des promenades sonores de Baud-chardonnet a été conçue cette année. Elle se divise en deux parties, deux facettes d’une même pièce, si l’on peut dire : « Sous les balcons la plage » et « Les Bas Sons de Baud« . À l’aide d’un casque, les marcheurs entendent une bande son en continu pendant toute la déambulation. Ils sont guidés par une voix qui les amène à entendre des histoires mêlant fiction et réalité, avec la ville pour décor. Ces « fictions sonores urbaines » apportent « deux points de vue très différents sur le quartier ». En effet, « Sous les Balcons la Plage » dévoile une vision poétique et onirique de ce site qui accueillait auparavant la principale plage de Rennes, tandis que « Les Bas Sons de Baud » est imprégnée par l’imaginaire plus inquiétant des sous-sols du quartier. 

ars nomadis
©Franck Hamon

La construction de ces fictions s’est faite en pleine coopération avec les habitants. Antoine Beaufort le met en valeur : « Ce quartier est en totale mutation, mais il a une histoire. Nous avons associé à notre réalisation des acteurs du quartier, avec plusieurs personnages comme Gros Ben de l’Elaboratoire, Christophe de la Mie Mobile… Le projet a aussi associé un groupe de quinze habitants qui a participé à l’ensemble du processus : ils ont avec nous défini le parcours, participé à l’écriture, interprété certains rôles. Au total, soixante intervenants sont intervenus dans ces deux créations : des professionnels et des amateurs, des musiciens et comédiens… ». La volonté de faire participer activement la population du lieu accompagne les membres de l’association, désireux d’ancrer leurs créations et d’associer des « spécialistes locaux ». L’inauguration finale le 12 juin a permis de constater l’importance d’une démarche collective.

« Avec ces deux parcours, les deux points de vue sont très différents sur le quartier. L’un, Sous les balcons la plage, est très lumineux et politique. L’autre, les Bas sons de Baud, porte une vision plus sombre, autour d’une enquête digne d’un polar. »

Antoine Beaufort.

« Sous les Balcons la Plage » se déroule sur un lieu autrefois important de Rennes, l’ancienne plage de Baud-Chardonnet sous l’Ancien régime, appelée à l’époque Le Gué-de-Baud. « Nous partons de cette histoire pour nous évader progressivement dans la rêverie et l’imaginaire. On croise différents personnages du quartier : une jeune femmes-sirène, un ancien gardien de phare, un couple d’amoureux… », explicite le directeur artistique. L’idée d’un espace liminal est central, avec toujours un travail à la limite entre fiction et réalité pour les deux histoires. « La crise sanitaire nous a aussi amené à réfléchir à cela : la réalité dépasse la fiction, c’est ce que beaucoup se sont dit quand tout cela est arrivé. Nous nous sommes ainsi beaucoup inspirés de l’histoire du quartier et de celles des habitants qu’on a interviewé. Nous nous sommes amusés de cette porosité entre fiction et réalité et nous avons joué à perdre l’auditeur. » En plus du récit, une chanson a aussi été écrite et composée pour cette promenade, et interprétée par sept habitantes, sous la direction du compositeur Alexandre Rubin. « Sous les Balcons la Plage » apparaît comme une expérience à vivre en famille, dans une découverte émerveillée du quartier.

ars nomadis

L’univers créé par Ars Nomadis apparaît pourtant en clair-obscur, avec une autre dimension plus sombre du quartier. « Les Bas sons de Baud est une enquête de style polar dans les mondes souterrains du quartier. Nous nous sommes inspirés du passé industriel et guerrier (la plaine de Baud fut bombardée en 1940) du quartier. L’histoire se révèle ainsi plus noire », soutient Antoine Beaufort. L’utilisation du géophone – une sonde utilisée par les géologues – a guidé cette enquête dans les mondes souterrains de Baud-Chardonnet. Planté dans différents endroits du quartier, le géophone parcourt la narration en quête d’un autre Rennes, plus noir, inquiétant et secret.

L’association mène de front plusieurs créations. Un autre projet au long cours mené en partenariat avec le Conservatoire de Rennes va aboutir en octobre prochain. « Les Chants du Blosne » s’intègre dans un projet de réaménagement de ce quartier du sud-est de Rennes, avec la création de portraits sonores d’habitants. Des portraits seront bientôt proposés à l’écoute le long d’un parcours composé de dix bornes pérennes, et dont la première borne sera inaugurée mardi 27 juillet. Il s’agira d’une « sorte de cabane dans laquelle on peut s’asseoir et écouter les portraits sonores », précise Antoine Beaufort. Une manière, tout comme avec les balades du 20 juillet, d’en appeler à une histoire collective, mais aussi singulière et de révéler, d’imaginer, un paysage caché, oublié.

INFOS PRATIQUES

Mardi 20 juillet de 19h à 21h sur les Plages de Baud.

Réservations obligatoires à l’adresse contact@arsnomadis.eu.

Plus d’informations sur le site du Comptoir du doc.

Sur le site d’Ars Nomadis

TDN 2021. GIONO REVISITÉ À BÉCHEREL PAR LE COLLECTIF 49 701

Trois ans après un premier galop réussi avec sa série théâtrale autour des Trois Mousquetaires de Dumas, le collectif 49 701, mené par Clara Hédouin, revient cette année au programme du festival des Tombées de la Nuit. Samedi 17 et dimanche 18 juillet, au théâtre municipal de Bécherel, il proposera une adaptation du roman de Jean Giono, Que ma joie demeure. Un premier « chantier » en spontanéité et en partage, en forme de privilège pour ce qui s’annonce comme un très beau moment de théâtre épique et hors les murs.

Qui aurait cru que la Provence et la Bretagne n’étaient finalement pas si éloignées ? Ce week-end, le petit village de Bécherel, à peine 700 âmes près de Rennes, se transformera en plateau de Grémone, dans la Provence chère à Jean Giono. C’est en effet son magistral roman-poème, Que ma joie demeure, qu’ont choisi d’adapter Clara Hédouin et Romain de Becdelièvre, du collectif 49 701, pour les Tombées de la Nuit. Le dernier chapitre d’une longue aventure.

que ma joie demeure giono

Du théâtre « hors-les-murs »

Tout commence il y a neuf ans. Tout juste sortie de l’école du Studio-Théâtre d’Asnières, Clara Hédouin voit déjà grand. Son projet : mettre en scène un classique de la littérature française, les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, sous la forme d’une série théâtrale en plusieurs volets. Elle sollicite alors ses camarades de promotion, et notamment son amie et bientôt complice à la mise en scène, Jade Herbulot, pour se lancer dans le projet. Ainsi naît une aventure au long cours qui verra sept acteurs rejoindre la troupe, ainsi que Romain de Becdelièvre, complice d’écriture des deux metteuses en scène.

Le collectif 49 701, en référence au code permettant d’ouvrir le Studio-Théâtre d’Asnières, est né. Sa démarche : créer, « à partir d’un récit et à partir d’une langue, un théâtre pour les habitants, c’est-à-dire pour tout le monde ». Pour cela, le collectif imagine des spectacles « hors-les-murs », ayant vocation à occuper non seulement des plateaux mais aussi des lieux publics : gradins, parvis, parkings, jardins, ruines… pour « les faire vivre et les percevoir autrement ».

La saga théâtrale des Trois Mousquetaires voit le jour après six années de travail. Mêlant les codes du théâtre, de la littérature et des séries télévisées, elle est jouée à Rennes en 2018 dans le cadre des Tombées de la Nuit (voir notre article), au collège-lycée Saint-Vincent ainsi qu’à l’Institut d’études politiques (IEP). Un clin d’œil au contexte politique et social de la ville à l’époque, avec les grèves d’étudiants, qui témoigne de la volonté du collectif de s’emparer de l’histoire et du contexte des lieux dans lequel il joue.

les trois mousquetaires tdn rennes 2018
Les Trois Mousquetaires

Une ode à la nature

Mais le chantier ne s’arrête pas là : le collectif souhaite poursuivre son expérimentation du théâtre « hors-les-murs » au-delà des espaces urbains. Et quoi de mieux pour célébrer le monde rural que le roman magistral de Jean Giono, Que ma joie demeure ? L’histoire de la rencontre entre les paysans du plateau de Grémone, dont la seule occupation est le travail pénible de la terre, et Bobi, un saltimbanque qui, par sa connaissance de la nature, va leur faire découvrir un plaisir qu’ils croyaient disparu, celui de vivre en harmonie avec celle-ci. Une ode à la nature, au rapport à la terre et au temps, une célébration du monde vivant, qui prend tout son sens à notre époque. « La langue du roman, l’importance des gestes, son personnel romanesque et l’espace du plateau, ses précisions et ses beautés descriptives nous ont provoqués, théâtralement », expliquent Clara Hédouin et Romain de Becdelièvre.

La metteuse en scène décide alors de se saisir de cette histoire de renaissance du bonheur et des sens, toujours en « jouant dehors et avec le dehors », en intégrant pleinement les paysages extérieurs. Et comme pour mieux souligner à quel point le message porté par Giono résonne aujourd’hui avec plus de force, la pièce sera croisée avec des témoignages d’agriculteurs, documentaires et sonores in situ, afin que le plateau accueille « des paroles venues d’ailleurs » et donne « voix aux bouleversements et aux lignes de force du monde rural, hier comme aujourd’hui ». Un spectacle qui s’adressera donc aux sens et à la sensibilité du spectateur, plongé dans la poésie descriptive de Giono. et qui fera souffler comme un air de Provence dans la campagne rennaise…

INFOS PRATIQUES :

Spectacle Que ma joie demeure, par le collectif 49 701, samedi 17 juillet 2021 et dimanche 18 juillet 2021 de 17h à 18h45. Gratuit. À partir de 12 ans. Réservation obligatoire par mail : reservation@lestombeesdelanuit.com (100 places). Rendez-vous au théâtre de Bécherel, 7 chemin de la Roncette, 35190 Bécherel. Port de chaussures de marche fortement recommandé.

En savoir plus sur le Collectif 49 701

Site des Tombées de la Nuit 2021

DIMITRI ROUCHON-BORIE : RITOURNELLE DE l’HORREUR

Faire d’un procès une oeuvre littéraire c’est le pari réussi de Dimitri Rouchon-Borie qui confirme le talent révélé avec Le Démon de la colline aux loups. Une des révélations littéraires de l’année.

DIMITRI ROUCHON BORIE

Ils sont trois. Ils sont odieux. Bêtes. Pervers. Irrécupérables. Insondables. Malades. Ils sont tout cela. Ou peut-être pas. Comment savoir quand on touche le tréfonds de l’âme humaine. On peut leur donner trois noms, pour tenter de les rendre moins irréels. Il y a Ka « formé comme au sortir du moule. Angles. Lignes. Angles ». Il y a Ron, monsieur Ron, « ventre rebondi » aux « globes oculaires qui tournent dans les orbites ». Et enfin Monsieur Petit parce qu’il n’est pas grand.

Ces trois là se retrouvent dans le prétoire d’une Cour d’Assises, devenu le temps d’un procès le théâtre des horreurs et des paumés. Avec leurs mots à eux, ils dévient la trajectoire des phrases, du vocabulaire pour tenter d’atténuer leur absence totale d’humanité. Ils ont fait à un homme, Vouté, ce qu’il est inconcevable de faire et l’ont torturé jusqu’à la mort. Pour sauver l’honneur de sa petite amie, pour quelques grammes de coke, pour rien.

DIMITRI ROUCHON BORIE

Dimitri Rouchon-Borie est dans la salle d’audiences. Il écoute, il écrit. C’est son métier puisqu’il est chroniqueur judiciaire au Télégramme. Il publie son compte-rendu étoffé en 2018 et l’intitule simplement « Au Tribunal » (Manufacture des Livres). Mais depuis le journaliste a osé quitter le réel pour la fiction et son roman, l’un des plus remarquables des derniers mois, Le Démon de la colline aux loups (Le Tripode), lui a ouvert un autre univers, celui de la littérature. Le grand pas franchi, il ose « larguer les amarres », il reprend son récit journalistique, le complète et cherche à traduire les faits en version personnelle. Il remplit de son écriture magnifique les vides laissés par les réponses laconiques des accusés à la Présidente du tribunal, pour se frayer un chemin au travers de l’horreur des faits.

Habitué par son métier à entendre les souffrances du quotidien, il raconte à sa manière, avec un style unique et tranchant, proche souvent du langage parlé, indissociable de la misère intellectuelle exprimée à la barre. Dans le premier roman, il avait utilisé les seuls points comme ponctuation. Cette fois-ci les dialogues occupent une place importante, tant leur sécheresse exprime l’absence d’empathie. On se remémore alors les textes quotidiens de Yannick Haenel pour le procès de Charlie de Janvier 2015. Même sidération, même incompréhension, même difficulté de juger.

Le lecteur hésite, perd ses certitudes et les mots de justice, égalité, compréhension, ont du mal à trouver leur signification. Le texte s’interrompt d’ailleurs de manière brutale: pas de jugement, pas d’interprétation. On est au-delà de l’humain, dans une zone noire rarement approchée. Dans Le Démon de la colline au loups, Rouchon-Borie, racontait à la première personne les souffrances enfantines de Duke, le narrateur.

Dans Ritournelle, pas de passé, ou si peu, la violence d‘un père est évoquée assez rapidement, et cette absence de causes à effets nous laisse sur le carreau. Au lecteur d’aller au fonds du puits chercher un peu de lumière. À lui de comprendre, à défaut d’excuser. Cette inhumanité que l’on traque dans les actes de génocide, de guerre, elle est ici ramenée à la banalité du quotidien. Dans un studio, pour palper du fric, pour palper une fille. Et le gouffre n’en est que plus grand. En deux ouvrages parus à quelques semaines d’intervalle, Dimitri Rouchon-Borie a commencé à tracer un sillon littéraire d’importance. On attend avec impatience la suite.

Ritournelle de Dimitri Rouchon-Borie. Éditions Le Tripode. 160 pages. Publié le 20 mai 2021. 15€.

L’illustration de couverture a été réalisée par Delphine Rivals.

DIMITRI ROUCHON BORIE

Dimitri Rouchon-Borie

Dimitri Rouchon-Borie est né en 1977 à Nantes. Il est journaliste spécialisé dans la chronique judiciaire et le fait divers. Il est l’auteur de Au tribunal, chroniques judiciaires (La Manufacture de livres, 2018). Le Démon de la Colline aux Loups est son premier roman.

ACCIDENTALLY WES ANDERSON : PHOTOS DE LIEUX INSOLITES

Parmi les films en compétition au festival de Cannes figure The French Dispatch réalisé par Wes Anderson. Après un premier essai passé inaperçu, ce réalisateur texan se fait connaître avec son second film, Rushmore en 1998. Son plus gros succès au box-office reste The Grand Budapest Hotel, présenté au festival de Berlin en 2014.

La patte artistique de Wes Anderson se reconnaît aisément. Le style visuel très particulier tire son originalité de plans symétriques, de décors très élaborés et d’une palette de couleurs bien identifiée. Le réalisateur s’entoure d’un casting toujours prestigieux et porte une attention particulière à la musique.

The grand Budapest Hotel a d’ailleurs reçu l’Oscar de la meilleure musique en 2015. Fan de cinéma et de voyages, Wally Koval crée en 2017 un compte Instagram, Accidentally Wes Anderson (AWA). Au début, son objectif est de recenser des lieux à visiter avec sa femme Amanda. Peu à peu, des milliers de fans ont participé à cette aventure en envoyant des photos de lieux ou de situations qui semblent tirées d’un film de Wes Anderson. Le compte Instagram compte aujourd’hui 1200 images prises sur tous les continents.

ACCIDENTALLY WES ANDERSON

Face à cet engouement spectaculaire, Wally Koval, assisté de sa femme, a eu la bonne idée de publier un livre regroupant 200 photos de lieux dignes des plus beaux décors de Wes Anderson. Et, première marque de succès, le réalisateur lui-même, qui n’avait jusqu’alors aucun lien avec le compte Instagram, en a rédigé la préface. Il avoue que ces photos sont pour lui des incitations à se rendre sur place, notamment dans cette curieuse cabane à pancakes, située dans le parc national de Krka en Croatie au milieu de monastères, église byzantine et catacombes romaines !

wes anderson cabane pancakes

Ce fabuleux album recense, par continents, des photos spectaculaires typiques de l’univers « wes-andersonien » avec une symétrie parfaite, un côté insolite et des effets pastels travaillés. Chaque photo est enrichie d’un texte associant caractéristiques, histoire du lieu et des personnes qui y sont associées. Cela est à la fois riche d’enseignements et divertissant grâce à de petites anecdotes. Pour vous en faire partager toute la saveur, j’ai choisi quelques planches significatives.

wes anderson
Photographie de Natalia Bolotskaya.

Voyez ce bateau appelé « pletna » en Slovénie. Il se dirige sur le lac de Bled, en direction du plus ancien château médiéval de Slovénie.

« La plupart des pletnas qui effectuent le voyage vers l’île s’amarrent en bas d’un escalier baroque du XVIIe siècle, dont les quatre-vingt-dix-neuf marches mènent à une église. Une tradition locale veut que, le jour du mariage, le mari porte sa femme jusqu’à l’église, en haut des marches, sans qu’elle ne dise un mot. S’ils y parviennent, ils font sonner la cloche, font un voeu, et la jeune mariée a alors le droit de crier. »

wes anderson
Photographie de Marta Rekas.

Partons en Suède à Gröna Lund, parc d’attractions sur l’île de Djurgården, à l’est de Stockholm. Lieu magique pour grands et petits où se sont aussi produits de grands artistes comme Tina Turner, Elton John ou Bob Marley.

« Juste en face se trouve un parking qui était autrefois le site d’un parc d’attractions concurrent. Les deux rivaux se sont livrés un combat acharné de 1924 à 1957, jusqu’à ce que l’amour mette fin à la querelle. Les enfants des propriétaires opposants se sont épris l’un de l’autre et ont fini par se marier, ce qui a inévitablement mené à l’union des deux parcs. »

GRAND OPERA HOUSE DELAWARE
Photographie Evan Lober.

Vous l’avez compris, cet album recèle d’innombrables trésors. Il ravira les fans du cinéaste mais se révélera aussi un original guide de voyage. Lors de vos vacances, peut-être aurez-vous l’occasion de trouver un nouveau lieu digne d’un décor de Wes Anderson. Il peut y en avoir à proximité de chez vous. Wally Koval se souvient avoir visité maintes fois le Grand Opera House dans le Delaware lors de sorties scolaires. Mais ce n’est qu’en s’intéressant à ce livre qu’il en a vu la magie et la poésie. Il suffit parfois de regarder les choses d’un autre oeil pour en voir toute la splendeur !

ACCIDENTALLY WES ANDERSON

Accidentally Wes Anderson de Wally Koval paru chez EPA Editions en version française le 7 Avril 2021, 368 pages, Prix : 29,95 euros, EAN : 9782376710745.

Compte Instagram Accidentally We Anderson

Wally Koval vit à Brooklyn et travaille dans l’événementiel. Sa femme Amanda travaille dans la restauration. Le livre Accidentally Wes Anderson paraît aux Etats-Unis en octobre 2020. Wes Anderson, réalisateur, scénariste et producteur américain, né à Houston au Texas en 1969. The Grand Budapest Hotel (2014) et Moon Kingdom (2012) ont reçu de nombreuses récompenses. The French Dispatch en compétition pour la Palme d’or à Cannes sortira en salle en France le 27 octobre 2021.

Photo de Une : Unsplash Engin Akyurt.

JEAN PUY/AMBROISE VOLLARD. UN FAUVE ET SON MARCHAND AU MUSÉE DE PONT-AVEN

0

Jusqu’au 2 janvier 2022, le musée de Pont-Aven rend hommage à Jean Puy, artiste français mal connu, associé aux fauves et dont les toiles ne sont pas sans rappeler celles d’artistes de renom comme Matisse, Derain ou encore Manguin. L’exposition Jean Puy/Ambroise Vollard, Un Fauve et son marchand s’attarde sur sa relation avec le célèbre marchand d’art Ambroise Vollard, de 1905 à 1925.

« L’expo maudite », comme le souligne avec humour Sophie Kervran, directrice et conservatrice du musée de Pont-Aven, voit enfin le jour.

Initialement prévue à l’été 2020, Jean Puy/Ambroise Vollard, Un fauve et son marchand a été ouverte, « seulement trois semaines », au musée Joseph Déchelette à Roanne avant de combler les murs désespérément vides du musée, fermé pendant 200 jours. Les couleurs harmonieux de Jean Puy s’évadent des tableaux pour une immersion totale dans l’univers de l’artiste.

jean puy vollard pont aven

À Morlaix, en 1995, le musée des Jacobins avait rendu justice à la production des œuvres de Jean Puy sur la Bretagne, « sa seconde patrie » comme aimait le souligner son frère et critique d’art Michel Puy, avec l’exposition Jean Puy, un fauve en Bretagne. Originaire de Roanne, son jeune frère avait succombé, comme nombre d’artistes de son époque, aux côtes armoricaines. Dès 1897, le peintre revint à plusieurs reprises dans la région – Pouldu, Concarneau ou encore Belle-Île-en-mer.

Plus récemment, la rétrospective Plénitude d’un Fauve. Jean Puy, 1876-1960 (2016) au musée du château des ducs de Wurtemberg (Montbéliard) revenait quant à elle sur l’ensemble de sa carrière artistique, malgré une connaissance encore imparfaite de son œuvre.

jean puy vollard pont aven
Jean Puy, Nu assis, 1902. Lyon, collection P. Steffan

À l’occasion du soixantième anniversaire de sa mort, le musée de Pont-Aven a décidé de saluer ce peintre injustement oublié, « qui n’a peut-être pas eu la place qu’il méritait au sein de l’histoire de l’art », déclare Sophie Kervan. Pour cette nouvelle étape dans la connaissance de son travail est mise en exergue la relation entre l’artiste et le marchand d’art « affable et visionnaire » Ambroise Vollard, entretenue entre 1905 à 1925. « Les archives Jean Puy/Vollard, conservées au musée d’Orsay et dans la famille, ont permis de suivre mois par mois les relations entre l’artiste et le marchand, grâce aux carnets dans lesquels Jean Puy notait les tableaux vendus à Vollard et à la correspondance épistolaire qu’ils entretenaient », précise Claude Allemand, conservatrice générale honoraire du patrimoine et co-commissaire de l’exposition. « Elle éclaire beaucoup sur la relation entre un artiste et son galeriste, qui relevait finalement de l’amitié. »

Mort tragiquement d’un accident de voiture en 1939, Vollard était perçu comme le marchand de tous les grands artistes au début du XXe siècle. « Il organisait par exemple la première exposition monographique de Cézanne en 1895. Matisse a exposé pour la première fois chez Vollard en 1904 », poursuit-elle.

Tableaux, dessins, céramiques, mais aussi illustrations pour le livre Ubu à la guerre (1923) et dessins non publiés comme ceux de Candide de Voltaire, l’exposition immerge le public dans la variété de la création artistique de Jean Puy, remarqué par le marchand d’art au salon d’automne de 1905. « Jean Puy exposait dans la salle 3, mais la salle 7, où exposaient Matisse, Derain, Vlaminck, Maguin, Marquet, Camoin et d’autres, a fait scandale. Au centre de l’exposition se trouvaient deux petites sculptures en marbre blanc », clarifie Claude Allemand. « Le critique Louis Vauxcelles dira d’ailleurs : « Au milieu de ses tableaux extrêmement colorés violents, Donatello parmi les fauves ». Dès lors, l’expression, en référence aux « excès colorés, destructuration des sujets, choquantes pour l’époque », resta et le mouvement prit le nom de fauvisme. « Jean Puy a été assimilé à ce groupe, à juste titre, mais également grâce à une publication dans le journal de L’Illustration. Travaillant déjà avec Matisse et Manguin, Flâneries sous les pins de Jean Puy à côté du fameux Portrait de femme de Matisse. »

jean puy pont aven
L’Illustration, 4 novembre 1905, numéro spécial consacré au Salon d’Automne

Le travail du Roannais n’échappa pas à l’œil expert et rusé de Vollard qui acheta la totalité de son atelier. Et, suite à un accord oral, il suivit l’artiste pendant une vingtaine d’années. « Vollard a permis à Jean Puy, et aux autres, d’être des artistes visibles sur la scène française et internationale. 200 artistes étaient présents dans sa galerie, dont une trentaine, dont Puy, qu’il a vraiment suivi. »

« Entre 1900 et 1910, sa pratique était plus postimpressionniste. Il était proche de Paul Signac, avec qui il entretenait des échanges à la fois techniques sur le néo-impressionnisme, mais aussi sur la navigation, une passion commune », raconte Éric Moinet, conservateur du patrimoine et co-commissaire. Au tournant du nouveau siècle, l’expérience fauve se développe. Les formes simplifiées aux couleurs vives et saturées imprègnent peu à peu les toiles du peintre.

  • jean puy
  • jean puy vollard pont aven
  • jean puy vollard pont aven
  • jean puy vollard pont aven
  • jean puy vollard pont aven

« À partir de 1910, l’expérience de la guerre va être une rupture dans sa carrière. Il en sort traumatisé et abandonne l’expérience fauve, se détachant progressivement de Matisse. » Jean Puy se révèle alors un grand illustrateur. Également éditeur et écrivain, Vollard reprend le personnage de l’Ubu, créé par son ami Alfred Jarry. Il confia les illustrations de Le Père Ubu à la guerre à Jean Puy, alors mobilisé sur le front depuis 1915. Des illustrations étonnantes sortent de l’imagination de l’artiste.

