Bécherel est petit joyau de ruelles entrelacées et de vieilles maisons en granit posé sur un promontoire rocheux. Petite commune croquignolette où l’église est toujours ouverte et les remparts balayés par les vents. Mais la cité du livre commence-t-elle à lasser ses aficionados  ? Billet d’humeur à l’occasion des Journées du Livre qui auront lieu du 7 au 9 avril.

À trente kilomètres de Rennes, Bécherel n’est pas une commune où l’on se rend par hasard. Elle reste ouverte à ceux qui aiment la littérature, les vieux livres de poche écornés, les rares éditions et le recueil des poètes oubliés. Dans ses entrailles, ses ouailles ne jurent que par le livre, rien que le livre. Là-bas, une quinzaine de libraires, que dis-je de bouquinistes, vendent des milliers d’ouvrages, rangés dans des bibliothèques brinquebalantes.
À peine arrivés là-bas, les bibliophiles retrouvent leur travers maladif et leur portefeuille percé… Dans ce temple littéraire, ils dénichent l’édition originale des Misérables ou les ouvrages maudits de Gabriel Matzneff. Rien n’est trop cher pour eux, rien n’est trop beau pour assouvir leur passion secrète. Mais loin de Rennes, l’image de Bécherel s’étiole-t-elle ? Lassée, la presse parisienne n’envoie plus de journalistes hilares dans la belle endormie et la presse locale ne passe que peu de communiqués.

Les bouquinistes ne sont pas que des amateurs de vieux papiers…

Loin de nous l’envie de tirer à boulets rouges sur Bécherel. On ira toujours en pèlerinage dans la campagne d’Ille-et-Vilaine pour siroter le thé et déguster le menu littéraire. Mais entre nous, on commence à s’ennuyer ferme et à trouver les livres un peu chers. Car à l’exception de deux librairies qui proposent des lots de livres de poche, un recueil de poésie à trois ou quatre euros chez Gallimard reste assez coûteux. « Je préfère parfois acheter du neuf que de mettre un tel prix dans un livre, » reconnaît un habitué.

Faute de comparatif édité par nos libraires (1), il est parfois  compliqué de s’y retrouver dans leur catalogue de prix. Pourquoi une telle édition est-elle plus chère ? Et non l’autre ? Les bouquinistes pourraient nous répondre, mais comprenons-le, ils sont sans doute bien trop préoccupés par leur vente sur le Net (2), l’organisation de leurs salons du livre et l’accueil de leurs clients aisés…

Mais passons sur les prix et revenons à l’essentiel. Bécherel ne serait-elle pas devenue la caricature d’elle-même ? Une bibliothèque à ciel ouvert où les livres sont bien rangés et les libraires rangés des…voitures. On a envie d’un peu plus, de justifier nos kilomètres et notre essence brûlée. On a envie d’aimer encore et encore cette belle cité. Cette 24e édition du Salon du livre sera-t-elle l’occasion d’un peu de surprise ? D’autres formes d’animations seraient de bon aloi… Les bouquinistes ne sont pas que des amateurs de vieux papiers…

Jean-Christophe Collet

24e Fête du Livre de Bécherel, Les 7, 8 et 9 avril 2012 > Bécherel- de 10h à 20h30

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Pour sa 24e édition, la Fête du livre vous invite à jouer avec les mots ! Autour du thème Jeux de Lettres, jeux de mots – de l’Encyclopédie au dictionnaire amoureux, Bécherel, Cité du Livre®, vous fera voyager dans l’univers des mots ; leur histoire, sens et double-sens. Au programme : Rencontres d’auteurs, spectacles, concerts, lectures, ateliers et expositions.

(1) La Loi Lang impose un prix régulateur pour le neuf.
(2) une manne essentielle de nos jours.

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