logo

Twitter et la politique > une mayonnaise qui monte lentement

Ecrit par Didier Ackermann. Publié dans > |, Médias, Sciences, Technologie

Mots-clés : , , , , , , , , ,

réseaux sociaux,#radiolondres, 2012, benjamin lancar, cécile duflot, nadine morano, politique, présidentielle, réseau social, twitter

Publié le 08 mai 2012

Twitter c’est quoi ? C’est ce qu’on appelle un réseau de microblogging. Limité à 140 caractères, il permet de réagir aux actualités, indiquer ce que l’on fait, mettre des liens vers des pages web, diffuser des photos. Comme les autres réseaux sociaux, il y a des « amis », mais sous un mode différent : chacun s’abonne (ou follow) au fil d’information de personnes qui l’intéresse. On les appelle les « followers » ou abonnés en français. Quelques mois passés sur ce réseau social, qui décolle enfin en France,  ont permis de comprendre son utilisation en politique…

Dans la sphère politique française, rares sont les personnalités de premier plan à twitter elles-mêmes. On peut les diviser en trois catégories :

* Celles qui utilisent twitter pour communiquer des informations relatives à leurs existences ou leurs idées en recopiant ce qu’elles mettent sur Google +, Facebook ou sur leurs sites. Ce sont souvent leurs assistants ou équipes web qui s’en occupent et c’est particulièrement inintéressant à suivre sur twitter puisque ce n’est pas dans l’esprit « live » de l’outil. Malheureusement, c’est aussi la catégorie majoritaire. Parfois, l’équipe web se permet de livetwitter (TL) les discours des meetings en mettant ce qu’elle juge être le meilleur extrait. Là aussi, c’est rarement intéressant, car très langue de bois…

* Celles qui utilisent personnellement twitter pour dire tout et n’importe quoi. Parfois avec des éléments de leur vie personnelle, pensant sans doute que cela intéresse le follower ou la rend plus « proche » de ses électeurs. C’est le cas par exemple de Cécile Duflot d’EELV, l’une des rares à être très accro à Twitter, ou  d’Eric Besson, même si la manière est différente. D’autres ne peuvent s’empêcher de commenter tous les faits et gestes de leurs adversaires, au risque de la caricature. Il y a bien sûr la célèbre Nadine Morano, mais aussi des petits soldats comme Benjamin Lancar qui répète à l’envi les messages de l’UMP. Mais si Nadine Morano répond à ses détracteurs, c’est rarement le cas de autres personnalités.

* Celles qui utilisent twitter modérément pour mettre en lumière une information particulière, pour faire un bon mot, caser une bonne phrase. Il y en a quelques-unes – rares – du côté du PS et d’EELV par exemple. Ce sont bien souvent les plus intéressants, mais noyés dans la masse, il est difficile de les repérer.

Le lecteur l’aura compris : Twitter, c’est le royaume de la petite phrase, du bon mot. C’est ce qui fait aussi que les journalistes politiques y sont légion, à l’affut de petites informations de la part de ceux qui twittent réellement, mais aussi pour sortir eux-mêmes des informations des coulisses et ainsi se faire un peu de publicité (et pour leur employeur par la même occasion). C’est par exemple le cas de Jean Quatremer, spécialiste de l’Europe à Libération et qui ne rate pas les occasions pour se mettre en valeur et twittclasher (le fait de se quereller avec une autre personne par twitter interposé), surtout avec sa cible favorite : Arnaud Montebourg.

Eh oui,  Twitter c’est surtout le royaume de l’égo ! Comme les autres réseaux sociaux, où l’on cherche à avoir le plus de fans ou de followers. Ainsi a-t-on entendu récemment le responsable web de Nicolas Sarkozy s’autocongratuler du fait que son champion avait déjà 80 000 followers, oubliant de préciser que beaucoup de comptes avaient été créés pour l’occasion et n’étaient en réalité que des twitters virtuels. (Il se repère assez facilement grâce à l’oeuf en avatar et le fait qu’ils n’ont rien twitté.)

Alors Twitter, inintéressant ? En fait, c’est plus du côté des followers « non professionnels » qu’il faut aller voir pour jauger les tendances et réactions. C’était manifeste avec l’exemple de F.-O. Giesbert dans Des Paroles et des Actes. Mais chez les plus fanatiques des militants, difficile de supporter la recopie servile des discours de leurs champions ou d’avoir une discussion. Ce n’est pas le but de l’outil et l’utilisation de Twitter dans cette campagne n’est pas encore optimale. La classe politique française n’a pas encore compris la différence entre Twitter et les autres réseaux sociaux, qu’elle maîtrise déjà mal. Pour le follower, il faut savoir faire le tri, prendre du recul. C’est aussi un autre moyen d’interpeler sur des faits si les « community manager » (métier qui a pour but d’animer et de fédérer les échanges entre internautes et société/politique ) des candidats font bien leur boulot de synthèse.

Enfin, Twitter c’est un lieu d’échange d’information, de « résistance » comme les hashtag #Radiolondres ou #ReseauFDG en ont été l’illustration dans cette campagne pour combattre l’omerta décrétée sur les résultats des élections présidentielles à l’heure où 90% des votants s’étaient déjà exprimés. Comme tout réseau social, Twitter est un outil qu’il faut savoir comprendre, maîtriser pour en faire ce dont on a « besoin » ou ce que l’on veut. La France est encore dans sa phase de découverte comme cela l’a été sur Facebook. Pas sûr que toutes les jeunes générations aient compris tout l’intérêt du produit, mais cela viendra…

Ice

 

 


A propos de Didier Ackermann

Iconoclaste végétarien et curieux du monde. Ami des puces, des animaux et des humains, tant que les autres respectent les uns.

Feuilleter les articles précédents de

Commentaires

Il n"y a actuellement pas de commentaire sur Twitter et la politique > une mayonnaise qui monte lentement. Serez-vous le premier ? Ajoutez votre commentaire ?