L’exposition Jean Puy/Ambroise Vollard n’est pas à appréhender comme une rétrospective, mais cette période concentrée de sa carrière n’en est pas moins riche et variée, et révélatrice de la totalité des aspects du travail de Jean Puy et du talent d’un marchand « qui a su conquérir le monde de l’art et des collectionneurs ».

jean puy vollard pont aven
Mur avec les illustrations de Ubu à la guerre, Jean Puy

Site Musée de Pont-Aven

musee pont aven
musee pont aven

DEHORS ! AVEC LA BIENNALE D’ART URBAIN TEENAGE KICKS

0

La cinquième édition de la biennale d’art urbain de Rennes, organisée par l’association Teenage Kicks, s’étalera cette année du 15 juillet 2021 au 9 janvier 2022 à Rennes et à Saint-Malo. Pour démarrer la biennale, l’équipe invite 10 artistes locaux, du 15 au 31 juillet, à intervenir dans l’espace public. Suivez le guide…

Du 15 au 31 juillet, pour démarrer la biennale, Teenage Kicks invite, dans le cadre d’Exporama, dix artistes locaux et internationaux à intervenir dans l’espace public. Lors d’une résidence de 10 à 15 jours, ils créeront sous nos yeux des œuvres de différentes formes, pérennes ou éphémères, dans le périmètre du quartier colombier. Ces créations seront accompagnées de balades commentées, à pied ou à vélo tout l’été et à la rentrée.

Dehors inaugure la 5e édition de la Biennale d’art urbain Teenage Kicks, qui se
poursuivra à la rentrée à Rennes et Saint-Malo. Une incitation à sortir de chez nous après ces durs mois de confinement ! Le festival nous fait lever les yeux et regarder la ville avec un œil nouveau, à travers le prisme de l’art urbain ! Dans le cadre d’Exporama, dix artistes locaux et étrangers sont invités à intervenir dans l’espace public. Lors d’une résidence de 10 à 15 jours, ils créeront sous nos yeux des œuvres de différentes formes, pérennes ou éphémères, dans le périmètre du quartier colombier.

teenage kicks

Après OX au Cinéville à Rennes (du 6 au 8 juillet) et Retro au square du Roi Arthur de Saint-Malo (les 11 et 12 juillet), Nelio (France) s’attaquera à une nouvelle façade du Cinéville, du 15 au 25 juillet.

Autodidacte et vagabond, Nelio est un artiste visuel pluridisciplinaire en perpétuelle recherche d’apprentissage et d’expérimentation. Ses travaux passent du conceptuel à l’expressionnisme, de la construction à la destruction. Fasciné à la fois par la puissance d’une œuvre minimaliste et par la profondeur d’une création dense et complexe, il aime explorer ces deux champs artistiques.

La Dalle du Colombier sera quant à elle entre les mains du Nantais The Blind, du 15 au 18 juillet 2021.

The Blind développe depuis plusieurs années un concept artistique novateur qu’est le graffiti pour aveugle. Né de l’envie de rendre visible et lisible le graffiti au plus grand nombre, son travail traduit une vision sociale de l’art, où voyant et non voyant ont mutuellement besoin l’un de l’autre pour pouvoir accéder à l’œuvre et la comprendre, répondant ensemble aux questionnements que soulève la vue de ce type de lettrage.

teenage kicks
The Blind

Retour au bâtiment du Cinéville qui, définitivement, se refait une beauté. Les graffs de l’Hambourgeois Flying Förtress s’étaleront sur la façade de l’entrée de l’ancien cinéma, colorant les murs grisonnants sans âme, du 21 au 26 juillet.

Depuis plus de 25 ans, le graffeur pose ses graffitis aux quatre coins du monde, faisant de lui une des figures de proue de la scène graffiti allemande. Il s’est fait connaître dans le monde entier grâce à ses designers toys et son célèbre Teddy Troop, personnage référence de l’univers toys.

teenage kicks
Vue avant intervention de Flying Förtress

L’École du Colombier sera confiée au Lyonnais Loraine Motti, du 21 au 28 juillet.

De l’illustration à la fresque murale, l’univers graphique de Loraine Motti s’est développé autour d’un style original mi-illustratif/mi-figuratif. De la région parisienne au Chili, où elle s’est installée durant de nombreuses années, elle a pu expérimenter un travail autant sur toile que de façon monumentale, en y déclinant un univers poétique et idéaliste.

teenage kicks
Loraine Motti

Du 26 au 31 juillet, la Capsule Galerie accueillera le projet Vu en ville de Mardi Noir (Rennes). Tel un Robin des Bois de l’image, Mardi Noir s’empare du logotype, le substitue à son propriétaire et le détourne en vue d’en créer une situation ludique. Il en fait ainsi un réel décor à vivre, au lieu de la pseudo esthétique publicitaire ou institutionnelle qui travaille les citoyens plus qu’elle n’embellit la ville.

teenage kicks

Vu en ville, c’est un écho aux offres promotionnelles qui marquent le début des soldes sur les vitrines et qui annonce cette période estivale si propice aux interventions dans la ville délaissée de ses habitants.

Vu en ville, c’est une compilation de courtes séquences et d’animations qui s’enchaînent comme une page de publicités.

Vu en ville, ce sont des interventions souvent réalisées en périphérie et recentralisée ici pour l’exposition.

Vu en ville, c’est une collection d’objets ramassés dans l’espace urbain tels des trophées présentés pour l’occasion.

Vu en ville, c’est aussi la transformation de la galerie en bureau d’étude— sorte d’atelier éphémère — mettant en scène les divers processus de création.

teenage kicks
Vue avant l’intervention du Collection Monoro

Et, du côté de Quimperlé, place des Colombes, nous aurons le plaisir de profiter de la performance artistique du Collectif Monoro, du 27 au 31 juillet prochain.

MONORO est un collectif graphique multidisciplinaire rassemblant trois jeunes artistes : Morgane Côme, Sophie Pertuisel et Gwenole Jaffredou. Leur intention ? Porter des initiatives inattendues. Leurs « armes de prédilection » ? Le motion design, la peinture en lettres, ou encore les illustrations avec un socle commun de graphisme et de typographie.

teenage kicks
MONORO

Pour découvrir l’intégralité du programme 2021

teenage kicks

UNE SÉLECTION DE LECTURES D’ÉTÉ

Dans ma valise, il y a mon bermuda, ma casquette et mes lunettes, mon maillot de bain et ma crème solaire, mes claquettes et mes baskets, un pull. Et surtout ne pas oublier un ou deux livres ! Oui mais lesquels ? Suivez le guide.

Vous aimez les belles histoires ancrées dans un lieu empreint d’histoire, nimbées de secrets de famille et de fraternité, voici deux grands romans américains que vous ne lâcherez pas.

FLEUVE DES ROIS TAYLOR BROWN

Deux frères partent en kayak sur l’Altamaha, Le fleuve des rois (Albin Michel, 12 mai 2021, traduit de l’américain par Laurent Boscq) pour y disperser les cendres de leur père. Un voyage qui leur permet de se retrouver, de faire toute la lumière sur le passé de leur père et sur sa brutale disparition et qui nous mène jusqu’au XVIe siècle quand les colons français envahirent les berges du fleuve. Taylor Brown signe un grand roman où se mêle histoire de famille et grande histoire dans un lieu sauvage d’une grande beauté.

CHRISTIAN KIEFER

Avec Fantômes (Albin Michel, 3 mars 2021, traduit de l’américain par Marina Boraso), Christian Kiefer s’intéresse à un pan caché de l’histoire américaine : l’internement de nippo-américains dans des camps après l’attaque de Pearl Harbor de 1941. Lorsque Ray Takahashi revient du front, sa famille et sa petite amie ne sont plus là pour l’accueillir. John Frazier, de retour du Vietnam en 1969 , tombe sur cette histoire par l’intermédiaire de sa tante, la mère de la petite amie de Ray. Christian Kiefer tisse un drame familial poignant et lumineux, qui interroge notre rapport intime à la mémoire et au passé.

NOMADLAND

Nomadland, film de Chloé Zhao est actuellement sur grand écran, mais c’est avant tout un roman de Jessica Bruder (en format poche, J’ai Lu, 25 novembre 2020, traduit de l’américain par Nathalie Peronny). L’auteur a suivi pendant trois ans des camping-caristes proche de la retraite devenus des migrants dans leur propre pays suite à la crise des subprimes. Des personnages attachants, libres et pleins de rêves, mais devenus la proie d’entreprises en quête de main d’oeuvre facile. Voici une saga familiale aussi addictive qu’une série.

claire lombardo

Claire Lombardo, jeune autrice américaine vous souhaite Tout le bonheur du monde (Rivages, 7 avril 2021, traduit de l’américain par Laetitia Devaux). Nous plongeons au coeur des secrets de la famille Sorenson. En partant du mariage de l’aînée des quatre filles de Marylin et David, l’auteur dévoile quarante ans de vie, depuis le début du couple jusqu’au présent de chacune des filles au caractère bien différent. Passé et présent se mêlent pour dresser des portraits complets de chaque personnage.

DES DIABLES ET DES SAINTS

Jean-Baptiste Andréa finit sa trilogie sur l’enfance avec Des diables et des saints (L’Iconoclaste, 14 janvier 2021), un roman particulièrement touchant. C’est l’histoire de Joe, un vieil homme qui joue du Beethoven sur les pianos publics. Orphelin à seize ans, il atterrit dans une institution des Pyrénées, Les Confins. Il lui faudra beaucoup de rêve et de poésie pour résister à la maltraitance et à l’ennui.

OVER THE RAINBOW

Constance Joly vient d’obtenir le Prix Orange du livre avec son roman autobiographique, Over the rainbow (Flammarion, 6 janvier 2021). L’auteure nous parle de son père, mort du sida en 1990. À la fois intime et universel, ce récit sensible est l’histoire de ce jeune professeur d’italien passionné, homosexuel qui ose assumer sa vie au grand jour. Avec beaucoup d’émotion, une fille parle de son amour pour son père et de l’importance d’être soi.

EDUARDO ANTONIO PARRA

Eduardo Antonio Parra vous emmène dans l’enfer mexicain avec El eden (Zulma, 13 mai 2021, traduit du mexicain par François-Michel Durazzo). Dans un bar de Monterrey, le narrateur, professeur de lettres croise son ancien élève, Dario. Tous deux noient leurs échecs dans l’alcool. Huit ans plus tôt, Dario et lui ont fui une ville au nord du Mexique soumise au racket et mises en scène macabres des narcotrafiquants. Dans les brumes d’alcool, ils se souviennent de cette nuit où tout a basculé. Un roman violent, labyrinthique dans un Mexique terrifiant de noirceur.

loup y es tu alidge

M.J. Arlidge reprend le titre d’une chanson enfantine pour camper un thriller implacable dans les sentiers de New Forest. Loup y-es-tu ? (Les Escales noires, 11 février 2021, traduit par Séverine Quelet) met la détective Helen Grace face à un nouveau cauchemar. Traqués par une présence sans visage, les victimes sont transpercées de flèches et pendues aux chênes de la forêt. Pourquoi des campeurs sans défense sont-ils pris pour cible ? Que signifient leurs assassinats ? Est-ce un psychopathe ? La forêt demande-t-elle des sacrifices ? Une enquête complexe et macabre.

Nine Gorman Marie Alhinho

Puisque ce sont les vacances, voici quelques titres pour les adolescents. Depuis que sa mère est en prison, Finn pense ne jamais pouvoir remonter la pente. Il se laisse sombrer et tente de s’oublier entre les bras des filles. Mais la vie prend parfois des tournants inattendus… Certaines rencontres éclairent sa route, comme des lumières dans la nuit. La nuit où les étoiles se sont éteintes (Albin Michel, 30 juin 2021) est le dernier roman de Nine Gorman et Marie Alhinho, conseillé à partir de 16 ans.

Jean-Philippe Arrou-Vignod et François Place, deux grandes plumes de la littérature jeunesse revisite le roman de cape et d’épée avec Olympe de Roquedor (Gallimard, 13 mai 2021). Conseillé à partir de douze ans, ce flamboyant roman d’aventure campe une héroïne énergique qui s’enfuit pour échapper à un mariage forcé. Traquée par ses ennemis, elle va tenter avec deux rebelles rencontrés sur son chemin de reconquérir le château de Roquedor.

Toute l’équipe vous souhaite un bel été !

LE TAUREAU PAR LES CORNES, UN RÉCIT DE VIE AUTHENTIQUE ET ÉDIFIANT

0

Comment surmonter la maladie d’une mère et la naissance d’un enfant handicapé ? Par le dessin, répond Morvandiau. Avec Le Taureau par les cornes, le dessinateur rennais livre un récit à la fois léger et poignant de ces deux évènements qui, à quelques mois d’intervalle, ont bousculé sa vie. Alors que la BD faisait partie de la sélection officielle du festival d’Angoulême 2021, qui aurait dû se tenir du 24 au 27 juin avant d’être emporté par la pandémie, retour sur cette bonne leçon de vie.

« EN QUELQUES MOIS, il me faut faire le deuil de la mère que j’avais connue et celui de l’enfant que j’avais attendu. »

Parfois, la vie donne l’impression de s’acharner sur vous. Ce n’est pas Morvandiau qui dira le contraire. En 2005, alors âgé de 31 ans, il a tout pour être heureux : marié et père de deux filles de cinq et deux ans, épanoui dans ses activités de dessinateur de presse et d’auteur de bande dessinée, lui et sa femme attendent un troisième enfant. Mais en juin, il apprend que sa mère souffre d’une maladie proche d’Alzheimer, une « démence fronto-temporale précoce ». Puis en septembre, le petit Émile naît. Mais il est diagnostiqué trisomique. Deux évènements qui vont bouleverser la famille.

le taureau par les cornes morvandiau

Cette histoire, Morvandiau décide de la raconter en bande dessinée. Rien de plus normal pour celui qui, depuis vingt-cinq ans, dessine et scénarise des ouvrages aux tonalités très différentes. « Ce qui me stimule est d’être dans un secteur créatif, pour ne pas s’ennuyer, renouveler, découvrir de nouvelles choses », abonde-t-il. Après dix années de maturation, pour « trouver la tonalité juste pour résonner chez le lecteur », Le Taureau par les cornes était né. Avec D’Algérie (Homecooking Books, 2007, réédité aux éditions Monte-en-l’Air en 2020), centré sur le père de Morvandiau, il forme comme un roman familial construit au fil de l’eau. « Ce n’était pas calculé, ni pour l’un ni pour l’autre », reconnaît l’auteur. « Je souhaitais aborder des thèmes qui me questionnaient : le rapport à la famille, l’héritage familial, ce qu’on en fait, ce qu’on garde, ce qu’on jette, ce qu’on transforme aussi. »

Le Taureau par les cornes, c’est donc une autobiographie, certes, mais ce n’est pas que cela. « L’écueil de l’autobiographie, c’est soit de tomber dans l’autocomplaisance, soit de livrer des détails qui n’intéressent pas grand-monde. Or, lorsque l’on écrit, on le fait pour soi mais aussi pour le lecteur », explique Morvandiau. À travers le parcours d’Émile, ce sont des questions plus universelles qui sont abordées : « ce dont on hérite, ce qu’on transmet, ce que l’arrivée d’un enfant même non handicapé peut bouleverser dans la vie d’un père ». L’objectif est « que cela résonne chez des personnes qui n’ont pas d’enfant handicapé, mais qui ont pu vivre des choses similaires pour des raisons différentes, car on a tous des parents, on a tous des bagages », explique Morvandiau.

« Ce petit gars n’est pas pareil… ça veut dire quoi exactement ? pourquoi tout ceci me bouscule au point de me foutre au sol ? »

Dans Le Taureau par les cornes, on saisit ce que représente la vie avec un enfant handicapé : les séances de kiné, d’orthophonie, les commentaires plus ou moins acerbes de l’entourage, les difficultés administratives. Mais aussi les progrès encourageants, les moments de joie partagés. On découvre le portrait de la mère du narrateur, femme paradoxale : issue d’un milieu fortement empreint de conservatisme catholique, dont elle conserve les traces, mais émancipée par sa fantaisie, qui s’exprime notamment dans les nombreuses expressions de langage qu’elle emploie, parfois idiomatiques, parfois inventées. Le tout avec légèreté et une pointe d’autodérision, sans jamais tomber dans le pathos ni dans un cours sur la trisomie. D’ailleurs, Morvandiau l’affirme, livrer des faits et des sentiments intimes n’a pas été douloureux : « Je ne suis pas un partisan du mythe de l’artiste torturé, je travaille pour me faire du bien. »

le taureau par les cornes morvandiau

Pour raconter son histoire, Morvandiau va puiser dans ses souvenirs d’enfance, multipliant les flash-backs et les clins d’œil à Rennes, cette ville où il est né, où il a toujours vécu et qu’il a vue se transformer avec le temps. Quitte à donner un côté déstructuré au récit, obligeant le lecteur à assembler les indices semés au fil des pages. Une écriture représentative de sa conception de la bande dessinée. « Lorsque j’écris, je m’adresse toujours à l’intelligence du lecteur : je cherche à le surprendre, à lui donner des clés, sans le décourager mais sans lui mâcher le travail », explique-t-il. « Le Taureau par les cornes est un livre que l’on peut lire une fois et redécouvrir la fois d’après. »

Justement, le titre joue sur différents niveaux de compréhension. « Prendre le taureau par les cornes », c’est affronter la difficulté, ne pas se décourager devant les obstacles : un résumé parfait de l’histoire de Morvandiau. Mais c’est aussi une référence à la mère de l’auteur, à son rapport aux expressions. « La BD est formidable en ce qu’elle permet de travailler de manière polysémique, en jouant sur le rapport du texte à l’image. L’image n’est pas qu’une simple illustration du texte », abonde-t-il.

« la trouille, une foutue vraie trouille, m’enrobe, invisible, génère et se repaît de mon incapacité à voir où et comment on va pouvoir aller. »

Parce qu’il raconte l’histoire d’une famille, Le Taureau par les cornes a impliqué ses membres à des degrés divers. D’abord en raison du travail prenant que son écriture a demandé. Mais aussi, et surtout, car « mes proches sont mes premiers lecteurs », explique Morvandiau. « Ma compagne Rozenn est une lectrice impitoyable, je lui soumettais mes dessins. Les proches sont souvent les critiques les plus féroces. » Toutefois, elle n’a pas souhaité apparaître dans la BD. Un choix qu’il a fallu gérer. « On a beaucoup échangé, pour savoir comment je pourrais faire avec ce choix, comment je pourrais l’expliquer au lecteur. » Pas de problème pour celui qui, amateur et compagnon de route de l’OuBaPo (Ouvroir de bande dessinée potentielle, équivalent en bande dessinée de l’Oulipo, mouvement littéraire jouant avec les contraintes artistiques volontaires), aime surmonter les obstacles.

« à la maison, le tangage potentiel est amoureux et familial, mais d’abord et surtout individuel : le choc, intime et violent, résonne avec les casseroles existentielles de chacun. »

Et Émile n’a pas été le moins impliqué, à sa façon. « Même s’il ne sait pas lire, j’ai beaucoup échangé avec lui. Il était très fier d’apparaître sur la couverture », se souvient Morvandiau. Bientôt âgé de seize ans, il est actuellement scolarisé dans un institut médico-éducatif (IME). Même si le jeune garçon « fait son petit bonhomme de chemin », son père reste lucide sur l’avenir : « Quand on est parent, le handicap pose des questions plus accrues liées à l’autonomie, à la façon d’envisager l’avenir. On est plus dans du court et du moyen terme : par exemple, Émile ne sait pas lire et on ne sait pas s’il en sera capable un jour. Il faut savoir profiter des progrès présents tout en se projetant sur l’avenir ».

le taureau par les cornes morvandiau

Le Taureau par les cornes de Morvandiau, éditions L’Association, 152 pages, 19€. Parution : 7 février 2020. Sélection officielle Angoulême 2021.

TÉRAÏ CAFÉ : UN COIN DE JUNGLE NÉPALAISE AU COEUR DE RENNES

Les amateurs de café et de plantes ont désormais leur adresse à Rennes. Ouvert par deux amis passionnés, Marine et Antoine, le Téraï Café propose un voyage à la fois gustatif et végétal à travers le monde, le tout dans une ambiance chaleureuse et conviviale. Découverte.

Au 30 rue Saint-Melaine, à Rennes, c’est un petit coin d’ailleurs qui a pris place depuis le 15 juin dernier. Son nom : le Téraï Café. Un nom qui, au premier abord, évoque des contrées inconnues et exotiques. D’ailleurs, on ne s’y trompe pas : dès que l’on pousse la porte, c’est comme si l’on mettait les pieds dans la jungle. Impossible de ne pas remarquer la présence de nombreuses plantes, qui colonisent l’espace jusqu’au plafond. On en oublierait presque que l’on est dans un coffee-shop en centre-ville si l’on n’était pas ramené sur terre par les effluves de café qui nous conduisent jusqu’au comptoir.

teraï café rennes

Derrière celui-ci, s’affairant pour servir les quelques clients présents en ce début d’après-midi : Antoine et Marine. Liés par une solide amitié depuis quinze ans, rien ne les prédestinait à se lancer dans une telle aventure : Bretons d’origine, ils ont quitté leur région natale pour travailler dans la capitale, lui comme chef de projet dans le secteur de la communication digitale, elle comme journaliste télé. Pourtant, très vite, il leur manque quelque chose. « On avait envie d’entreprendre, d’être notre propre patron », racontent-ils.

Le déclic vient lorsqu’Antoine effectue un voyage en Asie du Sud. Népal, Indonésie, Vietnam, Philippines… À Katmandou, capitale du Népal, il travaille dans un café, où il remarque « une cafetière qui [l’]attire ». L’idée fait son chemin. À son retour en France, il en parle à Marine, qui est séduite. « J’avais déjà cette envie de créer mon entreprise, alors quand Antoine m’a parlé de son idée, forcément, cela m’a intéressée. », dit-elle. Son domaine à elle, c’est plutôt la pâtisserie. « J’ai effectué un stage chez L’Enchanté (un salon de thé à quelques pas du Téraï Café) qui a conforté mes envies. »

teraï café rennes
Antoine et Marine

En janvier 2020, les deux amis font le grand saut. Le projet démarre sur les chapeaux de roues. « Cela avait bien commencé : on avait réalisé les études de marché, de la concurrence, et même commencé à visiter des locaux », se souvient Antoine. Mais patatras, la Covid-19 passe par là et casse la belle dynamique. Ce n’est jamais que partie remise. « Cela a ralenti les recherches, mais on n’a jamais lâché le projet », affirme Antoine. Les deux amis finissent par dénicher le local de la rue Saint-Melaine. Le bail est signé mi-avril 2021. Commence alors la phase cruciale des travaux. « On a pratiquement tout fait tous seuls : peinture, papier peint, plâtre, déco… Pour les gros travaux, on a fait appel à une amie », se souviennent-ils. Après un an et demi d’attente, le Téraï Café ouvre enfin ses portes le 15 juin.

Téraï, c’est le nom d’une plaine tropicale népalaise ; et café car, bien sûr, le produit phare de la maison est le café. Un nom qui résume parfaitement le concept. Le Téraï Café, en effet, ce n’est pas un coffee-shop comme il en existe des milliers en France : c’est un café végétalisé. Autrement dit, on y vient pour déguster un café de qualité venu d’ailleurs, accompagné par une délicieuse pâtisserie ou un plat salé, tout en étant entouré par des plantes disponibles à la vente. La raison d’un tel concept, explique Antoine : « À l’origine, le café est une plante. Et puis, on avait envie de reproduire un effet « jungle ». » Normal, quand on a voyagé dans les forêts tropicales asiatiques. Aloe vera, bananier, avocatier… Des plantes de tous horizons et pour tous les goûts, avec pour certaines des vertus dépolluantes.

teraï café rennes

Au Téraï Café, on propose des cafés de spécialité, de saison et issus de l’agriculture biologique, notés entre 80 et 100 par la Specialty Coffee Association (SCA) selon des critères bien définis : traçabilité, variation… « Je sélectionne des cafés gustatifs, de spécialité, avec l’idée de faire découvrir de nouvelles choses aux clients », affirme Antoine, le barista. Parmi les musts : le café éthiopien à base de pêche et d’abricot, ou encore le café vietnamien à l’œuf. Des cafés obtenus par pression ou par infusion, car « l’objectif est aussi de faire découvrir d’autres méthodes de production », précise Antoine en nous montrant les cafetières dont il se sert : cafetière à siphon, à piston, Chemex et V60, chaque cafetière donnant un goût et une texture particulier au café.

Derrière les fourneaux, c’est Marine qui confectionne les pâtisseries et plats salés qui accompagnent les cafés. Deux plats au choix sont proposés au client, renouvelés toutes les semaines. Quant aux desserts, ils changent tous les jours. On peut opter pour une formule à consommer sur place ou à emporter : plat-dessert ou plat-dessert-café, et le dimanche, une formule brunch. Tout est fait maison, avec là encore une grande attention portée à la saisonnalité et à la localité des produits.

Pour les plantes et le mobilier aussi, Antoine et Marine privilégient les circuits courts et la récupération. Les plantes proviennent de fournisseurs locaux, parfois même issus de l’entourage familial des deux amis. Les meubles, livres, jeux de sociétés (car oui, tout est fait pour que le client se sente chez lui et passe un moment convivial) ont été achetés sur Leboncoin, à Emmaüs ou chez des commerçants de proximité. Si vous avez des livres ou jeux dont vous ne vous servez plus, Antoine et Marine sont également preneurs !

teraï café rennes

Côté prix, le Téraï Café se situe dans la moyenne du secteur : comptez par exemple 8,50€ pour un plat du jour, 11,50€ pour une formule plat-dessert ou 12,50€ pour une formule plat-dessert-café. Le prix des cafés, lui, varie selon l’origine et la saisonnalité. « L’objectif n’est pas d’avoir des prix délirants, mais les prix reflètent la qualité de ce que l’on propose », résume Antoine.

Une ambiance relaxante et chaleureuse, un rapport qualité-prix plus que correct : tout est réuni pour séduire les clients. D’ailleurs, ceux-ci sont au rendez-vous. En moyenne, le Téraï Café accueille chaque jour « entre 60 et 70 clients » selon Antoine, et bien qu’ouvert récemment, il a déjà ses habitués. « Il y a des têtes qu’on voit régulièrement, les gens reviennent », sourit le jeune homme. En tout cas, au moment de laisser derrière nous les effluves de café et la jungle tropicale, on se l’est promis : on y reviendra.

teraï café rennes

PRATIQUE :

Téraï Café, 30 rue Saint-Melaine, 35000 Rennes. Horaires d’ouverture : du mardi au dimanche de 7h30 à 19h. Tél : 09 81 71 61 58. Retrouvez le Téraï Café sur son site internet ainsi que sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram).

