Gérard Traquandi Musée des Beaux-Arts de Rennes

gérard traquandi rennes

Gérard Traquandi Musée des Beaux-Arts de Rennes, 25 mai 2016, Musée des Beaux-Arts de Rennes

Exposition Gérard Traquandi 22 mai-28 août 2016 Musée des Beaux-Arts de Rennes.

« Dessins et gravures transcrivent en traits simples et brisés les lignes directrices des pentes et des arêtes, et les peintures s’immergent dans la matière : coulées et éclaboussures suggèrent la lumière dans la glace, l’eau sur la pierre, l’ombre entre les blocs. Trop vite regardées, ce sont des abstractions traversées de mouvements glissants ou en boucles. Observées, éprouvées de près, ce sont des sensations faites de couleurs et rythmes, rapports de tonalités et compositions par masses contrastées. La présence physique, le rapport physique entre la nature et la peinture, ça, j’y tiens énormément dit Traquandi. » Philippe Dagen, Le Monde – 13 février 2002

« Ombres ou lumières, reflets ou reliefs, proximités ou lointains — les formes déliées et contrastées qui apparaissent dans les tableaux de Gérard Traquandi semblent aussi bien jaillir du plan que le creuser, chaque fois avec la même légèreté, toujours avec la même insistance, elles l’exaltent et le soumettent, accusent sa provenance, le tiennent à distance. » Extrait du texte d’Alain Cueff, Gérard Traquandi, le projet et l’instant, 2016, dépliant musée des beaux-arts de Rennes.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Né en 1952 à Marseille, Gérard Traquandi vit et travaille actuellement à Paris et Aix-en-Provence. Diplômé des Beaux-arts de Marseille, il a notamment enseigné à l’École supérieure des Beaux-arts de Marseille, à l’École d’Architecture de Marseille et à l’École d’art de Nîmes. Il pratique différentes disciplines, la photographie, la céramique, le dessin et la peinture.

L’exposition présente dans le patio ses dernières peintures, certaines de très grands formats. Dans l’entrée, deux photographies monumentales, apporteront un contre-point à cet ensemble. La photographie développée selon une technique ancienne, la gomme bichromatée et le résino-pigment, est traitée chez lui avec une sensibilité proche de la peinture, remarquable par le raf nement apporté grâce à une gamme de gris et différents veloutés de noirs.

Sa peinture, majestueuse et silencieuse, développe de grands panoramas abstraits, paradoxalement inspirés de motifs guratifs.

traquandi« ll y a, dans les travaux récents de Gérard Traquandi, une expérience de l’absorption : quelque chose a été absorbé, est en cours d’absorption. Cela vaut pour les surfaces somptueusement mates et complexes de ses tableaux comme de ses photographies. Un effet qui renvoie au procédé d’imprégnation de la toile par contact avec une autre surface où la couleur a été déposée. Cela produit un fond, sur lequel viendra se surimposer une autre application de peinture, cette fois peut être plus « dessinée », plus proche d’un motif. De telles procédures transforment la relation entre la surface peinte et le geste qui leur a donné naissance.

Le résultat est riche de contradictions : la matité de la surface, à la différence du brillant, n’introduit aucune coupure théâtrale entre l’œil et la toile, et l’absence de toute représentation identi able venant « géométriser » le tableau ouvre en lui un volume perspectif. Voilà qui semble inviter à une forme d’immersion, mais qui n’aurait rien du caractère dissolvant, océanique auquel on pourrait s’attendre. Au contraire, cette absorption semble tendue, travaillée par des tensions, des rythmes comme autant de formes d’une énergie af eurant. Les surfaces des toiles de Gérard Traquandi sont vivantes, elles vibrent comme si elles conservaient une trace d’opérations complexes, les transferts par contact, les différentes vitesses d’exécution. Tout cela rend sensible le temps écoulé, le paradoxe entre la pure abstraction et l’insistance d’un motif, aussi résiduel soit-il, qui jamais en tout cas ne vient faire obstacle, hiérarchiser ou théâtraliser la surface. (…)

