Au Forum Libé : la presse locale recherche un nouveau modèle économique

Ecrit par Jean-Christophe Collet. Publié dans Médias, Société, Education

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La presse locale sert-elle la démocratie locale ? C’était la question du jour, vendredi  30 mars, lors d’un débat organisé par le journal Libération au Théâtre national de Bretagne. Sous la direction de Vincent Giret (Libération), les deux débatteurs, le PDG d’Ouest-France, François Régis Hutin, et l’économiste Julia Cagé, ont beaucoup parlé d’économie, mais bien moins de démocratie locale…

Julia Cagé ne va pas par quatre chemins pour qualifier la presse quotidienne nationale ou régionale. L’économiste parle de vieux médias… en crise. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter la jeune femme. « Depuis l’année 2000, précise-t-elle, la presse quotidienne régionale a perdu plus de 40 titres, 4000 employés et plus de 600 millions d’euros de chiffres d’affaires. C’est encore pire aux Etats-Unis où 6000 journaux ont disparu et où des villes n’ont plus de quotidien d’information… »

Contre l’érosion des ventes, le gouvernement français accorde pourtant de larges subventions : 800 millions d’euros en tout pour la seule année 2011. Problème, on ne sait pas toujours où va l’argent… « Il y a un manque de transparence, » reconnaît l’économiste. Car entre l’aide au portage de journaux  et d’autres tout simplement directes, le flou serait savamment entretenu par les autorités et les journaux.

« Ouest-France sera dans le rouge en 2012 »

Côté Ouest-France, François-Régis Hutin joue le jeu de la transparence : « Sur nos 300 millions d’euros de chiffres d’affaires, nous recevons 20 millions d’euros. » Encore mieux, le quotidien régional refuserait toute logique financière : « nous ne reversons pas de dividendes, nos statuts ne nous le permettant pas », ajoute le PDG. Le journal préférerait se moderniser, quitte à faire des années blanches et à se retrouver…dans le rouge en 2012.

Libération ne crache pas non plus sur les subsides de l’État. « Nous recevons 7 millions d’euros sur 60 millions de chiffes d’affaires, » explique Vincent Giret. « C’est indispensable à notre survie. Car l’an dernier, nous avons eu en moins un million d’euros de revenus publicitaires. » Mais comme pour le grand quotidien régional, cet argent ne tomberait dans la besace des actionnaires. « Il nous sert à donner de la plus-value et à organiser la migration de nos lecteurs vers le Web. »

Des sous versés qui n’ont rien de choquant, estime l’économiste… »Les vieux médias payent des impôts, » note-t-elle. « De toutes les manières, le Web ne fait pas mieux que les vieux médias dans la recherche de nouveaux modèles économiques. » Mais alors que faire face à l’arrivée du numérique, au mode de consommation qui change ? Julia Cagé n’apporte pas vraiment de solution. Tout juste évoque-t-elle la piste des fondations privées ou publiques sans Avec plus de 600 journalistes et 2000 correspondants, Ouest-France est un journal qui compte dans le Grand Ouest et en France. Dès la sortie de la Deuxième Guerre mondiale, il a affiché son respect pour la démocratie. « On est au service de l’information du citoyen et des personnes humaines, » a rappelé François Régis Hutin, lors du Forum Libé. Journal apprécié de (presque) tous, il fait l’objet d’une seule critique : sa position dominante. « On n’est pas dans une situation de monopole, » répond le PDG. « Dans les autres, nous avons racheté des titres à qui nous laissons une totale indépendance. »en dire plus sur les bénéficiaires de leurs précieuses subsides… En tout cas, au nom du pluralisme de l’information, on regrettera que les petits et les plus ingénieux soient jusqu’à maintenant oubliés… dans la distribution de cagnottes.

Avec plus de 600 journalistes et 2000 correspondants, Ouest-France est un journal qui compte dans le Grand Ouest et en France. Dès la sortie de la Deuxième Guerre mondiale, il a affiché son respect pour la démocratie. « On est au service de l’information du citoyen et des personnes humaines, » a rappelé François Régis Hutin, lors du Forum Libé. Journal apprécié de (presque) tous, il fait l’objet d’une seule critique : sa position dominante. « On n’est pas dans une situation de monopole, » répond le PDG. « Dans les autres, nous avons racheté des titres à qui nous laissons une totale indépendance. »
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