Le café de spécialité : qu’est-ce que c’est ?

L’ÉTÉ À LA MAISON DES CULTURES DU MONDE

Cet été, la Maison des Cultures du Monde propose de s’émerveiller devant la richesse des traditions de masques en Europe ou encore de s’initier à la
diversité des langues en découvrant les berceuses du monde collectées sur
le territoire de Vitré Communauté.

EXPOSITION : Masques d’Europe – Savoir-faire & imaginaire

De fêtes d’hiver en carnavals, les masques sont présents dans toute l’Europe. Effrayants, amusants, énigmatiques… ils incarnent une variété de personnages issus des croyances populaires. Comment naît un masque dans la tradition ? Qui le fabrique et comment ? L’exposition retrace le parcours de ces étonnants masques européens, de l’atelier du créateur à la mascarade, proposant la découverte des matières, des savoir-faire et de l’imagination de ceux qui les créent.

Exposition du 19 juin au 21 novembre 2021 Maison des Cultures du Monde – Centre français du PCI Prieuré des Bénédictins – 2 rue des Bénédictins – 35500 Vitré
Entrée libre du mardi au dimanche de 14h à 18h.

maison cultures monde vitré

ATELIERS : LE MONDE DES BERCEUSES

Dans le cadre du projet collaboratif « Le monde en berceuses », la Maison des cultures du monde propose des ateliers pédagogiques et ludiques à destination des enfants et des familles. Ces propositions visent à sensibiliser les enfants à la diversité culturelle et linguistique, à travers les berceuses collectées sur le territoire de Vitré Communauté (18 langues sont représentées dans la collecte).

Siestes musicales (De 6 mois à 4 ans accompagné par un adulte – Durée : 30 minutes)

Petits et grands voyagent en douceur à l’écoute des berceuses collectées sur le territoire de Vitré Communauté. La séance est suivie d’un temps d’échanges où les participants peuvent partager leurs propres berceuses s’ils le souhaitent.

Vitré, Médiathèque Madame de Sévigné
Vendredi 9 juillet et mardi 3 août | 10h-10h30
Entrée libre sur inscription dans la limite des places disponibles

Availles-sur-Seiche, Kreiz Mobile
Mardi 13 juillet | 13h30-14h
2€ sur inscription auprès du Kreiz 23

Atelier « Fabrique ton doudou ! » (À partir de 6 ans (5 ans accompagné d’un
adulte – Durée : 45 minutes)

La Maison des Cultures du Monde propose de fabriquer un doudou personnalisé à l’aide de chaussettes, pour accompagner l’écoute de berceuses en provenance du monde entier. Cet atelier se vit en famille !

Availles-sur-Seiche (35), Kreiz Mobile
Mardi 13 juillet | 14h-14h45
2€ sur inscription auprès du Kreiz 23

Dodo bingo (Tout public – Durée : 45 minutes )

Sous forme d’un bingo musical, chaque participant devra remplir sa grille
à l’écoute des berceuses du monde. Parviendrez-vous à retrouver les
paroles des berceuses et à faire un « dodo bingo » ?

Vitré (35), Maison des Cultures du Monde
Mercredi 11 août | 17h-17h45
Entrée libre

CALENDRIER

maison cultures monde vitré
maison cultures monde vitré

INFORMATIONS PRATIQUES

Les lieux :
Médiathèque Madame de Sévigné
1 rue du Bourg aux Moines 35500 Vitré
Kreiz Mobile
35130 Availles-sur-Seiche
Maison des Cultures du Monde – Centre français du PCI
Prieuré des Bénédictins 2 rue des Bénédictins 35500 Vitré
Informations & inscriptions
02 99 75 82 90 | sc.mediation@maisondesculturesdumonde.org

TOUT LE PROGRAMME DE LA CHAINE CULTUREBOX

13

Culturebox du 25 07 2021 : la chaîne éphémère de France Télévisions qui soutient la culture. Pièces de théâtre, concerts, festivals, opéras, ballets, documentaires, créations urbaines, humour, musées… France Télévisions a lancé au début du mois de février 2021 la chaîne éphémère Culturebox dédiée à tous les arts. Elle est accessible gratuitement sur le canal 19 de la TNT et sur la plateforme france.tv. Demandez le programme et le direct !

Cliquez ici pour regarder Culturebox en direct

TRANSAT EN VILLE 2021 : LA CARTE BLANCHE DE DOOINIT VA ENFLAMMER LA PLACE DE LA MAIRIE

Ce samedi 10 juillet, l’association Dooinit, spécialisée dans la culture afro-américaine, s’est vue accorder une carte blanche lors du festival Transat en ville. L’équipe se donne pour objectif de faire bouger la place de la Mairie de Rennes avec des musiques actuelles et proposer des activités d’initiation pour le public.

En confiant une carte blanche à l’association Dooinit, le festival Transat en ville met une nouvelle fois en lumière son intérêt pour les musiques actuelles et le milieu associatif.

En effet, Dooinit se place depuis sa création en 2007 dans la promotion de la culture afro-américaine, et plus particulièrement le rap et le hip-hop. En lien avec une approche sociale, les quinze bénévoles et Charles, salarié coordinateur de l’association, mettent en place des conférences, ateliers, workshops divers. Les conférences ont lieu dans plusieurs lieux de Rennes. Aux Champs libres, par exemple, le sujet de l’influence de l’Afrique sur la musique actuelle a pu être abordé. Également, une conférence sur la question de la vieillesse dans le rap a permis une véritable réflexion sur son histoire. Avec des débuts qui remontent à la fin des années 1970, ce genre musical continue d’être considéré comme une « musique de jeunes ».

transat en ville

L’association organise également un festival de musique d’une semaine en avril : le festival Dooinit. « Clairement, le festival constitue la part la plus importante du travail à faire en amont. C’est aussi pour ça que l’organisation de la carte blanche pour Transat en ville est un pur bonheur : on doit se préparer pour une journée et on travaille avec des artistes expérimentés et reconnus, qui ont donc moins besoin de préparation », nous confie Charles, le coordinateur.

Parmi les artistes présents samedi, l’artiste DJ Freshhh, habitué des festivals et du milieu musical rennais, sera derrière les platines entre 15h30 et 17h30. Pendant ce temps, une initiation au double dutch, « corde à sauter double », aura lieu pour les volontaires. « Ce qu’on a cherché à recréer avec la musique de DJ Freshhh, c’est l’ambiance des battles de danse, qu’il sait bien retranscrire puisqu’il en a longtemps pratiqué. » À 17h30, J-Zenn, se produira sur un son mêlant jazz, soul et funk, pendant deux heures. À 20h, le groupe Jazztronicz Experiment du label parisien Jazztronicz remplacera le duo La Récré, récemment annulé. Un mélange de jazz, hip hop et club music tout en improvisation clôturera ainsi la soirée. De quoi faire danser le public rennais venu respirer après des mois de restrictions.

Cette diversité dans la programmation, l’association le doit aussi à son label : « Dooinit music ». Il a été créé puis s’est organisé d’abord autour de J-Zenn. Aujourd’hui, il aide à la création d’autres artistes entre Berlin et Paris. « Nous restons quand même sur un hip-hop de niche, malgré une distribution à l’international. En général, nous éditons que peu d’exemplaires par artiste : dans les 300 exemplaires. » Charles le revendique : la visée du label est de faire primer le côté artistique sur l’aspect commercial.

« L’une des parts les plus intéressantes de mon travail, c’est aussi de sortir des genres-phares de Dooinit pour proposer de nouvelles découvertes, sous la forme de coup de cœur. »

Charles

Le coordinateur de Dooinit évoque aussi le partenariat avec le mini-festival Texture, qui a lieu en même temps. Cette association, qui a aussi un label, est plus centrée sur la musique électro. Leur objectif est de créer des temps forts sur une semaine. Dooinit, s’est donc arrangée pour être en coopération avec Transat en ville et Texture, et ont ainsi pu inviter Martin Rose notamment à l’événement.

mini texture festival

« L’objectif, c’est vraiment que les artistes viennent s’amuser, d’autant plus avec la crise sanitaire où ils ont d’autant plus besoin de jeu et de retrouver le public. »

Charles

La discussion a également permis d’amener le sujet de la représentation des femmes dans le milieu : une table ronde a eu lieu il y a quelques temps pour essayer de trouver des solutions. Bien que ce soit plus compliqué quand on gère un festival, l’idée serait d’intervenir bien en amont : trouver des têtes d’affiche, donner confiance en leur musique, créer des labels plus bienveillants et ouverts, etc.

En tout cas, l’ADN de Dooinit se révèlera parfaitement ce samedi, avec une programmation centrée sur les musiques afro-américaines mais tout de même éclectique. Du jazz, de l’électro, du rap, du hip-hop, seront au rendez-vous pour faire bouger la place de la mairie.

INFOS PRATIQUES

Samedi 10 juillet de 14h à 22h

Place de la Mairie, 35 000 RENNES

Plus d’informations sur le site de Cet été à Rennes

À lire également sur Unidivers.fr :

RENNES. LE MINI FESTIVAL TEXTURE AURA LIEU DU 8 AU 11 JUILLET

EN ATTENDANT LA RAVE, ASTROPOLIS EST TOUJOURS AU RENDEZ-VOUS

0

En attendant la rave, Astropolis ne s’ennuie pas. L’iconique festival brestois de musiques électroniques ne pouvait se résoudre à un nouvel été absent. Il propose du 2 au 17 juillet une série d’événements qui font la part belle aux performances scéniques rares et audacieuses et aux coproductions entre acteurs culturels. En tout, ce sont 12 rendez-vous musicaux pointus et à taille humaine qui vont animer certains des plus beaux sites de Brest et ses alentours.

Astropolis, le festival de musiques électroniques, va une nouvelle fois agiter Brest cet été. Du 2 au 17 juillet, l’équipage brestois propose une série de 12 événements en petit comité, une édition hors-série et revisitée, intitulée En Attendant La Rave. Car la rave si chère à Astropolis, c’est un peu le Godot de cette année passée… Après un an et demi d’absence, d’espoirs renouvelés puis déçus, de sempiternel report, Astropolis ne pouvait pas se résoudre à ne rien faire.

Identité visuelle : Nathalie Bihan

Astropolis dans la tempête, une lueur à l’horizon

L’équipe d’Astropolis ne s’est pourtant pas tourné les pouces depuis qu’on l’a quittée en février 2020 pour l’édition d’hiver du festival, mais l’année a été éreintante. « L’annulation du festival d’été l’an dernier a été coup de massue », raconte Jessica Bert, responsable de l’action culturelle et de la communication. « Toute l’année, il a fallu faire et défaire. Chaque fois qu’on se lançait dans l’organisation d’un projet, on était vite rattrapés par la situation sanitaire ». Néanmoins, ancré comme il est dans le paysage brestois, le navire Astropolis a tenu la marée, et Jessica souligne tout de même les points positifs de cette année : « On a la chance d’avoir une activité plurielle : l’action culturelle, l’accompagnement artistique, les labels. Se concentrer là-dessus nous a permis de tenir ».

Et malgré les nombreuses incertitudes qui ont pesé sur les festivals d’été depuis six mois, l’équipe d’Astropolis était bien décidée à retrouver son public. Elle a pu compter sur le soutien de la ville et de la région pour trouver des lieux adaptés à des rencontres plus intimes et travailler en bonne entente avec la sous-préfecture pour obtenir les autorisations nécessaires à la tenue de rassemblements conviviaux et festifs. « La plupart des événements ont une jauge de 1000 personnes. Il faudra porter un masque pour se déplacer et consommer assis. Au fort de Penfeld, on demandera un pass sanitaire pour pouvoir alléger ces conditions », précise t-elle.

  • astropolis
  • astropolis
  • astropolis
  • astropolis
  • astropolis

Astropolis a l’habitude d’essaimer dans Brest et ses environs. Surtout connu pour ses grosses soirées toute la nuit au manoir de Kéroual ou à celui de Kériolet, le festival propose chaque été des animations dans la ville et invite des collectifs bretons à investir l’espace public le temps d’un week-end. On retrouve cette même volonté de décentrement cette année, accentuée par les conditions sanitaires : la programmation est étalée sur douze événements dans six lieux. Inaugurés les 2 et 3 juillet, deux de ces sites sont complètement inédits pour Astropolis : le fort de Bertheaume à Plougonvelin et la nouvelle promenade du Polder. Quatre soirées se tiendront au fort de Penfeld à Guilers, où ont d’habitude lieu les soirées Fortress d’Astropolis. Deux après-midi se sont déroulées aux Ateliers des Capucins, dimanche 4 juillet et mercredi 7. La salle de musiques actuelles La Carène accueille quant à elle trois soirées de concerts, les 8, 9 et 10 juillet, et le musée d’art contemporain Passerelle une sieste électronique le 10 juillet également.

Ce programme d’été si riche a été rendu possible grâce aux nombreuses collaborations qu’a tissées Astropolis avec un réseau culturel plus large. Qu’ils s’agissent de partenaires brestois anciens (La Carène, Passerelle) ou nouveaux (la scène nationale Le Quartz, Les Ateliers des Capucins), mais aussi des initiatives féministes comme le festival Les Femmes s’en mêlent ou l’association de sensibilisation aux violences sexuelles Consentis. Reflet de cette diversité, la programmation de cette année se révèle pointue et portée sur des formes à la fois plus contemplatives et plus spectaculaires de musiques électroniques.

Se réinventer sans se dénaturer, le dilemme des festivals d’été

Yann Tiersen au fort de Bertheaume, Jeff Mills en duo avec le jazzman Jean-Phi Dary un dimanche après-midi, ou encore de grands noms de la techno française en live audiovisuel immersif : Astropolis semble avoir bien changé de visage cette année. « Quand on a commencé à travailler sur la programmation, on ne savait absolument pas si on pourrait proposer des événements debout. On a cherché des projets plus contemplatifs que d’habitude, d’autres formes scéniques qui impliquent d’autres formes d’écoute. C’était l’occasion de montrer les musiques électroniques sous un jour différent », explique Jessica Bert.

Les concerts Immersion à La Carène en sont un bon exemple : lauréats d’un appel à projets visant à favoriser la reprise de l’activité artistique, Astropolis et La Carène coproduisent la création de quatre spectacles audiovisuels en son spatialisé à 360 °. On y retrouvera les producteurs techno chevronnés Electric Rescue, Zadig et Kmyle, le jeune trio NZE NZE, la Rennaise Pidoom (alias KnappyKaisernappy) et les artistes visuels Daff et Florence Bioulac.

Une autre particularité de cette édition est le retour sur le devant de la scène de l’héritage pop rock d’Astropolis. Dans les années 90, l’association s’était lancée par l’organisation de concerts, avant leur coup de foudre pour les musiques électroniques. Cet été, comme un retour aux sources, le festival démarre par une soirée avec le groupe pop Lesneu et le pianiste Yann Tiersen. L’après-midi Les Femmes s’en mêlent, en partenariat avec ce festival itinérant actif depuis 1998, a fait la jonction entre pop et electronica avec deux étoiles montantes de la scène française, Lucie Antunes et Tryphème, l’étonnante musicienne nantaise Anneth Penny et Aasana et Lizzie, DJs du collectif nantais Zone Rouge. De plus, la soirée du 10 juillet au fort de Penfeld sera consacrée à des groupes de rock avec le couple canadien suisse qui forme Peter Kernel, le groupe français Horsees et le duo rennais Gwendoline.

Mais que les amateurs de musiques électroniques dansantes ne s’inquiètent pas. Si Astropolis ajoute des cordes à son arc, le festival ne délaisse pas pour autant son cœur de cible. Au fort de Penfeld sera proposée une soirée aux sonorités mécaniques et industrielles avec de grands noms du genre et habitués du festival, Manu le malin, Electric Rescue & Zadig, et la Rennaise Vanadis (9 juillet). La soirée du 16 juillet sera dédiée à l’electro avec le duo de Detroit Dopplereffekt, l’Allemand Anthony Rother et le Breton d’origine Shelter. Enfin, le closing du festival le 17 juillet mêlera house et techno avec la Parisienne Marina Trench, la Hollandaise Nicky Elisabeth et la Brestoise Swooh.

Malgré les conditions difficiles qu’on connaît, Astropolis est donc parvenu une fois de plus à imposer sa pâte : faire le pont entre les références d’hier et les artistes pointus d’aujourd’hui, croiser les publics en élargissant le spectre des musiques électroniques et mettre en avant une famille d’artistes bretons et français qui sont à la fois le passé, le présent et l’avenir du festival.

Programmation complète

Facebook / Instagram

30 ANS DU 9E CONCEPT OU LA PHILOSOPHIE DU PARTAGE

0

2021 marque trois décennies de création collective du 9e Concept. Le collectif d’artistes, mené par Ned, Stéphane Carricondo et Jerk45, déjoue les codes muséaux et des galeries en essaimant ses projets et créations dans l’espace urbain. Artistes et professionnels du monde l’art reviennent sur cette épopée artistique dans un ouvrage paru aux éditions In Fine : 9e Concept, 30 ans de dialogue artistique ou la philosophie du partage.

« Dans l’humilité individuelle se crée l’harmonie collective », 9e Concept, 30 ans de dialogue artistique.

Depuis trois décennies, le collectif d’artistes du 9e Concept déjoue les codes muséaux et des galeries en essaimant ses projets et créations dans l’espace urbain, avec en ligne de mire la démocratisation de l’art. Comment le collectif est-il né ? Qui en sont les fondateurs ? De quelle manière ce groupement d’artistes a-t-il développé un véritable laboratoire artistique, reflet de notre monde contemporain ? Dans quelle mesure sont-ils parvenus à rendre leur art accessible à tous ? C’est ce que nous propose de découvrir les Éditions In Fine, avec la publication en juin 2020, de 9e Concept, 30 ans de dialogue artistique.

9e Concept

Né de la rencontre de Stéphane Nedellec dit « Ned » et Stéphane Carricondo, amis depuis le collège, avec Jerk45, Jérôme de son vrai nom, à l’École de communication visuelle de Paris, 9e Concept « se crée dans les caves de l’école en 1990 », accompagné d’influences variées tel que la bande dessinée, la culture hip hop ou encore la culture punk.

Incal Jodorowsky moebius

Si votre esprit s’évade vers un monde dystopique, certainement éloigné de la planète Terre, à l’évocation de ce nom, n’ayez crainte, vous ne regardez, ou ne lisez, pas trop de science-fiction. Référence à l’univers futuriste de la série de bande dessinée « The Incal » de Moebius et Jodorowsky, le nom du collectif vient également du titre d’une BD, restée inachevée, réalisée par Stéphane Nedellec, cofondateur de 9e Concept, âgé de 15 ans à l’époque, où « un héros allait sur neuf planètes pour découvrir un chemin initiatique ».

Les références au chiffre 9 ne s’arrêtent pas là. Elles sont multiples et les fondateurs chérissent cette dynamique, l’enracinent dans leur collectif. Prenons les neuf muses de la mythologie grecque, filles de Zeus et de Mnémosyne qui représentent les sciences et les arts ; ou le neuvième art, la bande dessinée, pour n’en citer que quelques-unes. Quant à la symbolique du chiffre 9… évoquant la puissance divine, il représente, en autres, l’immortalité, l’ouverture d’esprit, la connaissance de l’autre, la spiritualité et l’altruisme. Ces caractéristiques ne sont-elles pas en adéquation avec le collectif ?

Les trois adolescents sont rapidement remarqués par l’artiste pluridisciplinaire Mike Sylla, en 1991. Cette figure de l’activisme culturel des années 80 leur propose de peindre sur des vêtements pour sa nouvelle marque, Baïfall Dream. Il est certain que le styliste a eu du nez, le succès ne s’est pas fait attendre. Plus de six cent pièces seront fabriquées.

9e Concept
Photographies tirées de l’ouvrage 9e Concept, 30 ans de dialogue artistique

Depuis, 9e Concept se fait le miroir des pratiques artistiques urbaines actuelles. Dessin, peinture, tatouage, photographie, et même musique, c’est dans le développement de la singularité artistique de chacun, le mélange de leur univers respectif et la production collective que se forge l’identité du collectif, et sa force. En 30 ans, le groupe, sous la houlette des trois co-fondateurs, a su se nourrir des différences artistiques des membres et diffuse une unité plastique à chaque projet. Ont-ils un secret inavouable ? Il y peu le graffeur lorientais Kaz soulignait dans un entretien donné à Unidivers : « Pour moi, une des définitions du street-art c’est le partage », sans oublier la transmission. Ces mots résonnent avec les valeurs du collectif d’artistes du 9e Concept. Tout comme l’épanouissement individuel dans une démarche groupée.

« D’expositions personnelles en commandes assumées comme commerciales », avec notamment la marque Desperado, « et des projets généreux résolument destinés à favoriser l’accessibilité de l’art à tous, le collectif puise son énergie dans la multiplicité des projets et des périmètres ». Le collectif développe l’hybridation sous toutes ses formes et multiplie les projets novateurs qui mélangent les genres, en incluant artistes et créateurs « à œuvrer en son nom tout en promouvant l’œuvre et la carrière de chacun ».

Citons « les Francscolleurs », qui a réunit pas moins de 80 artistes et activistes autour d’une même contrainte : créer à partir d’une forme, la goutte. Réalisé entre 2015 et 2017, le projet urbain de stickers et d’affiches est né en France avant s’épanouir dans le monde entier, comme en Inde, avec « Art for Tibet ». « Les Francscolleurs sont à la fois un collectif, un ensemble d’action dans l’espace urbain, mais avant tout une œuvre qui ne se comprend que si l’on envisage l’art urbain comme une forme d’expérience artistique évolutive et non figée », souligne la prose du graffeur rennais Tarek Ben Yakhlef dans le livre.

À l’instar de la période 1989-1992, où le métro parisien était régulièrement peint par de jeunes graffeurs, l’événement a marqué le street-art et l’histoire de l’art. S’en est suivi l’art urbain en pleine mutation et démocratisation, celui que l’on connaît depuis les années 2000.

  • 9e concept
  • 9e concept
  • 9e concept
  • 9e concept

Mais sans public, que sont les artistes ? Depuis 30 ans, le collectif du 9e Concept fait force de partage avec tous les publics pour un art accessible à tous. En 2006, au Centre Pompidou, le projet « Face à face » a proposé aux visiteurs de dessiner le portrait d’un tiers à l’aide d’une feuille transparente scotchée sur une vitre. En 2016, dans le cadre de la rétrospective au Flow, première structure à Lille dédiée aux cultures urbaines, le groupement d’artistes est revenu sur 25 ans de création collective et de concepts. Les membres ont transformé une des salles en atelier et, à tour de rôle, ils proposèrent des performances live de peinture, de collage ou de volume. Le public était invité à « voir la performance évoluer et à participer dans le but de désacraliser « les tableaux uniques » accrochés sur le mur ».

9e Concept, 30 ans de dialogue artistique est résolument ce que l’on appelle un beau livre, quelque soit la définition que l’on puisse donner aujourd’hui à cet intitulé. Que l’on soit connaisseurs ou néophytes, l’ouvrage propose plus de 300 pages d’émerveillement afin de partir à la (re)découverte d’un monde artistique, qui s’est d’abord épanoui sur les murs de l’espace urbain avant d’investir ceux des musées, entre autres. Un art urbain singulier rempli de valeurs et de talents. « Nous ne sommes pas qu’une simple agence de conception graphique, nous prônons une aventure artistique et collective », souligne d’ailleurs Ned dans le livre.

Après leur monographie 20 ans de création collective, aux éditions Herscher, les Éditions d’Art In Fine publie la nouvelle bible artistique du 9e Concept. Et la rédaction Unidivers accepte volontiers de se plier à leur religion.

9e Concept, 30 ans de dialogue artistique, éditions d’Art In Fine, 328 pages. Langues : Bilingue français-anglais. Parution : juin 2021. Prix : 59 €

Site du 9e Concept

CAP DES AFFRANCHIS. DAVID FARMER EN DÉDICACE À VANNES

0

C’est d’abord une histoire simple. Juste la poésie primale d’une rencontre. Et ce minimalisme se fait hymne à l’universel, à l’irréductible. David Farmer, auteur du roman Cap des affranchis, sera en dédicace à la libraire L’Archipel des mots à Vannes, samedi 17 juillet.

Un soir de mai, 1997. Deux garçons. C’est devant la mer, océan Indien, à Saint-Pierre de la Réunion. Le Mauricien se raconte. Le Français est sous le charme. C’est le début d’une liaison. Ils décident de vivre ensemble. Ils se confrontent aux préjugés
et tabous de leurs mondes respectifs. Et derrière leurs propres visions du monde
et leurs limites, il leur faut inventer un espace, un temps. C’est une aventure
universelle, une tourmente universelle, un défi universel.

Amour, engagement, fraternité, amitié, solidarité, citoyenneté du monde :
autant de caps à franchir. En cette fin de millénaire, des missels étaient infiltrés et brandis illégalement dans les hémicycles de la République par des fanatiques intégristes. C’était le temps du débat sur le Pacs. Aussi, cette ode à la liberté est dédiée à Gisèle Halimi et Roselyne Bachelot, à tous ceux et toutes celles qui ont eu le courage de fronder ces oriflammes menaçantes et immuniser, un temps, contre leurs sauvageries doctrinaires d’un autre âge. Cette histoire ne soutient aucune idéologie. Simple témoignage pour plaider l’abolition des aliénations imposées par les tyrans, les prêtres et les esclaves, tous impuissants selon Spinoza.

david farmer cap affranchis

Après avoir longtemps sévi dans le domaine de l’ingénierie de formation, David Farmer a décidé de prendre le temps de l’écriture. En 2018, il publie Heidegger le nazi ou l’assassin d’Ulysse, aux Éditions Sur le Fil. Oscillation entre essai et roman où un étudiant en philosophie se révolte, interroge le concept de déconstruction et la compromission jamais désavouée du penseur allemand avec le nazisme.

En 2020, il s’arrime à une trilogie romanesque aux histoires distinctes et autonomes. Tandis qu’il fabriquait les trames des deux autres récits, Le Cap des Affranchis s’est peu à peu imposé comme premier volet. « Cette histoire s’adresse à tout le monde. Je tenais à cette simplicité, à ce minimalisme. C’est une aventure universelle, une tourmente universelle, un défi universel. Une éthique universelle. »

« Si je devais choisir une phrase de cet ouvrage : ‘ Mes larmes attendaient d’être brûlées par le jaillissement d’un été sur la ligne de crête du néant ‘ », David Farmer.