C’est ainsi que naissent et prennent sens les formats des œuvres : leurs très grandes dimensions, verticales le plus souvent, font penser à ces immenses tableaux des églises baroques, du haut desquels descendent vers nous des cascades de choses peintes, étoffes, corps, armes, etc. Il y a chez Traquandi quelque chose du baroque, un baroque actuel, gagné par le doute, et qui se serait déplacé dans le champ de la sensation sans rien ignorer pour autant de ses contradictions.

C’est peut-être à ce stade que se révèle l’importance de la photographie dans le travail de l’artiste. (…)

Traquandi pratique la photographie pour ce qui lui est propre, c’est-à-dire saisir la manière dont la lumière vient imprimer le dessin des objets du monde sur une surface sensible. Ce sont les mêmes questions que se pose le peintre, notamment de la lumière et du motif, au risque des tensions déjà évoquées. La photographie, en effet, impose à ce peintre abstrait une présence irréfutable du motif. Mais ce dernier est choisi et traité de façon telle que le cliché ne devienne jamais une fenêtre s’ouvrant sur le monde, en un petit théâtre de la perception. Ce motif devient au contraire constitutif de la totalité de l’image, il fonctionne à son tour comme une sorte de all over. D’où le choix d’éléments qui occupent le champ, en surface, arbres, branchages, choses légères qui ne font pas appel à une grande profondeur de champ. La technique qu’il utilise maintenant, la résinotypie, est un procédé ancien qu’il a réussi, après de nombreuses expériences, à maîtriser et qui lui permet d’obtenir de splendides noirs et gris. Le choix des motifs n’est pas seulement dicté par des considérations techniques, ainsi qu’il explique : Je photographie des objets qui sont de bons supports pour la méditation, des objets qui ont une aura, des objets que j’aime dessiner. C’est ce rayonnement que je voudrais faire passer dans mes images. On voit ici à quel point ses différentes pratiques, dessin, photographie, peinture, sont liées et procèdent d’une même recherche, métaphysique. À la manière de Baudelaire, on peut dire que Gérard Traquandi a l’antenne métaphysique, la capacité dans son art à jeter une lumière magique et surnaturelle sur l’obscurité naturelle des choses.»

Régis Durand, « L’aura de la matière », L’architecture d’aujourd’hui, mai-juin 2012.

EXPOSITIONS ET COLLECTIONS

Expositions personnelles récentes

2016 Musée des Beaux-Arts de Rennes

Double détente, Galerie Catherine Issert, Saint-Paul-de-Vence 2015 Œuvres sur papier, Librairie Maupetit , Actes Sud, Marseille

After dark, Galerie Laurent Godin, Paris 2014 Dessins, Galerie Laurent Godin, Paris 2013 Les jours, Galerie Laurent Godin, Paris

2011 Gérard Traquandi, photographe, Rue Visconti, Paris Château de Jau, Roussillon

Galerie Laurent Godin, Paris 2009 Galerie Laurent Godin, Paris

Expositions collectives récentes

2016 La règle et l’intuition, carte blanche à Gérard Traquandi, Abbaye de Montmajour Entre eux et moi, Galerie Catherine Putman, Paris

10 year anniversary exhibition, Galerie Laurent Godin, Paris (2015-2016) Substance, Galerie Laurent Godin, Paris

Les possédés, Friche la belle de mai, Marseille

2015 Eyes-Mind-Brain, Galerie Unosunove, Rome

2014 Le dessin, un genre ?, Galerie du 5ème, Marseille

2013 Mon île de Montmajour par Christian Lacroix, 2013, Abbaye de Montmajour

2012 Au bonheur des eurs : le règne végétal dans la photographie, Pavillon des arts populaires de Montpellier

2011 Musée Magnelli, Vallauris

Gérard Traquandi vs Lionel Scoccimaro, Galerie Olivier Robert

L’objet photographique, une invention permanente, Maison Européenne de la Photographie, Paris

