Paradis – Le Connexion Live

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Paradis – Le Connexion Live, 9 novembre 2016 20:30, Connexion Live

Paradis en concert au Connexion Live mercredi 09 novembre 2016.

Recto Verso est le fruit d’un long travail commencé en mars 2013 et qui s’est achevé en ce début d’année 2016. Presque trois ans plus tard. Autant dire une éternité dans une époque où l’impatience nous dicte ses règles. Trois ans pour un premier album, cela va à l’encontre de toute logique, mais qu’apporte la logique à une démarche artistique ?
Paradis a donc pris son temps. Comme toujours serait-on tenté
d’ajouter à propos du duo que forment Simon Mény et Pierre Rousseau. Un premier maxi en 2011 (Parfait Tirage/La Ballade de Jim, réinterprétation du succès d’Alain Souchon), un second en 2012 (Hémisphère/Je m’ennuie), un EP en 2015 (Couleurs Primaires); quelques remixes (notamment pour Christine & The Queens, qu’ils accompagnent en première partie le temps d’une tournée), des collaborations dans la mode (une performance pour un défilé Acne Studios au Centre Pompidou, deux t-shirts avec A.P.C.) et une bande originale entre temps (un court métrage de Sacha Barbin, Mes Amours Décomposé(e)s). A chaque fois l’aura de Paradis a grandi et le duo s’est doucement installé comme l’un des meilleurs espoirs de la scène hexagonale.
L’histoire de Paradis commence à Paris en 2010. Une soirée organisée par des amis communs, et l’évidence d’une collaboration qui s’impose au fil de la discussion. Qu’avaient-ils à partager ? Une enfance à l’étranger (Pierre a grandi à New York et Londres, Simon à Buenos Aires et Lisbonne), des goûts musicaux contraires,ou peut-être complémentaires, donc attirants. Pierre aime la musique expressive, explore alors les mythes libérateurs du disco et du garage : West End Records, Arthur Russell, David Mancuso … Simon, lui, est dans
le triste, minimaliste : la techno allemande du label Dial, le sampling mélancolique de Dj Cam. Ensemble, ils prennent une claque avec Can U Feel It, de Larry Heard, alias Mr. Fingers. Un titre fondateur de la deep house américaine, sorti il y a trente ans, en 1986.
Sa rythmique est ultra syncopée, ses harmonies d’une simplicité redoutable, de celles dont on ne se lasse jamais. Le morceau les soude, devient à leurs yeux comme un exemple.
Les premiers titres naissent. A quatre mains, plus une voix, celle de Simon, en français. Parce que dans leurs discothèques respectives, le chilien Matias Aguayo chante
en espagnol, Jürgen Paape le cofondateur de Kompakt, en allemand, et que l’accent tonique ne s’improvise pas aux yeux de Pierre qui, par ailleurs, a toujours pensé qu’Air sont plus touchants lorsqu’ils susurrent « Le soleil est près de moi ». Même chose dans l’esprit de Simon, pour qui la musique française est celle des vacances en France. Une sorte de fantasme, un langage presque exotique.
Alors Pierre et Simon débattent, s’écharpent parfois sur un nombre de syllabes en quinconces, un « toi et moi » au lieu d’un « elle et lui », afin de toucher, toujours, à l’universel, quitte à créer parfois le malentendu : comme cette manie de faire des chansons qui se dansent et qui s’écoutent au point, qu’un jour, rêvent-ils, « les gens puissent oublier l’idée de musique électronique, comme en club les gens finissent par oublier le DJ ».
Le premier à les remarquer est américain. Il s’appelle Tim Sweeney, animateur depuis plus de 15 ans d’une radio emblématique de musique électronique à New York. Emballé par leur démo, il est le premier à les contacter, et leur propose d’inaugurer son label Beats in Space d’une première sortie. Son rôle est fondamental dans la trajectoire de Paradis. Il leur suggère d’accorder encore plus de place à la voix, au chant, et en français … et décide de mettre en avant La Ballade de Jim. Ce maxi leur ouvre immédiatement les portes du monde entier. Il accroche les cœurs et les danseurs des Etats-Unis au Mexique, du Canada à l’Allemagne, comme un remake de leur enfance cosmopolite.
Ce « mieux du mieux que tout » aujourd’hui entre vos mains, a été composé, écrit, peaufiné à deux, jusqu’à l’accord parfait. Soit la somme de leurs envies, de leurs inspirations moins tout ce qui ne plaît pas à l’autre, car Paradis ne cherche pas
le compromis, mais l’idéal commun. Une palette de sons réduite au minimum – la contrainte a toujours été source de création – des mots pesés avec soin pour tendre vers la substantielle légèreté à laquelle ils aspirent. Celle que recherchent leurs modèles pop : Saint Etienne, New Order, Moloko, Everything But The Girl ou encore les canadiens de Junior Boys, le second pilier de leur amitié, dont ils partagent le goût pour le romantisme glacé et la précision électronique.
L’extase chez Paradis, se niche dans les détails. Une phrase qui ne commence pas tout à fait sur le pied, une note libérée à l’instant magique, une vague de douceur qui vient soudain envelopper une rythmique aiguisée, car ce qui les passionne au fond, c’est le contraste, la dualité, le conflit créatif. C’est parfois douloureux, frustrant, mais le paradis n’est-il pas ce lieu auquel on accède après le combat de la vie sur terre ?

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TARIF UNIQUE : 19,00€

Paradis – Le Connexion Live was last modified: septembre 30th, 2016 by Festivals 2016
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