Les auteurs sont souvent habités par des tocs. Le sien serait de se demander s’il est encore possible d’être un Juste dans une situation inextricable. Comment l’être ? Pourquoi l’être ? Comment aimer et que signifie aimer ? Que met-on en scène de soi dans le lien à autrui ? Peut-on se désaliéner de ses déterminations psychosociologiques et culturelles, ses résistances, ses obsessions, ses préjugés, ses faiblesses, son confort, ses névroses ? Peut-on agir en commun ?

Les figures de Fernando Pessoa, Frantz Kafka, Milan Kundera, Romain Gary ou Arthur Rimbaud surgissent au travers de le vie de ces deux personnages. Les barrages de Marguerite Duras, l’endoctrinement impossible de Camus, l’enragement pour la liberté de Simone Weil, la douce intransigeance de Vladimir Jankélévitch, les transformations profondes de Victor Hugo, les combats de Voltaire et de Spinoza contre tous les fanatismes mais c’est surtout Baudelaire. C’est à cause de son voyage dans les Mascareignes, à l’île Maurice et à la Réunion. C’est à cause des lisières et de vertiges dans son immense poésie qui se découvrent dans les matins. À chaque réveil, Rainer Maria Rilke implorait qu’il se passe quelque chose avant qu’il ne rencontre Lou Andreas-Salomé et ne s’embarque avec elle dans un périple russe jusque chez Léon Tolstoï. Moi, il s’est passé quelque chose un jour de mai 1997 et j’ai senti le besoin de le raconter maintenant avec les mots imparfaits et inquiets d’hier.

Si le lecteur se met en situation, s’il se demande : et moi, qu’aurais-je fait là ? S’il s’en mêle avec ou contre le narrateur dans son combat « donquichottesque » contre un fonctionnaire emblématique et caricatural, cet ennemi commode qu’il s’est trouvé pour mener sa guerre et tenir debout, alors il se sera passé quelque chose.

Le Cap des affranchis, David Farmer, éditions Les Presses Littéraires. 198 pages. Parution : mars 2021.

david farmer

David Farmer sera en dédicace à la librairie L’Archipel des Mots, samedi 17 juillet. Il se fera un plaisir d’échanger avec le public autour de ce premier volet.

Librairie L’Archipel des Mots
21, Place du Général de Gaulle

56000 Vannes
0297612079

RENNES. DÉFILÉ ET FEU D’ARTIFICE DU 13 JUILLET 2021

0

Fête nationale 2021 : défilé et feu d’artifice Mardi 13 juillet 2021. À Rennes, les cérémonies et festivités rennaises pour célébrer la Fête nationale 2021 auront lieu le mardi 13 juillet. Le port du masque est obligatoire pour le feu d’artifice.

Défilé militaire sur la place du Parlement

À 18 h, une prise d’armes se déroulera sur la place du Parlement de Bretagne. Elle sera suivie d’une aubade de la musique de l’Artillerie et d’un défilé motorisé de troupes qui partira de la place des Lices vers la rue Victor Hugo.

Pour permettre le bon déroulement du défilé, la circulation des véhicules sera interdite dans le centre-ville depuis le bas de la place jusqu’au Parlement de Bretagne de 17 h à 19 h 30. Le stationnement sera interdit à partir de 12 h et jusqu’à la fin de la cérémonie sur les voies autour de la place du Parlement et rue Victor Hugo, place des Lices côté halle des bouchers, ainsi que dans les rues Salomon de Brosse et Martenot.

Annulation du bal sur la place de l’Hôtel de Ville

En raison du contexte sanitaire, le bal traditionnellement organisé sur la place de l’Hôtel de Ville n’aura pas lieu.

« Couleurs quartiers » : spectacle pyrotechnique au stade de la Bellangerais

À 23 h 15, la Ville de Rennes propose un grand spectacle pyrotechnique musical intitulé « Couleurs quartiers », créé par Hubert Thézé Pyrotechnie. « Couleurs quartiers » est une « photographie instantanée d’une ville en mouvement ». Cette création originale, imaginée pour la Ville de Rennes, s’articule autour d’une promenade pyrotechnique qui mettra en valeur des lieux emblématiques de la ville, de la Poterie à Atalante, en passant par la place Sainte-Anne, République, les quartiers Mabilais, Villejean, Cleunay, Le Blosne… Une ambiance musicale différente pour chaque lieu mettra en valeur l’histoire, la vocation ou encore l’esprit de chaque quartier traversé.

L’application internet « Spectacle interactif » permettra aux spectateurs de voter pour la musique qui sera diffusée lors du bouquet final et, pour les personnes qui seront éloignées du stade, d’écouter la bande-son en direct via une WebRadio.

Spectacle imaginé par Hubert Thézé Pyrotechnie. Mardi 13 juillet à 23 h 15 au stade de la Bellangerais. Durée : 22 minutes.

Accès au feu d’artifice

Le traditionnel feu d’artifice de la Fête nationale à Rennes, proposé chaque 13 juillet, sera tiré depuis le stade de la Bellangerais à 23 h 15.

Ce spectacle pyrotechnique attire chaque année plusieurs milliers de spectateurs.

Il n’y aura pas de stationnement à proximité du site. Le public est donc invité à privilégier les transports en commun et les mobilités douces pour se rendre sur le site, ouvert au public tout au long de la journée. Les navettes de bus gratuites reliant la place de la République au stade de la Bellangerais ne circuleront pas. Afin de limiter au maximum les mouvements de personnes au début du spectacle, qui pourraient occasionner un retard pour l’ordre de tir, la Ville de Rennes invite le public à se rendre sur le site avant 23 h.

La Ville de Rennes recommande également au public de ne pas venir accompagné d’animaux de compagnie, que les fusées et les pétards effaroucheraient.

Le port du masque est obligatoire.

Circulation et stationnement le 13 juillet

La circulation sur le boulevard d’Armorique sera interdite de 20 h à 1 h du matin.

Le stationnement et la circulation de tous les véhicules seront interdits dans la rue du Scorff et sur le canal Saint-Martin dès 18 h. Les entrées et sorties pour les riverains de la Zac Armorique ainsi que pour les riverains situés dans les rues au nord de la rue du Scorff ne seront plus possibles pendant la fermeture à la circulation.

Fonctionnement des bus, du métro et ouverture des parcs-relais

Les lignes C1 – C2 – C3 – C4 – C5 – C6 – 9 circuleront aux horaires d’été avec un dernier départ à 1 h 35 de République.

Le métro fonctionnera jusqu’à 1 h 35 (dernier départ de République).

Les parcs-relais La Poterie, Henri Fréville et Villejean-Université seront ouverts jusqu’à 2 h.

rennes feu artifice

RENNES. FESTIVAL CARRÉMENT 2021 : UNE RESTITUTION ÉCLECTIQUE A LA MAISON DE LA POÉSIE

Samedi 3 juillet 2021, 3 artistes et poètes restituaient leurs œuvres constituées durant 1 semaine de résidence à la Maison de la Poésie de Rennes. Présentation d’un événement littéraire inédit qui explore l’écriture poétique.

Quentin Leclerc, directeur de la Maison de la Poésie à Rennes, évoque à notre demande les étapes qui ont conduit au bon déroulement de ce poétique festival. « Carrément » est un projet dont la gestation a nécessité trois étapes depuis mars 2021. D’abord, 4 artistes-poètes sont choisis afin de travailler sur la question « Écrire sur quoi« . Puis ils s’installent en résidence pendant une semaine, plutôt courte pour réfléchir à son rendu, mais c’est le jeu. Mettre en place des questionnements et des directions vers lesquelles les auteurs et autrices veulent absolument aller, et les synthétiser dans une seule œuvre présentée en juillet. Les quatre artistes, devenus trois après le départ de l’une d’elles, se voient attribuer une bourse afin de financer la création de formes littéraires dites « pauvres », à savoir le fanzine et les petits livres. Une autre bourse rémunère le travail des auteurs et autrices. Au programme en plus de cette restitution : des rencontres et des ateliers. Des temps de médiation avec des après-midi participatives, tournées vers la tradition de l’objet pauvre dans la poésie. « Par ce biais, on donne accès aux visiteurs à un sentiment de proximité » confie Quentin Leclerc.

festival carrément
© Arnaud Aubry

« Carrément » est nouveau, non seulement parce qu’il s’agit d’une première édition, mais aussi parce qu’il cherche à renouveler un genre classique : l’écriture poétique. « Le but du festival consistait à trouver un format différent d’événement, un format plus léger, plus original. Il est né de l’envie d’inviter des artistes émergents (ils ont publié tout au plus 1 ou 2 livres) et de soutenir la nouvelle génération. » précise Quentin Leclerc.

Les artistes ont été volontairement choisis pour construire un panel diversifié, avec des profils décalés, dans « une volonté de former une passerelle plus forte entre les arts« . Ils appartiennent aussi à une jeune génération d’auteurs issus de milieux différents. La sélection s’est effectuée sous la forme d’une discussion en interne, et d’une lecture des textes. Maxime Actis a publié un premier livre et publie des histoires sur Internet. Laurence Cathala possède un parcours artistique qui n’est pas lié spécifiquement à la poésie mais qui est en revanche toujours lié au texte. Théo Robine-Langlois progresse lui dans un rapport avec Internet et l’audiovisuel, et a aussi publié deux ouvrage dont un, Le Gabion, récemment. Ils ne sont pas spécialement de la région, beaucoup viennent d’ailleurs du sud-est de la France. « La sélection n’était pas géographique, mais artistique : on a plutôt cherché à apporter des regards différents au niveau de l’écriture plutôt que de sélectionner simplement au niveau local » affirme le directeur de la Maison de la poésie.

« Carrément » est une interjection qui est devenue tic de langage dans nos sociétés contemporaines. Il signifie donner son aval de manière enthousiaste, et c’est cet enthousiasme qui a guidé l’organisation du festival. C’est d’ailleurs surprenant comme à force de parler du festival portant ce nom, on en vient à se rendre compte du nombre de fois que cette interjection ponctue les discussions. Carrément, c’est l’aspect « immédiat et jusqu’au-boutiste » du projet.

carrément festival
Les « Versions » de Laurence Cathala.

Un petit tour de présentation des artistes-poètes s’impose. Laurence Cathala est une artiste plasticienne formée aux Beaux-Arts de Paris. Depuis le début de sa formation et de sa carrière, elle place son œuvre entre art et littérature afin de mettre au même plan l’image et le texte. « Les frontières entre ces deux éléments me semblent très poreuses en ce moment, notamment du fait des innovations actuelles qui impliquent de plus en plus leur usage. » Comme pour témoigner de l’alliance entre le visuel et le scriptural, l’artiste pratique la risographie, une forme technique d’impression mécanique, qui se situe entre « l’impression et le ton direct ». « Par exemple, le point commun avec la sérigraphie c’est que la couleur se fait directement sur la machine, donnant un caractère singulier au résultat final. » Son projet, Les Versions, imprimé par « Club Couleur », devrait être édité chez Sombres Torrents car il est encore en projet. Il s’apparente à un teaser d’un projet pensé depuis déjà une dizaine d’années. Il se compose de 6 à 7 textes correspondant chacun à une version fictive plus grande, et ici inachevée. Cet inachèvement est voulu : dans un processus méta-textuel, l’autrice veut faire croire à une œuvre colossale, mystérieuse et oubliée, d’un autre temps. Un temps qui n’est pas encore advenu.

Dans un futur proche, un narrateur évoque les événements apparemment catastrophiques qui se sont produits dans le monde. Un commentateur, issu du futur, retrouve ces écrits et les commentent, sous la forme de notes de bas de page. Elle essaye de retrouver en même temps une forme orale dans un écrit et de retranscrire une histoire post-apocalyptique dans une forme sérielle, d’où le « teaser ». A l’origine, ces versions constituent d’immenses œuvres de plusieurs mètres, comme des tableaux, et ont été exposées à l’École d’aviation civile à Toulouse (ENAC), à Belfort et au CREDAC (Centre d’art contemporain) d’Ivry. « Chaque œuvre est une nouvelle version à chaque fois mais demeure tout de même une évolution. Une évolution narrative et aussi artistique. » Les Versions interrogent donc le procédé narratif d’une histoire. Mais il détient aussi un message plus politique d’une société à l’abandon et vouée paradoxalement à la catastrophe et à l’espoir. La présence du commentateur futuriste prouve en effet l’existence d’une société postérieure et, donc, d’un après.

carrément
L’œuvre « Brutusses et Brutus » de Maxime Actis.

Maxime Actis, lui, a une profil d’autant plus tourné vers l’écriture. Il est artiste et parfois enseignant. Il écrit beaucoup sur Internet. Il s’est lancé dans la micro-édition et a ensuite décidé d’écrire un livre : Les paysages avalent presque tout paru dans la collection « Poésie » chez Flammarion. « Pourquoi avoir décidé de passer par la forme matérielle du livre plutôt que par Internet ? » « Il y a quelque chose de sacré dans le fait de faire un livre. Quand on ouvre un livre, on a davantage l’impression d’arriver bientôt au bout, à la fin, c’est figé et on ne retrouve pas ça, ou moins, su Internet. » C’est donc aussi cette conscience de l’objet fini qui a poussé l’auteur à écrire des ouvrages matériels.

Au point de départ de Brutusses et Brutus, un séjour à Thessalonique en Grèce. Pas très fan des visites guidées, Maxime préfère aller dans des coins plus reculés et moins touristiques, et commence à observer des scènes étranges, qui mettent en scène des « normes glissantes« . Par exemple, des comportements d’enfants. L’écrivain pense d’abord faire des portraits de personnes rencontrées ou observées, ou bien d’auteurs et autrices qu’il apprécie comme Marcelle Delpastre par exemple. L’objectif est de mettre en scène un ouvrage « constellé » de plusieurs personnages, avec des épisodes et de petites aventures. L’idée c’est que toutes ces aventures et ces personnages se rejoignent en un groupe, un « cortège dionysiaque bizarre« . La terminologie des Brutus et Brutusses provient de la démocratie romaine et en particulier du sénateur Brutus qui prit la tête du mouvement de rébellion contre le dictateur Tarquin à la suite du viol de Lucrèce. En enterrant le pouvoir tyrannique, il fonda la République de Rome en 509 avant Jésus-Christ. Il s’apparente aussi à un pseudo anonyme qui convient bien pour ces personnages qui n’ont « pas besoin de prénom » pour l’auteur. L’occasion de remettre en cause la place du personnage dans l’œuvre littéraire.

carrément
L’affiche réalisée par les élèves de cinquième de l’atelier sur le langage breton.

Au croisement entre le son et l’écriture, Théo Robine-Langlois puise son inspiration dans différents milieux. Il travaille en librairie et aussi pour la radio *Duuu à Paris. Il a par exemple effectué des lectures dans le parc de la Villette, orientant en partie son travail vers l’oralité. Sa restitution porte sur le langage, et revient sur sa rencontre avec une classe de collégiens sur la thématique du dialecte breton. Ce qui l’a longtemps marqué, c’est son enfance en banlieue parisienne et l’apprentissage d’un langage un peu différent du français qu’on entend d’habitude : inversement de suffixes, des langues étrangères qui se côtoient et se mélangent… Avec l’aide en particulier du travail de Françoise Morvan, qui a montré que l’usage du Breton avait baissé après la Seconde guerre mondiale, l’auteur poursuit sa réflexion. En cause, les preuves de collaboration entre certains Bretons et les Nazis. Il s’est aussi intéressé à l’essai Une politique de la langue de Michel de Certeau, Dominique Julia et Jacques Revel. « Ce qui m’anime aussi, c’est de comprendre et d’expérimenter comment la langue se construit », et de réfléchir à la façon dont le langage a pu servir de messages de rébellion et de résistance mais aussi de répression.

L’artiste effectue d’ailleurs une autre résidence, intitulée « Avec la langue » toujours à la Maison de la poésie rennaise et au FRAC (Fonds régional d’art contemporain) de Bretagne du 28 juin au 11 juillet. Bien que ce questionnement colle en particulier à la peau de Théo Robine, ce qui lie finalement les 3 artistes, c’est cette réflexion sur une langue qui est différente, une langue qui bouge et qu’on peut toujours modeler, interroger, ajuster, rechercher…

Pour tous les artistes, demeure le goût et l’envie de donner des clés au public. Des clés pour comprendre le monde, la littérature, la langue. Et ce, par plusieurs prismes : le son, le visuel, l’écriture manuscrite. C’est aussi l’un des objectifs de l’association de la Maison de la poésie. Donner à voir la poésie par d’autres points de vue. « Casser l’image d’Épinal du Breton romantique et solitaire regardant au loin avec la mer en face et ouvrir le champ de l’imaginaire », évoque avec une pointe d’humour Quentin Leclerc.

Le 8 juillet 2021, la Maison de la Poésie organisent des ateliers d’écriture, comme pour prolonger un peu l’expérience créative.

Juliette Thomas : Dans mon jardin, poème sans fin. TARIF : 15€. de 19 à 21 heures. Tel : 02 99 51 33 32 contact[@]maisondelapoesie-rennes.org

INFOS PRATIQUES

Maison de la poésie, 47, Rue Armand Rebillon, 35000 Rennes

Ouvert du lundi au vendredi sauf événements

La Maison de la Poésie sera fermée du 9 juillet au 16 août pour les vacances d’été.

Site de l’association

EXPO PHOTO. CARTOGRAPHIE DES POSSIBLES D’AGLAÉ BORY À LA BIBLIOTHÈQUE DES CHAMPS LIBRES

0

Du mardi 6 juillet 2021 au dimanche 2 janvier 2022, l’escalier de la bibliothèque des Champs Libres accueille la série photographie « Les Horizons, cartographie des possibles » d’Aglaé Bory, fruit d’une résidence de création réalisée à La Gacilly en janvier et février 2021.

La photographe Aglaé Bory vit et travaille depuis quinze ans à Paris. Elle fait partie de cette nouvelle génération de photographes qui place l’humain au cœur de son travail. À partir d’une démarche documentaire, Aglaé Bory crée des fictions en explorant les codes de la photographie plasticienne. En juin 2020, elle est lauréate du Prix Caritas de la Photo Sociale avec Odyssées.

Elle est également la lauréate de la première Résidence Ruralité(s), initiée par le Festival Photo La Gacilly, en partenariat avec les Champs Libres afin de permettre à un·e photographe de travailler à l’écriture et à la production d’une création sur un temps long. La série Les horizons, cartographie des possibles a été réalisée au cours d’une résidence de création à La Gacilly en janvier et février 2021. Sa série est exposée simultanément au Festival photo La Gacilly jusqu’au 31 octobre 2021

aglae bory

Avec cette série, la photographe interroge l’espace intime et poétique de l’horizon, insaisissable et omniprésent dans nos paysages. Il est cette ligne mouvante, ce point de convergence de nos regards et de nos pensées, mais aussi la démarcation entre
le visible et l’invisible

Par ce travail réalisé en immersion avec celles et ceux qui habitent, travaillent, rêvent les paysages photographiés, Aglaé Bory s’approprie l’histoire de chaque individu et la réinvente par ses compositions, avec un jeu de surimpressions narratives dans ses images.

L’exposition, composée de 28 photographies, peut se visiter en écoutant une bande son réalisée par Aglaé Bory, mêlant des extraits de conservations et des captations d’ambiance des territoires photographiés.

La photographie aux Champs Libres

En parallèle de cette exposition, les Champs Libres accueillent jusqu’au 7 novembre 2021 l’exposition Western, de Stéphane Lavoué, qui dévoile sa vision singulière de la Bretagne, de ses paysages et ceux qui les habitent. Les visiteurs peuvent également retrouver le travail de Valentin Figuier, invité par Stéphane Lavoué à présenter sa série « ENDLESS PURSUIT » consacré au quotidien d’un jeune surfeur du pays bigouden. À partir du 22 octobre 2021, le Musée de Bretagne présentera l’exposition Madeleine de Sinéty, Un village : un récit photographique d’une autre époque, qui explore également ce lien entre le territoire et
ses habitants.

Jusqu’au 22 janvier 2022, exposition Les Horizons, cartographie des possibles, Aglaé Bory, Bibliothèque des Champs libres.

INFOS PRATIQUES

Bibliothèque des Champs Libres
10 Cours des Alliés
35000 Rennes

 02 23 40 66 00

 Horaires d’été à partir du 6 juillet : Du mardi au vendredi : 13h – 19h / Samedi : 14h – 19h / Dimanche (uniquement la Vie du Citoyen) : 14h – 19h

A lire également sur Unidiverds.fr :

EXPO PHOTO. LE WESTERN DE STÉPHANE LAVOUÉ AUX CHAMPS LIBRES

DEUX SIÈCLES APRÈS, FLAUBERT PAR LUI-MÊME ET PAR RÉGIS JAUFFRET

Les années 2020 et 2021 sont celles de deux commémorations d’un seul et même homme : l’ermite de Croisset, le grand Flaubert, naissait le 12 décembre 1821 de l’union d’un père chirurgien en chef de l’hôpital de Rouen, Achille Cléophas Flaubert et d’Anne Justine Caroline Fleuriot, fille d’un médecin de Pont-L’Evêque. La mort surprit ce « géant à teint apoplectique et à moustaches de guerrier mongol » (François Coppée) le 8 mai 1880, plongé dans son dernier bain, anéanti par une hémorragie cérébrale.

Régis Jauffret qui a tant écrit sur de multiples vies minuscules tout à la fois fascinantes, cruelles, monstrueuses, toutes représentations d’une humanité minée par la folie et le désespoir (Microfictions), ou ancrées dans des faits divers (Sévère, Claustria, La Ballade de Rikers Island…), s’est penché cette fois sur le Maître du roman du XIXe siècle français. Pas pour en faire une énième biographie – d’autres l’ont fait abondamment et brillamment avant lui, s’est-il dit – mais pour se glisser dans la peau du grand homme d’abord, pour mieux l’observer ensuite.

D’où cette construction littéraire qu’on appelle « exofiction », catégorie de roman inspiré de la vie d’un personnage réel, autorisant des inventions et réécritures de dialogues et de monologues prêtés outre-tombe et par-dessus les siècles au glorieux rouennais en l’occurrence qui, d’entrée de jeu, va déclarant tout net et tout droit par la voix de Jauffret : « Un défunt ne prend pas la peine de se manifester pour reproduire Wikipedia. Je vous donne ici des phrases de mon cru dont le plus souvent vous ne trouverez trace ni dans mes œuvres ni dans ma correspondance ni d’une façon générale dans aucune archive. Deux siècles après sa naissance un auteur doit se renouveler. »

gustave flaubert
Gustave Flaubert (1821 – 1880)

Le nouveau roman de Jauffret participe donc d’une construction à deux faces ou deux voix. Jauffret est ainsi acteur d’abord, spectateur ensuite : il se glisse dans la peau du grand Gustave s’agitant sur la scène de sa vie et puis descend des tréteaux et se fait alors spectateur. La première partie, la plus longue, est intitulée « Je » et la seconde « Il » à laquelle succède un « chutier » où Jauffret développe paragraphes et phrases qu’il n’a pu insérer dans les deux parties précédentes de son texte, son « chutier » n’étant pas loin d’être son « chantier » de romancier.

Jauffret s’il n’est dans la posture d’un biographe précis et érudit est malgré tout connaisseur impressionnant de la vie du Maître. Tout y passe, de ses amours d’enfant à ses amours d’amant, et d’abord l’amour qui l’attacha à sa mère sa vie durant : « Après le décès de mon père j’ai pris l’habitude de pénétrer dans sa chambre sur la pointe des pieds quand je rentrais tard à la maison pour effleurer sa joue d’un baiser et l’entendre murmurer Bonsoir, mon Gustave entre deux bouffées de sommeil. Il en fut ainsi jusqu’à la fin de sa vie. » Une mère qui avait toujours rêvé de le marier, et, ajoute Jauffret, « le voir jeter sa semence dans un ventre fécond comme l’avaient toujours fait les mâles de la famille. » Peine perdue avec cet obstiné du célibat et de la non-paternité.

L’autre amour de Gustave fut celui qu’il voua à sa sœur Caroline : « Moi qui ai toujours refusé d’être père, ma sœur m’a fait oncle. […] Un bouquet de Caroline orna ma vie. » Une autre Caroline en effet, fille de sa sœur, ajouta à son bonheur: « Je lui enseignais l’histoire, elle m’appelait son Vieux et je lui donnais du mon Lou. » Elle fut mariée contre son gré et à la hâte au riche Ernest Commanville. Gustave, d’ailleurs, n’y fut pas étranger. Le couple de fortune – c’est bien le mot – profitera vilement de la gloire de l’oncle Gustave et ira s’enquérir des moindres manuscrits inédits dénichés dans son cabinet de travail « qui les feraient millionnaires », à peine refroidi le corps du défunt écrivain.

madame bovary flaubert
Image tirée du film Madame Bovary de Chabrol (1990). Isabelle Huppert dans le rôle de Madame Bovary.