2010 Tenir debout, Musée des beaux-arts de Valenciennes

Institut des Peintres de Shanghaï, Chine

Mémoires de paysages, Fondation Vasarely, Aix-en-Provence L ‘arbre, Espace d’Art Contemporain, Marne la Vallée

 

 

Collections publiques

FRAC Auvergne

FRAC Champagne Ardennes

FRAC Franche-Comté

FRAC Ile de France

FRAC Limousin

FRAC Midi-Pyrénées/Abattoirs

FRAC Paca

FRAC Pays de Loire

IAC/FRAC Rhône-Alpes

MNAM, Musée National d’Art Moderne, Paris Musée Cantini, Marseille

Musée de Gap

Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, Nice Musée de Toulon

Musée de Morlaix

Musée des beaux-Arts de Nantes

Fonds national d’art contemporain, CNAP, Puteaux

BIBLIOGRAPHIE récente

2016 Texte d’Alain Cueff, Gérard Traquandi, le projet et l’instant, dépliant musée des beaux-arts de Rennes

2016 La règle et l’intuition, carte blanche à Gérard Traquandi, Abbaye de Montmajour

2012 GT, Œuvres-01.2009, 04.2012, édition P, Marseille (texte de Baldine Saint Girons) Régis Durand, «L’aura de la matière», L’architecture aujourd’hui, mai-juin

2011 Gérard Traquandi, photographe, édition Rue Visconti, Paris (entretien avec Anne Cartier-Bresson) 2009 Gérard Traquandi, Les Conversations au Soleil, édition La Belle Bleue (entretien avec Agnès Olive) 2008 Le Vocabulaire Technique de la Photographie, éditions Marval, Paris

2007 Pretty Things, Galerie Laurent Godin, Paris

2006 Gérard Traquandi, Dessins et peintures, Onestar Press et Galerie Laurent Godin, Paris

2002 Traquandi, Catalogue des expositions au Rectangle, à la Galerie Confluuences et à la galerie Georges Verney-Carron, Lyon, édition Acte Sud & Le Rectangle (entretien avec Didier Semin)

 

Informations pratiques

musée des beaux-arts, 20 quai Émile Zola 35000 Rennes Tel. : 02 23 62 17 45

Contact

Accueil et renseignements : 02 23 62 17 45

museebeauxarts@ville-rennes.fr

Réservation groupes à partir de 10 personnes : 02 23 62 17 41 de 8h45 à 12h15

www.mbar.org

Publics spécifiques : Marine Certain

m.certain@ville-rennes.fr

Horaires d’ouverture

Du mardi au vendredi : 10h – 17h Samedi et dimanche : 10h – 18h

Fermé le lundi et les jours fériés

Tarifs

Tarif plein : 5€ – Tarif réduit : 3€

Gratuit sous certaines conditions et pour les

moins de 18 ans.

Gratuit pour tous, les 1ers dimanches du mois.

Accès

Métro A arrêt République

Bus arrêt « Musée beaux-arts » :

4, 6, 40, 50, 64, 67

Bus arrêt « Lycée Zola » : 8

Vélo STAR : station avenue Janvier

Places pour vélo devant le musée

Stationnement réservé aux personnes en situation de handicap, rue Léonard de Vinci

> Le musée est accessible aux personnes à mobilité réduite. Rampe d’accès, ascenseur et bancs sont à votre disposition. Des cannes-sièges sont prêtées sur simple demande à l’accueil pour les visites commentées.

Visuels © Jean-Manuel Salingue/MBA Rennes

Gérard Traquandi Musée des Beaux-Arts de Rennes was last modified: mai 25th, 2016 by Rennes
@Musée des Beaux-Arts de Rennes Rennes