Invité par L’Alliance Française à résider au Mexique dans le cadre du projet Breizh Mex pendant deux mois en 2009 Yves Trémorin a décrit le Mexique d’une part à travers la spécificité des corps de ses habitants et d’autre part à partir d’imageries animale et objectale des figures symboliques communes aux différentes cultures, persistantes dans le monde contemporain.

L’ exposition sera présentée au Centre Régional de la Photographie de Douchy-les-Mines, au Centre Atlantique de la photographie de Brest, à l’Artothèque de Caen. Elle sera montrée au Centro del Imagen de Mexico City à l’automne 2010 puis au Centre Régional de la Photographie de Pontault-Combault début 2012. Le Musée des Beaux Arts de Rennes participe à la production de l’exposition. Le Frac Bretagne et le Frac Basse Normandie soutiennent le projet en participant au financement du livre publié par l’Atelier d’Edition.
Yves Trémorin est né le 1er mai 1959 à Rennes.
Après des études supérieures de mathématiques en analyse numérique, il se consacre à la photographie. La série Cette femme-là (1983), avec sa grand-mère comme modèle, pose ses principaux axes de travail : mises en scène dans un dispositif paramétré de manière rigoureuse, utilisation du médium dans sa spécificité propre, travail sur ses proches et son environnement, vision intime en gros plan. En 1985 sa mère pose pour une série de nus : La Mère.
Au sein du groupe Noir Limite, dont il est membre fondateur, il réalise Corps à corps (1987), interdit à sa création, et La Mort en 1990. Après Catherine en 1991, il travaille en couleurs : La Tribu (1992), Les Natures Mortes (1993) et Poupig (1995). De 1997 à 1999, il tourne We others en vidéo, médium utilisé régulièrement depuis lors : YT pense à Gilles Mahé (2001), La raison de l’âge (2002), Un Atelier Vidéo (2004) dans un centre de détention, Chine Intérieure (2007). La série Vegetal (1999), photographies de plantes cactées en studio à Los Angeles dans une palette colorée élargie et dans un format plus ample, annonce Guns (2000) et Objets (2001-2002).
Nouveau dispositif pour Numérique (2003-2004) qui est suivi par Blasons & Figures (2005). En 2006, deux ensembles en transparence, Le Merle et L’Huître, suivis l’année suivante par Tag et NeonBoy avec son fils pour modèle.
En 2008 pour une commande du Comité régional du tourisme et du Frac Bretagne, il crée affiches et objets dérivés qu’il présente à vendre dans la boutique Breizhtorythm. Une invitation de l’Alliance Française du Mexique lui permet de séjourner l’été 2009 à Mexico et Oaxaca et de réaliser La dérivée mexicaine.

Yves Trémorin, au cours d’une résidence d’artiste de plusieurs mois au Mexique, s’est donné pour objectif de rendre compte de ce qui caractérise ce pays tant d’un point de vue culturel, historique que mythologique.
Avec ses moyens d’artistes, il rapporte du voyage mexicain un fascinant ensemble d’images tel un ethnologue d’un genre un peu particulier. Son habitude d’extraire par la photographie un objet ou un portrait, de constituer, en quelque sorte, une collection servant l’étude qu’il s’est fixée, prend ici tout son sens. Isolant comme à l’accoutumée ses sujets, ici sur un fond souvent noir, il joue sur la position de l’explorateur occidental partant dans un pays lointain pour en ramener au gré de ses dérives, objets et images qui deviendront comme les reliques muséales nécessaires à la compréhension d’une civilisation aux codes différents des nôtres. Le jeu est d’autant plus fort qu’au regard de ces photographies, se dresse effectivement un véritable portrait du Mexique.
Celui-ci se constitue à travers la spécificité des corps de ses habitants et des représentations de figures symboliques qu’il retrouve dans ses images d’animaux ou d’objets et qu’il transpose dans le champ de l’art contemporain.
Nus ou portraits à la gestuelle inhabituelle semblent se référer au seul domaine de la performance alors qu’ils reprennent un langage des signes explicitement lié à des représentations enfouies dans la mythologie collective. Une photographie époustouflante d’un chien noir peut se référer à la figure du Ahuitzotl, un dos tatoué au Quetzalcóatl — le célèbre serpent à plumes —, un crapaud photographié frontalement au fond d’une grotte à la déesse Tlaltecuhtli, un lapin stylisé sur un objet d’un kitsch assumé au jour du lapin Tochtli et à sa protectrice Mayahuel, déesse de l’agave et de la fertilité.
Les images mexicaines d’Yves Trémorin évitent tout effet photographique pour se concentrer sur (et concentrer) le sujet. Ce qui est montré n’est jamais anodin, jamais fortuit : plusieurs strates de lecture sont à découvrir derrière la simplicité apparente des images qui pourraient, au premier regard, être considérées comme un catalogue factuel de personnes, d’animaux ou d’objets plus ou moins exotiques.
Outre les références à une culture aux mythologies anciennes, au rapport particulier d’un peuple avec la mort, aux jeux de langages, le travail mexicain de Trémorin n’oublie pas que ce pays a accueilli de grands artistes. Et à travers ces images, se retrouvent aussi d’autres mythologies, plus photographiques celles-ci, que sont devenus les chefs-d’œuvre réalisés par un Edward Weston ou un Manuel Alvarez Bravo.

Eric Cez

Une documentation complémentaire est disponible sur le site de Documents d’artistes Bretagne – ddab.org :http://ddab.org/Tremorin
Tarif : Entrée libre
Du 10/05/2011 au 30/06/2011
Acces Cibles, 31 Avenue Clémenceau, 29200 Brest
Plus d’infos au 02 98 33 70 70 ou sur www.lequartz.com

29 : Trémorin : La Dérivée mexicaine : 11 avril-15 juin was last modified: juin 8th, 2012 by Nicolas Roberti
Animula blandula vagula : Âme de diaphane intimité, hôtesse et compagne de mon corps, tu verses vers des lieux délavés, escarpés et dénudés, où ne résonnent tes jeux d'esprit…

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