L’amour qu’il voua aussi à ses personnages l’a marqué durablement jusqu’à l’obsession. Obsession de Madame Bovary d’abord, présente dès les premières pages du livre de Jauffret, silhouette dépenaillée, pitoyable et impitoyable – « Vous m’avez percluse de dettes, je me vêts de rataillons » – surgie des enivrantes vapeurs d’un bain à brûler la couenne comme les affectionnait le gras mais frileux Gustave, alors immergé en plein et « violent accès de béatitude. »

La persistance délirante et hallucinée à retrouver ses créatures ne s’arrêtait pas à Emma : « Lors de mon dernier voyage à Paris j’avais aussi croisé Bouvard et Pécuchet progressant bras dessus bras dessous boulevard Bourdon mais trop occupés à discuter du kantisme ils n’ont pas reconnu ce volumineux monsieur épuisé qui depuis plusieurs années déjà les pissait jour et nuit comme de grossiers calculs qui lui déchiraient l’urètre. » Mais c’est Emma, tel un spectre, qui le poursuit : « Avec l’obstination de ces fantômes écossais qui poursuivent les châtelains en faisant bruire leurs chaînes comme des serpents à sonnette leur saint-frusquin. Sans compter que lorsque je déambulais dans les rues de Rouen on me demandait à tout bout de champ de ses nouvelles comme si j’avais été son beau-frère. »

Elisa Schlésinger
Elisa Schlésinger (1810-1888)

Emma l’obsède, en effet. Il est vrai aussi que les femmes de chair et de sang ont troublé très vite et très tôt le jeune Gustave. Un matin de juillet 1836, l’adolescent, débordant de sève, est foudroyé par l’apparition très incarnée, celle-là, d’Elisa Schlésinger, jeune fille émergeant face à lui des flots de la plage de Trouville. « Quand l’espace d’un instant elle se retourna je raflai d’un œil habile l’image de son derrière large, bombée dont la raie semblait profonde entre les joues que j’imaginais pomponnées de rose comme celles d’un visage de chérubin. […] Ce fut la seule occasion de mon existence où en l’absence de tout contact physique un être humain déclencha en moi le processus de jouissance. » La vie de cette femme, devenue plus tard égérie de Flaubert et modèle romanesque, fut un défilé de drames amoureux et de déboires conjugaux, à commencer par son premier mariage avec Emile-Jacques Judée, sous-lieutenant de son état, soudard parmi les soudards invités à la noce qui firent subir à la malheureuse les affronts répétés d’épouvantables violences sexuelles sous les yeux d’un pleutre de mari, pas moins aviné que la « glorieuse » assemblée de ses convives bottés et débraguettés. Après la mort prématurée de son mari, Elisa trouvera des bras bienveillants et amoureux en la personne du riche Maurice Schlesinger, « libre penseur d’origine juive qui accepte de se convertir pour offrir un mariage catholique à cette femme demeurée fermement croyante malgré les vicissitudes. » Les viols de son jour de noces ne cesseront pourtant de la hanter et elle finira « son existence dans une maison de fous. »

D’autres femmes croisèrent le regard et tapèrent dans l’œil de Gustave : Louise Collet, femme de lettres, mondaine, parisienne et séductrice, fut de celles-là et l’écrivain fit « partie du troupeau de ses amants. » Leurs liens, de cœur et de chair, furent épisodiques : « Louise voyait sa modiste plus souvent que moi et je poussais plus fréquemment l’échoppe de mon cordonnier que mon bonhomme dans son saint-sacrement » Franc et paillard, le vaillant Gustave quand il parle d’elle et de leur « orgasme concomitant, point culminant d’une masturbation dont elle était l’étui et moi le Montecristo » ! Et il n’est pas le seul à se régaler ainsi des visages et des corps de jeunes filles : son ami Louis Bouilhet apercevant chez lui la nouvelle gouvernante de sa nièce Caroline, Juliet Herbert, débarquée de Londres en octobre 1854, se mit dans un drôle d’état, sexe érigé et douloureux « à ce point marmoréen », fit-il remarquer à l’ami Gustave, bien amusé !

Décidément les amis de Flaubert étaient de fichus gaillards. Et Gustave ne fut pas en reste, lui non plus, avec la jeune anglaise : « Mon regard agaçait volontiers son corsage ». Elle le remarqua bien vite et sans longtemps se faire prier jeta plus d’une fois dans son lit le bouillant écrivain.

Bouillant, et tout autant sensible aux âmes masculines, Gustave s’épanchera aussi sur l’épaule puis dans les bras de son ami Alfred Le Poittevin qui le consolera de son impossible amour pour Elisa. Et « à mon retour de Trouville, d’amis nous sommes devenus amants[…] Et quand Alfred mourut c’est dans ses bras que je pleurai cet homme dont j’étais veuf. »

Maxime Du Camp
Maxime Du Camp (1822-1894)

Maxime du Camp, sur les routes d’Egypte, sera son autre amour viril et, la mort approchant, Gustave se souviendra des cieux étoilés de l’Afrique sous lesquels « ils s’endormaient épuisés, enlacés sur le pont dans la nuit fraîche tandis que silencieuse comme un crocodile la cange avançait sur le Nil. »

Le prude XIXe siècle stigmatisera l’homosexualité « dont la psychiatrie naissante s’empara bientôt pour créer un syndrome, une déviance, pas même un vice, plutôt une dégradante maladie. » Et les amours masculines devront s’effacer devant les unions plus courantes et moins « irrégulières » d’un homme et d’une femme. À la condition toutefois qu’elles n’engagent pas de couples adultérins que l’époque et la censure ne supportaient pas. Le procès de Madame Bovary fut là pour le rappeler à Flaubert. Coucher avec une mineure pouvait passer en ce temps pour vice acceptable mais se compromettre avec une femme mariée, « horresco referens » ! Autres temps autres mœurs : « Toute morale varie, bien fol est qui s’y fie. »…

Le temps passant, et les mauvaises fortunes s’accumulant, le vieux Gustave finira dans la gêne. Et c’est la nièce Caroline – « femme mariée sans amour » – qui touchera cupidement les loyers d’« un oncle devenu rentable comme une fabrique dont la matière première, le travail et les murs étaient à jamais payés. ».

Regret aussi pour Gustave d’une vie si vite et si mal achevée. Bouvard et Pécuchet attendront toujours leur deuxième tome. Mais qu’importe le grand œuvre après tout, c’est la vie qui s’en va et conduit au trépas qui assombrit désormais Gustave. « Toujours vaut mieux exister que ne pas » se dit-il, et il revoit le film de son existence, « le grand défilé des êtres qui ont traversé sa vie.[…] Pour la première fois, il voit le temps, passant, passé, le temps qui devant lui danse sur les pointes comme une ballerine, virevolte, se prend pour l’éternité. Pour la première fois il était terrifié par le néant. […] Il échangerait soudain tous ses livres contre un matin neuf, […] ses œuvres complètes contre une seule minute. »

gustave flaubert croisset
La maison de Flaubert à Croisset (Seine-Maritime) avec, à gauche, le pavillon qui lui servait de cabinet de travail. Peinture (1897) de René Thomsen. (Bibliothèque municipale de Rouen.)

Devant le corps sans vie du Maître, deux orphelins, Maupassant, le fils spirituel, et Julio, le chien de Gustave, étaient bien tristes. « À part ces deux êtres seul le ciel obstinément gris depuis l’orage semblait en deuil. » Caroline et Ernest, pas loin de festoyer, tentaient de donner le change…

Ce livre vibrant, caracolant, sensuel, lumineux et sombre tour à tour, à l’image de la vie de Flaubert, est passionnant. « Un romancier est un comédien qui arrive sur scène, s’aperçoit qu´il ne se souvient plus de son texte et en improvise un autre » a déclaré l’auteur en interview. Cette improvisation-là a produit ce qui est bien près d’être un chef d’œuvre.

Le dernier bain de Gustave Flaubert, de Régis Jauffret, Seuil, 2021, 328 p., ISBN 978.2.02.145366.9, prix : 21 euros.

Interview de Régis Jauffret à écouter sur ce site:

RENNES. LE MINI FESTIVAL TEXTURE AURA LIEU DU 8 AU 11 JUILLET

0

Après de longs mois d’attente, le secteur de l’événementiel se relève petit à petit. C’est l’occasion pour Texture de proposer sur la période habituelle de son festival, un format « MINI » et totalement gratuit. Il propose de renouer contact avec le public, les artistes et les lieux qui font vivre les musiques électroniques à Rennes

Cette année, pas de grands rassemblements comme celui de la Prévalaye mais 5 événements conviviaux au cœur du centre-ville. Les artistes rennais sont mis à l’honneur avec les représentants de plusieurs associations qui font l’effervescence de la ville : La Rennes des Voyous, Breakboost, Merci, Turtle CorporationL’éclectisme musical est toujours au rendez-vous avec un large panel de musiques électroniques proposé. 

TEXTURE FESTIVAL RENNES

Pour la première fois, Texture investit la Place de Mairie et propose une grande fresque créée par Martin Rose (Roseau Studio), le Directeur Artistique et graphiste de l’association depuis ses débuts. Côté musique, le Dooinit festival se charge de la programmation et invite La Récrée. Cet événement est une collaboration entre Transat en Ville, Texture et Dooinit festival.

L’autre événement marquant de cette édition se déroule au Parc du Thabor, dimanche 11 Juillet de 14h à 18h. Cette après-midi familiale permettra aux enfants de s’initier aux arts du cirque avec le collectif Bing Bang Circus et d’écouter Disco et House Music. Cet événement est une collaboration avec Transat en Ville.

LE PROGRAMME    

texture rennes 2021
IVY, membre du collectif rennais BreakBoost, aux côtés de ses frères d’armes Schloss et MI:NT, elle trouve sa famille de coeur et le courage de partager ses trésors musicaux sur scène. Les yeux rivés sur les scènes émergentes du globe, elle fait constamment évoluer ses influences pour ne jamais se lasser ou bien encore pour assouvir sa soif d’expériences musicales. » À retrouver de 23h à 1h, le jeudi 8 juillet à Le Café des Champs Libres !

JEUDI 8 JUILLET

Café des Champs Libres – 19h00 – 01h00 / jauge limitée

▸ Weever (Organisme Texture)

▸ Nessiel (Merci)

▸ IVY (Breakboost)

Style Musical : Electro, Break, EBM 

VENDREDI 9 JUILLET

Barexpo – 20h00 – 01h00 / jauge limitée

▸ Element Process (H.Mess & CLEFT)

Style Musical : Techno

TEXTURE FESTIVAL RENNES
Hôtel Dieu après-midi traversant plusieurs styles musicaux : reggae dub, blues, jazz, soul, tropical, afro, funk, garage.. The Roof – Maison de l’escalade – Rennes Samedi 10 juillet 2021. Horaires : 14h00 – 20h00 EVENN (Organisme Texture), Do JOAD (Turtle Corporation), Blanca Brusci. Évènement gratuit.

SAMEDI 10 JUILLET

Hôtel Dieu The Roof – 14h00 – 20h00 / jauge limitée

▸ Blanca Brusci (La Rennes Des Voyous)

▸ Do-Joad (Turtle Corporation)

▸ EVENN (Organisme Texture)

Style Musical : Funk, Jazz, Disco

Place de la mairie – Collaboration avec Dooinit festival & Transat en Ville – 20h00

▸ La Récrée

▸ Fresque by Martin Rose (Organisme Texture/Roseau Studio)

Style Musical : Hip Hop

TEXTURE FESTIVAL RENNES
Valise, ce sont deux Rennaises à l’identité groovy et énergique qui aiment mélanger les styles. À retrouver de 14h à 16h, le dimanche 11 juillet au Parc du Thabor ! Un événement en collaboration avec Transat en Ville.

DIMANCHE 11 JUILLET

Parc du Thabor – Collaboration avec Transat en Ville – 14h00 – 18h00 / jauge limitée

▸ Valise

▸ Yann Polewka (Organisme Texture)

▸ Arts du cirque par Bing Bang Circus

Style Musical : Disco, House

TXTR ORGANISATION – RENNES (FR)

FACEBOOK  SOUNDCLOUD

TWITTER  YOUTUBE

Site internet 

REVUE 303. DES HOMMES ET DES ARBRES : DE L’IMPORTANCE DU PATRIMOINE ARBORICOLE

La revue 303 arts, recherches et créations consacre son dernier numéro à ce dont nous sommes entourés, mais dont nous ne mesurons pas toujours la valeur : les arbres. Pourtant, loin d’être un simple élément naturel substituable, l’arbre, par sa dimension culturelle voire spirituelle, fait vivre l’homme et la société, d’où la nécessité d’agir pour éviter sa disparition.

Qu’on les apprécie pour la fraîcheur et l’ombre qu’ils offrent en été, pour l’abri qu’ils constituent en cas de pluie, pour les jeux qu’ils permettent aux enfants, pour les fruits et les matériaux qu’ils donnent, ou tout simplement pour la sérénité qu’ils dégagent, les arbres font partie depuis toujours de notre vie. Pourtant, comme l’écrit Pascaline Vallée dès l’éditorial, « si nous reconnaissons tant de bienfaits aux arbres, comment sommes-nous donc passés de leur contemplation à leur exploitation ? » Chaque année, ce sont en effet plus de 9 500 000 hectares de forêt qui disparaissent dans le monde, soit l’équivalent de 18 terrains de football à la minute, selon lOrganisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO). Ce numéro de la revue 303 a donc pour ambition de susciter une prise de conscience de la nécessité de préserver le patrimoine arboricole, en raison de son caractère essentiel à la fois pour les écosystèmes naturels, mais aussi pour l’homme.

Des réserves exceptionnelles de biodiversité

Les arbres, ce sont avant tout des réserves exceptionnelles de biodiversité. Comme le souligne la journaliste Alice Bomboy, les forêts abritent à l’échelle mondiale 80% de la biodiversité terrestre. L’arbre fonctionne comme un « HLM à biodiversité » selon la scientifique Marion Vinot-Gosselin : il offre différents supports de vie (racines, feuilles, branches) convenant à différents types d’espèces, qui permettent elles-mêmes à d’autres espèces de se développer, entretenant ainsi tout un écosystème. La variété des arbres présents dans les forêts favorise également la richesse de la biodiversité, étant donné que chaque variété est propice à des espèces différentes.

lézard ocellé
Le lézard ocellé, symbole de la biodiversité exceptionnelle présente dans les forêts. Après avoir disparu des forêts des Pays de la Loire pendant près de quarante ans, il a été aperçu en 2018 dans la forêt domaniale du Pays de Monts, en Vendée. (source : mundoecologia.br.com)

Enfin, le patrimoine génétique des arbres, soit « l’ensemble des caractéristiques héréditaires que possède chaque individu et qui vont déterminer sa taille, son architecture, sa capacité à résister à la sécheresse où à certains parasites – et plus largement, ses capacités d’adaptation aux effets du changement climatique », joue un rôle important, en ce qu’il permet à des individus de posséder certaines caractéristiques les rendant résistants aux changements climatiques, qu’ils vont pouvoir transmettre à leurs descendants de sorte que les futures générations d’arbres soient plus résistants à ces changements. Ajoutons à cela le fait que les arbres fonctionnent comme un « puits de carbone », absorbant et stockant le dioxyde de carbone, et l’on comprend mieux le désastre que représente la déforestation massive.

Un patrimoine culturel immatériel

Mais l’arbre ne se limite pas à sa dimension de régulateur des écosystèmes. Il est également investi de représentations, de symboliques, de croyances qui en font un élément essentiel de la culture humaine. Ce n’est pas un hasard si, comme le montre Éva Prouteau, l’arborescence – qui consiste à hiérarchiser des données selon une structure en arbre – a investi de nombreux domaines de la vie courante, que ce soit en généalogie (l’arbre généalogique permettant de retrouver ses descendants), en ingénierie (arbre de défaillances, des causes ou d’évènement) ou en biologie (l’arbre phylogénétique de Darwin représentant l’évolution des espèces). L’arbre représente en effet une « stabilité structurelle » et une « efficacité spatiale » : son développement est invariant, comme le démontrait Léonard de Vinci en affirmant que pour tout arbre, la taille de toutes ses branches est égale à la grosseur du tronc.

arbre phylogénétique darwin
L’arbre phylogénétique de Charles Darwin, extrait de De l’origine des espèces (1859)

Les arbres vont même parfois, ainsi que l’explique le géographe Yann Leborgne, jusqu’à faire l’objet d’une sacralisation, devenant ainsi un véritable « patrimoine culturel immatériel »: « Lors de l’évangélisation, l’Église a récupéré les manifestations païennes antérieures en identifiant une dévolution à tel ou tel saint. Pour le géographe. En certains lieux, ces rapports sacrés aux arbres sont parvenus à perdurer jusqu’à nos jours à travers des récits légendaires, des croyances, des pratiques rituelles et cultuelles. » Parfois, les arbres portent des attributs de cette sacralité : morceaux de tissus ou clous enfoncés dans le tronc, statue d’un saint posée sur une branche, chapelle aménagée autour voire à l’intérieur même de l’arbre. Fêtes villageoises et légendes populaires concourent à construire une mémoire de groupe autour des arbres, et par-là même pérennisent le corps social.

L’arbre est tellement ancré dans l’humain qu’il bouleverse même le récit des origines : selon certains spécialistes, parmi lesquels le botaniste français Francis Hallé, plaident pour l’hypothèse d’une origine arboricole de l’humanité. Résumée par l’écrivain Anthony Poiraudeau, cette théorie postule que « nous serions humains, c’est-à-dire pourvus de spécificités proprement humaines au sein du vivant, parce que les espèces dont l’évolution nous a fait descendre vivaient dans les arbres ». Si cette théorie ne fait pas l’unanimité parmi la communauté scientifique, elle s’appuie tout de même sur des fondements solides. Mais accepter cette idée, nous dit l’écrivain, c’est remettre en cause un paradigme anthropologique, celui du chasseur conquérant n’utilisant des arbres que leur bois pour faire des armes, pour celui moins viriliste et héroïque du cueilleur.

L’arbre saisi par l’art

Ce lien entre l’humain et l’arbre n’a pas échappé à l’art, qui a fait de l’arbre un terrain d’expression de la sensibilité humaine et de la compréhension du monde. Pascaline Vallée montre remarquablement que l’art contemporain, s’il a d’abord délaissé l’arbre en ce qu’il lui semblait trop « commun », trop ancré dans la réalité, l’a réinvesti non pas en tant que sujet d’observation purement naturaliste, mais comme miroir de l’artiste lui-même : « Comme l’eau passe le paysage qu’elle renvoie au prisme de ses ondulations, l’artiste ne se contente pas de représenter l’arbre mais l’investit d’une part de lui-même et de ses réflexions. »

giuseppe penone main arbre
La main dans l’arbre de Giuseppe Penone (source : laboiteverte.fr)

L’arbre devient le matériau même de l’expérimentation artistique, l’artiste « se plaçant physiquement au cœur de ce qui devient son matériau ». Ainsi en est-il des travaux de l’artiste italien Giuseppe Penone, et notamment Il continuera à croître, sauf en ce point : en plaçant une main en acier autour du tronc d’un arbre, il donne à voir comment l’arbre s’adapte à cette contrainte, ce qui souligne non seulement son évolution, mais également « les formes et l’énergie que celui-ci a déployées. »

La littérature n’est pas en reste. L’écrivaine Julia Kerninon souligne que l’arbre y apparaît comme un refuge : grimper ses branches est « un moyen innocent de sortir du paysage, de quitter le monde, de ne plus toucher terre », et donc d’échapper aux vicissitudes de la vie, à l’image du Baron perché d’Italo Calvino. D’ailleurs, quel enfant n’a jamais rêvé de vivre dans les arbres ? L’écrivaine remarque que « l’image de l’arbre apparaît comme une ligne de démarcation assez claire entre [l’enfance et l’âge adulte]. Pour les enfants, les arbres sont possibilité d’évasion, de liberté – pour les adultes, ils peuvent devenir les arbres qui pèsent ». Et de citer Beloved de Toni Morrison, où les nombreuses cicatrices dues aux coups de fouets reçus par l’ancienne esclave Sethe ont pris la forme d’un arbre sur son dos. C’est ici l’image de l’arbre protecteur, accueillant, symbole de joie et de sécurité, qui est questionnée.

Planter, mais pas à tout prix

Que faire alors pour protéger ce patrimoine si riche en tous points de vue formé par les arbres ? David Prochasson évoque l’engouement récent pour les micro-forêts. L’objectif de ce concept imaginé par le botaniste japonais Akira Miyawaki et porté en France par une multitude d’associations et de collectifs citoyens : « planter de façon très dense des essences locales pour faire revivre des sols souvent dégradés, sans humus ou déforestés ». La densité favorise la coopération entre les arbres et l’enracinement, ainsi qu’une course à la lumière qui stimule la croissance des arbres. Permettant selon ses défenseurs d’obtenir une croissance « dix fois plus rapide », une biodiversité « cent fois plus riche » et de stocker « trente fois plus de carbone », le concept semble promis à un bel avenir.

Pourtant, ce n’est en aucun cas la solution miracle. En effet, il ne faut pas que planter des arbres à un endroit soit un prétexte pour en abattre ailleurs. De plus, les conditions climatiques de l’Europe de l’Ouest ne semblent pas favorables à de telles forêts. C’est que, comme l’indique l’architecte-paysagiste Caroline Mollie dans un entretien avec Frédérique Letourneux, planter pour planter ne sert à rien : encore faut-il planter malin. La spécialiste fustige la course à la plantation à laquelle se livrent de nombreuses villes, et qui s’avère contre-productive : « Quand on plante, il faut que ce soit pour aujourd’hui mais aussi pour demain. » D’où la nécessité de planter moins mais mieux, de favoriser les grandes frondaisons plutôt que les alignements de petits arbres serrés, en d’autres termes de favoriser l’espace plus que la densité.

Bref, quelle que soit la solution, il importe de considérer les arbres à leur juste valeur, pour tout ce qu’ils apportent à la nature et donc à l’homme. Espérons que ce numéro éveillera les consciences.

éditions 303 revue arbres

Revue 303 arts, recherches et créations, trimestriel n°166, Arbres, Éditions 303, juin 2021, 96 pages, 15€

RENNES. UN PARC CHAMPÊTRE POUR COURONNER BEAUREGARD

0

Le quartier de Beauregard, positionné sur la cime des coteaux nord de Rennes, a vu prendre forme en 2005 un premier parc urbain de 6 hectares. À l’horizon 2022, le quartier sera aussi bordé au nord d’un vaste parc champêtre de plus de 15 hectares, dans le souci d’un dialogue permanent entre ville et nature, au service de la qualité de vie des habitants.

RENNES PARC BEAUREGARD

Étudié avec le Conseil Local de la Biodiversité, le parc sera réalisé avec les conseils de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Bretagne Vivante ou encore Eau et Rivières de Bretagne. Il s’étendra sur près d’1,5 km d’ouest (depuis
la rue Fernand Robert) en est (en bordure du boulevard de la Robiquette avec l’opération Porte de Saint-Malo) et proposera des espaces aux ambiances
distinctes, répondant aux caractéristiques écologiques et historiques de chaque secteur (zone humide, haies bocagères, plaine, belvédères, landes, fermes urbaines de Quincé, clairières…) et aux besoins et usages diversifiés des habitants. L’aménagement du parc prévoit la plantation de près de 3 000 arbres et
arbustes et la création de nouvelles aires de loisirs (aire de jeux, pump-track…), des observatoires…
Coût prévisionnel de l’opération : 3.5M€

CHIFFRES CLÉS
60 000 m² de vallons naturels
55 000 m² destinés à l’agriculture urbaine
36 000 m² de bosquets, petits bois
17 000 m² de prairies de jeux
15 000 m² de roselière
3 000 arbres et arbustes à planter

  • RENNES PARC BEAUREGARD
  • RENNES PARC BEAUREGARD

LE PROJET URBAIN


Bordées par la rocade ouest de Rennes, les Zac Beauregard et Beauregard Quincé composent le quartier le plus récent de Rennes, créé en extension urbaine. Respectivement créées en 1993 et 2005, elles forment, avec la Zac Porte de Saint-Malo (créée en 2006), le projet urbain de Beauregard. Leur programmation et les opérations d’aménagement qui s’y déroulent sont conduites dans ces trois périmètres distincts, mais avec une vision globale permettant de garantir la cohérence d’ensemble, au regard, notamment, des caractéristiques paysagères du secteur.

RENNES PARC BEAUREGARD

Le projet urbain du quartier de Beauregard couvre environ 110 hectares, avec comme objectif global pour les 3 Zacs de construire 5 300 logements, plus de 33 000 m² de bureaux, 21 500 m² d’équipements culturels (Frac, Archives départementales) et plus de 16 000 m² de commerces et activités. Aujourd’hui, les derniers programmes immobiliers et équipements des secteurs Beauregard et Beauregard Quincé sont en construction ou en voie d’achèvement. La programmation en logements répond aux objectifs de mixité sociale fixés par le Programme Local de l’Habitat (PLH) de Rennes Métropole : répartition entre 45 % de logements aidés (accession et locatif social) et 55 % de logements libres.
La poursuite du développement urbain de Beauregard se dessine dans un périmètre d’étude élargi, pour prendre en compte la zone Coteaux de l’Ille ZA Nord, qui fera l’objet d’une consultation avant désignation d’un urbaniste (fin 2021).

ZAC BEAUREGARD. Concédée à Territoires et développement.
71 ha.
À TERME
3 420 logements dont 45 % de logements aidés (locatif et accession social) et 55 % de logements régulés et libres.
21 500 m² d’équipements culturels.
10 000 m² de tertiaires et activités.
11 000 m² d’équipements publics.
6 000 m² de commerces et services.

RENNES PARC BEAUREGARD


LE PROJET URBAIN

Les principes d’aménagement de la Zac Beauregard s’articulent autour du renforcement de la trame bocagère existante, et prennent en compte la topographie des lieux. Calé sur la ligne de rupture entre deux bassins-versants majeurs, ceux de la Vilaine et de l’Ille, Beauregard offre un point de vue dégagé sur Rennes. La Zac est conçue à partir du patrimoine paysager et agricole préexistant. Les haies bocagères contrant les vents du nord et de l’ouest et le façonnage de chemins creux par les agriculteurs du secteur ont guidé l’implantation des îlots de manière à préserver l’essentiel de ce patrimoine bocager : chemins creux, haies, fossés et talus agricoles, prairie humide, ruisseau…
Créée en 1993, la Zone d’aménagement concerté Beauregard a vu ses premiers logements livrés en 1997. Cette extension urbaine de Rennes a aussi été marquée par l’aménagement du parc, ouvert au public en 2001, la construction de deux groupes scolaires (Sonia Delaunay, en 2004, et Nelson Mandela, en 2015), d’un équipement de quartier (Le Cadran, livré en 2014) et l’implantation du nouveau bâtiment du Fonds régional d’art contemporain (FRAC), qui a ouvert ses portes au public en 2012. L’Alignement du XXIe siècle, œuvre monumentale d’Aurélie Nemours, inaugurée en 2006, participe de l’identité de Beauregard.
Équipements : école Sonia Delaunay, Archives départementales, Frac
Bretagne, Le Cadran, crèche Colette, gymnase…

CHRONOLOGIE
1993 : Création de la Zac.
1997 : Livraison des premiers logements.
2001-2002 : Ouverture du parc Beauregard et de l’école Sonia Delaunay.
2018 : 90 % des logements sont livrés.
2019 : Ouverture de la résidence intergénérationnelle Le cours des arts.
2021 : Livraison du gymnase.
2023 : Horizon d’achèvement de la Zac.

ZAC BEAUREGARD QUINCÉ. Concédée à Territoires et développement
27,5 ha.


À TERME

  • 1 473 logements.
  • 2 000 m² de services-activités.
  • 3 200 m² pour le groupe scolaire Nelson Mandela.
  • Fermes de Quincé.
ferme quince rennes

LE PROJET URBAIN


La Zac Beauregard-Quincé se structure autour du site des fermes de Quincé, désormais occupées par le Collectif 35 Volts, lauréat d’un appel à projets lancé par la Ville de Rennes et Territoires qui y développe un projet d’agriculture urbaine et d’animations culturelles.
Basé sur les objectifs environnementaux de l’opération Beauregard, le projet urbain pousse encore plus loin les exigences environnementales. La gestion des eaux pluviales se déploie à ciel ouvert (noues, toitures végétalisées, matériaux
perméables, etc.).
De la conception à la consommation, la réduction des dépenses énergétiques des bâtiments fait partie intégrante du projet : prise en compte des conditions bioclimatiques, matériaux biosourcés, équipements économes.


APPEL À MANIFESTATION D’INTÉRÊT (AMI) « CONSTRUCTION BOIS POUR
TOUS »
Inscrit dans cette logique, le projet « L’île ô Bois » issu de l’AMI lancé par Rennes
Métropole
propose une centaine de logements en accession libre et régulée (appartements et maisons individuelles). Le système constructif de ces logements utilise le bois structurel (panneaux CLT, bois massif lamellé croisé) et l’ossature bois. Chaque logement dispose de terrasses, de grands balcons ou d’un jardin privatif, et les futurs habitants seront appelés à participer à un projet de jardins partagés et à des ateliers de bricolage.
Un second projet, « Arboretum » permettant également le développement de la filière locale bois sera réalisé en bordure du parc champêtre et de la future place Desroches-Noblecourt. Lancé par Rennes Métropole avec Abibois, l’AMI « Construction bois pour tous » va donner naissance à 340 logements en bois dans onze programmes immobiliers, accueillis dans dix communes, dont 250 à Rennes Beauregard.

CHRONOLOGIE
2005 : Création de la Zac
2012 : Livraison des premiers logements
2015 : Livraison du groupe scolaire Nelson Mandela
2019 : 79 % des logements sont livrés
2021 : Lancement du projet d’agriculture urbaine aux fermes de Quincé
2023 : Horizon d’achèvement de la Zac

PORTE DE SAINT-MALO


Zac (10 hectares) destinée à être concédée à Territoires Publics fin 2021. Programme prévisionnel : 440 logements. Aménagement d’un parc le long du boulevard de la Robiquette. Le parti d’aménagement de la Zac prévoit des constructions sur la partie haute du coteau avec une desserte depuis l’avenue Germaine Dulac. La partie basse
formée par une pente douce vers le boulevard de la Robiquette et marquée par des haies bocagères à préserver, sera aménagée sous forme de parc dans le prolongement de celui de Quincé. Des liaisons douces sont prévues pour connecter le quartier de Beauregard avec le secteur Grand quartier et Chesnay-Beauregard.
Les implantations bâties seront définies de manière à préserver les vues sur la
vallée de l’Ille et le patrimoine bâti existant. L’opération Porte de Saint-Malo assurera ainsi la transition avec le secteur Coteaux de l’Ille – Zone d’Activité Nord qui doit faire l’objet d’études à partir de la fin 2021 pour organiser son renouvellement urbain.
Aujourd’hui, 104 logements ont été livrés.
En 2020, 2 programmes situés rue Gaspard de Coligny ont été attribués totalisant 150 logements avec une livraison prévue en 2024. De nouvelles attributions aux constructeurs sont prévues en 2021 et 2022 sur le reste de la Zac.
Les livraisons de ces 200 logements supplémentaires en bordure du futur parc
s’échelonneront jusqu’en 2026-2027, date prévisionnelle de l’achèvement de ce
quartier.

De nombreuses photos du quartier en construction sont à consulter sur le site de pss.archi.

FLEUVE DES ROIS OU ROIS DU FLEUVE, TAYLOR BROWN NOUS CONTE L’ALTAMAHA

Certains lieux sont empreints d’histoire. L’Altamaha, qui prend sa source au centre de l’État de Géorgie et se jette dans l’océan atlantique, est un fleuve chargé de légendes et de forces maléfiques. Entouré de forêts d’arbres millénaires, on le dit hanté par un serpent de mer, un monstre marin surnommé Altamaha-ha. C’est dans ce décor que deux frères, Lawton et Hunter entreprennent de rejoindre l’océan à bord de kayaks pour y disperser les cendres de leur père.

FLEUVE DES ROIS TAYLOR BROWN

Taylor Brown mêle brillamment trois récits dans ce roman. Au présent, nous suivons le périple des deux frères dans cette nature sauvage. Mais la mémoire de leur père imprègne le lieu et Lawton compte sur ce voyage pour faire toute la lumière sur les circonstances de sa mort. Par ailleurs, le fleuve est un lieu empreint d’histoire et il faut remonter au XVIe siècle pour en saisir toute la dimension.

Altamaha
Photo : Evangelio Gonzalez

Deux frères, seuls, au milieu d’une nature sauvage, confrontés à la disparition soudaine de leur père, c’est l’occasion de se retrouver, de reparler de l’enfance. Lawton est un militaire, nageur de combat, marin de l’US Navy. Il aurait pu entrer à l’Académie navale sans l’accident d’Hunter lors d’un match de football américain. Mais il a dû affronter l’enfer des classes et des engagements militaires. C’est le plus physique des deux et il se moque facilement de l’indolence de son frère étudiant en histoire.

Lawton se souvient davantage de son père, de sa violence et il s’énerve facilement contre tous ceux qui ne respectent pas ce lieu naturel dans lequel il est né. Cette histoire de fraternité est sans aucun doute le point le plus sensible du roman. Hiram, leur père, est né sur une maison flottante. Le fleuve comptait à ses yeux plus que n’importe quel lien humain. Mais il ne voulait pas que ses fils soient pêcheurs de crevettes comme lui.

FLEUVE DES ROIS TAYLOR BROWN

Enfant, avec son meilleur ami, Uncle King, il avait dû fuir la violence parentale. Les deux enfants ont vécu un drame que l’auteur ne nous dévoilera qu’au fil des pages. Une même cicatrice sur la main rappelle leur lien de sang. Marié et père de deux enfants, Hiram travaille avec son propre bateau. Il y cache son argent, espérant pouvoir un jour convaincre sa maîtresse de le suivre. Mais les lois d’un fleuve où se cachent des contrebandiers sont rudes. Cette partie entretient le suspense du roman.

taylor brown
Gravure Jacques Le Moyne de Morgues

Les secrets du passé, habilement distillés par l’auteur, guident l’aventure des frères. Depuis des siècles, l’endroit est le lieu de sauvageries. En 1564, trois navires de guerre comptant plus de trois cent colons français huguenots envahissent les lieux sous le commandement de René de Laudonnière. À bord, Jacques Le Moyne de Morgues, peintre et dessinateur de Charles IX, roi de France, nous raconte cette expédition dans ces lieux peuplés de tribus indiennes ennemies. Laudonnière trahit le camp de Saturiwa, roi de la côte pour négocier le chemin vers l’or des Appalaches avec son ennemi Utina, le roi de l’Ouest. Les combats seront violents et les colons français y perdront leurs approvisionnements. L’arrivée de navires espagnols mettra une fin sanglante au supplice des rescapés français.

Ces fragments d’histoire tiennent en haleine le lecteur par son souffle épique. La sauvagerie des combats avec les tribus indiennes ou plus tard avec les Espagnols se mêle à la grande aventure humaine adoucie par l’empathie de Jacques Le Moyne. Voici une lecture idéale pour les vacances. Le fleuve des rois est un roman foisonnant parcourant trois époques autour de personnages forts et engagés dans cette nature envoûtante. Taylor Brown déroule son histoire au fil du fleuve, dévoilant les passés déterminants du père et des fils. Le fleuve est sans aucun doute le roi de ce roman.

Malgré la mouvance de ses eaux, il charrie des années d’histoire cachant dans ses profondeurs la noirceur des hommes. Jacques Le Moyne, Hiram, Uncle King en furent quelques figures de rois, ambivalents comme le monstre Altamaha-ha. Des figures qui hanteront à jamais le fleuve, auréolant ce lieu de leur courage et de leur respect du lieu. Lawton et Hiram, de sensibilité différente, en sont de très beaux héritiers.

Le fleuve des rois de Taylor Brown, traduit par Laurent Boscq, paru chez Albin Michel le 12 mai 2021, 464 pages, Prix : 22,90 euros, EAN13 : 9782226444707.

Né en 1982 en Géorgie, dans le sud des États-Unis, Taylor Brown a vécu à Buenos Aires et à San Francisco avant de s’installer en Caroline du Nord. Baroudeur, touche-à-tout, passionné de moto autant que de voitures de collection et jamais en panne d’inspiration, il s’est imposé en quelques années comme l’un des écrivains les plus prometteurs de sa génération. Le Fleuve des Rois est son troisième roman à paraître en France après La Poudre et la Cendre (Autrement, 2017) et Les Dieux de Howl Mountain (Albin Michel, 2019).

LES BEAUX ÉTÉS TOME 6 LES GENETS : UNE LECON DE BONHEUR

0

Avec ce tome 6 on retrouve avec joie la famille Faldérault qui, partie pour Marseille, va finalement passer ses vacances estivales à la campagne. Tendresse et sourire assurés.

BD LES BEAUX ETES
Ex-Libris

C’est le merveilleux moment de l’année où l’on charge la voiture de valises, de tentes, de sacs de couchage. C’est le moment du départ en vacances. Pour la sixième fois la famille Faldérault nous invite à partager avec elle cet instant exceptionnel.

BD LES BEAUX ETES

Elle nous raconte rétrospectivement, chaque année, leur départ dans un heureux désordre chronologique qui fait de leurs histoires un agréable puzzle où les adolescents vieillissent avant de rajeunir, où le père dessinateur prend du ventre avant de redevenir jeune marié.

  • BD LES BEAUX ETES
  • BD LES BEAUX ETES
  • BD LES BEAUX ETES

Nous sommes en 1970 cette fois-ci et comme pour chaque album, un air musical ressuscite l’époque. In the Summertime accompagne le couple et ses trois enfants parti de Belgique pour les calanques marseillaises, mais plus sûrement pour une ferme près d’Avallon, Les Genêts, arrêt provoqué par un accident de Mam’zelle Estérel, la 4L luxe six places, modèle 62. ET un pare brise de 4L cela ne se trouve pas si facilement même en 1970.

  • BD LES BEAUX ETES
  • BD LES BEAUX ETES
  • BD LES BEAUX ETES

Au lieu de la mer, c’est la campagne que vont explorer nos cinq personnages, désormais familiers. Les ressorts de ces BD nous sont connus : tendresse, naïveté ou fausse naïveté des enfants, évocation d’une époque, personnages typés, comique de répétition. Tous ces ingrédients se retrouvent dans cet opus réussi, après un petit coup de mou dans l’album précédent. La conception, la naissance, la « momosexualité » occupent le coeur de l’histoire avec toujours en toile de fond cette douceur qui raconte par exemple un papa nuage et une maman nuage qui « là-haut dans le ciel se donnent du bon temps ».

BD LES BEAUX ETES

Les grincheux raconteront qu’il s’agit de récits politiquement corrects, porteurs de clichés de notre époque. Pourtant la réaction villageoise violente en 1970 à la découverte d’un couple lesbien dans leur communauté rappelle le chemin parcouru en un demi siècle et que rien n’est jamais gagné. La parole donnée aux enfants permet de garder dans la démonstration une forme de légèreté et de naïveté, deux qualités que l’on attend à la lecture annuelle de ces Beaux Etés.

BD LES BEAUX ETES

La candeur, la tendresse les dessins de Jordi Lafebre les expriment avec des couleurs douces qui nous font ressentir sous l’ombre tachetée des arbres la chaleur de l’été. Un nez plissé, un clin d’oeil disent beaucoup de choses et tant pis si le récit ne prend pas la forme d’un manifeste, mais a le simple désir de nous faire sourire et de nous inciter à regarder ces petits riens qui font le bonheur quotidien d’une famille en perpétuel mouvement géographique, mais aussi générationnel. Le trait est léger, déterminé et juste, mais jamais ostentatoire ou militant. Montrer le bonheur n’est pas si simple. Zidrou et Jordi Lafebre nous en décrivent les contours avec talent et humour. C’est déjà pas si mal. Et cela nous incite à attendre avec impatience un nouvel album et le début de nouvelles vacances.

Les Beaux Étés. Tome 6. Les Genêts. Scénario : Zidrou. Dessin : Jordi Lafebre. Éditions Dargaud. 56 pages. Parution 18 juin 2021. 14,50€.

Lire les Beaux étés Tome 5 La fugue.

JUST DO PAINT 2021. DANS LES YEUX D’AERO

0

Just do paint, festival de graffiti et street art, revient à Saint-Brieuc du 1er au 4 juillet 2021. Covid oblige, la quatrième édition se concentrera sur la scène française, et particulièrement les artistes bretons. Un des représentants de cette scène bretonne si riche est le Rennais Aero dont les personnages qui ornent les murs de la ville dévisagent le passant avec une rare intensité. Portrait d’un portraitiste.

Le festival Just Do Paint qui se tient à Saint-Brieuc du 1er au 4 juillet invite le graffeur rennais Aero à peindre une façade de la ville. Depuis 2017, ce remarquable portraitiste s’est distingué sur la scène graff bretonne grâce à ses personnages au regard plein d’émotions qui interpellent les passants. Ils sont l’aboutissement de près de 25 ans de pratique du graffiti.

aero

Au milieu des années 1990, Aero baigne dans la culture hip-hop. « Le graffiti est une des disciplines de cette culture », précise-t-il. « En plus de rapper, de danser le breakdance, on s’est mis à faire du graff avec des copains, influencés par nos grands-frères, et les tags qu’on voyait dans la rue. » Il est vite séduit par la sensation de briser les barrières imposées et par l’adrénaline que procure le tag : la menace de se faire “serrer” par la police, mais aussi la bagarre avec les autres graffeurs, faire toujours plus gros, toujours plus haut, se mettre en danger physiquement pour accomplir quelque chose et se sentir ainsi exister. Il choisit le nom d’Aero, en référence à la bombe aérosol, son outil de prédilection. Mais ce nom évoque aussi le caractère insaisissable du courant d’air, et la liberté qui vont avec l’exercice du graffiti sauvage.

En 2000, il crée avec d’autres graffeurs l’association Calligraffix, qui proposait des décorations en tout genre ou des ateliers d’initiation au graff. « Une première jonction entre l’illégal et le légal, et un premier pied pour moi dans le domaine de la décoration », commente Aero. Parti en 2004 à la Réunion, il délaisse son métier de cuisinier pour monter une entreprise de décoration, Creaero, contraction de création à l’aérosol, sa spécialité donc. Poursuivant sa tournée des DOM TOM, il propose décorations et initiations au graff à Mayotte, en Guyane, en Polynésie. À son retour en France en 2016, il décide rapidement de se consacrer entièrement à la peinture.

Autodidacte, n’ayant jamais appris à dessiner, il se fixe un objectif qui lui avait toujours échappé : réaliser des portraits humains. « J’ai commencé à faire des portraits dans les rues de Rennes, la plupart du temps en vandale. J’étais avec mon vélo, ma charrette, j’arrivais sur des spots, je mettais ma rubalise et je faisais comme si j’étais invité » raconte-t-il. À force de travail, il développe un processus de réalisation dont le résultat le satisfait. « Je redessine des photographies ou des montages photographiques en choisissant mes sujets essentiellement en fonction de l’émotion qui émane de leur regard, de leur posture. »

 
 
 
 
 
Voir cette publication sur Instagram
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Une publication partagée par 💥AÉRO💥 (@creaero)

Alors qu’il n’utilise toujours que sa bombe aérosol, on est frappés par la précision du trait des visages de ses portraits photoréalistes, et par la vie qui se dégage des regards de ses personnages. Même lorsqu’il peint sur toile, c’est à l’aérosol qu’il recourt. « C’est un support que j’apprécie beaucoup aussi, parce qu’il me permet de travailler encore plus la précision. Je fais les mêmes sujets, sur des supports beaucoup plus petits, et toujours avec le même outil, c’est de l’entêtement ! »

À force d’entêtement, Aero a développé un style à part entière, qu’il qualifie d’insprayssionnime, de l’impressionnisme au spray. « De loin, tout semble lisse, il y a un effet photographique. Mais en se rapprochant, on voit les amas de pigments qui forment des volutes, donnant à la peinture un aspect plus fugitif. » Sa série de toiles Sunset Tag, qui mêle paysages côtiers et tags, est un autre bon exemple de la pratique d’Aero qui mêle peinture traditionnelle, photographie et graffiti.

 
 
 
 
 
Voir cette publication sur Instagram
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Une publication partagée par 💥AÉRO💥 (@creaero)

L’entêtement a payé. Aero est désormais un peintre reconnu qui expose ses œuvres, participe à des ventes aux enchères et est régulièrement invité par des festivals de graffitis, comme au Teenage Kicks à Rennes en 2017. Ce week-end, il est invité à peindre une façade par le festival Just Do Paint à Saint-Brieuc. « J’aime beaucoup m’inspirer de l’environnement proche des murs que je peins. J’ai vu qu’il y avait beaucoup d’arbres près de ma façade donc je traiterai d’un sujet qui me touche énormément, la forêt », nous confie-t-il. Il déposera également 12 bombes de peinture customisées à la boutique du festival.

aero

Just do paint festival, du 1er au 4 juillet 2021.

Instagram Aero

Carte des murs et façades à (re)découvrir :

just do paint st brieuc

À lire également sur Unidivers.fr :

JUST DO PAINT 2021. LES BONSHOMMES TOTÉMIQUES DE DEUXBEN DE RENNES
JUST DO PAINT 2021. LA NATURE GRAFFÉE DE KAZ
JUST DO PAINT 2021. L’IMAGINAIRE ENFANTIN DE TRAK
JUST DO PAINT 2021. L’UNIVERS MARIN DE I SEA YOU À LA MAISON DE L’AGGLO DE SAINT-BRIEUC
SAINT-BRIEUC. JUST DO PAINT INVITE DES GRAFFEURS A PEINDRE LES MURS DE LA VILLE

RENNES. PROGRAMME DES TOMBÉES DE LA NUIT 2021 DU 1ER AU 4 JUILLET

2

Le covid est un crépuscule. Or, la chouette de Minerve prend son envol à la tombée de la nuit. L’équipe de Claude Guinard s’est retroussée les manches afin de concocter aux Rennais et Rennaises un court mais intense festival des Tombées de la Nuit du 1er au 4 juillet 2021. Que le spectacle, la ville et la joie demeurent !

Au programme : Happy City Lab / Dan Acher, Compagnie Jeanne Simone, Benjamin Vandewalle, Compagnie Dyptik, Collectif A/R, Atelier Lefeuvre & André, les Compagnies La Tête Ailleurs et Le Grand Appétit, Les Filles du Renard Pâle, L’Amicale de production, 1 Montreur d’Ours, La Fausse Compagnie, Gwenn Mérel, Compagnie Canicule, Le Corridor, La Soi-Disante Compagnie, Compagnie N’Soleh, L’Âge de la Tortue, la Ko-Compagnie, TeKeMaT 6Tem, L’Octuor Oxymore, Lagencevoid, Johann Le Guillerm, Captain Boomer, Collectif 49 701, Wooshing Machine, Jean-Baptiste André & Dimitri Jourde, Engrenage[s]…

Installation Borealis de Dan Acher (Suisse) Du jeudi 01 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021, 22:30 > 01:00, Esplanade Charles de Gaulle, Rennes

TDN 2021. BOREALIS, UNE AURORE BORÉALE EN PLEIN COEUR DE RENNES

*

Installation Studio Cité de Benjamin Vandewalle (Belgique) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021,  14:30 > 20:00,  Les Champs Libres, Cours des Alliés, Rennes

tombées nuit rennes
Installation Studio Cité, Benjamin Vandewalle (Belgique) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021

*

Danse Sensibles Quartiers de la Compagnie Jeanne Simone (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021, 12:30 > 14:00 & 18:00 > 19:30, Centre ville de Rennes

 

tombées nuit rennes
Danse Sensibles Quartiers, Compagnie Jeanne Simone (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021

*

Danse Mirage (Un jour de fête) de la Compagnie Dyptik (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021, 18:00 > 19:00, Collège Échange, Rennes, Entrée : 12, rue d’Échange

tombées nuit rennes
Danse Mirage (Un jour de fête), Compagnie Dyptik (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021

*

Performance Parbleu ! de l’Atelier Lefeuvre & André (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021, 20:00 > 21:15, Théâtre du Vieux Saint-Etienne, Rennes

tombées nuit rennes
Performance Parbleu !, Atelier Lefeuvre & André (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021

*

Danse Danse avec ta mère, La Tête Ailleurs / Le Grand Appétit (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021, 22:00 > 23:15, 12 rue de Viarmes, Rennes

tombées nuit rennes
Danse Danse avec ta mère, La Tête Ailleurs / Le Grand Appétit (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021

*

Cirque Résiste de la Compagnie Les filles du renard pâle (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021, 22:30 > 23:30, Carré Duguesclin, Rennes, Entrée : place Saint-Melaine Parc du Thabor

TDN 2021. JOHANNE HUMBLET SUR LE FIL AU PARC DU THABOR

*

Théâtre Métagore Majeure de la Compagnie Canicule (Belgique) Du vendredi 02 juillet 2021 au samedi 03 juillet 2021, 22:15 > 23:30, Le Garage, 18 Rue André et Yvonne Meynier, Rennes

 

TDN 2021 : UNE SYMPHONIE FURIEUSE EN MÉTAGORE MAJEURE

*

Performance Moshi Moshi de Lagencevoid (France) Du vendredi 02 juillet 2021 au dimanche 26 septembre 2021, Centre ville de Rennes, Gratuit, À partir de 12 ans, Renseignements au 02 99 32 56 56

TDN 2021. MOSHI MOSHI OU COMMENT (RE)DÉCOUVRIR RENNES AU TÉLÉPHONE

*

Danse Placement Libre de Collectif A/R (France) Du samedi 03 juillet 2021, 18:00 > 19:00 & 20:30 > 21:30, au dimanche 04 juillet 2021, 14:00 > 15:00 & 16:30 > 17:30, Salle Municipale de la Cité, 10 Rue Saint-Louis, Rennes

tombées nuit rennes
Danse Placement Libre, Collectif A/R (France) Du samedi 03 juillet 2021 au dimanche 04 juillet 2021

*

Installation Patua Nou, Le Corridor (Belgique) Du samedi 03 juillet 2021 au dimanche 04 juillet 2021, 15:00 > 18:00, Départ toutes les 15mn • Dernier départ à 16h30 • Durée du parcours : 1h15, Parc du Thabor, porte du Square Lucien Rose, Rennes

tombées nuit rennes
Installation Patua Nou, Le Corridor (Belgique) Du samedi 03 juillet 2021 au dimanche 04 juillet 2021

*

Danse Faro Faro de la Compagnie N’Soleh (Côte d’Ivoire) Du samedi 03 juillet 2021, 16:30 > 17:30, au dimanche 04 juillet 2021, 18:30 > 19:30, Parc du Thabor, Théâtre de Verdure, Rennes. Gratuit • Sans réservation • Les portes ouvriront 30 minutes avant le début du spectacle. Tout public 500 places. Renseignements au 02 99 32 56 56

 

tombées nuit rennes
Danse Faro Faro, Compagnie N’Soleh (Côte d’Ivoire) Du samedi 03 juillet 2021 au dimanche 04 juillet 2021

*

Performance Fusée de détresse #7 de L’âge de la tortue (France) samedi 03 juillet 2021, 22:30 > 23:30, Centre Chorégraphique National de Rennes et de Bretagne, rue Saint-Melaine, Rennes

tombées nuit rennes
Performance Fusée de détresse #7, L’âge de la tortue (France) samedi 03 juillet 2021

*

Installation Portraits Nichés – La Sonothèque Nomade de La Fausse Compagnie (France) samedi 03 juillet 2021, 14:00 > 20:00, En continu, Langue & Communication, Rue Saint-Melaine, Rennes

tombées nuit rennes
Installation Portraits Nichés – La Sonothèque Nomade, La Fausse Compagnie (France) samedi 03 juillet 2021

*

Théâtre Big Data Yoyo de Sébastien Vial & Arnaud Boulogne / L’Amicale (France) Du samedi 03 juillet 2021, 15:30 > 17:00 & 18:30 > 20:00, au dimanche 04 juillet 2021, 15:30 > 17:00 & 18:30 > 20:00, Bas de l’église Saint-Hélier, Square Louis Armand, Rennes

tombées nuit rennes
Théâtre Big Data Yoyo, Sébastien Vial & Arnaud Boulogne / L’Amicale (France) Du samedi 03 juillet 2021 au dimanche 04 juillet 2021

*

Théâtre Canevas, point de croix et tralala de La Soi-Disante Cie / Valérie Véril (France) Du samedi 03 juillet 2021, 18:00 > 19:15, au dimanche 04 juillet 2021, 17:00 > 18:15, Parc du Thabor, cours de l’école Jean Zay, Rennes  

tombées nuit rennes
Théâtre Canevas, point de croix et tralala, La Soi-Disante Cie / Valérie Véril (France) Du samedi 03 juillet 2021 au dimanche 04 juillet 2021

*

Musique Les Classiques du GRAMI de 1 Montreur d’Ours (France) Du samedi 03 juillet 2021, 7:00 > 17:45 & 20:00 > 20:45, Dans la cour de l’Hôtel Pasteur, Rennes ; au dimanche 04 juillet 2021, 12:00 > 12:45 & 16:00 > 16:45, Langue & Communication, Rue Saint-Melaine, Rennes

TDN 2021. LES CLASSIQUES DU GRAMI ET LA MÉMOIRE COLLECTIVE SONORE

*

Musique Carte Blanche au Festival Autres Mesures Marion Cousin & Kaumwald (France) samedi 03 juillet 2021.

Chapelle du Conservatoire, Rue Hoche, Rennes. Gratuit • Sans réservation • Les portes ouvriront 30 minutes avant le début du spectacle. Tout public
Métro : Station Sainte-Anne • Lignes de Bus : C1, C5, 9, 51, 70 et 71, Arrêt Place Hoche. Renseignements au 02 99 32 56 56

*

Performance Ces nuages qui courent là-bas de Gwenn Mérel (France) dimanche 04 juillet 2021, 15:30 > 17:30, Apparitions surprises, Centre ville de Rennes

tombées nuit rennes
Performance Ces nuages qui courent là-bas, Gwenn Mérel (France) dimanche 04 juillet 2021

*

Installation L’Aplanatarium de Cirque ici / Johann Le Guillerm (France) Du dimanche 04 juillet 2021 au mardi 13 juillet 2021.
Le dimanche, de 14h à 19h • Le samedi, de 16h à 21h • En semaine, de 15h à 20h, Opéra de Rennes, Place de la Mairie, Rennes  

TDN 2021. UN VOYAGE DANS L’ESPACE DES POINTS DE VUE AVEC L’APLANATARIUM

*

Musique Mirrors d’Octuor Oxymore (France) dimanche 04 juillet 2021, 14:30 > 15:00 & 16:00 > 16:30 & 17:30 > 18:00, The Roof Rennes & Origines à l’Hôtel-Dieu, Rennes

tombées nuit rennes
Musique Mirrors, Octuor Oxymore (France) dimanche 04 juillet 2021

*

Musique Carte Blanche au Festival Autres Mesures Yellow Magic Harpsichord d’Antoine Souchav’ (France) dimanche 04 juillet 2021, 15:00 > 15:30 & 17:00 > 17:30, Hôtel Pasteur, Rennes

TDN 2021. LA MUSIQUE ÉLECTRONIQUE AU CLAVECIN D’ANTOINE SOUCHAV’

*

Musique TeKeMat 6Tem de TeKeMaT (France) dimanche 04 juillet 2021, 15:30 > 19:00, Apparitions surprises, Centre ville de Rennes, Gratuit, tout public  

TDN 2021. TEKEMAT, PORTRAIT D’UNE FANFARE TECHNO ACOUSTIQUE

Musique Programmation Amie / Transat en ville : Masques et Tubas de Nid de Coucou (France) dimanche 04 juillet 2021, 16:00 > 17:00 Parc du Thabor, Théâtre de Verdure, Rennes, Gratuit, À partir de 4 ans

tombées nuit rennes
Musique Programmation Amie / Transat en ville Masques et Tubas Nid de Coucou (France) dimanche 04 juillet 2021

*

Musique ¡ Colectiva ! de La Ko-Compagnie (France) dimanche 04 juillet 2021, 15:00 > 16:30, Apparition surprise, Centre ville de Rennes, Gratuit • Sans réservation, Tout public

tombées nuit rennes
Musique ¡ Colectiva !, La Ko-Compagnie (France) dimanche 04 juillet 2021

Site des Tombées de la Nuit

EXPORAMA 2021. L’EXPOSITION PARTICIPATIVE ET CITOYENNE EMPREINTES EMPRUNTS

Du 3 juillet au 29 août, l’Hôtel Pasteur accueille le public venu visiter l’exposition Empreintes|Emprunts. La Direction de la Culture a mis en place le dispositif des Nouveaux commissaires pour sensibiliser les Rennais et Rennaises à l’art contemporain.

La Ville de Rennes et la Direction de la Culture ont mis en place depuis six mois un dispositif inédit et original. L’objectif : permettre à des Rennais de participer à la mise en place d’une exposition. L’exposition Empreintes|Emprunts se situe dans cette mission, en proposant à six Rennais de devenir les commissaires de leur propre exposition. Le Fonds communal d’art contemporain (FCAC) a d’abord sélectionné en fin d’année dernière sept personnes, elles-mêmes appuyées par les assistantes sociales du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) Kléber. Une quarantaine de tableaux étaient déjà sélectionnés parmi les centaines d’œuvres du FCAC, qui officie depuis 1978. Les sept Nouveaux commissaires ont ensuite choisi 12 œuvres dans les quarante proposées autour d’un thème général. Ces 12 pièces sont réparties dans les pièces du troisième étage de l’Hôtel Pasteur. Trois œuvres embellissent donc chaque salle de ce bel édifice construit au XIXe siècle. L’exposition qui commence le 3 juillet constituera l’aboutissement d’un projet commun formateur.

empreintes emprunts
5 des 6 commissaires de l’exposition Empreintes emprunts : Fleuriane Randriam, Lydia Robbes, Jean-Marie Le Fèvre, Colette Ghawi, François Savoureux, en l’absence de Saïd Oukki, réunis autour d’une des œuvres de l’exposition.

Les Nouveaux commissaires sont tous habitants de Rennes et possèdent une forte sensibilité artistique, « sans pour autant être des professionnels du secteur », explique François, un des Nouveaux commissaires et lui-même passionné d’art. Certains sont plus orientés vers la photographie, comme Jean-Marie qui a pris l’objectif pendant ces mois de préparation pour montrer l’avancement de l’exposition. D’autres, comme Lydia, peintre plasticienne, sont spécialisés dans des domaines artistiques spécifiques. Les 7 commissaires initiaux sont désormais 6, du fait du départ d’une des consœurs pour raisons professionnelles, mais cela n’a pas découragé les commissaires restants. Ceux-ci se sont concertés pour organiser la première exposition d’un dispositif tout juste créé, dans une ville friande d’initiative culturelle et citoyenne.

« Notre principal point commun, entre Nouveaux commissaires, c’est notre sensibilité affichée pour toutes les formes d’art et notre volonté d’être acteurs de ce processus participatif »,

François

Le projet est dirigé et supervisé par le médiateur du patrimoine auprès de la Direction de la Culture de la Ville de Rennes et directeur de l’exposition, Pierrick Guéguan. « Mon rôle est surtout d’orienter les questionnements et de faire réfléchir les membres du groupe sur l’organisation et la mise en marche du projet de la meilleure façon possible », précise-t-il.

empreintes emprunts
Une des salles d’exposition, rendue lumineuse par l’immense fenêtre.

L’occasion de plaisanter sur l’aspect ludique du dispositif, puisque la formation des commissaires s’est en partie faite grâce à un jeu de société. Le Centre d’art contemporain La Criée a inventé le jeu « LiZellBa » avec un trio d’artistes rennais pour se mettre dans la peau d’un commissaire d’exposition, permettant une formation express des Nouveaux commissaires. « L’avantage, c’est que cela nous a permis de voir les aspects les plus importants du métier, de manière à prendre en compte l’ensemble de la mission », affirme François. Ils ont aussi pu se former en prenant en compte le système officiel des commissaires d’exposition et par exemple la façon d’organiser le planning des visites. Leur tâche ne se limite cependant pas à concevoir et organiser la réalisation de l’exposition, mais aussi à faciliter la communication avec le public, dans un travail de médiation.

Pour choisir les 12 tableaux, les commissaires ont dû réfléchir à un thème en commun. Ils ont aussi fait le choix de ce bâtiment emblématique de Rennes, pour l’éclairage, sa taille, et la possibilité pour les Rennais de visiter. Le travail de Nouveaux commissaires a aussi été celui du choix du positionnement des tableaux et ensuite de la pose, effectuée par des techniciens de la ville.

empreintes emprunts
Une autre salle de l’exposition.

Le fil directeur de l’exposition c’est le ressenti, que chacun possède en propre, mais qui a pourtant relié les commissaires autour de 12 œuvres connectées par ces empreintes. Ils ont aussi fait appel à la lumière, au quotidien, des éléments convoqués par tout le monde sans distinction. L’œuvre de Jean-Michel Marquant, par exemple, évoque cet assaut de couleur vive et l’appel d’émotion(s), à choisir lesquelles. Ou bien la photographie crépusculaire de Laurent Grivet, en même temps inquiétante et évocatrice d’une liberté.

Les Nouveaux commissaires ne veulent pas orienter le ressenti des spectateurs et les œuvres exposées. Ils partent du principe que la subjectivité prime. Pierrick Guegan le souligne : « Il ne s’agit pas d’une expo comme les autres, si j’ose dire. On se distingue ici des autres présentations d’Exporama, toutes centrées sur un sujet comme la Couleur crue au Musée des Beaux-Arts ou la collection Pinault au Couvent des Jacobins, qui partent d’un thème précis pour orienter davantage le spectateur. Pour Empreintes|Emprunts, on part du ressenti pour aller vers les points communs des Nouveaux commissaires et toucher le public. »

empreintes emprunts
Tableau de l’artiste Jean-Michel Marquant.
empreintes emprunts
« Nuit » de Laurent Grivet.

Dans chaque salle, le visiteur est invité à affirmer son ressenti, « l’empreinte laissée par ces œuvres dans l’esprit », par l’envoi sur l’adresse mail empreintes[@]ville-rennes.fr. Cet échange constituera ensuite un « livre d’or virtuel ». Par ailleurs, des « post-it d’or » pourront être collés à proximité de chaque œuvre, sur lesquels seront inscrits les sensibilités de chacun. L’aspect participatif et citoyen défendu par l’exposition est donc bien visible.

Pour continuer le partage avec le public et l’expérience commune de l’exposition, des visites accompagnées vont être organisées trois dimanches entre le 3 juillet et le 29 août. Une présentation en direct et des visites libres sont également mises en place. De manière à garder le lien entre liberté, partage et amour de l’art.

INFOS PRATIQUES

Hôtel Pasteur, 2 place Pasteur

Troisième étage du bâtiment

Présentation du dispositif sur le site de « Cet été à Rennes ».

Jouer en ligne à LiZellBa, créez une exposition fictive à partir de la découverte des œuvres du cycle artistique Lili, la rozell et le marimba (2019-2022). Résolvez les énigmes proposées et obtenez des reproductions d’œuvres. Composez votre exposition, prêtez attention aux formes, aux dimensions et aux couleurs. Chercher des correspondances entre les œuvres et laissez libre cours à votre imagination !

TDN 2021. UN VOYAGE DANS L’ESPACE DES POINTS DE VUE AVEC L’APLANATARIUM

Formé aux arts du cirque, Johann Le Guillerm aime explorer des formes qui ouvrent le champ des possibles et jouent avec les points de vue, à la frontière du cirque, des installations plastiques et du théâtre d’objets. Du 4 au 13 juillet, son Aplanatarium, observatoire d’objets planants, sera présent à l’Opéra de Rennes. Une recherche autour du mouvement, où le spectateur jouera un rôle prépondérant.

Dès dimanche, les visiteurs de l’Opéra de Rennes pourront apercevoir une drôle de structure, aussi originale que ludique, et au nom tout droit sorti d’un univers parallèle : l’Aplanatarium. « Observatoire d’objets planants » selon son créateur, Johann Le Guillerm, il consiste en une tulle en forme de tube de quinze mètres de haut et trois mètres de diamètre, dans laquelle tombent de petits objets aux formes et matériaux divers, les aplanants. Remontés par des plateaux mécaniques actionnés par des poulies, ils reprennent perpétuellement leur chute, formant comme une réserve de mouvements naturels, à l’image des feuilles qui tombent, de l’eau en cascade ou des akènes à l’automne. Le mouvement, une thématique phare du travail de Johann Le Guillerm. « Le mouvement est la marque de la vie : ce qui bouge est vivant, ce qui ne bouge pas est mort », explique l’artiste. « Mais je considère également la nature morte comme vivante : par exemple, si l’on observe l’évolution des continents, on s’aperçoit que la terre bouge aussi. »

aplanatarium johann le guillerm tdn 2021
L’Aplanatarium, Johann Le Guillerm © David Dubost

Un « praticien de l’espace des points de vue »

Issu de la première promotion du Centre national des arts du cirque et co-fondateur de l’association Cirque ici en 1994, Johann Le Guillerm a choisi la voie des arts du cirque pour « acquérir un savoir-faire, une forme de connaissance, quelque chose que je ne pourrais pas perdre », explique-t-il. Une façon aussi de voyager plus facilement, de se confronter au monde, ce qui lui tenait à cœur. Il a d’ailleurs effectué un tour du monde entre fin 1999 et début 2001, pour « déstabiliser ses repères et se défaire de ses a priori culturels. » De cette expérience, il a retiré « la diversité des possibles, des manières de faire différentes propres à chaque culture », qu’il essaie de retranscrire dans son travail. « Quand j’entame un chantier, j’essaie de développer différentes possibilités autour de la matière », explique-t-il. « Cela me permet d’avoir une matière maximale afin de travailler l’espace des points de vue. »

johann le guillerm
Johann Le Guillerm © Grégoire Korganow

Car en effet, Johann Le Guillerm refuse le qualificatif de « circassien » traditionnellement employé pour désigner les artistes de cirque, préférant se définir comme un « praticien de l’espace des points de vue ». Késaco ? « Je définis le cirque comme espace des points de vue dédié à l’ensemble des pratiques dites minoritaires, c’est-à-dire un espace où le point de vue est au centre du spectacle », explique l’artiste. « La piste est un espace circulaire où le spectateur est installé tout autour. À l’instar de la sculpture, il faut être attentif à ce qui se passe devant, derrière, sur les côtés, car les points de vue sont multiples. A contrario, au théâtre ou en peinture, le spectateur n’a accès qu’à un point de vue unique, celui du devant. Comme le cirque se pratique souvent au théâtre, beaucoup de circassiens ne se sont jamais confrontés à l’espace des points de vue. C’est pour cela que je ne me définis pas comme tel. »

je définis le cirque comme […] UN ESPACE Où le point de vue est au centre du spectacle.

Johann Le Guillerm

Déconstruire le réel pour mieux le reconstruire

Lui s’y confronte à travers son grand projet, Attraction, la « cartographie originale d’une planète sans lieu ». Le projet naît il y a tout juste vingt ans, lorsque l’artiste décide de développer un « observatoire autour du minimal » pour « faire le point sur [ses] croyances et connaissances, pour [se] situer dans ce monde ». « Je voulais d’abord faire un inventaire du monde, en partant de mon propre point de vue et pas de connaissances établies », détaille-t-il. « Mais il m’est vite apparu que cela allait être compliqué, donc j’ai changé de direction. » Il décide de se recentrer sur le minimal, car « nous retrouvons ce minimal dans n’importe quelle chose complexe. C’est de cette façon que j’ai développé une observation autour du point. » En effet, qu’est-ce qui représente mieux le minimal qu’un point ?

De là se développent de multiples « chantiers » qui lui permettent de parfaire ses connaissances, développant ainsi une culture des points de vue. Aujourd’hui, Johann Le Guillerm cherche à « confronter ses observations au reste du monde ». Attraction se décline en une quinzaine de « Monstrations » réalisées à partir de médiums très divers, comme autant d’éléments d’un monde imaginaire, et dont l’Aplanatarium fait partie. Pour chacune, l’artiste passe par une longue phase d’observation et d’expérimentation des phénomènes naturels en laboratoire, dans une démarche quasi scientifique, mais en utilisant ses propres outils et ses propres analogies. Déconstruire le réel pour mieux le reconstruire, en somme. « Je décortique les choses de mon point de vue pour les réorganiser », affirme-t-il.

aplanatarium johann le guillerm tdn 2021
L’Aplanatarium, Johann Le Guillerm © Cirque ici

Une invitation au « fantasme »

L’Aplanatarium est, de l’aveu même de son créateur, un chantier « assez particulier ». En effet, si c’est bien Johann Le Guillerm qui l’a conçue, l’installation ne prend vie que grâce aux spectateurs, qui fabriquent eux-mêmes les objets planants et les jettent du haut de la tour. Le public devient acteur, ce qui ouvre la voie à ce que l’artiste qualifie de « fantasme » : « Chacun a sa propre idée de ce qu’il doit construire et de la raison pour laquelle il doit le construire de telle manière. C’est là qu’intervient l’idée du fantasme : souvent, l’objet ne plane pas comme on le pensait. Il ne va pas voler deux fois de la même façon, car il va se déformer en tombant. Les objets ont un poids différent, donc ils ne vont pas tous tomber au même rythme : il y a un roulement dans les groupes d’aplanants qui fait que les histoires sont différentes. »

Si Johann Le Guillerm n’est pas un inconnu des Tombées de la Nuit (sa Transumante et sa Grande Transumante étaient au programme du festival en 2017 et 2020), c’est seulement la deuxième fois que l’Aplanatarium sera présenté au grand public. La première fois, c’était au château des Ducs de Bretagne, à Nantes, en 2017. Un cadre totalement différent de celui proposé par l’Opéra de Rennes, mais cela ne déplaît pas à l’artiste. « Au château, l’Aplanatarium était présenté dans une cheminée de six mètres sur six, à côté d’un ascenseur », précise-t-il. « Les points de vue étaient assez limités : les spectateurs pouvaient regarder soit d’en bas, soit depuis quatre ou cinq paliers, sans possibilité d’avoir beaucoup de recul. Cette année, le lieu est beaucoup plus vaste et ouvert : les spectateurs pourront s’installer sur les fauteuils ou monter sur des plateaux. » Ce qui est sûr, c’est que d’où qu’on le regarde, l’Aplanatarium ne manquera pas d’étonner.

INFOS PRATIQUES :

Installation L’Aplanatarium de Cirque ici / Johann Le Guillerm (France). Du dimanche 04 juillet 2021 au mardi 13 juillet 2021.
Le dimanche, de 14h à 19h • Le samedi, de 16h à 21h • En semaine, de 15h à 20h, Opéra de Rennes, Place de la Mairie, Rennes

Découvrez l’univers de Johann Le Guillerm

Le programme des Tombées de la Nuit 2021 sur Unidivers

JUST DO PAINT 2021. LES BONSHOMMES TOTÉMIQUES DE DEUXBEN DE RENNES

0

Just do paint, festival de graffiti et street art, revient à Saint-Brieuc du 1er au 4 juillet 2021. Covid oblige, la quatrième édition se concentrera sur la scène française, et particulièrement les artistes bretons. Le Rennais DeuxBen de Rennes est un de ceux qui colorera une façade. Autodidacte, il a commencé par le graffiti au début des années 90 à Nice. Aujourd’hui, ces bonshommes peuplent les murs de Rennes, mais  également vos murs d’intérieur ! Unidivers avait eu la chance d’échanger avec lui dans le cadre de sa série « Illustrateurs à Rennes ».

deuxben de rennes

Unidivers – Comment avez-vous découvert cette passion pour le dessin et, en particulier, le graffiti ?

DeuxBen de Rennes – Comme la danse, le graffiti faisait partie de la vie de quartier, les jeunes découvraient ce milieu assez facilement. Je n’ai pas eu à me diriger spécialement vers lui, c’est plutôt le graff qui est venu à moi. Je dessinais déjà depuis tout petit, mais en entrant dans ce milieu artistique, j’ai découvert un monde qui me plaisait vraiment. Je me suis alors mis à travailler plus régulièrement afin de développer un style. 

« J’ai appris le Graffiti comme un jeune autodidacte, à partir de rien sur un mur. »

Unidivers – Pourquoi le blaze Deuxben

Deuxben de Rennes – Originaire de Nice, il était compliqué de prendre simplement Ben, car l’empreinte de cet artiste (Ben Vautier, dit Ben) y est très présente. Je trouvais que Deuxben sonnait mieux que Ben deux. Au départ je l’écrivais 2BeN, mais j’ai choisi la version lettres en le reprenant afin de créer un décalage avec les noms courts du graffiti qui permettent d’écrire plus vite… 

illustrateurs rennes

Unidivers – Du graff dans la rue, vous êtes passé au graphisme et collage. De quelle manière s’est déroulée la transition ?

DeuxBen de Rennes – J’ai connu une période de pause où je n’ai quasiment pas peint, pendant six ou sept ans. Seulement quelques peintures avec des copains, une ou deux par an, peut-être moins. J’ai eu envie de reprendre le dessin dans la rue en arrivant sur Rennes et comme je ne savais pas vraiment comment me lancer, j’ai commencé à coller ces grands bonshommes totémiques sur les murs de Rennes. Au final, les gars que j’ai rencontrés ici pratiquaient beaucoup donc le graffiti est revenu tout seul.

Peindre sur du bois ou une toile, une feuille A4 ou un mur, les approches et les supports sont différents, mais le trait de dessin reste le même. Le mur c’est la base pour moi. Il permet de grands gestes alors que les toiles sont plus restrictives.

illustrateurs rennes

Unidivers – Les silhouettes filiformes aux contours épais et couleurs vives sont caractéristiques de votre travail. De quelle manière votre style s’est-il développé ?

Deuxben de Rennes – Quand on regarde ma participation au Ten Years Challenge sur Instagram (le principe est de prendre une photo de soi il y a dix ans et de la comparer avec une photo d’aujourd’hui, ndlr), on voit une évolution dans la façon de travailler entre le dessin de 2009 et celui de 2019, mais la base est restée la même : des formes simples avec des traits épais. Pratiquer le graffiti crée quelque chose dans le dessin, une patte qui reste même si l’on finit par travailler sur papier. Les compositions de textes et d’images dans le design graphique m‘intéresse aussi beaucoup.

Je préfère les gestes lâchés du style cartoon à un travail plus léché et dans le détail. Cette technique permet une rapidité dans le mouvement et la réalisation de formes simplifiées, mais agréables à l’œil. L’artiste Aero et moi avons déjà eu l’occasion de peindre ensemble plusieurs fois. Son travail est plus tourné vers l’hyperréalisme, donc on ne peint pas de la même façon. Il réalise une peinture pendant que j’en fais deux grandes. Cette approche fait partie de moi. J’aime voir le dessin avancer rapidement ; d’où les constructions basiques et les traits synergiques.

illustrateurs rennes
Challenge Ten Years de Deuxben de Rennes : à gauche 2009 – à droite 2019

Je pense toujours à réaliser un dessin avec les traits les plus simples qui glissent le plus facilement possible

Unidivers – D’où vous vient l’idée de peupler les rues de collages de bonshommes filiformes ? Ils sont ressemblants, mais en même temps différents par leurs attributs.

Deuxben de Rennes – Il ne s’agit pas d’une seule personne, mais de plusieurs avec les mêmes allures. Un peu comme nous, on est différents, mais semblables. Pour autant, je ne me définis pas comme engagé, car selon moi, cela limite les potentialités et les axes de créations possibles. Après, il ressort certainement quelque chose de mes dessins – c’est sûr (rires).

Les collages des silhouettes renvoient à l’idée de « coller les murs ». Le quartier dans lequel j’ai vécu n’existe plus, il a été totalement rénové. Et à l’époque, des gars peignaient les murs. Quand je suis repassé 10 ans après, des amis étaient toujours au même endroit. On peut aussi y voir l’idée d’observer la foule passante. La démarche reste volontairement dans le flou, car je n’aime pas être dans le vif et le tranché. Chacun y voit ce qu’il veut et le dessin reste open à la vision de tous. Il y autant de versions et d’avis qu’il existe de passants au final. C’est ce qui m’intéresse.

illustrateurs rennes
Graff de DeuxBen à Rennes

Unidivers – En tant qu’autodidacte, avez-vous des références ou/et inspirations qui vous ont suivi durant votre apprentissage ?

Deuxben de Rennes – Je m’intéresse à beaucoup de choses aujourd’hui donc c’est un mélange de diverses inspirations et il est parfois difficile de donner des sources en particulier. Quand j’étais jeune et qu’on peignait dans la rue – dans les dépôts de trains, le long des murs sur les rails ou sur l’autoroute, pratiquer le graffiti était interdit, mais on avait quand même des références. On regardait ce que faisaient les pionniers comme Lazoo, Mod2, les anciens inspiraient les plus jeunes. Avec les réseaux sociaux, le monde s’est ouvert et avec lui, un accès aux artistes des quatre coins de globe. On peut facilement découvrir les graffiti d’Asie, des pays de l’Est, une abondance d’inspirations que l’on avait pas dans les années 90.

illustrateurs rennes

Unidivers – Depuis plusieurs années déjà, on parle de démocratisation du graffiti, du street-art, notamment avec son entrée dans les galeries d’art, les ventes aux enchères, etc. Cependant, tout le monde n’est pas d’accord quant à sa place dans l’art. Qu’en pensez-vous ?

Deuxben de Rennes – Le graffiti est comme tous les grands mouvements picturaux. Sa forme artistique s’est construite dans les années 60 à Philadelphie et n’a cessé d’évoluer avec les artistes de la scène urbaine. Comme ce mouvement est en vogue ces dernières années, des puristes se demandent si des personnes n’entrent pas dans ce milieu pour de mauvaises raisons ; cela crée effectivement des tensions, mais personnellement je ne la ressens pas plus que ça. Le milieu est composé d’individualités totalement différentes, comme c’était déjà le cas dans les années 90. Les gars de quartier, les bourgeois, les skateurs, les métaleux, etc., on était à la fois tous différents, mais réunis dans ce mouvement.

Entrer dans les collections d’un musée ou d’une galerie peut être vu comme une manière d’officialiser le mouvement alors si la personne est d’accord et que le travail le mérite, pourquoi n’auraient-ils pas aussi leur place ? Ce n’est que mon avis, mais peu importe les raisons, le graffiti est un mouvement protéiforme qui a autant sa place dans les musées que dans la rue où il peut partir artistiquement dans tous les sens. Il est assez costaud pour ça et c’est justement ce qui fait sa richesse. On n’est pas dans ce qu’a été la tecktonik pour la danse (rires).

Je ne sais pas dans quelle mesure c’est possible, mais il serait peut-être intéressant pour les musées d’acquérir des œuvres anciennes, de vieux travaux de graffeurs sans se concentrer seulement sur les gros artistes. Investir dans ce champ, extrêmement riche dans les années 80, dans le but de retracer une histoire à l’aide d’œuvres originales ne peut être qu’intéressant. Les mecs qui se situent aux origines du mouvement ont réellement pratiqué dans la rue avec des raisons saines. Simplement la passion, l’envie et pas motivés par la gloire. L’artiste Mod2 a commencé en région parisienne au début des années 80 et fait partie de la première génération du graffiti européen. Il est aujourd’hui commissionné pour de gros budgets et peut vivre facilement de son art. La renommée internationale de cet artiste est méritée. Maintenir une carrière aussi longtemps est extraordinaire.

illustrateurs rennes

Avec deux amis, nous avons fondé Robien Les Murs en 2017, un projet associatif de mise en couleur d’un quartier à Saint-Brieuc. On y invite des artistes d’horizons divers à exprimer leurs talents, avec la complicité des habitants et commerçants. 

Unidivers – Une nouvelle collaboration avec le photographe Swan arrive prochainement sur votre site. Des nouveaux projets se concrétisent ou des envies pour la suite ?

Deuxben de Rennes – Comme mon frère est photographe, nous travaillons parfois ensemble sur des projets qui mélangent photographie et dessins. Par contre, tous les projets d’ordre pédagogique ont malheureusement été annulés ou reportés avec l’épidémie. Les ateliers en milieu scolaire prévus se dérouleront finalement à la rentrée et j’avais une intervention prévue en prison ; donc nous allons voir si c’est possible de la reporter en septembre ou octobre.

illustrateurs rennes
Curiosité soutenue, collaboration avec avec le photographe Swan

Hormis les peintures murales chez les particuliers, il m’arrive d’avoir des commandes de personnes qui me demandent de refaire en petit format un graffiti aperçu dans la rue. Dans ce cas-là, j’essaie d’aborder le thème de la même manière, mais le dessin sera différent. Je ne redessine pas exactement le même visuel sinon une impression suffit (rires). Retravailler une composition avec le même thème m’emballe moins que la première fois. Par contre, je réalise régulièrement des peintures tirées de ma série des Foules. Je ne fais pas que ça, mais ce thème reste agréable à travailler. Le geste et la composition changent pour s’adapter à l’espace donc l’approche est différente à chaque fois.

J’organise également une exposition à la P’tite Galerie de Châteaugiron (l’exposition s’est déroulée en 2020 et n’est plus visible, ndlr.), visible les mois de juin et juillet. Elle se trouve à côté de l’Office du Tourisme. Normalement, j’ai aussi l’autorisation de peindre un mur qui jouxte la galerie. C’est un support assez marrant ; l’idée est de réaliser un grande toile et de la changer deux ou trois fois pendant l’exposition. C’est intéressant de développer ce genre de projets en parallèle de l’exposition, les gens ne sont pas encore forcément habitués.

deuxben de rennes

Just do paint festival, du 1er au 4 juillet 2021.

Deuxben de RennesFacebook / Instagram / Site

Projet Robien les MursFacebook  / Instagram

Télécharger la brochure de Just do paint 2021

Carte des murs et façades à (re)découvrir :

just do paint st brieuc

À lire également sur Unidivers.fr :

JUST DO PAINT 2021. LA NATURE GRAFFÉE DE KAZ
JUST DO PAINT 2021. L’IMAGINAIRE ENFANTIN DE TRAK
JUST DO PAINT 2021. L’UNIVERS MARIN DE I SEA YOU À LA MAISON DE L’AGGLO DE SAINT-BRIEUC
SAINT-BRIEUC. JUST DO PAINT INVITE DES GRAFFEURS A PEINDRE LES MURS DE LA VILLE

JUST DO PAINT 2021. LA NATURE GRAFFÉE DE KAZ

Just do paint, festival de graffiti et street art, revient à Saint-Brieuc du 1er au 4 juillet 2021. Covid oblige, la quatrième édition se concentrera sur la scène française, et particulièrement les artistes bretons. Parmi eux, le Lorientais Kaz se lance dans une performance artistique qui matérialisera, place de la Grille, une créature faite d’objets de récup’. Unidivers vous propose de découvrir l’univers végétal et animal de ce passionné de graffiti.

Des déchets jonchent probablement déjà une partie de la Place de la Grille de Saint-Brieuc, « the Central Place ». La créature du graffeur lorientais Michael Oliver, plus connu sous le blase de Kaz, s’apprête à naître des profondeurs des carrosseries de Saint-Brieuc. Morceaux par morceaux, elle sera assemblée d’une main de maître en direct, mais quelle forme prendra-t-elle ? Habitué du festival, Kaz propose, pour cette quatrième édition, une extension de sa pratique et de ce que peut-être le street-art, avec une pointe d’écologie, cause qui lui est chère depuis sa plus tendre enfance.

kaz graff
Fresque à Saint-Nazaire avec le Diaspora Crew,2021.

Comme beaucoup, le dessin, Kaz est tombé dedans quand il était petit. À la maison, les tubes de peinture et les pinceaux laissés par un père amateur d’art pictural ne pouvaient être qu’une influence pour lui. « Quand les parents laissent la liberté aux enfants de s’exprimer, ça change tout », précise le graffeur de 41 ans.

Résidant à proximité de bâtiments inhabités, Michael s’est fait la main comme beaucoup de jeunes graffeurs des années 90. « On a commencé à aménager les lieux pour que les jeunes puissent se réunir. J’ai décidé de décorer les murs », se rappelle-t-il. « Au début, j’utilisais le pinceau, mais la peinture n’adhérait pas donc je suis passé à la bombe. » Et une fois qu’on a mis les pied dedans, dur de passer outre l’excitation de la création : le virus du graffiti vous colle à la peau. « L’univers et la sensation qu’on a quand on tient une bombe m’a tout de suite plu. Graffer avec une bombe c’est autre chose que d’utiliser le pinceau. C’est une autre approche. »

Cependant, chauffagiste pendant 15 ans et judoka de haut niveau, il décide tardivement de plonger tête la première dans ce mode d’expression qui le passionne, eu égard aux multiples commandes qu’il recevait alors en tant que graffeur. « J’adore la spontanéité dans l’expression libre. Quand vous créez, une émulation naît en vous… C’est jouissif. »

  • kaz graff
  • kaz graff
  • kaz graff
  • kaz graff

Curieux et explorateur de nature, cette exploration artistique dure depuis 25 ans et n’est pas prête de s’arrêter. La passion n’a jamais faibli et, à l’écouter, elle semble plus flamboyante que jamais, « il existe tellement de techniques différentes à la bombe ».

Ne privilégiant aucune technique, le réalisme de ses graffs est le résultat d’un travail de longue haleine. Après ses premiers dessins d’enfant, « je recopiais les animaux dans les livres », l’artiste s’est imposé des règles strictes afin d’acquérir une grande liberté artistique et développer son imagination. « Je me suis interdit de copier et de faire des recherches de photos pendant une dizaine d’années. Je me suis obligé à imaginer. » Passionné par le monde animal et végétal, élevé dans un univers familial propice à cette sensibilité, il était peut-être écrit que son travail serait baigné de cet halo végétal et animal, caractéristique à son univers figuratif. « Le monde animal m’a toujours passionné. J’ai commencé à dessiner en recopiant des animaux dans les livres. Et pareil pour le végétal, j’adore les plantes, ma maison en est truffée. »

Sans parler de travail engagé, sa pratique se fait le reflet d’un fort intérêt pour la cause environnementale. « Je n’ai pas réponse à tout, mais j’ai un regard et une façon de voir les choses. J’aime quand les peintures font sens, qu’elles créent une émotion, mais aussi une interrogation », explique-t-il. « L’idée est aussi de ramener la nature en ville. Je graffe beaucoup de transformateurs électriques, ça donne un peu de couleur et de nature dans un quartier où on ne trouve qu’un simple mur gris sans âme. »

kaz graff
Peinture d’une cabine dans une carrosserie, Lorient Carrosserie. Kaz, mars 2021

Aux côtés de ses amis du Diaspora Crew, créé en 2015 avec François Kernen, alias Ezra, est un des seuls à graffer du figuratif. « Le collectif compte beaucoup de lettreurs, ma patte figurative crée le lien entre les artistes. » Actifs dans toute la Bretagne, de Saint-Brieuc à Lorient, de Brest à Nantes, le collectif rassemble une quinzaine de graffeurs bretons et une trentaine de membres, tous plus passionnés les uns que les autres. « Les rencontres amènent les connexions et des liens d’amitié se créent jusqu’à vouloir une identité propre. Le Diaspora Crew est beaucoup plus vieux que 2015, mais arrivé à un moment, on a voulu donner une identité propre à ce que l’on faisait. »

kaz graff

« Pour moi, La définition du graff c’est le partage. Quand on travaille et qu’on peint ensemble, une connexion se crée. On travaille à plusieurs dès qu’on peut. »

Avec les années, les animaux de Kaz se sont émancipés des murs et ont pris du volume. De petites sculptures, ses animaux de récup ont fini par grandir. « C’est mon côté fouille tout. Depuis des années, je récupère tout en étant sûr qu’on peut en faire quelque chose. Ces pièces sont créées par des ingénieurs et ont déjà une certaine esthétique », souligne Kaz. « À force d’accumuler, j’ai commencé à créer de petits objets, des insectes, des dragons, etc. »

Grand habitué du Just do Paint et ses façades colorées, le graffeur ne colorera aucune façade de la ville de Saint-Brieuc, mais une véritable métamorphose est attendue place de la Grille. Kaz fabriquera en live une créature dont on ne connaît pas encore la forme, à l’instar des créations monumentales exposées lors de la carte blanche donnée à Ezra et lui-même à la galerie d’art éphémère Wood Street de Lorient, en 2020. « Au début, le but du jeu était de récupérer les objets et de les revaloriser. Wood Street a été l’occasion de réaliser à grande échelle mon idée initiale. » Parmi les créations, des dragons de fer, dignes de la série Games of thrones, étaient nés de cet événement. « En science, on apprend que rien ne se perd, tout se transforme. En tant qu’humain, on peut aussi tenter de résoudre ces problèmes de pollution plutôt que d’attendre que le gouvernement s’en occupe pour nous. »

La légende du colibri telle que la raconte le philosophe Pierre Rabhi prend tout son sens en écoutant parler Mickael. Plutôt que de ne rien faire, on peut agir avec ces compétences, à son niveau et faire sa part. « Les artistes sont souvent le reflet de la société. Ils créent avec leur environnement, leurs idées. Si on prend l’histoire, et les anciennes peintures, chacun passait également des messages qui lui importait aussi, comme la religion. Mais ces questions ne sont pas réservées à l’artiste. »

  • kaz graff
  • kaz graff
  • kaz graff
  • kaz graff

Jeudi matin, premier jour de festival, Kaz s’est mis en marche et a fait le tour des carrosseries de Saint-Brieuc pour trouver son bonheur, et surtout, la pièce qui déclenchera son inspiration. « J’ai de petites idées d’orientation, mais je fonctionne beaucoup à l’improvisation. » Une fois la pièce qui le guidera vers la forme que sa sculpture prendra, l’artiste se laisse la liberté de ne pas trop se préparer et de laisser une part de spontanéité, pour ne pas se retreindre. « Je ferais de l’écologie à Saint-Brieuc comme ça », conclut-il.

Just do paint festival, du 1er au 4 juillet 2021.

Lieu: Place de la Grille « The Central Place »
Horaire d’ouverture: Jeudi, vendredi, samedi et dimanche de 10hà 20h.

Télécharger la brochure du Just do paint festival 2021

Carte des murs et façades à (re)découvrir :

just do paint st brieuc

À lire également sur Unidivers.fr :

JUST DO PAINT 2021. L’IMAGINAIRE ENFANTIN DE TRAK
JUST DO PAINT 2021. LES BONSHOMMES TOTÉMIQUES DE DEUXBEN DE RENNES
JUST DO PAINT 2021. L’UNIVERS MARIN DE I SEA YOU À LA MAISON DE L’AGGLO DE SAINT-BRIEUC
SAINT-BRIEUC. JUST DO PAINT INVITE DES GRAFFEURS A PEINDRE LES MURS DE LA VILLE

TDN 2021 : PARTAGEZ UN MOMENT BUCOLIQUE AVEC PASTURE WITH COWS DE CAPTAIN BOOMER

Le collectif Captain Boomer présentera du 9 au 11 juillet Pasture with cows au Parc du Thabor, un tableau vivant qui interroge les rapports entre fiction et réalité et la relation au bétail.

Le collectif belge Captain Boomer met cette année en scène un projet artistique et écologique original. Au programme, une installation grandeur nature dans le cadre du festival des Tombées de la Nuit. « Pasture with cows » se définit par un « tableau de peinture qui devient réalité », selon son directeur artistique et metteur en scène Bart Van Peel. Dans un pré recréé dans le Carré Duguesclin au Parc du Thabor, des vaches broutent, sous l’œil interloqué des spectateurs et sous le regard avisé de comédiens peignant les animaux. Dans une « scène bucolique d’une vache dans un pré, on redécouvre le thème pastoral, l’idéalisation de la vie d’un paysan » et l’idée d’un art encadré. La scène bucolique et le thème pastoral furent des thèmes mis à profit pendant des siècles, d’où l’idée ici de les mettre à l’honneur et de révolutionner le genre. Des comédiens, dans l’espace délimité, dessinent les bovidés, dans un style traditionnel, cherchant à renouveler cet art. Bart Van Peel nous explique : alors même qu’une « peinture arrête le temps, on encadre la réalité pour inviter les gens à rentrer dans l’art. »

Le collectif cherche aussi à rendre compte de la glorification de la relation avec le bétail. Captain Boomer nous interpelle : « Comment ce processus est-il possible, sachant qu’à la fin on achète de la viande ? ». Sans réponse ni morale, l’exposition pose des questions sociales, écologiques et politiques aux spectateurs. « Pasture with cows » appelle à arrêter le rythme de la ville et prendre celui de ces bêtes calmes, qui « nous hypnotisent ». Comme une « machine à zen que l’on pose dans la ville ».

pasture with cows
Vue du haut de l’installation. ©Stephen Wright

Les spectateurs seront très proches des vaches, mais ne vont pas pouvoir les toucher. L’idée est de les faire communiquer avec les animaux, tout en mettant en évidence le fait qu’il s’agisse d’une installation singulière, séparée. Le directeur artistique développe sur la situation des personnes observatrices : « les gens sont pris au piège, obligés de remarquer ce qu’il y a autour ». Finalement, « ça parle à beaucoup de gens, il faut être calme, regarder, être passif. » « Des gens sont là pendant des heures », tranquillement assis en face du dispositif. De quoi donner envie de se poser aux beaux jours devant ce pré revisité.

« Le projet « Pasture with cows » est aussi important qu’il est social, et permet d’indispensables moments de rencontres. »

Bart Van Peel

À souligner, le festival des Tombées de la Nuit est l’un des coproducteurs du projet. Il joue donc un rôle prépondérant dans l’organisation du projet, puisqu’il est un des premiers à en avoir vu le potentiel. Cela fait deux ans que l’idée d’aller à Rennes s’est implantée dans les esprits de l’équipe, concrétisant désormais le projet. Le spectacle a déjà été présenté à Londres, Paris et Anvers : à Londres au Royal Naval College à côté de la Tamise, et à Paris au Parc de La Villette.

À la question du choix du parc du Thabor, Bart Van Peel évoque différentes possibilités. Après mûres observations, la décision du collectif se porte unanimement sur ce parc parce que « symétrique. La forme de la pelouse est en trapèze (quadrilatère à deux côtés parallèles), et une vierge sur un pilier très haut regarde la pelouse. Elle a la perspective parfaite pour voir l’installation, selon le metteur en scène. « Et en pleine ville et très joli parc.» Le fait qu’il s’agisse d’un parc de style classique anglo-français, donne du « romantisme, avec déjà un cadre autour ainsi qu’une esthétisation de la nature qui est déjà présente ». Ici, la peinture vivante sera intégré de manière plus « coulante » puisque l’idée de l’installation est déjà dans le parc.

pasture with cows
Le carré Duguesclin au Parc du Thabor, où aura lieu la performance.

Pourquoi des vaches ? Parce qu’elles représentent des animaux assez sereins, au moins dans les imaginaires. Bart Van Peel met également en valeur le fait que dans nombreuses cultures – en Inde par exemple -, les vaches sont sacrées. Leur « rythme nous apaise ». Pour leur bien-être et pour des raisons sanitaires, ce ne sont pas toujours les mêmes bovidés qui sont sollicités. Ainsi à Rennes, certaines vaches sont originaires de la région et sont « prêtées » par des agriculteurs du coin. Leur place dans l’agro-alimentaire interroge aussi notre rapport au végétarisme. Nombre de gens pensent à devenir végétarien sans parvenir à changer drastiquement leur façon de manger. Bart Van Peel reconnaît volontiers qu’il fait partie de ces personnes. Sachant la lente avancée dans les mentalités, le directeur artistique veut que les gens se posent des questions, comme lui-même pour sa propre alimentation.

« On se moque un peu du discours qu’il y a sur l’agriculture et on interroge les différences entre ville et campagne ». On aperçoit là deux autres objectifs de l’installation : souligner le contraste entre ville et campagne et au moins en rire, au mieux en discuter. Bart Van Peel nous fait part de l’attrait du collectif pour les clichés qui entourent ces deux espaces : la « frustration de la campagne » contre le « mépris de la ville ». Le texte pensé par le metteur en scène met aussi cela en scène, image d’un « cliché que l’on met littéralement en scène et qui vit

pasture with cows
Les comédiens du collectif avec leurs congénères. ©Stephen Wright

Le collectif s’était déjà fait remarquer avec le faux cachalot échoué (voir notre article et série de photos) en 2016. Le point commun ici est que « Pasture with cows » continue d’investir la relation entre fiction et réalité. « Rassembler les gens autour d’une chose naturelle » et interroger la relation entre l’art et la réalité, telle est la mission de Captain Boomer. À l’époque, la baleine n’était pas vraie. Maintenant les vaches le sont, mais sont placées dans un cadre qui ne l’est pas. Ici, loin du message beaucoup plus sombre de la Baleine, on cherche à « jouir d’un tableau de la nature », dans une « idylle totale », une esthétisation de la nature.

« On n’est pas des militants, mais des artistes, on pose des questions à travers l’art » affirme Bart Van Peel. « On veut que les gens découvrent par eux-mêmes et tirent leurs propres conclusions.» Leur approche, différente des ONG réfléchit à la possibilité d’une « nouvelle manière de gérer le bétail. » Mais aussi à la finalité de l’art : le metteur en scène précise le rôle de son collectif dans l’évolution des mentalités. « L’art a un côté politique, il n’est pas gratuit ni sans but. Celui-ci est de changer l’âme et l’esprit. Et la politique suit. » Tout cela, dans une démarche de proposition et non d’injonction.

En estompant les frontières entre réalité et fiction, le Collectif nous donne à voir un autre monde, celui d’une harmonie entre humanité et animal, humain et nature, vivant et art. Tout cela avec une pointe d’humour et d’autodérision, bien sûr, puisque des vaches en plein centre-ville, ça n’arrive pas tous les jours.

INFOS PRATIQUES

« Pasture with cows » au Carré Duguesclin dans le Parc du Thabor du 9 au 11 juillet.

Horaires : 14h30-20h30

Présentation sur le site des Tombées de la Nuit.

Voir la précédente performance de Captain Boomer à Rennes avec sa baleine échouée.

TDN 2021. BOREALIS, UNE AURORE BORÉALE EN PLEIN COEUR DE RENNES

Conçue et imaginée par l’artiste suisse Dan Acher, et déjà présentée dans de nombreuses villes à travers le monde, Borealis, installation lumineuse spectaculaire recréant une aurore boréale, sera présente Esplanade Charles de Gaulle à Rennes du 1er au 3 juillet, de 22h30 à 1h, dans le cadre du festival des Tombées de la Nuit 2021. Au-delà de susciter un émerveillement commun transcendant les différences, elle invite à réfléchir sur les rapports de l’homme à la ville et à la nature, thématiques chères à son créateur.

Et soudain, dans le silence de la nuit, une lumière verte surgit dans le ciel nocturne, accompagnée d’une musique mystérieuse… Une scène tout droit sortie d’un film de science-fiction ? Ou un voyage dans les contrées polaires ? Non, c’est ce que l’on pourra admirer dans le ciel de Rennes du 1er au 3 juillet prochain, grâce à Borealis. Durant trois nuits, cette installation de l’artiste suisse Dan Acher, fondateur du laboratoire d’innovation sociale Happy City Lab, prendra ses quartiers dans la capitale bretonne après avoir bourlingué à travers le monde. Elle recréera une aurore boréale au-dessus de l’esplanade Charles de Gaulle, en plein cœur de la ville, grâce à des faisceaux laser haute puissance illuminant le ciel de rayons fluorescents tour à tour verts, bleus ou violets. Le tout accompagné d’une musique composée par Guillaume Desbois, pour marier la surprise visuelle et l’émotion sonore.

borealis dan acher tdn 2021

« Quelque chose de très fort »

Un sacré défi technique, dont l’idée a germé presque naturellement dans la tête de l’artiste. « Je ne saurais pas dire à quel moment l’idée est venue, c’est quelque chose que j’avais déjà en moi », confie Dan Acher. « Dans mes recherches, je me suis posé la question : à quel moment se sent-on appartenir à quelque chose qui est plus grand que nous, qui nous fait nous sentir tout petit ? Une aurore boréale, c’est quelque chose de très fort, qui nous dépasse. Quel pourcentage de la population mondiale pourra voir ça une fois dans sa vie ? À partir de là, l’étape suivante de la réflexion a été de me demander comment je pourrais parvenir à créer quelque chose qui ressemble à une aurore boréale. »

Le projet se concrétise lorsque l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) contacte Dan Acher à l’occasion de l’inauguration de l’ArtLab, un espace dédié au rapprochement des mondes de la culture et du numérique. « Il y avait une place de 200 mètres sur 100, et les organisateurs souhaitaient que, lorsque les gens arrivent sur cette place, ils soient émerveillés », raconte l’artiste. « C’était un sacré challenge de créer une installation pour une place aussi grande. » Il fait part de son projet à l’EPFL, qui est séduite. Ne reste plus qu’à le réaliser, ce qui n’est pas une mince affaire. « J’ai contacté une entreprise en Allemagne, avec laquelle j’avais déjà travaillé », explique Dan Acher. « Ils m’ont dit : cela ne va pas être évident, mais c’est possible ! On a travaillé pendant un bon moment pour faire aboutir le projet. » Borealis était né.

J’ai la conviction que tant que l’on n’aura pas le sentiment d’appartenir À une même communauté, on n’y arrivera pas.

Dan Acher

Réapprendre à « faire société »

Ayant étudié l’anthropologie sociale et voyagé à travers le monde à la rencontre des cultures, Dan Acher s’est toujours intéressé à la manière dont les individus font société, à la façon dont une communauté peut se constituer autour de rites, de pratiques communes. « Dans nos sociétés, on avait des événements récurrents chaque année, autour des moissons, des changements de saison, des rites de passage, qui réaffirmaient notre appartenance à une même communauté. Tout cela tend à s’effacer aujourd’hui », regrette-t-il. « Par le biais de mon travail, j’essaie de recréer des liens, des situations où des inconnus partagent des moments forts, au-delà des différences d’âge ou d’origine, qui véhiculent un sentiment d’appartenance à une même société. J’ai la conviction que tant que l’on n’aura pas réalisé cette appartenance, on n’y arrivera pas. »

L’aurore boréale se prête particulièrement bien au rôle d’évènement rassembleur, en raison de l’émerveillement partagé qu’elle procure. « Ce qui est fort avec Borealis, c’est l’étendue de l’installation : elle est visible par tous, ce qui permet à tout le monde de vivre une émotion identique », explique Dan Acher. Une émotion que l’artiste a pu constater de ses propres yeux lors de la première présentation de Borealis en Australie, pour l’inauguration de l’Adelaïde Fringe Festival, et qui l’a marquée. « Lorsque l’on a allumé Borealis, il y avait déjà 10 000 personnes sur place. C’est la première fois que j’ai pu voir l’impact que cela a eu sur autant de personnes en même temps. Il y a aussitôt eu une rumeur incroyable dans la rue, les enfants sautaient dans tous les sens. Beaucoup de gens se sont posés sur l’herbe ou se sont couchés pour mieux s’imbiber de la chose. »

borealis dan acher tdn 2021

Afin de la rendre visible au plus grand nombre, Borealis pourra être aperçue en plein cœur de Rennes, sur l’esplanade Charles-de-Gaulle. Transformer notre rapport aux espaces urbains, c’est aussi le credo de Dan Acher, qui voit dans les villes un « potentiel incroyable car elles accélèrent le vivre ensemble. Il y a des flux continus, des nouveaux habitants, ce qui peut créer des tensions. Il faut apprendre à renouveler sans cesse l’expérience de l’altérité. Les villes n’ont cessé de grandir, on ne peut plus se permettre aujourd’hui de vivre dans sa propre maison. La ville est le futur de l’humanité. On a trop pensé la ville sous le prisme de l’efficacité : comment se déplacer d’un point A à un point B de la manière la plus efficace, alors qu’elle peut et doit être centrée autour de l’humain. »

Une œuvre d’« artiviste »

Au-delà de l’émerveillement et de la surprise, Borealis vise aussi à faire réfléchir le spectateur sur le rapport de l’homme à son environnement. Un thème qui irrigue l’ensemble du travail de Dan Acher, qui s’autoproclame « artiviste » (contraction d’« artiste » et « activiste ») et délaisse le paradigme de l’« art pour l’art » au profit d’un art vecteur de « changement social ». « Borealis pose la question du changement climatique : pourquoi une aurore boréale apparait à Rennes ? Est-ce normal ? Est-ce ce qui nous attend dans le futur ? Une tension se crée : certes, c’est beau, mais cela n’a rien à faire dans une ville comme Rennes. »

on a trop pensÉ la ville sous le prisme de l’efficacité, alors qu’elle peut et doit être centrée sur l’humain

Dan Acher

La prouesse technique réalisée pour recréer artificiellement un tel phénomène interroge également la soif humaine de maîtrise de la nature, fût-ce par la technique. « J’ai suivi différents cours sur la géo-ingénierie, qui ambitionne de résoudre les problèmes environnementaux par la technologie », abonde Dan Acher.